XCI. — Edit du comte de Toulouse contre les hérétiques
Cependant Gilles de Flageac'^, commissaire du roi, s'étant mis en chemin, vit en passant la fille aînée de Raimond-Bérenger, comte de Provence, dont le mariage avec le roi étoit déjà arrêté. Il trouva en arrivant à Toulouse que l'évêque avoit rédigé tous les articles de réformation, 8c s'étant joint à lui pour les présenter au comte Raimond, ce prince dressa bientôt après une ordonnance ou é^ir qu'il fit publier, le 18 de février de l'an i233 (1234), dans une grande assemblée qu'il tint à cette occasion dans le cloître de Saint-Etienne de Toulouse & à laquelle se trouvèrent l'archevêque de Vienne, nouveau légat dans la Province, les barons du pays, le sénéchal de Carcassonne, Etc.
' [Pottliast, n. 9567.] ' Bouche, ut supra.
* Bouche, Provence, t. 2, p. 106.'). ' Archives de l'Inquisition de Toulouse.
* Fantoni, htoria délia citta d'Ayignione, 1, 2, ' Raynaldi, ann. 1234, n. 14.
c. I, n. 61. ' Guillaume de Puylaurens, c. 42.
An j 2^4
Cette ordonnance, dont on voit l'original dans le trésor' des chartes du roi, & dont on a donné diverses éditions, comprend vingt Se un articles, suivant lesquels le comte Raimond, « après en avoir délibéré avec les évêques 8c les « autres prélats, les comtes, les barons, les chevaliers & plusieurs autres per- « sonnes prudentes de ses États, & de leur avis Se consentement, déclare « qu'il a fait divers règlemens pour purger d'hérésie ses domaines & ceux de « ses sujets, avec ordre aux barons, aux chevaliers, aux baillis Se à ses autres H officiers, de les observer, conformément à la paix de Paris. » Les plus remarquables de ces articles sont les suivans :
1° Le comte ordonne une recherche exacte des meurtriers de ceux qui poursuivoient les hérétiques, S<. il veut qu'ils soient punis sévèrement. 2° Les habitans des lieux payeront un marc d'argent pour chaque hérétique, à celui qui s'en saisira dans leur territoire. 3° On détruira les maisons où on aura trouvé un hérétique vif ou mort depuis la paix de Paris, St celles où ils auront prêché du consentement du maître, avec confiscation des biens de tous ceux qui y demeurent. 4° Les biens de ceux qui se sont faits ou qui se feront hérétiques, seront confisqués, même au préjudice de leurs enfans Se de leurs autres héritiers légitimes, & leurs maisons seront rasées. S" Les biens de ceux qui traverseront les inquisiteurs des hérétiques dans leurs recherches ou qui ne les favoriseront pas, seront aussi confisqués, 8c ils subiront une punition cor- , f^]^,-°'''fij"porelle. 6° Les biens de ceux qui ont été hérétiques revêtus seront confisqués, quand même ils auroient rompu tout commerce avec les hérétiques, à moins qu'ils ne produisent des lettres testimoniales de leur réconciliation. 7° Ceux qui, après avoir abjuré l'hérésie, ne porteront pas ou cacheront les deux croix cousues sur leurs habits des deux côtés de la poitrine, qu'ils auront été condamnés de porter par leur evêque, encourront ^a même peine.
Les autres articles regardent la paix dont le comte ordonne l'observation dans tous ses États, avec ordre d'en chasser les routiers, les proscrits (Jayditos) Se les voleurs. 11 prend toutes les maisons religieuses 8c en particulier celles de l'ordre de Cîteaux, sous sa protection 8c veut qu'on punisse sévèrement tous ceux qui leur causeront du dommage; il permet de mettre un gardien perpétuel dans chacune, afin d'empêcher qu'elles ne soient vexées par les barons 8c les chevaliers qui s'y faisoient traiter [albergare). Enfin il défend d'établir de nouveaux péages dans ses terres 8c dans celles de ses vassaux 8c révoque tous ceux qui avoient été établis depuis trente ans. Raimond, après la publication de son ordonnance, y apposa son sceau 8c la remit à Gilles de Flageac, commissaire du roi, pour la porter en cour 8c donner au roi des preuves de son attention à maintenir la foi dans ses États^. Le légat l'envoya ^ de son côté à Rome, 8c le pape la confirma. Eudes Coqui ou le Queux la fit publier aussi dans sa sénéchaussée Se en ordonna l'observation.
■ Trésor d« chartes; Toulouse, snc U, n. 66. — ' Guillaume de Puyhmrens, c. 42.
Catel, Comtes, p. 354 & suiv. — Conclia, t. 11, ' Ri>yn;.ldi, an. 1234, n. 14.
c. 449 & seq. [Voyez tome VIII, 'ce. 963 à 969, ou nous donnons cet acte d'après l'original.]
An ti34
XCII. — Eudes le Queux, sénéchal de Carcassonne, lieutenant du roi
dans la Province,
Ce dernier, qui se qualifie chevalier &- lieutenant du seigneur roi de France clans un acte' de la mi-septembre de l'an 1232, assigna^, au mois d'avril de l'an 1234, à Béatrix, veuve de Lambert de Limoux, & à ses fils Lambert 5c Simon de Turey ou deTouri, mille cinq cens livres de rente sur diverses terres de la sénéchaussée de Carcassonne &c leur donna entre autre celles de Saissac, Pêcherie, Beaufort, Asillan le Grand, Pardaillan, &c.
XCIIL — Vicomtes de Lautrec.
Le roi ordonna^ au sénéclial le Queux, au mois de février de l'an 1234 ^^1235), « de conserver sous sa baillie, la terre de sa chère h. téale la vicom- « tesse de Lautrec, dans le même état dans lequel le feu vicomte de Lautrec, « son mari, la tenoit du temps du feu évêque de Cahors, qui étoit mort en « faisant droit. « Ce vicomte, dont le nom n'est pas marqué ici, est le même que"* Sicard VI, frère puîné de Bertrand I, avec le([uel il posséda par indivis la vicomte de Lautrec, comme il paroît par d'autres lettres, suivant lesquelles^ Mathieu de Marly, chevalier, 6<, Amauri de Montfort, certifient, au mois de janvier de l'an i238 (1239), « que Sicard, vicomte de Lautrec, ayant perdu « de droit toutes les terres qu'il possédoit héréditairement, le roi Louis, de « bonne mémoire, avoit rendu à leur prière à Agnès, vicomtesse de Lautrec, « femme dudit vicomte, leur cousine, & k ses héritiers, toutes ces terres, & « lui avoit donné de plus les châteaux de Sénégas & de Montredon, en « échange des biens que Simon lui avoit donnés en la mariant. » On doit inférer de ces actes & d'un autre qui nous apprend que Bertrand, vicomte de Lautrec, recouvra^, en i235, le château de Lautrec, & qu'il y amena sa femme un an après : 1° Que Bertrand I Se Sicard VI, vicomtes de Lautrec, perdirent par confiscation cette vicomte, 8c que le roi Louis VIII rendit, en 1226, la portion du second k Agnès, sa femme. 2° Que Guillaume de Cardaillac, évêque de Cahors, travailloit quelque temps avant sa mort, arrivée en 1234'^, à restituer, par ordre du roi, la vicomte de Lautrec k ces deux frères. 3° Que Sicard VI étoit déjà décédé au commencement de l'an i235. 4" Enfin que cette vicomte fut restituée cette même année k Bertrand I, k Agnès, veuve de Sicard VI, 8c aux entans de ce dernier, qui fut'' inhumé aux Cordeliers de Lavaur.
Au reste Agnès, vicomtesse de Lautrec, étoit de la maison de Mauvoisin,
' Archives de l'abbaye de La Grasse. [Voyez ' Rcg'istrum cut'me Franclae.
tome V, col. 1667, n. iSy. Donation de terres ' Voyez tome VII, Note XVIII, p. 53.
confisquées sur des hérétiques à un chevalier, avec ^ Voyez tome VIII, Chartes, n. CCXXV, c. 1022.
retour à l'abbaye de La Grasse. Voyez ihid, c. 1668, ^ Registre de l'Inquisition de Toulouse,
n. i38.] ' Gciilix Chr'titlana, nov. éd. t. 1, p. i33.
' Toms VIII, Chartes, n. CCXII, ce. 97!?, 974. ' Mis. de Coislin, n. 691, al. i32.
' ' An 12^4
en France', S<. fille de Gui, seigneur de Rosny, près de Mantes, & d'Alice de Porrhoët. Elle laissa de Sicard VT, son mari, plusieurs fils qui héritèrent de la moitié de la vicomte de Lautrec & partagèrent^ avec Bertrand I, leur oncle, les appartemens du château de Lautrec, par un acte daté d'un mardi du mois d'avril de l'an 1242. Bertrand I fit ce partage avec Pierre, Isarn & Frotard, ses neveux, qui stipulèrent dans l'acte pour Gui, Bertrand 8t Amalric, leurs frères, lesquels sans doute étoient alors encore mineurs. Ces six frères possédèrent la moitié de la vicomte de Lautrec, que Pierre, Isarn, Bertrand Se t.'m°p'.*']y'8. Amalric partagèrent avec le reste de leurs domaines, le 17 d'août de l'an 1255^, Pierre eut le château de la Bruguière, Isarn celui de Montredon, Bertrand celui de Sénégas avec la bladade du Lautreguois, Se enfin Amalric le châteaud'Amhrcs. La justice & les hommages des chevaliers de la moitié de la vicomte restèrent par indivis à ces quatre frères, qui passèrent un compromis, le 17 de juin de l'an i256, conjointement avec Bertrand I, vicomte de Lautrec, dit l'Ancien, leur oncle, au sujet des différends qu'ils avoient avec les chevaliers de Lautrec. Après ce partage, Amalric, vicomte de Lautrec, fils de feu Sicard, vicomte de Lautrec, rendit hommage du cliâteau d'Amhres"*, situé alors dans le diocèse d'Alhi, St aujourd'hui dans celui de Castres, le 17 de novembre de l'an 1256, à Philippe de Montfort l'Ancien & à Philippe de Montfort le Jeune, son fils, seigneurs de Castres. Il déclara que Sicard, son père, avoit • tenu ce château du père de Philippe le Jeune, qui donna en même temps à Amalric le droit de confiscation pour l'hérésie dans les domaines qu'il venoit de reconnoître, avec promesse de le protéger 8<. de le défendre, comme les seigneurs dévoient défendre leurs vavasseurs, leurs barons & leurs vassaux. Pierre, l'aîné'' des quatre frères, épousa Vacherie de Monteil-Adémar, & mourut sans enfans. Par sa mort, Isarn, Bertrand & Amalric partagèrent entre eux, en 1270, sa portion de la vicomte de Lautrec. Isarn laissa postérité, &. de lui descendent par mâles les seigneurs de Montfa 6c de Saint-Germier qui subsistent encore. Quant aux deux autres, Bertrand 8c Amalric, ils laissèrent aussi postérité; mais elle tomba enfin en quenouille, 8c par là une portion tie la vicomte de Lautrec passa dans les maisons de Lévis, d'Arpajon, Voisins, 8cc. Nous parlerons ailleurs de Bertrand I, vicomte de Lautrec, frère aine de Sicard VI 8c de sa postérité.
XCJV. — Raimond fait un voyage à la cour 6- compromet entre les mains du roi, de ses différends avec le comte de Provence. — Jacques, roi d'Aragon, va à Montpellier.
Pvaimond VII, comte de Toulouse, aussitôt après avoir fait publier son édit contre les hérétiques, se rendit à la Cour, qui étoit alors à Lorris, dans le
' Duchesne, MdUon de Dreux, p. I 14. * Archives du domaine de Montpellier j Lautrec,
* Archives du domaine de Montpellier j Lautrec,^ reconnaissances d'Ambres, n. 1. cartulaire, n. 14. 'Ma. de Coislin, ut supra.
' Mis. de Coislin, n. 6pl, al. |32>
An 12^4
680 niSTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIV. XXIV.
GâtinoisjSi il y passa un compromis' au mois de mars de l'an 1:33 (1234), suivant lequel il remit la décision de tous les différends qu'il avoit avec Raimond-Bérenger, comte de Provence, entre les mains du roi &. de la reine Blanche, sa mère. Pvaimond-Bérenger &. Béatrix. de Savoie, sa femme, avoient passé* un semblable compromis au mois de février précédent, avec promesse de ratifier la décision du roi lorsque ce prince auroit épousé leur fille. Ces différends, qui duroient depuis longtemps 8t qui avoient été suivis de la guerre, n'avoient pu être terminés par l'archevêque 3 de Vienne, légat du Saint-Siège, qui travailla beaucoup, mais sans fruit, à mettre la paix entre les deux comtes.
Si nous en croyons quelques modernes'', le mariage du roi saint Louis avec Marguerite, fille du comte de Provence, fut célébré à Montpellier, dans l'église de Notre-Dame, le i'"' de novembre de l'an 1234, 8c Jean de Montlaur, évêque de Maguelonne, leur donna la bénédiction nuptiale, en présence de Jacques, roi d'Aragon, 8c d'Yolande de Hongrie, laquelle, ajoute-t-on, après avoir passé à Montauban 8<. à Castres, s'étoit rendue à Montpellier pour épouser de son côté ce dernier prince. Mais il est certain '', au contraire, que saint Louis épousa, à Sens, Marguerite de Provence, le 27 de mai de l'an 1234, 8c que Jacques, roi d'Aragon, n'épousa"^ que l'année suivante Yolande de Hongrie, qui arriva par mer à Barcelone. 11 est vrai qu'on ^ prétend que Jacques fit un voyage à Montpellier, au mois de novembre de l'an 1234, Se on assure^ qu'on lui fit alors dans cette ville une entrée magnifique; mais, outre que ce voyage est contredit' par les anciens monumens, quand le roi d'Aragon l'auroit entrepris, ce n'eût pas été pour assister au mariage du roi avec Marguerite, sa cousine, car il étoit alors dans le dessein de faire la guerre à ce prince pour recouvrer le comté de Carcassonne, qu'il prétendoit que saint Louis avoit envahi sur lui : c'est ce qui paroît par une lettre '° que le pape Grégoire IX écrivit, le 3o d'août de cette année, à Pvaimond-Bérenger, comte de Provence, qu'il chargea de négocier la paix, entre les deux. rois.
XCV. — Raimond se plaint au roi des ecclésiastiques de la Province, i- eux se plaignent à leur tour au pape des ojficiers du roi. — Evêques d'Agde.
Le comte de Toulouse, durant le séjour qu'il fit à la Cour, au moi de mars de l'an 1234, se plaignit au roi de ce que divers ecclésiastiques avoient acquis, maigre lui, plusieurs fiefs dans sa mouvance. Saint Louis, qui étoit très-content de la conduite de ce prince, ordonna, pour le satisfaire, que les ecclé-
■ Voyez tome VIII, Chartes, ii. CCX, c. 971. « Ferreras, an. Ii3."), n. '>.
• /4iV. n. CCX, ce. 971, 972. ' Ziirita, ><na/cs, 1. 3, c. 19.
'' Guillaume de Puylaurens, c. 42. ' dncUSeriei praesulum Magtilonensi:im,T^.'ij,6.
^ Gsriel, Séries pracsulum Magalonemium, p. ^^6. ° Ferreras, an. 1234, n. 5.
— Gallia Christiana, t. 3, p. 586. — Bouche, Fro- " Raynaldi.an. I234,n. 17. [Potthast, n.9Ji7.] vence, t. 2, p. 240.
'' Gestt Ludovici IX, p. 3.)i. — La Chaise, Histoire de saint Louis, 1. 3.
An i:j:i
siastiques videroient ' leurs mains de tous ces fiets, avec défense d'en accruérir Éd-ori-in. de nouveaux sans sa peranission & celle du comte. Le clergé de la Province se plaignit k son tour au pape des vexations qu'il avoit à souffrir des baillis que le roi avoit envoyés dans le pays d'Albigeois, lesquels chargeoient d'impositions les vassaux des églises, saisissoient leurs fiets pour contraindre les possesseurs k se soumettre k leur juridiction, n'avoient aucun égard aux donations qui leur avoient été faites par Simon de Montfort, & s'étoient emparés des domaines des évêques de Béziers Se d'Agde pour les obliger k ester k droit devant le roi; en sorte c[ue ces prélats avoient été forcés de se rendre k la Cour 8c d'\- plaider, malgré eux £<. sans le consentement de leurs chapitres, contre l'ordre & la coutume des églises de la province de Narbonne. Ils déduisoient plusieurs autres griefs, en particulier le chagrin que le roi causoit aux évêques du pays, de qui il exigeoit le serment de fidélité, sans aucun égard aux traités arrêtés entre les légats du Saint-Siège d'un coté Se les baillis du roi de l'autre, par rapport aux différends que ces prélats avoient avec le fisc. Ces plaintes sont détaillées dans une lettre^ que le pape Grégoire IX écrivit, le 2 de mai de l'an 1234, au roi saint Louis, & dans laquelle il prie ce prince d'envoyer des commissaires sur les lieux pour les apaiser, conjointement avec l'archevêque de Vienne, légat du Saint-Siège.
Les officiers^ du roi prétendoient que Bernard, évêque de Béziers, avoit usurpé divers domaines de la couronne, & ce prélat fut obligé de promettre au sénéchal de Carcassonne, par un acte daté de Montpellier, le 2j du mois d'août de l'an i233, de se rendre en personne k la Cour ou d'y envoyer de sa part, avant le i5 de novembre suivant, 81 de s'en rapporter entièrement k la décision du roi, tant au sujet de ces usurpations c[ue sur les donations que le comte de Montlort avoit faites k son église. Quant k 1 évêque d'Agde, nommé Bertrand de Saint-Just, qui avoit succédé k Thédise depuis l'année précédente, il se rendit aussi k la Cour, Se fit un accord'* avec le roi, au mois de juin de l'an 1234, suivant lequel il céda k ce prince le château de Montagnac, l'hommage de ceux de Florensac, Pomerols, Bcssan, Stc. les droits qu'il avoit sur la chancellerie du comte de Toulouse, Sic. Le roi s'engagea de son côté k lui donner en fief les biens situés dans la mouvance de l'église d'Agde, qui avoient été confis([ués pour crime d'hérésie. Sec.
XCVI. — Raimond rentre dans la possession du marquisat de Provence.
Raimond, comte de Toulouse •'', s'étant plaint d'un autre côté au roi de ce qu'après avoir donné une entière satisfaction k l'Eglise, le pape lui détenoit toujours le marquisat de Provence, au lieu de le lui restituer, le roi écrivit en sa faveur deux lettres k Grégoire IX. Dans la première'', datée de Lorris,
■ Tome VIII, Chartes, n. CCXXI, ce. 971, q"-.!. ■• Voyez tome VIIÎ, Chartes, n. CCXIII, ce. 976
* RayiiaHi, an. i 2.'$4, n. i!>. [Potthast, n. ç^Hi.] Îl t)-jt).
' Trésor des chartes; Toulouse, sac 1, n. 3. [J. ^ Voyez tome VII, Vofe XXIX, pp. 90 à o3.
333; Teiilet, t. 2, p. 368.] "• Raynaldi, an. i233, n. 61.
au mois ck mars de l'an I233 (1234), le roi déclare au pape qu'il n'avoit plus dessein de conserver la garde des domaines situés au delà du Rhùne, dans l'Empire, que le cardinal de Saint-Ange, alors légat, avoit remise à ses baillis. Par l'autre', datée aussi de Lorris, le lendemain de la Saint-Grégoire ou le i3 de mars, il lui marque « qu'il l'avoit prié de rendre ces domaines à son « cher 8c féal cousin Raimond, comte de Toulouse, qui les avoit possédés « autrefois, ainsi que ses prédécesseurs; dans la confiance que cette restitu- « tion l'engageroit à garder la paix de l'Eglise & à une plus grande fidélité « envers lui. Nous nous portons d'autant plus volontiers, poursuit le roi, à « réitérer cette demande, que le comte n'a pour héritière qu'une fille unique, « qui doit épouser, avec votre dispense, notre très-cher frère ; c'est pourquoi « nous regarderons cette grâce comme si elle nous étoit faite à nous-même; « il est certain d'ailleurs, ainsi que nous l'avons appris par le témoignage des « prélats du pays, que le comte est fort attentif à rechercher & à punir les « hérétiques; nous vous prions de plus de vouloir l'écouter favorablement, « pour l'amour de nous, dans toutes ses autres justes demandes. » La reine mère écrivit au pape dans les mêmes termes.
Le dernier article de la lettre du roi prouve que Raimond passa bientôt après les Alpes &. qu'il se rendit à Rome pour solliciter auprès de Grégoire IX la restitution de son marquisat de Provence. Nous savons*, en effet, que ce pontife le lui rendit enfin la même année. On croit-' que Grégoire, outre les fortes sollicitations de la reine mère & du roi, se déterm.ina à rendre cette Kd.oiiRin. justice à Raimond, à cause des services importans que ce comte lui rendit
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alors; car on ajoute que Kaimonu alla cette année commander les troupes du pape contre les Romains qui l'avoient chassé de Pvome. Quoi qu'il en soit, le comte de Toulouse ayant été rétabli dans cet ancien patrimoine de sa maison'*, en fit hommage, au mois de septembre suivant, à l'empereur Frédéric, qu'il alla trouver à Montefiascone, 8c qui, dans l'acte d'investiture qu'il lui on donna-^, déclare « que, considérant la fidélité 8c la dévotion de son très-cher « allié Se féal Raimond, comte de Toulouse, 8c qu'ayant reçu de lui le ser- « ment d'hommage Se de fidélité pour une portion de l'Empire, il lui donne (( Se confirme, de même qu'à ses héritiers, la terre de Venaissin 8c toutes les K autres terres que ce comte Se ses prédécesseurs avoient autrefois possédées « dans l'Empire Se dans le royaume d'Arles Se de Vienne; le restituant dans son « ancienne dignité de marquis de Provence, que ses ancêtres avoient possédée, « avec défense à toute sorte de personnes, soit ecclésiastiques, soit séculières, « de le troubler lui 8e ses héritiers dans la possession de ces domaines, à peine « de mille livres d'or. Sec. » C'est ainsi que Raimond VU, comte de Toulouse, fut enfin rétabli, vers le milieu de l'an 1234, dans la possession du marquisat de Provence; il en demeura depuis paisible possesseur, 8c il le transmit, après sa mort, à Jeanne, sa fille unique Se son héritière universelle.
' Raynaldi, an. 1234, ri. |5. ■'Voyez tome VII, ut supra.
' Voyez tome VII, Note XXIX, pp. ço à çS. ' Voyez tome VIII, Cliaites, n, CCXIV, ce. 979
•La Chaise, Histoire de saint Louis, I. 3, n. 2. à 981.