‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificatives (volume 5)Chapitre 223 sur 342 · suiv · texte numérisé non relu

suiv

' [Six de ces chansons ont été imprimées, ut ' Nostradamus, p. 90 & suiv.

supra, pp. 226 à 237.] " IhiA. p. i5d & suiv.

' Nostradamus, Vies des plus célihrcs & anciens ' [Rochegude, Parnasse occitanicn, p. 24!?. — La

poètes provençaux, p. 60. pièce citée par dom %'aisscte, pp. 2.ji à 2j5.]

■" [Rochegude, Parnasse occitanicn , p. 199 &

HISTOIRE GENERALE DE LANGUEDOC, LIV. XXIII. SSq

L'auteur de sa' Vie marque qu'il l'avoit vu. Il est représenté dans la vignette du manuscrit une toque sur la tête, habillé d'une soutane violette avec un manteau noir, sur lequel est brodée du côté droit vine croix pattée S< fleuronnée d'argent, la branche perpendiculaire de la croix plus longue que la transversale*. On peut fixer plus précisément l'époque où vivoit ce poëte par deux actes que nous avons vus, où il est fait mention de Guillaume Hunaud de Lantar, qui l'amena dans le Toulousain. L'un est-^ de l'an 1217, 8<. l'autre est le testament même de Guillaume, qui mourut au mois de novembre de l'an 11:2.

5. « Hugues de Saint-Cyr, natif du lieu de Tegra, en Querci, 8c fils d'un « pauvre vuvasseur [ou seigneur de fief), nommé Arnaud de Saint-Cyr, parce n c[u'il étoit du château de ce nom, en Querci, auprès de Notre-Dame de « Rocamadour. Ses frères l'envoyèrent étudier à Montpellier, Si ils vouloient « l'engager à embrasser l'état ecclésiastique; mais son penchant pour la poésie « l'emporta, St il s'appliqua à la jonglerie ^ il fit divers couplets avec le comte u de Pvodez, le vicomte de Turenne & le bon dauphin d'Auvergne. II séjourna Il assez longtemps en Gascogne & il demeura à Poitiers avec Savaric de Mau- « léon, qui l'équipa. Il passa de là à la cour d'Alphonse, roi de Castille 81 de i> Léon, 8c à celle de Pierre, roi d'Aragon. Il parcourut ensuite la Provence « Se la Lombardie, Se, s'étant marié, il cessa de faire des chansons. » Nostradamus^ dit qu'il mourut en i22J\

6. « Avmar le Negrès (ou le Noir), natif du Châteauvieil d'Albi, fut fort « civil Si beau parleur; ce qui lui attira l'estime du public. Pierre, roi « d'Aragon, Se le comte de Toulouse, celui qui jiit déshérité, l'honorèrent de " leur protection, 81 le dernier lui donna des maisons Se des terres à Tou- « louse. )) On trouve quatre de ses chansons dans les manuscrits de la Bibliothèque du roi'^.

7. Le comte de Fois (Raimond-Roger). Sa vie n'est pas écrite; on rapporte seulement deux petites chansons de sa façon, en réponse à Pierre, roi d'Aragon ^.

8. Savaric de Mauléon, riche baron du Poitou, dont on fait un grand éloge.

i), Guillaume de Berguadon, vicomte de ce lieu, en Catalogne : il célébra dans ses vers Eléonore d'Aragon, comtesse de Toulouse^.

' Mss. n. 72Ï.). ' [Rochegiide, Parnujîf occ;Va«iVnj pp. i6i, lôi.

' [Rochegude, Parnasse occitanlcn, p. 1 13. Une Une pièce de lui à la suite.] pièce de lui à la suite.] ' [Rochegude, Parnasse occitanien, p. Sàp. Une

' Ttésor des chartes; Toulouse, sac 19, n. 6, & pièce de lui, pp. Sjj, 36o.] sac 14, n. 73. — [J. 328 & 323j Teulet, t. 1, ' [L'une d'elles dans Rochegude, p. 291.]

pp. 446 & 5;')2. Voyez aussi la table du tome VIII ' [Sa vie, dans Rochegude, p. 1Ô2 ; deux pièces

de la présente édition.] de lui, pp. i52 & 'M-j

^ Noîtrad.imus , Vtes des plus céll-bres & anciens poètes provençaux, p. 78.

An 1222

An 1221

56o HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEErOC. LIV. XXIII.

LXVI. — Raïmond VII, comte de Toulouse, accorde divers privilèges

aux hospitaliers.

Raiinoncl VII avoit vingt-cinq ans lorsqu'il succéda au comte Raimond VI, son père. Il se qualifia aussitôt, à son exemple, par la grâce de Dieu duc de Narbonne, comte de Toulouse &> marquis de Provence ; ainsi qu'il paroît entre autres dans une charte qu'il donna à Lavaur', au commencement d'octobre de l'an 1222, par laquelle il confirma aux hospitaliers de Saint-Gilles le droit de pacage dans toutes ses terres. Il donna pouvoir^ en même temps aux hospitaliers d'Orange de faire de nouvelles acquisitions dans ses fiefs, 81 les exempta de péage ^.

LXVII. — Concile du Puy. — Union de l'abbaye d'Alet à la cathédrale

de Narbonne.

Cependant les affaires d'Amauri de Montfort allant toujours en empirant, le cardinal Conrad, légat du Saint-Siège, pour les rétablir, indiqua par des lettres datées de Dijon, au mois de juin"* de l'an 1222, un concile au Puy, en Velal, pour le 20 de juillet suivant, 8< y appela les chanoines de la cathédrale de Narbonne. 11 avoit dessein d'y traiter une affaire qui les intéressoit 8(. dont voici le sujet. Boson, abbé d'Alet, étant redevable de son élection à la protection^ de Raimond-Roger, vicomte de Béziers 81 de Carcassonne, lui demeura toujours fidèle, 8< après que les croisés se furent rendus maîtres de ces deux villes, il livra celle d'Alet, de concert avec quelques-uns de ses religieux, au comte de Foix, tuteur du fils de ce vicomte. Le cardinal Conrad^, pour le punir de cette action, fit faire des informations, & les ayant portées au concile du Puy, il y dégrada Boson 81 les religieux qui lui étoient associés, du conseil des prélats assemblés. Il fit ensuite un décret à Souvigni, en

■ Voyez <ome VIII, n. XXVI. poser de leurs biens par testament; quand l'un

' Trésor des chartes; Toulouse, sac 5, n. 17. — d'eux mourra intestat, le comte n'héritera qu'à dé-

[J. 309 j Teulet, t. I, p. 55 1.] faut de parents jusqu'au quatrième degré. — Tarif

' Un mois plus tard, le comte Raimond VII des droits de justice pour les causes civiles portées

fonda la ville de Cordes, en Albigeois. La charte devant le baile du comte. — Les bouchers restent

de fondation a été publiée par Compayré, Docu~ assujettis à diverses redevances en argent & en na-

ments inédits, pp. 398 à 400, d'après l'original. ture. — Le crime de faux poids ou de fausse me-

Comme dans toutes les villes neuves, les libertés sure est puni d'une amende de cinq sous. — Les

les plus étendues furent concédées à tous ceux qui habitants de Cordes ne payeront aucune leude

viendraient construire une maison dans la nou- dans tout l'Albigeois, sauf les merciers & les mar-

velle bourgade. L.; comte ne lèvera aucun cens an- chands. Ils pourront se servir des bois & des car-

nuel & ne prendra que ses droits de lods & ventes. rières de pierre du comte dans tout l'Albigeois.

— Les nouveaux arrivants seront exempts de la [A. M.]

quête, de la taille & de toute redevance onéreuse * Gallia Christiana , nov. edit. t. 6, Instrum,

en blé ou autrement. — Ceux qui, pour venir à c. i to.

Cordes, abandonneront leurs seigneurs, n'auront '' Voyez plus haut, livre XX, ch. xxxix, p. iSy.

plus à payer à ceux-ci qu'un cens annuel de douze ^ Gaîlia Christiana, nov, éd. t. 6, Instr, c. 1 i i

deniers, monii.iie de Cahors. — Ils pourront dis- & seq.

An 122J

Bouibonnois, le 16 de septemlire suivant, par lequel il unit l'abbaye d'AIet i':j. oriK avec tous ses biens à la cathédrale de Narbonne, en considération des travaux que les chanoines de cette église 8i toute la ville avoient soutenus pour les aftaires de la foi, avec ordre de chasser les moines èi. de mettre des ecclésiastiques séculiers en leur place. II envoya en même temps à Rome les députés du chapitre de Narbonne & les chargea d'une lettre très-pressante pour le pape, dans laquelle il lui demandoit la confirmation de ce décret. Le pape le confirma, en effet, au mois de mai de l'année suivante, 81 Conrad ordonna, au mois d'octobre de l'an i2 23, que le chapitre de Narbonne feroit desservir à l'avenir l'église d'AIet par douze chanoines séculiers, dont il régla les fonctions & les revenus. Le pape confirma ce nouveau décret à la fin de l'année. Les religieux d'AIet, qui n'avoient participé en rien pour la plupart aux démarches de leur abbé, appelèrent à Rome de toutes ces procédures; ils se plaignirent au pape de ce qu'on les avoit chassés injustement de leur monastère Se de leurs domaines, & demandèrent d'y être rétablis. L'affaire traîna en longueur; enfin le pape Grégoire IX commit aux abbés de Riupoll & de Grandselve l'examen de ces plaintes, avec ordre, si elles étoient justes, de rétablir les religieux d'AIet dans la possession de leur monastère. Ces deux commissaires restituèrent, en i233, l'abbaye d'AIet aux religieux qui en étoient exilés depuis dix ans, 8c qui, pour le bien de la paix, cédèrent', en 1246, une partie de leurs biens à l'archevêque & au chapitre de Narbonne, par la médiation de Guillaume, abbé d'Aniane.

LXVIII. — Amauri offre de nouveau au roi de lui céder les conquêtes

des croisés.

Le cardinal Conrad se rendit à Béziers au mois de décembre de l'an 1222. Amauri de Montfort lui députa alors Clarin, son chancelier, & frère Jean le Pénitencier pour lui communiquer le dessein où il étoit de céder au roi Philippe-Auguste le pays d'Albigeois 8t tous ceux du voisinage que lui ou son père avoient possédés, 8c pour l'engager à porter ce prince à recevoir son offre. Ce cardinal 8c les évêques de Lodève, de Maguelonne, de Béziers 8c d'Agde, qui se trouvoient avec lui, écrivirent en conséquence au roi 8c le pressèrent d'accepter cette cession, avec promesse de le soutenir de toutes leurs forces; mais Philippe refusa de nouveau les offres d'Amauri^.

LXIX. — Différends entre le monastère de Prouille &• l'abbaye

de Saint-Hilaire.

Le cardinal Conrad confirma, à Béziers, le 28 de mars de l'année suivante'', la donation ({ue Bérenger, archevêque de Narbonne, avoit faite,

' Bibliothèque du roi; Baliize, Balles, n. j"». cetts pièce de novembre 1221 ; nous avons adoptj

* Voyez tome VIII , Chartes, n. CXLI , c. 760. cette date nu tome VIII.] — [M. Delisle, dialogue, p. ^67, n. iioS, date ' Martène, Collectio ampUssima, t. 6, c. ^?ii &

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