‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificatives (volume 5)Chapitre 212 sur 342 · JI · texte numérisé non relu

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« que les exemples domestiques cle%'roient vous faire assez comprendre com- (( bien il est dangereux de regimber contre l'éperon; car si l'Eglise romaine « appuyée, non de ses propres forces, mais de celles de Dieu, souffre l'oppres- « sion pendant un temps, elle n'a qu'à commencer à appesantir sa main sur « les rebelles, Se elle triomphe aussitôt plus admirablement (par le secours de « Dieu) dans les endroits où elle paroîtia plus vexée. Nous vous exhortons « donc à rejeter les conseils de ceux qui vous ont séduit jusqu'ici & à lâcher « d'éprouver la douceur du Saint-Siège plutôt que sa sévérité, & à ne pas « troubler, soit par vous-même, soit par les autres, les pays situés au delà du « Rhône; mais à vous montrer si exact à exécuter nos ordres que vous ne « soyez pas privé de l'eftet de la grâce apostolique. Apprenez donc à être sage <i par les disgrâces de votre père, & ne vous rendez pas Dieu contraire Se vous- » même contraire à Dieu. Si vous avez quelque sujet de dispute qui vous <c intéresse vous-même ou vos associés, déférez-en le jugement au Saint-Siège « qui ne manquera pas de vous rendre justice'. »

3° Au comte de Foix, qui avoit pris les armes contre Simon de Montfort, pour l'engager à les quitter^.

4° A Philippe-Auguste-^, roi de France. Le pape le sollicite fortement d'envoyer contre les Toulousains tous ceux de ses vassaux qui n'étoient pas engagés dans la croisade de la Terre-Sainte.

5° Enfin le pape écrivit à tous les évêques de France pour les exciter à encourager les fidèles de leurs diocèses à aller secourir Simon de Montforf^.

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XXVII. — Simon reçoit divers renjbrts &- continue le siège de Toulouse.

Foulqiies, évêque de Toulouse^, se donna tant de soins en France durant tout l'hiver pour procurer du secours à ce général, qu'enfin il lui amena au printemps un corps de croisés, entre lesquels étoient*^ Michel de Harnes Se Amand de Chisoin'^, chevaliers flamands. Simon redoubla alors ses efforts

' [Potthast, n. 5640.]

' [Potthast, n. 5646.]

^ Raynaldi, année 1217, n. 58 & siiiv. — Dachesne, Historîae Francorum scrîptores coaeîane't, t. 5, p. 8ji. [Potthast, n. 5646.]

* Il écrivit encore, le 3 janvier lu 8, à Simon de Montfort de restituer sans retard à l'évêque de Viviers le château de Fanjeaux, en Argentière, tombé en commise & mouvant de cette église. Potthast, n. Û638. — Ajoutons-y d'autres lettres analogues à celles pour le comte de Foix, du i3 janvier 1218, aux consuls 8c habitants de Montpellier, au vicomte de Turenne, aux seigneurs de Gourdon & à tous les barons du Querci (Potthast, n. Û669). Par d'autres lettres du même jour, le pape remercie de l'appui qu'ils donnent au comte de Montfort Aymcri de Narbonne & les {labitants de cette ville, Adémar de Poitiers, comte

de Valentinois, Amanieu d'Albret & plusieurs barons de Gascogne, Guillaume, prince d'Orange, 8c divers seigneurs de Provence [ihid..n. 5670). Un mois plus tard, fidèles à leurs promesses, les habitants de Narbonne prêtèrent serment de fidélité 3 Simon de Montfort & lui promirent de détruire leurs murailles S<. de ne point recevoir ses ennemis. Ils en informèrent le roi de Fiance & le pape Honorius par lettres du 27 février 1218, (Cf. notre Catalogue, n. i52.) [A. M.]

' Guillaume de Puylaurens, c. 3o. — [La donation du château de Verfeil est en réalité du 4 juin 1214. — Voyez tome VIII, c. 653.]

' Chronique dé Baudouin d'Avesnes, mss. Je Coislin, n. 490,

' [Corrige^ Cysoing (Nord), arrondissement de Lille. 1

contre la ville de Toulouse; pour témoigner sa reconnoissance ' à Foulques, il donna alors à ce prélat Se au\' évêques de Toulouse, ses successeurs, le château de VerFeil avec une vingtaine de villages qui en dépendoient, sous la redevance d'un chevalier armé, en cas qu'il eût guerre dans le pays : donation qui augmenta considérablement le domaine temporel des évêques de Toulouse, qui en jouissent encore aujourd'hui. Pierre, évêque de Rodez, alla aussi ^ au secours de Simon de Montiibrt au siège de Toulouse, au commencement de l'an 1218. Ce général donna, le zj de mai suivant^, durant le même siège, à Bertrand de Gourdon, cent livres monnoie de Cahors de rente sur divers villages du Querci"*, Stc.

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■ Guillaume de Puylaurens, c. 3o.

' Martine, Collectio ampliss'tma, t. I, c. n3r.

* Voyez tome VIII, Chartes, n. CXXV, ce. 704 à 706.

■* Cette partie du siège de Toulouse a été fort abrégée par dom Vaissete, qui n'avait, il est vrai, entre Us mains que la rédaction en prose, dont la véracité pouvait lui paraître parfois un peu suspecte. Le poëte nous permet aujourd'hui de combler en partie cette lacune, & des détails que donne ce témoin oculaire on peut conclure que ni les Toulousains, ni leurs adversaires ne restèrent oisifs durant cet hiver; pendant que les premiers fortifiaient leur ville & complétaient leurs fortifications un peu improvisées, les autres s'occupaient des approvisionnements & cherchaient à recommencer plus heureusement la guerre. Outre de longs conseils tenus par Simon de Montfort. conseils à propos desquels le poëte nous peint, en les exagérant sans doute beaucoup, les dissensions qui affaiblissaient l'armée des croisés, il nous raconte plusieurs combats livrés avant l'arrivée du légat. Dans l'un de ces combats notamment, sans les encouragements du comte de Foix & du comte de Comminges, les Français étaient bien près d'atteindre leur but. Ce ne fut qu'après ce nouvel échec, qui eut probablement lieu en janvier ou février 121 8, que le comte de Montfort se décida à envoyer des prédicateurs en France pour y lever de nouvelles troupes (vers 7090 & suiv.). Il les fit accompagner par sa femme & plusieurs chevaliers dévoués. — Pendant les mois qui suivirent, les opérations paraissent s'être ralenties quelque peu. Les barons toulousains s'occupèrent à ravitailler la ville (vers 7142 & suiv.), & le comte de Comminges alla même défendre ses domaines contre les incursions du Français Jori. — Quand arriva Pâques, qui, cette année, tombait le i5 avril, les combats recommencèrent sans plus de succès pour

Montfort, dont le découragement croissait de plus en plus, au rapport même de son panégyriste, Pierre de Vaux-Cernay. Tous ces combats avaient lieu sur le pla de Montolieu, à l'est de la cité, qui, au rapport du poëte, était devenu un vrai charnier.

Vers la fin de mai, arrivèrent les renforts promis par le cardinal Bertrand, qui se composaient principalement de Flamands & d'Allemands; parmi eux étaient ce Michel de Harnes, que cite dom Vaissete & qui était l'un des héros de Bouvines, & Araaury de Craon. Le poëte prétend que Montfort avait alors près de cent mille combattants sous ses ordres; c'est sans doute une exagération poétique (vers 7455 81 7456). L'action recommence aussitôt sur les deux rives du fleuve; Montfort est repoussé & obligé de se retirer sur la rive droite. Une inondation ayant sur ces entrefaites enlevé les ponts de Toulouse, Simon revient attaquer les tours qui en gardaient la tête du côté de Saint-Cyprien (vers 7571 & suiv.). Les Toulousains jettent un pont provisoire sur la Garonne, rétablissent leurs communications avec les défenseurs de ces deux tours, & parviennent ainsi à les approvisionner de vivres & de munitions. Enfin la tout tombe entre les mains de Montfort, qui y dresse son étendard. — Bientôt nouveau renfort pour les croisés; le comte de Saxe arrive au camp avec une grande troupe d'Allemands (vers 7864 & suiv.). Malgré ces nouveaux secours, les Français doivent évacuer la tour du pont, après y avoir mis le feu. Une troupe de croisés, ameiiée par Jori & Pierre de Voisins, est repoussée avec perte & doit repasser la Garonne en désordre. — Désespéré de cet insuccès, Montfort fait approcher la chatte des murs & l'applique aux fortifications qui longeaient le château Narbonnais. Malgré tous ses efforîr- il est encore oblige de battre en retraite. [A. M.]

TTTITs" ''^^ HISTOIRE GÉNÉRALE PE LANGUEPOC, LIV. XXIII.

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