LXXV. — Gautier, évêque de Tournai, légat dans la Province
Le pape Grégoire IX sollicita Raimond^, le 2 du mois de janvier de l'année suivante, de payer k l'abbaye de Cîteaux 8< aux autres monastères de cet ordre les sommes auxquelles il s'étoit engagé par le traité de Paris : « Autre- « ment, ajoute-t-il, nous avons ordonné à l'évêque de Tournai, légat du « Saint-Siège, de vous y contraindre par les censures ecclésiastiques. » Le pape manda, en eftet, à ce prélat, peu de jours après, d'obliger le comte à ce pavement & d'user de censures s'il étoit nécessaire, « en prenant cependant « la précaution de ne pas lancer l'excommunication ou l'interdit sur ses Etats, « sans en avoir reçu auparavant un ordre spécial. »
Gautier ou Wautier de Marnis, évêque de Tournai^, exerçoit donc les fonctions de légat dans la Province, dès le mois de janvier de l'an I23i, 8c nous savons qu'il fit son entrée'* solennelle en cette qualité dans la ville d'Albi, le 24 de mars suivant. Aussitôt que ce prélat, dont on loue fort^ la probité 8c la prudence, fut arrivé dans le pays, il cita le comte Raimond à son tribunal pour V répondre sur l'accusation qu'on formoit contre lui d'avoir enfreint le traité de Paris en plusieurs chefs. Le comte comparut à Castelnaudary, dans l'église de Pierre-Albe, 8c le légat ayant ordonné à tous ceux qui avoient fait des plaintes de lui en remettre les preuves par écrit, il les communiqua au comte (jui promit d'y satisfaire.
LXXVL — Raimond continue la guerre de Provence, il prend soin de ses domaines 6- transige avec les abbés de Gaillac 6- de Mautauban.
Ce prince se rendit"^, au mois de février suivant, à Limoges, où Raimond, abbé de Saint-Martial, l'appela en pariage, du consentement de son clia-
' Ciiillaiime de Puylaurens, c. 4^. — Bouche, ^ Archives de l'église d'Albi. [Voyez lome V,
Hiit. Je Provence, t. 2, p. 209 & suiv. r. 1342, n. 7.3 j acte réglant dans quel ordre les
■ D'Achéry, Spicilegium, t. 3, p. 171 & suiv. — légats devront visiier les églises d'Albi.]
Concilia, t. 1 1, c. 36o. [Potthast, n. 864.O.] ' Guillaume de Puylaurens, c. 41.
' Gallia C/tristiana, nov. éd. t. 3, c. 217. ° Mss. Coliert, n. 1067. [Lai. 6009, p. 3i.]
An I 23o
An 12J 1
An i:
pitre, pour le village d'AsprièreS, en Rouergue, en présence de l'évêque d'Orange, 8cc. Il donna des lettres de sauvegarde, au mois de juin') pour tous ceux qui se rendroient à la dédicace du monastère de la Sauve, dans le diocèse de Bordeaux, 8c continua la guerre contre le comte de Provence. En effet, les habitàns de Tarascon promirent*, au mois d'août de cette année, à Guillaume Augier, qui reçut leur promesse au nom de ce prince, « de ne « faire ni paix, ni trêve, ni traité avec le comte de Provence Ss. avec tous ceux H avec lesquels il étoit en guerre, sans son consentement ; de le servir contre «i eux, excepté contre l'Église romaine, l'empereur, le roi de France & l'ar- « chevêque d'Arles &c de le suivre dans cette guerre durant l'espace de cinq « ans, quand il viendroit en Provence. »
On ne voit pas que Raimond ait fait si tôt ce voyage ; il paroît au contraire par divers 3 actes qu'il passa le reste de l'année dans le haut Languedoc. Pvaimond de Dourgne, qui n'avoit pas d'enfans d'Algaye, sa femme, lui iit donation, le lo d'août, de la moitié des châteaux de Puylaurens, de Dourgne, 8<.c., dont il se réserva l'usutrult; à condition que s'il avoit un fils, ce fils épouseroit, avec tous ses fiets, la fille de Bertrand, frère dudit seigneur comte, Se que s'il avoit Une fille, elle seroit mariée à un des fils d'Hugues Alfier'*. Le comte de Toulouse s'accorda, au mois d'octobre suivant, avec le6 abbés de Montauban Si de Gaillac, touchant ^ leurs différends, dont le cardinal de t.'iii,°p'.^J"l. Saint-Ange avoit renvoyé la décision à Grimoald, évêque de Commingesj Durand, évêque d'Albi, Géraud, âbbé de la Chaise-Dieu, de qui ces deux abbayes dépendoient, Pons de Villeneuve, chevalier, 8cc., furent les média^ teurs. Les deux transactions sont datées de Gaillac, en Albigeois, le i3 d'octobre de l'an i23i. Par l'une^, le comte reconnoît tenir en fief de Raimond, abbé, 8t dès religieux de Saint-Michel de Gaillac, toUt ce cju'il avoit dans cette ville. Par l'autre'', il cède à Arbert Aurioli, abbé de Saint-Théodard de Motttauban, le quatrième de la justice Si des droits seigneuriaux de cette ville St de risle-Made. Il se reconnut en même temps vassal de l'abbé & du monastère de Saint-Théodard pour le château de Toulvion , avec l'obligation de tenir une fois l'étrier à l'abbé à chaque mutation, quand il en seroit requis. Bertrand, frère de ce prince, Guillaume, sénéchal d'Albigeois, c'est-à-dire de la partie de ce pays qui étoit restée au comte, Arnaud de Moniaigu, chevalier d'Albigeois, Sic, furent présens à ces deux actesi
' Cartulalre de l'abbâye de la Sauve. "■ Voyez tome VIII, Chaflés, n, CCVI, c. 9^9
' Voyez tome VIII, Chartes, 11. CCIII, ce. yjS, & siiiv.
pSp. ' Trésor des chartesj Toulouse, sac 5, n. 9. [J.
' Msi, Colbert, 11. lorty. 3io, original scellé; J. Sep, n. 9; minute. Cf.
< [Voyez cet acte, tome VllI, ce. 940 à 943, Teulet, t. 2, pj). 221 à 2î3.] — Mî5. CoîAcr», n. 1067
d'après J, 322, n. 54. Corrige:^ Hugues d'Alfar.J & 2670. — Le Btet, Histoire de Montauian, p. 64
^ Titres de Baluze, Lan^ucdoCj n. 37, 8< suiv.