‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificatives (volume 5)Chapitre 247 sur 342 · XLVII. — Etendue des domaines qui restèrent à Raimond · texte numérisé non relu

XLVII. — Etendue des domaines qui restèrent à Raimond

Après cette paix, il ne resta plus au comte Raimond, de tant de domaines qui avoient rendu ses ancêtres les plus puissans 8c les plus accrédités des grands vassaux de la couronne, que les pays suivans : i" Le comté ou diocèse de Toulouse, qui comprenoit alors tout ce qui dépend aujourd'hui de la province ecclésiastique de ce nom, savoir : les diocèses de Toulouse, Pamiers, Montauban, Lavaur, Saint-Papoul, Rieux, Lombez Se Mirepoix, excepté la partie méridionale de ce dernier ou la terre du maréchal. Le comté de Foix, sur lequel Raimond conserva sa suzeraineté, étoit compris dans l'étendue de ce pays. 2° La partie septentrionale du diocèse d'Albi située à la droite du Tarn, que le comte fit gouverner par un sénéchal particulier, conjointement avec le Rouergue. 3° Ce dernier pays ou les deux diocèses de Rodez Se de Vabre, qui n'en composoient alors qu'un seul. Se qui comprenoient la vicomte de jMillau, la suzeraineté sur le comté particulier de Rodez Si divers autres domaines. 4° Le Querci, excepté la ville de Cahors 81 quelques autres fiefs. 5° Enfin tout l'Agenois ou les diocèses d'Agen 81 de Condom ; pays que Jeanne d'Angleterre, mère de Raimond, avoit eu en dot. Du reste, ce comte, depuis ce traité, ne se qualifia plus duc de Narbonne; qualité qui lui donnoit le premier rang' parmi les six pairs laïques du royaume; en sorte que sa pairie fut appliquée depuis au comté de Toulouse, 81 qu'il n'eut plus que le quatrième rang parmi les mômes pairs laïques.

■ Voyez tome VII, Hôte XXIX, pp. 90 à 93. ' Voyez tome VII, !Vo«e XXVI, p. 7^ & siiiv.

• Guillaiime de Puyiaurens, c. 39. [Et Hôte additionnelle, pp. 78, 79.]

An 1229

An 1229 T

XLVIII. — Le roi d'Angleterre traverse inutilement le traité de paix.

Il paroît que Henri, roi d'Angleterre, traversa ce traité ; il envoya du moins des ambassadeurs à Raimond', quelque temps avant qu'il fut conclu, avec des lettres de créance pour tout ce qu'ils lui proposeroient d'avantageux à l'un &i à l'autre. Nous ignorons le succès de cette négociation; mais le roi saint Louis ayant reçu Vhommage-lige de Raimond pour tous' les pays qu'il lui laissa, parmi lesquels étoient l'Agenois St le Querci que ce comte tenoit auparavant en fief des rois d'Angleterre, sans parler du comté de Toulouse que le comte, son père, avoit enfin soumis à la suzeraineté de ces princes, c'est une preuve que Raimond, obligé de céder aux circonstances, abandonna les intérêts de Henri, & que le roi, qui étoit alors en guerre avec ce dernier, sur lequel il avoit conquis presque toute l'Aquitaine, se mit peu en peine de les ménager.

XLIX. — Vaines prétentions du roi d'Aragon sur les domaines cédés par le comte de Toulouse,

^Kd.origim Quelqucs historicns espagnols^ prétendent que la plupart des domaines que le comte Raimond céda au roi par le même traité étoient soumis à la couronne d'Aragon ; mais cette prétention est tout à fait chimérique. Il est vrai que le feu roi s'étoit saisi sur le vicomte Trencavel, en vertu de la cession d'Amauri de Montfort, des vicomtes de Carcassonne, Béziers, Albi, R.azès, Sic, qu'une partie de ces domaines relevoient du roi d'Aragon, comme comte de Barcelone, & que saint Louis se maintint dans leur possession ; ce qui fut dans la suite un sujet de querelle entre les deux rois; mais on ne voit pas que Jacques, roi d'Aragon, ait formé alors la moindre opposition à la cession d'Amauri.

L. — Les coutumes de Paris restreintes aux terres possédées par des chevaliers Jrançois dans la sénéchaussée de Carcassonne,

La révocation que le roi saint Louis fit par le traité de l'an 122g de toutes les donations de terres qui avoient été faites, tant par lui-même 8t le feu roi, son père, que par les seigneurs de la maison de Montfort, à divers chevaliers francois, dans l'étendue des pays qui furent laissés au comte Raimond, y fit cesser dès lors l'observation des us et coutumes de la ville 81 vicomte de Paris que Simon de Montfort avoit introduits, 81 que ces seigneurs étrangers s'étoient obligés de garder par rapport à la féodalité de ces terres. De là ces coutumes n'eurent plus aucune force dans toute l'ancienne sénéchaussée de Toulouse, dans le Querci, le Rouergue & l'Agenois, oii ces terres furent

■ Rymer, t. i, p. Soy & siiiv. 'Ziiritn, I. 2, c. 85.

restituées à leurs anciens possesseurs ou à leurs plus proches, ou bien confisquées au profit du comte de Toulouse. Il n'en tut pas de même dans la sénéchaussée de Carcassonne, où ces coutumes demeurèrent en usage dans la suite, mais seulement pour les terres qui restèrent aux seigneurs françois, auxquels elles avoient été inféodées. Quant à la sénéchaussée de Beaucaire, comme les diocèses qui la composoient n'avoient pas fait partie de la conquête de Simon de Montfort, qui avoit établi ces coutumes, elles n'y furent jamais observées.

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