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roi, soit à cause qu'elle étoit onéreuse, le pays souffrant alors une extrême disette par les ravages préçédens de la guerre, soit dans le dessein de le restituer incessamment au comte de Toulouse, qui se qualifioit, en effet, marquis de Provence^ au' mois d'octobre de cette année; mais cette restitution n'arriva pas si tôt,
Le légat cassa de son autorité^, le 29 de décembre, tous les actes qui avoient été faits durant la guerre, Si qui étoient contraires aux droits des églises. Il remit ensuite^ entre les mains de Foulques, évêque de Toulouse, les lettres par lesquelles il imposoit des pénitences à tous ceux qu'il avoit trouvés suspects d'hérésie dans cette ville, suivant les informations qui en avoient été faites. Foulques, à son retour, fit publier ces lettres dans l'église de Saint-Jacques de Toulouse, en présence de tous ceux qu'elles regardoient, Si qu'il y avoit fait appeler. Quant aux autres informations de l'inquisition que le légat avoit faites dans la Province, il les emporta avec lui de crainte que, s'il les laissoit dans le pays, les malintentionnés ne les découvrissent 61 ne fissent mourir ceux qu'ils trouveroient avoir déposé contre eux. Le car-^ dinal de Saint-Ange se rendit à Malaucène'*, le 3o décembre, Si continua sa route après avoir exercé dans le pays une autorité despotique; car il ne voulut jamais^ permettre aux églises, durant tout le temps de sa légation, dg faire aucune élection sans son consentement,
LXVn, — Accord entre le roi ^ Vévêqiie de Béliers touchant la Justice ^ le domaine de cette ville &■ du diocèse,
Ce cardinal, avant son départ pour l'Italie, nomma "^ Pierre, archevêque de Narbonne, 81 Clarin, évêque de Carcassonne, pour arbitres d'un différend qu'avoit Bernard, évêque de Béziers, avec Adam de Milli, vice-gérant du roi dans la Province, touchant la justice Si le domaine de la ville 81 du diocèse de Béziers. Ces deux arbitres rendirent quelque temps après, du consentement des parties, une sentence dont voici les principaux articles : 1° Le château de Servian 81 les autres châteaux qui avoient été -confisqués pour fait d'hérésie demeureront au roi, 81 le château de Casouls, que le comte Amawri avoit rendu à l'évêque, demeurera à ce prélat, de même que les autres domaines que Simon de Montfort lui avoit donnés 81 à ses successeurs. 2° Les droits sur les juifs appartiendront au roi, excepté le cens dû à l'évêque 81 aux chanoines. 3" Les droits que les vicomtes de Béziers levoient sur le blé, Sic. seront adjuges au roi. 4° Les préconisations (ou publications) se feront à Béziers au nom du roi 81 de l'évêque. 5° Le tiers de la leude sur le chemin sera adjugé à l'évêque. 6° Les informations pour les crimes appartiendront à la justice de l'évêque ou des abbés de Saint-Aphrodise 81 de Saint-Jacques dq Béziers; mais la punition pour l'adultère Si l'homicide appartiendra à celle
■ Voyez tome VIII, Chartes, n.CXCVIII, c. 923. * Tome VIII, Chartes, n. CXCVI, çç. 917, 918.
' Catel, Histoire des comtes de Tolose, p. 343. ' Gallia Chnstiana, nov. éd. t. 1, Instr. p, il.
' Guillaume de Piiylaurens, c. 40. ^ liid. t. û, Instr. c. i5i & seq.
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du roi. 1° Les hommes libres établis clans les domaines du roi Se dans ceux de l'église de Béziers, pourront s'établir dans les villes Jk les châteaux de l'un ou de l'autre, à leur choix. 8° Les impositions à la taille seront réparties, eu égard aux biens qu'un chacun tient du roi & selon la quantité qu'il en possède. Si personne ne sera mis à la taille, en aucune manière, pour sa personne, c)° Les vassaux de l'église, qui demeurent dans les châteaux du roi, seront tenus de plaider devant les officiers de ce prince pour leurs affaires personnelles, io° L'évêque &. l'église de Béziers conserveront Içs domaines qu'ils prouveront avoir possédés, soit dans la ville, soit dans son territoire, avant l'arrivée des croisés : il en sera de même du roi. Tous les autres biens dont on n'a pas de preuve certaine seront partagés entre le roi & l'évêque. 11° Les donations & les ventes faites aux églises de Béziers & du diocèse, tant par le comte de Montfort ou ses officiers que par les chevaliers François, ses vassaux, subsisteront en leur entier, u» Le roi fera justice des voleurs j mais tous leurs biens seront confisqués en faveur ou de l'évêque ou des abbés t.'iu°p'."j"7. de Béziers, leurs seigneurs. iS" Enfin les deux arbitres partagèrent la ville & les faubourgs de Béziers ; ils assignèrent au roi la partie qui étoit de son domaine, & à l'évêque celle qui étoit du sien 8t en marquèrent les limites. Il paroît par l'acte que le tiers cle la ville & de se§ droits domaniaux fut adjugé à l'évêque.
LXVin. 1 — Nouveaux troubles dans le Toulousain.
On assure' que la crainte que le cardinal de Saint-Ange avoit, qu'après son départ de la Province les hérétiques ou leurs fauteurs n'attentassent sur la vie de leurs délateurs, n'étoit que trop bien fondée. Se que plusieurs furent tués sur le soupçon que ceux qui étoient suspects d'hérésie avoient conçus, qu'ils avoient déposé contre eux, ou sous prétexte qu'ils persécutoient les hérév tiques. On vouloit rendre responsable de cet attentat le comte de Toulouse, qu'on cherchoit toujours à chagriner, Se à qui le roi ^ défendit de rien aliéner des domaines du diocèse de Toulouse, avec ordre de révoquer les donations qu'il pourroiten avoir faites. Entre ceux qui furent^ tués par les ennemis de la paix, après le départ du légat, l'un des principaux fut André de Calvet (^Culveti) ou Chalvet, brave chevalier, qualifié sénéchal du roi, parce que le roi Louis VIII lui avoit confié sous ce titre le gouvernement de la partie du Toulousain qui se soumit à lui en 1226, gouvernemeitt qu'il avoit géré jusqu'à la paix de Paris. Il fut surpris Si massacré dans un bois.
D'un autre côté, plusieurs de ceux qui n'avoient pour vivre que ce qu'ils retiroient de leurs brigandages durant la guerre, voyant que la paix leur ôtoit le moyen de subsister, renouvelèrent leurs courses Se ravagèrent les terres de l'évêque de Toulouse, à qui d'ailleurs divers seigneurs Se gentils-
' Guillniime de Puylniirens, c. 40. ' Guillaume de Piiylaiirens, c. 40.
' Voyez lome VIII, Chartes, n. CXCII, c. 9o3.
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hommes refusèrent de payer la diine. Ce prélat, irrité de ces vexations, alla trouver le comte Raimond Se lui dit : « Je sais que, par la grâce de Dieu & « la vôtre, j'ai recueilli mes dîmes assez tranquillement l'année dernière; « maintenant c'est à vous que je m'en prends du trouble que je souffre, & « ne croyez pas que je puisse le supporter patiemment. Je suis disposé à être « exilé de nouveau, n'ayant jamais été mieux que durant mon exil. »
LXIX. — Le roi ordonne qu'on rende à Raimond les biens usurpés sur lui. Ce comte fait un voyage à la Cour. — Evêques du Puy.
Raimond avoit à son tour des plaintes à faire contre les ecclésiastiques de ses Etats. Il étoit porté expressément, dans le traité de Paris, que toutes les donations que les croisés avoient faites des biens de ce comte, dans l'étendue des pays qui lui restoient, seroient révoquées; plusieurs églises du diocèse de Cahors jouissoient entre autres de divers domaines, en vertu de semblables donations Se ne se mettoient nullement en peine de les rendre. Raimond s'en plaignit au roi qui l'écouta favorablement Se écrivit', au mois de mai de l'an 1280, à Guillaume de Cardaillac, évêque de Cahors, pour le prier de rendre lui-même Se de faire rendre à ce comte les biens usurpés par les ecclésiastiques de son diocèse. Il pria en même temps ce prélat de ne pas permettre que Raimond fût molesté en rien ; « Il vous est, ajoute-t-il, « plus expédient de l'attirer par des bienfaits que de l'irriter par des cha- « grins. »
Le roi, par d'autres lettres^, datées de Paris à la fin du mois d'avril de la même année, déclare « qu'il veut que son frère Alphonse, lorsqu'il sera parti venu à un âge légitime, ou celui qui sera comte de Toulouse, rende hom- « mage à l'évêque du Puy Se à ses successeurs pour les châteaux d'Aubenas, « de Saint-Laurent Se d'Ussel, dans le diocèse de Viviers, qui étoient de la « mouvance de ce prélat Se que les prédécesseurs de son cher 8e féal Pv^ai- « mond, comte de Toulouse, avoient tenus du même évêque, comme ce même « comte l'a confessé devant nous, » termes d'où l'on peut inférer que Raimond avoit fait alors un voyage à la Cour. Etienne de Chalançon, évêque du Puy, déclara en même temps que lui Se ses successeurs étoient tenus de recevoir cet hommage d'Alphonse, frère du roi, qui aura pour femme la fille de Raimond, comte de Toulouse, quand il sera parvenu à un âge compétent, ou de celui qui sera comte de Toulouse. Enfin le roi ordonna alors à Héracle de Montlaur de reconnoître tenir ces trois châteaux de l'évêque du Puv, jusqu'à ce qu'Alphonse, son hère, fût parvenu à un âge légitime. Etienne de Chalençon^, évêque du Puy, mourut au commencement de l'année suivante Se eut pour successeur Bernard de Rochefort.
'Trésor des chartes; Toulouse, sac 3, n. 65. biens » eux donnés par Simon & Amauri de
[J. 3o6; Teulet, t. 2, p. 177; le roi ordonne Mcntfort.J
au prélat & aux ecclésiastiqives du diocèse de ' Gallia Christiana, nov. éd. t. 2, Imtr. c. 233.
rendre, conformément au traité de Melun, les ^ Ibid. c. 713,
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LXX. — Université de Montpellier. — Dédicace de l'église de Notre-Dame de cette ville. — Evéques de Maguelonne. — Fondation de l'abbaye de Gigean,
Le roi confirma, au mois de juin de l'an i23o, les privilèges que ses prédécesseurs avoient donnés à l'éplise de Maguelonne, Si accorda à levêciue le l'-J.onsin. pouvoir (' de recevou^ le serment' de ceux qui dévoient être élevés au grade « de licencié & de docteur dans la faculté de droit canon & de droit civil, " dans l'étude de la ville de Montpellier. » Il prescrit ensuite la forme de ce L-rment, suivant lequel celui qui étoit reçu devoit jurer d'être fidèle & obéissant à l'èvêque de Maguelonne, « Se de ne pas empêcher que ce prélat " n'ag g''s^"ât l'excommunication contre ceux qui nègligeroient de se soumettre « à l'Eglise, en taisant jeter des pierres & porter un cercueil ou bière devant K leurs maisons ou autrement, suivant l'ancienne coutume du diocèse. » I/université de Montpellier étoit donc alors entièrement formée Si composée de toutes les facultés, contre le sentiment de ceux* qui prétendent que ce fut seulement en 1289 qu'on y prit des degrés. Nous savons de plus que Jean de Montlaur, évêque de Maguelonne, fit^ en 1242 divers règlemens, du consentement de l'université, tant des docteurs que des disciples qui étudioient aux arts, « touchant les maîtres Si les écoliers qui s'appliquoient à la gram- > maire Si à la logique k Montpellier Si à Montpelliéret. » Il y est fait mention du recteur de cette université.
Bernard de Mèze, évêque de Maguelonne, en faveur duquel saint Louis accorda la charte dont on vient de parler, dédia, en 1280, l'église'* de Notre- Dame des Tables, alors la principale de Montpellier, avec les archevêques de Narbonne, d'Arles Si d'Aix Si leurs suffragans, par ordre du pape Grégoire IX, qui leur écrivit pour cela, le 18 de juillet de la même année. Les évêques de Marseille Si d'Apt, n'ayant pu se rendre k Montpellier au jour marqué, à cause des troubles de la province d'Aix 6- de la ville de Marseille, n'y arrivèrent que le 26 d'août; mais ils accordèrent les mêmes indulgences que les autres évêques avoient accordées dans le temps de la dédicace. Bernard de Mèze mourut le 25 de janvier'* de l'an i232. Sous son épiscopat, Jacques, roi d'Aragon, seigneur de Montpellier, fonda le couvent des Cordeliers de cette ville, dans lequel le chapitre général de leur ordre fut assemblé en 1287. L'abbaye de Saint-Germain, près de Montlaur, transférée ensuite k Saint- Félix de Montseré, Si connue aujourd'hui sous le nom de Gigean, fut aussi fondée sous l'épiscopat de ce prélat, dans son diocèse, pour des filles de l'ordre de Cîteaux. Elle subsiste encore Si est située sur la grande route de Mont-
■ Tome VIII, Chartes, n. CXCIX, ce. 917, 918. ■* Gar\e\, Séries praesulum Magaloneniium,-p.oj^o
' Du Boulay, Hist. un'tvenitatii Pariiiensis, t. 3, & seq. (Voyez le Petit Thalamus, p. 2,^.]
p. 488. ' Le Petit Thalamus dit le 24 décembre qui sui-
' GaïUl, Séries praesulum Magalonensium,p. 356 rit la dédicace. [A. M.]
& seq.
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pellier à Pézénas. Jean, frère de Pv-ostaing, seigneur de Montlaur & prévôt de la cathédrale de Maguelonne, succéda à Bernard de Mèze dans cet évêchê.
LXXl. — Pierre de Colmieu légat dans la Province. — Le pape accorde un délai à Raimond pour son passage d'outre-mer.
On prétend ' que Gautier, évêque de Tournai &. légat du Saint-Siège dans la Province, se trouva à la dédicace de l'église de Notre-Dame de Montpellier; ainsi il auroit exercé sa légation dès le mois d'août de l'an i23o. Il est vrai c|ue les évoques de la Province^ ayant député cette année Clarin, évêque de Carcassonne, à Pvome, pour y porter leurs plaintes contre le comte de Toulouse, ce prélat obtint du pape que l'évêque de Tournai seroit envoyé dans le pays afin d'y poursuivre, en qualité de légat, les affaires de la foi &• de la paix ; mais nous voyons, par diverses lettres de Grégoire IX, que Pierre de Colmieu exerça les fonctions de légat dans la Province, au moins jusque vers la fin du mois de septembre de cette année. Grégoire écrivit ces 3 lettres au sujet du comte de Toulouse. Il parle ainsi dans celle qu'il adressa, le g de juillet, à Pierre de Colmieu, son chapelain ^ légat du Saint-Siège apostolique. » Les ambassadeurs du noble homme Raimond, comte de Toulouse, nous « ayant supplié de lui accorder un délai, tant pour son passage dans la Terre- (( Sainte que pour le payement des dix mille marcs d'argent qu'il doit aux « églises, en réparation des dommages qu'il leur a causés; attendu qu'étant (i réconcilié depuis peu à l'Eglise, il ne peut disposer de son domaine comme i( il faudroit 6c qu'il ne sauroit fournir aux frais nécessaires de son passage » d'outre-mer pour la fête de Pâques prochaine, à cause que ses Etats sont (( entièrement épuisés : voulant favoriser son zèle envers Dieu & envers « l'Église, nous lui accordons pour le payement dé cette sdiiilne un. délai qui (i durera autant que nous le voudronsi Quant au temps du passage, vous a consulterez là-dessus le roi 8t la reine de France, & après avoir délibéré (I avec les prélats & les barons que vous jugerez à propos St avoir considéré tt toutes choses, vous nous renverrez leur avis pour nous déterminer ensuite"*. »
LXXII. ^-^ Divorcé entre le comté de Toulouse £< Sancie d'Aragoiïy sa feihihe. Le pape écrit diverses lettres eh faveur de ce prince.
L-d.origin. IDans une autre lettre que Grégoire IX écrivit quelques jotirs après à l'ar- ' ""■ ''^' chevêque d'Arles Ê<. à l'évêque d'Orange, il leur mande, qu'ayatit appris que
' Qane\,Si:rtcs praciulutn Magàloiien!ium,'ç.'i^o ■• Riilniond VII tdmmeiiça le pnyèment dès
& scq. lourdes charges pécuniaires que lui avait irapc-
" Guillaume de Puylnurens, c. 41. sées le traité de Paris en novembre N 23 1. Par une
' D'Achéry, .V^jiciicgium, t. 3, p. 17c & suiv. — charte du 18 novembre dé cette année (J. 309,
Concilia, t. 1 1 , c. 358 & suiv. — Mis. de Colhert, n. 1 o, 2; Teulet, t. 2, p. i26), il prit des arran-
n. 1067. — Tome VIII, Chartes, n. CCI. ce. 931 , gements pour payer les sommes qu'il devait à l'ab-
912. [Potthnst, n. 8584; lettre du même jour pour baye de Cîteaux en plusieurs termes & y engagea
les mêmes affaires, à Raimond VII, n. 8585.] ses revenus du péage de Marmande. [A M.]
Raimond, comte de Toulouse, & Sancie (d'Aragon), sa femme, s'étoient séparés 8t ne vivoient plus ensemble, comme ils y étoicnt obligés, ils eussent à travailler pour les réconcilier, afin d oter le scandale 8< les empêcher de risquer leur salut, avec pouvoir d'user sur cela de censures. Que si, poursuit le pape, l'une des deux parties objecte qu'il y a quelque empêchement, « vous informerez là-dessus 8<. vous nous renverrez l'enquête alîn que nous M procédions devant Dieu, Sec. » Nous verrons ailleurs les suites de ce divorce. Grégoire écrivit trois autres lettres, les 5, i3 & i8 de septembre suivant, à Pierre de Colmieu, son chapelain 6- légat du Saint-Siège. Par la première il lui permet, à la prière du comte de Toulouse, d'évoquer à son tribunal les procès qu'on pourroit faire à ce comte sur des matières qui seroient du for ecclésiastique'. Par la seconde il accorde au comte la permission d'imposer à la taille les vassaux des églises de ses Etats, comme ses autres sujets, afin de ramasser l'argent nécessaire pour satisfaire aux engagemens qu'il avoit pris dans le traité de Paris^. Le pape écrivit la troisième au même légat, à l'évêque de Toulouse & à l'abbé de Grandselve, touchant la demande que ce prince lui avoit fait faire par ses ambassadeurs, de permettre qu'on donnât la sépulture ecclésiastique au comte, son père, dont le corps étoit demeuré jusqu'alors sans être inhumé, quoique étant décédé avant la réconciliation du pays à l'Église, il eût donné à sa mort des indices certains de pénitence 8<. qu'il eût fait tout son possible pour être réconcilié à l'Eglise. « Les ambassadeurs de « Raimond, ajoute le pape, nous ont représenté que la nécessité, 8v non le « mépris de la religion, avant privé le comte de recevoir les derniers sacrc- « mens, & que les jugemens de l'Eglise devant être contormes à ceux de « Dieu, nous eussions à ordonner que le feu comte, qui pour cela doit être « censé absous par l'Église, comme on croit qu'il l'a été auprès de Dieu, soit « inhumé dans un cimetière ecclésiastique. » En conséquence le pape ordonne aux deux prélats Se à Pierre de Colmieu de faire les informations nécessaires &i de les lui renvoyer-*.
LXXÎIÎ. — Raimond rend divers châteaux en fief au comte d'Aitanic.
Nous ne savons pas le inotif du voyage que Raimond fit à la Cour au mois d'avril de l'an iiSo. Quelques auteurs"* modernes assurent « qu'il se « ligua cette année avec le roi d'Angleterre, Thlbaud, comte de Champagne, « & les comtes de Bretagne & de la Marche contre le roi de France; mais cjue « leur ligue fut bientôt dissipée par le jeune roi. » On ne trouve aucun vestige de cette ligue, ni dans les monumens, ni dans les auteurs du temps, Se
■ [Potihasf, n. 8r>98, 8t tome \'III, n. CCI, ' [Potthasti ii. 86o8) lettre à Pierre de Col-
c. 9Î1.] mieu, du i8 septembre} n. 8616, lettre à l'évêque
' (Voyez tome VIII, n. CCI, ce. 931, çîî, & Pot- de Toulouse &à l'abbé de Grandselve, du 23 du
«hasi, n. 8rtc5. Cf. ibid. n. 86i3) lettre semblable même mois.]
k l'archevêque N.irbonne & .tux évéques de ^ Catel, ffii(o/Ve lies comlfj i/e ITeîojc, p. 3^6. Toulouse & de .'J.nes, du 2J septembre.] (A. M.)
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"■;; ; 664 histoire générale de Languedoc, liv. xxiv.
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toutes les apparences sont que c'est une fable. Ce que nous savons de certain de Raimond, c'est qu'il étoit de retour dans ses Eiats à la fin du mois de juin de la même année'. Il fit sa paix^, le 3 de septembre suivant, avec Centulle, comte d'Astarac, auquel il donna en fief le château de Saint-Orcns 8c toute la terre de Fimarcon, en Agenois, outre le château de Sompuy, dans le diocèse d'Auch, qu'il lui avoit dé)à donné. Le comte de Foix. lui rendit hommage, le 26 du même mois, pour le château de Saverdun &. pour tout le reste du comté de Foix situé jusqu'au Pas de la Barre, dans le diocèse de Toulouse.
LXXIV. — L'empereur donne à Raimond le comté de Forcalqitier. — La ville de Marseille se soumet à ce comte, qui déclare la guerre'au comte de Provence,
Raimond prend le titre de marquis de Provence dans cet acte S< dans quelques autres de ce temps-là, non pas que le pape lui eût encore restitué ce marquisat; mais sans doute à cause que l'empereur Frédéric lui donna^ en fief, la même année, la terre de l'Isle, les villes de Carpentras 8t de Pierrelatte, 8c les comtés de Forcalquier 8c de Sisteron, qu'il ôta à Raimond-Bérenger, comte de Provence, à cause de sa félonie, 8c parce qu'il avoit soustrait la ville d'Arles à l'autorité 8c à la juridiction de l'Empire, comme s'exprime une ancienne chronique qui n'entre pas dans un plus grand détail. Nous apprenons'*, d'ailleurs, que Raimond-Bérenger assiégea cette année la ville basse de Marseille, depuis le commencement du mois d'août jusqu'à la Toussaint, sans pouvoir la soumettre, 8c qu'il s'éleva alors divers ' troubles dans la province d'Arles. On sait de plus que Pvaimond, comte de Toulouse, rendit dans cette occasion de grands services aux Marseillois, qui l'appelèrent à leur secours, 8c qu'en reconnoissance, ces peuples lui firent donation*^, le 7 de novembre, peu de jours après la levée du siège de leur ville par le comte de
i';j oiicîn. Provence, de la ville basse de Marseille, vulgairement appelée la ville vicomi. m, p.3ç)o. ' . . , ' °. „ . ^^ . . . ,
taie, pour en joun^ seulement pendant sa vie. Kaimonu, qui etoit sur les
lieux, accepta cette donation 8c promit aux Marseillois de les protéger, en
présence du comte de Rodez, du vicomte de Lautrec Se de plusieurs autres de
ses chevaliers 8c vassaux. Nous inférons de là que ce prince avoit marché au
secours des Marseillois à la tête de toute cette noblesse. Un historien'' du
' Voyez tome VIII, Chartes, ce. 925, 9215. '' Voyez ci-dessus, ch. i.\x, p. 661.
' Ihid. ce. 929, 930. ^ Tome VIII, Chartes, n. CCII, c. 914 & siilv. —
' Ihid. Chroniques, c. îo5. [Voyez lat. 6009, Ruffi, dans ses Comtes Je Provence, a daté cet acte
pp. 423 & 426; ces pièces y sont datées de dé- de 1 i.Ty, en plaçant in.il une virgule. Dom Vaissete
cembre i 2 3,5 & décembre 1 239, & ces dates parais- a eu absolument raison de placer cette expédition
sent admissibles, du moins Tindiction est exacte. à l'année i23j. La chronique de Marseille la date
L'auteur anonyme de la chronique Sabnthier a de iijj, & voici les paroles de la chronique ro-
certainement vu ces actes, & n'a fait que les ana- mane de Montpellier (7'Aa/dmu5, p. 26) : £n «ovcm-
lyser inexactement.] ^re [ i 23oj venc lo coms R. a,Mas5eîha e Acron li las
* Chron'icon Massiî'iense, apud Labbe, Bthlioih, rendas & giteron ne lo coms de Provensa, [A. M.] nova, t. I, p. J42. ' Guillaume de Puylaurens, c. 48.
temps assure, en effet, que Raimond n'eut pas plutôt paru en armes du côté de Marseille que le comte Raimond-Bérenger ne jugea pas à propos de l'attendre. Le motif qui engagea ' Raimond-Bérenger à assiéger la ville de Marseille fut que les liabitans, qui avoient trouvé moyen d'unir à leur communauté les droits de leurs anciens vicomtes, s'étant érigés en république, refusoient de reconnoître son autorité 8c étoient en différend avec leur évêque dont il étoit le protecteur. Depuis ce temps-là le comte de Toulouse & celui de Provence se firent la guerre, & elle dura, plus de trois ans. Le premier établit un viguier à Marseille pour gouverner cette ville en son nom; mais il n'en retira de revenu qu'autant que les habitans voulurent bien lui donner, & quoiqu'il les eût délivrés de leurs ennemis, il éprouva cependant plusieurs fois leur légèreté & leur inconstance.