XVIII. — Le roi établit un sénéchal à Beaiicaire
Louis VIII demeura quelques jovirs à Avignon, après la prise de cette ville, comme il paroît par deux, chartes', suivant lesquelles l'abbé S<. les religieux du monastère de Saint-André, situé de l'autre côté du Rhône, lui permirent & à ses héritiers de réparer les murs du village de Saint-André, qui porte aujourd'hui le nom de Villeneuve d'Avignon, & d'y élever une forteresse, & l'appelèrent en pariage pour la seigneurie de ce village. Le roi leur assigna, en récompense, quarante livres tournois de rente, à prendre sur le port de Beaucaire 8c sur les autres revenus de ce château, dont les habitans avoient déjà envoyé faire leurs soumissions à ce prince durant le siège d'Avignon. Il y établit dès lors un sénéchal royal pour le gouvernement & l'administration des pays circonvoisins, entre autres la ville de Nimes; il confia cette charge à un chevalier françois, nommé Péregrin Latinier {Latinarius), qui prend la qualité de sénéchal du seigneur roi de France, à Beaucaire 6" à Nimes y dans une sentence^ arbitrale datée du 9 de février de l'an 1226 (1227), par laquelle il régla les droits que les seigneurs de Bagnols, au diocèse d'Uzès, avoient sur cette ville 8< ceux qui appartenoient aux habitans en vertu de leurs privilèges & de leurs coutumes. C'est là l'origine de la sénéchaussée royale de Beaucaire & de Nimes, qui a toujours été remplie jusqu'à nos jours par des sénéchaux d'une naissance distinguée.
XIX. — Le roi passe le Rhône, 6- toute la Province se soumet à lui jusqu'à quatre lieues de Toulouse,
Après^ la prise d'Avignon, le roi ayant traversé le Rhône s'avança dans la Province dont une grande partie avoit déjà prévenu son arrivée par une soumission volontaire ; l'autre lui donna à son passage des marques semblables de son obéissance, en sorte qu'il s'assura sans coup férir de tout le pays, depuis le Rhône jusqu'à quatre lieues de Toulouse. Il ordonna alors de"* détruire la ville de Limoux avec ses fortifications que les habitans avoient rétablie sur la colline où elle étoit anciennement située, 8c il la fit transférer de nouveau dans la plaine. Pour les punir de leur rébellion, on leur imposa une taille annuelle de deux cens livres nielgoriennes. Se on confisqua l'emplacement de leurs maisons. Le cardinal légat. Foulques, évêque de Toulouse, Se divers autres prélats accompagnèrent le roi, qui s'arrêta quelques jours à Béziers Se se rendit de là à Carcassonne. Bernard^ de Comminges, seigneur de Save-^, Roger d'Aspel 8i Bernard de Marestang, avec leurs barons ou vassaux, l'allèrent joindre sur la route 8c lui prêtèrent ser-
*■ Voyez tome VIII, n. CLXXVI, ce. S:");, 858. ■• Voyez tome VIII, n. CCCXVI, ce. rSpi, iSpj,
' Portefeuille de Lancelot. = Ibid. n. CLXXIV, ce. 854, 8jj£
' Gâta Ludovici FUI. — Guillaume de Puylaureiis, c. 3i
HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIV. XXIV. 6i3 ■— T"
An 1226
ment de fidélité par divers actes datés du jour de l'exaltation de sainte Croix. Jourdain de Cabaret' 8<. les autres seigneurs de ce château se mirent aussi en chemin pour aller faire leurs soumissions au roi, à Carcassonne; mais le premier eut le malheur de tomber entre les mains du comte de Toulouse Se de mourir en prison au bout de deux ans. L'abbé de Feuillans 81 le comte de Comminges* travaillèrent en même temps pour soumettre au roi les autres seigneurs du Toulousain, Se ils reçurent en son noin, quelques jours après, le serment de fidélité de Guillaume de Maurens, d'Odon de Pressac, de Guillaume-Bernard de Marquefave, de Bertrand-Jourdain & de Bernard- Jourdain de risle.