‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificatives (volume 5)Chapitre 224 sur 342 · VI · texte numérisé non relu

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An i2i3

An 1223

en 1208, de l'église de Saint-Martin de Limoux 8c de ses dépendances, en faveur du monastère de Prouille ; donation qui causa de grands différends, d'un côté entre l'abbé ik les religieux de Saint-Hilaire, au diocèse de Carcassonne, de qui cette église dépendoit, Se saint Dominique Si les religieux de son ordre de l'autre. Les premiers, fâchés de perdre, sans être coupables, une partie considérable de leur domaine, s'opposèrent de tout leur pouvoir à cette donation, 81 les autres, pour la conserver, les accusèrent de favoriser l'hérésie; en sorte que saint Dominique obtint, non-seulement la confirmation de cet acte, mais encore l'union entière de l'abbaye de Saint-Hilaire au monastère de Prouille. 11 fut aisé à l'abbé de Saint-Hilaire & à ses religieux de se purger de l'accusation qu'on formoit contre eux; mais ils ne purent obtenir si tôt la restitution de leur monastère. Les parties compromirent dans la suite entre les mains de Thédise, évêque d'Agde, qui, par une sentence arbitrale, adjugea, au mois de mars de l'an 1217, le monastère de Saint- Hilaire avec ses dépendances, à l'abbé & aux religieux, excepté le prieuré de Saint-Martin de Limoux qui demeura à Jrère Dominique, prieur de Saint- Romairif & aux autres frères de la Prédication, à condition que ceux-ci payeroient aux autres une redevance annuelle de trois muids de blé. Nous ne savons pas si les frères prêcheurs refusèrent d'acquitter cette redevance ou si les religieux de Saint-Hilaire ne voulurent pas exécuter la transaction; mais le prieur Se les religieuses de Prouille se plaignirent, l'année suivante, d'avoir été chassés avec violence de l'église de Saint-Martin de Limoux par l'abbé 8t les religieux de Saint-Hilaire. Arnaud, archevêque de Narbonne, commit l'évêque de Carcassonne pour informer sur cette plainte, & ce dernier remit, au mois d'avril de l'an 1219, les religieuses de Prouille dans la possession de cette église. Les religieux de Saint-Hilaire firent difficulté de s'en des- Éd.origin. saisir, & l'archevêque de Narbonne fut obligé de le leur ordonner par une sentence du mois d'octobre de l'an 1222. Enfin le cardinal Conrad ayant confirmé, au mois de mars de l'année suivante, le monastère de Prouille dans la possession de l'église de Saint-Martin de Limoux, les parties convinrent de nouveaux arbitres & passèrent une dernière transaction, le 27 de mars de l'an 1224, suivant laquelle l'abbé Si les religieux demeurèrent en possession de leur monastère. Se les religieuses de Prouille de l'église de Saint-Martin de Limoux.

LXX. — Mort de Raimond-Roger, comte de Foix. — Ses enfans, — Son fils aîné Roger-Bernard H lui succède.

Le comte de Toulouse perdit, peu de temps après la mort de son père, l'un de ses plus fermes appuis en la personne de Raimond-Roger, comte de Foix, qui avoit alors recouvré la plupart des domaines que les croisés lui avoient

i. m, p. yio.

Siiiv. \Histoire des couvents des frères prêcheurs, bnye de Saint-Hilnire & du monasière de Prouille. par Bernard Gui.] — Gallia Christiana, nov. éd. '" t. 6, Instrum. c. 443 & seq. — Archives de l'ab-

par Bernard Gui.] — Gallia Christiana, nov. éd. [Sur cette affaire, voyez tome IV, pp. 8J3, S5

enlevés, entre autres les châteaux de Pamiers & de Mirepoix. Raimond- Roger, après avoir repris ce dernier château, le rendit' à Pierre-Roger de Mirepoix, à Ysarn, son frère, à Loup de Foix & aux autres chevaliers qui en possédoient la seigneurie avant la croisade, & qui lui en firent hommage dans le château de Pamiers, le lundi de la dernière semaine de mars de l'an 1222 (i223). Il mourut^ peu de jours après, tant pour s'être morfondu au siège de Mirepoix que d'un ulcère qui le tourmentoit beaucoup. 11 donna, durant la guerre que les croisés avoient entreprise dans la Province, des preuves signalées de sa valeur. Se combattit bien moins pour la défense de l'erreur que pour s'empêcher d'être dépossédé de tous ses biens. 11 soutint toujours, en effet 3, qu'il étoit exempt d'hérésie, & il est certain, quelque désavantageux que soit le portrait que Pierre de Vaux-Cernay, guidé par la passion"* & par l'aigreur, fait de ses mœurs & de sa conduite, que le plus grand reproche qu'on puisse lui faire, par rapport à la foi, c'est d'avoir toléré les hérétiques^ dans ses domaines & d'avoir souffert que ses proches les favorisassent. Ainsi il étoit dans la même disposition qu'un chevalier, nommé Pons-Aymar de Rodèle, qui, interrogé un jour par Foulques, évêque de Toulouse, pourquoi, étant catholique, il ne chassoit pas les hérétiques du pays, répondit'' à ce prélat : « Nous avons été élevés ensemble, nous avons « des parens parmi eux, &. nous ne cherchons qu'à vivre en paix & tran- « quillement. »

P\.aimond-Roger avoit fait son testament'^, au château de Pamiers, le 14 de mai de l'année précédente; il institua Roger-Bernard, son fils aîné, héritier du comté de Foix Se de ses dépendances, entre lesquelles étoient : 1° Le pays de Volvestre, que le comte de Comminges^ tenoit de lui en fief. 1° La vicomte d'Evols avec les pays de Donazan & de Capcir, que Pierre, roi d'Aragon, lui avoit donnés en fief, au mois de janvier de l'an 1208, après les avoir confisqués pour crime de félonie sur Bernard d'Alion, son vassal. Raimond-Roger donna à Aymeri, son second fils, tous ses domaines situés dans les diocèses de Narbonne St de Carcassonne, & ordonna à son fils aîné de payer la rançon du même Aymeri jusqu'à la valeur de cin(| cents marcs d'argent, si ce fils, qu'il avoit été obligé de remettre, malgré lui, en 1209 8c dans le temps de son oppression, entre les mains de Simon de Montfort, ne pouvoit s'évader ou obtenir autrement sa liberté. 11 ordonna à son héritier de payer à Cécile, sa fille, femme de Bernard, fils du 5' comte de Coinminges, neuf mille trois cents sols toulousains ou cinq cents marcs d'argeht qu'il lui devoit pour sa dot. Il choisit sa sépulture dans le monastère de P;oul-

' Voyez tome VIII, Chartes, il. CXLI, ce. 767 ' \ oyez lome VIII, Clinrtes, n. CCLXIII.

8c 768. — Guillaume de Puylaurens, c. 34. — " Guillaume de Puyiaurens, c. 8.

Chronique manuscrite lies comtes tie foix, msi, de ' De Marca, Histoire de Béarn, 1. 8, ch. zo,

Baluze 419. 11. 7-

■ Tome VII, Note XXIII, n. 1, pp. 67 & 68. * Il>i'<- c\\. i3, n. 8.

> De Marca, Histoire de Béarn, 1. 6, ch. 18, & ' Voyez tome VIII, Chartes, n. CLVI, ce. 797

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