‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificatives (volume 5)Chapitre 257 sur 342 · XC. — L'archevêque de Vienne succède à l'évêque de Tournai · texte numérisé non relu

XC. — L'archevêque de Vienne succède à l'évêque de Tournai

dans sa légation.

Le pape nomma ^ pour légat dans la Province, à la place de l'évêque de Tournai, Jean de Burnin, archevêque de Vienne. Il lui écrivit^, le i3 de janvier de l'année suivante, & aux autres archevêques 81 évêques de Provence, pour les exhorter à agir avec douceur 8c modération envers le comte de Toulouse, « qui se montroit très-dévot envers le Saint-Siège, 8c fils spécial de « l'Église romaine. » Il leur fit défense de l'excommunier aussi aisément qu'ils le faisoient 8c de jeter l'interdit sur ses terres. Il écrivit deux jours après à ce prince même, qui le soUicitoit vivement, soit par ses lettres, soit par ses ambassadeurs, de lui restituer le marquisat de Provence 8c le pays Venaissin. Le pape lui marque, « qu'il souhaiteroit fort pouvoir lui accorder cette «demande; mais qu'à cause des prétentions que plusieurs avoient sur ce

' Archivas de l'église de Narbonne. ' Mis. de Colbcrt, n. lojy. [Lai. (1009, pp. 5i8

■ Voyez lomeVIII, Chartes, n. CCLXXII.c. 1184 & r,zr.\ 8( siiiv. ° Voyez tome VU, ut supra.

> Guillaume de Piiylaurens, c. 42. ' D'Achéry, Spicilegium, t. 3, p. 180 &8eq.

< Voyez tome VU, Noie XXVUI, pp. 89, 90, [Potthast, n. 9365.] — Concilia, t. 1 1 , c. 36ô.

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lid. origir.

« pays 8<. voulant rendre à chacun ce qui lui étoit dû, il ne pouvoit pour le « présent lui donner une réponse positive. » Du reste, il l'exhorte à persévérer dans le zèle dont il étoit animé contre l'hérésie 8< à demeurer toujours attaché au Saint-Siège. Il ajoute que c'étoit un moyen assuré pour obtenir au plus tôt l'eft'et de sa demande'.

On est en peine de savoir^ qui étoient ceux qui pouvoient avoir des prétentions sur le marquisat de Provence, au préjudice des droits légitimes 8< incontestables du comte R.aimond sur ce pays. Les uns ^ prétendent que c'étoit Aymar, comte de Valentinois, en faveur duquel le pape avoit démembré ce marquisat, en lui donnant en fief soixante-treize ou soixante-seize villes ou châteaux qui en dépendoient. D'autres"* veulent que Raimond- Bérenger, comte de Provence, qui étoit alors en guerre avec Raimond, s'opposoit {sic) à cette restitution; mais supposé que l'un ou l'autre de ces deux comtes, ou tous les deux ensemble, aient formé en effet quelque difficulté là-dessus, c'étoit sans aucun fondement apparent. Nous croirions bien plus volontiers que le pape, dans l'espérance de se maintenir en possession d'un domaine si considérable, feignit lui-même ces difficultés, afin de traîner l'affaire en longueur.

Grégoire IX recommanda 5, le 18 d'avril suivant, l'archevêque de Vienne, légat du siège apostolique dans les pays d'Albigeois, à Jacques, roi d'Aragon, 81 pria ce prince de ne pas permettre qu'aucun de ses sujets troublât les affaires de la foi 8<. donnât retraite aux perturbateurs de la paix. Il recommanda aussi'' le légat à tous les évêques des Gaules 8c au comte de Montfort ; il chargea spécialement ce prélat d'user de toute la rigueur des lois contre les hérétiques cachés dans le Toulousain, 8<. de s'informer si Raimond VI, comte de Toulouse, avoit donné à sa mort des marques de pénitence : « Afin, dit le « pape, de lui procurer les honneurs de la sépulture & de pouvoir témoigner u ma bienveillance envers son fils, qui a été réconcilié à l'Eglise. »

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