I. lit, p. 2^'). I
Jean, roi d'Angleterre, son beau-frère, se déclara à la vérité hautement en sa faveur; mais il avoit de si grandes affaires sur les bras que sa protection lui fut absolument inutile. Le roi d'Aragon, son neveu par alliance, étoit encore en enfance. Se ses sujets venoient d'être tellement bridés par les précautions du légat, qu'ils n'osèrent remuer. Frédéric, empereur 8<. roi de Sicile, autre beau-frère de Raimond, avoit trop d'obligation au pape pour se mêler dans la querelle de ce prince. Enfin Sanche, roi de Navarre, son gendre, depuis qu'il avoit répudié sa fille, étoit brouillé avec lui ; & Henri, roi de Castille, aussi son neveu par alliance, étoit trop jeune & trop éloigné pour le secourir. Raimond fut donc forcé, malgré lui, de subir la sentence du concile de Latran, qui, sans en avoir l'autorité, le privoit de tous ses Etats, & de souffrir que le roi en investît un étranger, sans avoir été entendu £< sans qu'on lui eût fait son procès, comme il convenoit à un des premiers pairs du royaume. La faute qu'il fit d'abord de ne pas s'élever contre les iiérétiques qui infectoient la Province, S<. le peu de ménagement qu'il eut pour le clergé, furent la source de ses disgrâces; mais rien ne lui fut plus désavantageux que d'avoir en tête un aussi grand capitaine que Simon de Montfort, qui, cachant une ambition excessive sous une apparence de piété, le poussa à bout, 6c qui, cherchant beaucoup moins à le rendre bon catholique qu'à se revêtir de ses dépouilles, le traita sans miséricorde. Aussi Simon, par un secret jugement de Dieu, ne jouit pas longtemps du fruit de ses conquêtes; il les perdit avec la vie presque aussi rapidement qu'il ks avoit faites, en sorte que Raimond Se le comte, son fils, recouvrèrent enfin le patrimoine 'de leurs ancêtres.
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