‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificatives (volume 5)Chapitre 262 sur 342 · n. 40. mentionne du même jour une autre lettre à Rai · texte numérisé non relu

n. 40. mentionne du même jour une autre lettre à Rai

' Trésor des Chartes, Toulouse, sac 20, n. |3. mondVII, d'après du Boulay [Hist. de l'université

— [J. 3295 Teulet, t. 2, p. 3 14 j Potthast.n. loiSz.] de Paris, t. i, ji. i56); par cette lettre, qui com-

— Baluze, Mss. n. 366. [Auj. lat. 4222.] — Ray- menée comme les deux bulles plus haut indinaldi, an. 1236, n. 39 & suiv, — [La bulle est quées, le pape ordonne au comte de réformer adressée à l'abbé de Grandselve, à l'archidiacre & l'université de Toulouse. Nous croyons que cette ail doyen de Périgueux. Cf. Potthast, n. 9982.] prétendue bulle n'est qu'un extrait de celle qu'ana-

■* Le pape écrivit le même jour deux lettres pour lyse dom Vaissete, & dans laquelle le pape se

cette affaire. La première, adressée à Raimond VII plaint de l'état d'abandon où le comte laisse

(Potthast, n. loiâo), est celle que dom Vaissete l'université de Toulouse. [A. M,] Ta analyser & traduire en partie. L'autre, conçue

HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIV. XXV. 6n5 Ti 7~

J An I2JJ

(I faire aucun présent ou aumône aux frères prêcheurs. De plus, les consuls

« de Toulouse ont fait saisii^ par leurs gens, clans le temps c[ue vous étiez

« dans la ville, la maison de l'évêque qui y étoit actuellement malade, &(. fait

(I prendre ses chevaux &c ses autres effets; ils ont blessé grièvement quelques

« chanoines ou clercs, soit dans l'église, soit dans leur cloître, soit enfin dans

« la maison épiscopale. Ils leur ont fait d'autres insultes Si ont mis des

« gardes dans toutes les maisons ecclésiastiques pour empêcher qu'on ne leur

« fournît les choses nécessaires à la vie. Ils ont contraint l'évêque 8<. ses clercs

« de sortir de la ville 5 ils ont défendu d'y prêcher publiquement & d'y

« entendre la parole de Dieu : tout cela a été fait par votre ordre, comme ils

" l'assurent; vous qui étiez obligé, suivant le concile de Toulouse & le traité

« de Paris, de protéger les églises Si les ecclésiastiques, de conserver leurs

« droits & leurs libertés, de concourir efficacement à la punition des héré-

« tiques, de payer une certaine somme à ceux qui se saisiroient de leurs

« personnes, de donner tous les ans un honoraire aux maîtres régens de

« Toulouse, pendant un temps fixé. Se d'aller servir outre-mer avec plusieurs

(1 bourgeois &■ chevaliers de vos domaines : vous avez supprimé cet honoraire,

« ce qui a fait, dit-on, cesser les études. Vous avez établi des formules

« iniustes, contraires à nos statuts & au droit, au sujet de l'incruisition contre i:J.oris;n.

« les hérétiques que vous avez favorises par la. Vous traversez cette recherche :

n vous permettez à plusieurs de ceux qui étoient déjà condamnés, d'habiter

« dans le pays, & vous donnez retraite aux étrangers qui y viennent cher-

« cher un asile; vous avez parmi vos conseillers ou domestiqvies des gens

« suspects ou diffamés pour fait d'hérésie, vous les avez promus aux offices

« publics, &, comme on a lieu de le conjecturer par l'examen de vos faits,

« vous ne craignez pas de vous montrer fauteur des hérétiques, leur receleur

Il 6c défenseur, & vous ne vous mettez pas en peine de vous corriger, après

Il en avoir été souvent averti. De là plusieurs enfans de perdition ont eu

H l'audace d'attenter à la vie de quelques prêtres 8< des autres catholiques

« qui, par zèle pour la foi, poursuivoient les hérétiques : de là plusieurs ont

M abjuré la catholicité pour embrasser l'erreur; de là enfin d'autres ont causé

« des dommages considérables Si fait divers outrages aux églises, aux ecclé-

« siastiques 8c aux catholiques occupés à l'affaire de la foi, & vous avez refusé

(I d'en faire justice après en avoir été requis plusieurs fois. Nos vénérables

o frères, l'archevêque de Narbonne, les évêques de Toulouse 81 de Carcas-

K sonne 81 ledit frère Guillaume, ayant lancé plusieurs fois l'excommunica-

II tion pour toutes ces choses, tant de leur autorité que de la nôtre, soit

« contre vous, soit contre lesdits consuls, 8<. le même frère Guillaume ayant

« ordonné aux prêtres des églises de Toulouse 8<. aux frères mineurs de cette

« ville de publier les dimanches & les fêtes cette sentence d'excommunica-

« tion, les consuls ont chassé violemment ceux qui se disposoient à faire cette

« publication ; ils ont fait de grandes menaces aux frères mineurs pour

« l'avoir faite, 8<. on en a battu quelques-uns jusqu'à effusion de sang. Ce

« n'est pas encore tout : vous Si les consuls de Toulouse, vous montrant

A:i izij

(c ennemis de la foi catliolique, avez fait défendre inibliquement de compati roîtie devant l'inquisiteur pour répondre sur la foi ou sur autre chose, sous « peine de punition corporelle Si de confiscation de biens. Comme nous ne « saurions passer sous silence tant d'attentats commis au préjudice de la foi, i( nous vous enjoignons de les corriger suivant l'ordre du légat, & de les « faire réparer par les consuls de Toulouse & vos autres sujets, suivant le « pouvoir qui vous en a été donné; de ne pas différer davantage votre départ <i pour le prochain voyage d'outre-mer avec les mêmes bourgeois & cheva- « liers, Si d'y servir pendant cinq ans, conformément au traité de paix : sinon, « nous ordonnons au légat de vous y contraindre, ainsi que les autres, par <i les censures ecclésiastiques Si de faire publier tous les dimanches Si fêtes ic dans toutes les églises de sa légation, au son des cloches Si à cierges éteints, » lesdites sentences d'excommunication, jusqu'à ce que vous ayez fait une « satisfaction convenable. »

Ainsi parle Grégoire IX dans cette lettre : il enjoignit à l'archevêque de Vienne, son légat, supposé que le comte Raimond refusât d'obéir à ces ordres, de l'y contraindre par censures Si de rétablir l'étude ou l'université de Toulouse; de supprimer toutes les confréries ou associations dans l'étendue de sa légation ; de casser tous les statuts qui avoient été faits contre la foi ou contre la liberté ecclésiastic[ue; d'ôter des offices publics les gens suspects ou diffamés pour hérésie. Si leurs défenseurs, excepté ceux qui, après avoir confessé leurs fautes, auroient reçu l'absolution. Sic. Enfin le pape exhorta le roi dans une autre lettre à user de toute son autorité pour obliger le comte Si les consuls de Toulouse à réparer le passé. « Achevez', ajoute-t-il, ce que le roi (i Louis VIII, votre père, a heureusement commencé dans le pays d'Albi- « geois ; engagez le comte à passer la mer au mois de mars prochain pour « aller servir dans la Terre-Sainte, Si envoyez Alfonse, votre frère, prendre « l'administration du comté de Toulouse. » Enfin le pape donna une dispense à ce dernier pour épouser Jeanne, fille du comte R.aimond, à cause qu'ils étoient parens au quatrième degré ^. Alfonse Si Jeanne avoient alors seize ans accomplis. Si ils étoient par conséquent en âge de se marier : aussi leur mariage fut-il célébré l'année suivante^.

Grégoire ordonna'*, le i5 de mars de l'an 1236-"', au comte Raimond, de

rappeler à Toulouse les frères prêcheurs. Si de leur permettre de continuer

l'office d'inquisiteur dans ses États : il les lui recommanda, ainsi qu'aux con-

t. iii'p! 409- ^^^^ ^^ Toulouse. Le comte, voulant donner des preuves de son obéissance,

eut à Carcassonne, avec l'archevêque de Vienne, une conférence à laquelle

■ [Potthast, 11. 10293; bulle du 9 février 1237.] chait encore à Raimond VII sa conduite envers

' La bulle de dispense du pape est datée du les inquisiteurs (Voyez plus haut). De toutes les

z-j mai 1236 j cf. Teulet, t. 2, p. Siy, d'après J. bulles de cette époque indiquées par Potthast, nous

435, n. I, original; & Potthast, n. 10167. [A. M.] n'en voyons aucune qui réponde à l'analyse de

' Voyez tome VII, A'ote XXXIII, pp. 96, 97. dom Vaissete. [A. M.]

■* Percin, Monumenta convtntus Tolosani, p. 5o ' La date fournie par Percin est certainement

8i suiv. fausse, puisque le 28 avril I236, le pape repro-

il An 12JÛ

les inquisiteurs se trouvèrent; il rappela bientôt après à Toulouse l'évêque de cette ville & les frères prêcheurs, & rétablit ces derniers dans leur couvent, le jour de l'octave de saint Augustin de l'an i236. Le légat ne leva pas cependant l'excommunication dont Raimond étoit happé. Ce comte étoit encore excommunié le 23 d'octobre suivant, comme il paroît par une lettre' que le pape écrivit alors à l'empereur Frédéric, auquel il iit un crime d'avoir communiqué avec ce prince.

IX. — Raimond va à la cour de l'Empereur. — Le vicomte de Turenne

lui rend hommage.

On voit par là que Raimond se rendit cette année à la cour de l'Empereur. 11 acheta à Albi*, au mois de mars de l'an i236, en présence de Guillaume, soti sénéchal dans le pays, pour six mille sols de Cahors, de Guillaume Frotiers Si. de vSicard, son frère, tous les droits qu'ils avoient au Castelvieil d'Albi, £<■ dans le diocèse, soit forteresses, villes, seigneuries, 8cc. Il reçut-* à Orange, le 3 de juillet, l'hommage des seigneurs de Caderousse, que l'empereur Fré~ déric lui avoit donnés pour vassaux } ainsi ce fut dans l'intervalle de ces deux actes qu'il fut à la cour de ce prince. Raimond, de retour à Toulouse, y reçut'*, le 1 1 d'août suivant, dans la condamine comtale 6- dans sa tente, l'hommage lige de Raimond, vicomte de Turenne, qui reconnut tenir ce que lui &c ses prédécesseurs avoient tenu en fief de ceux de ce prince ou de luimême, savoir : Castelnau de Mafré, près de la Dordogne, la vicomte de Brassac St le château de Salignac. Le vicomte de Turenne déclara en même temps que lui 8t ses prédécesseurs n'avoient jamais fait hommage de toutes ces choses ni au roi Philippe, ni aux autres rois de France, ni enfin aux comtes de Montfort. Roger-Bernard, comte de Foix, Bernard, comte de Comminges, Roger de Comminges, comte de Pailhas, Bernard-Othon, seigneur de Laurac, Roger de Foix, Bertrand, frère du comte Raimond, Sicard de Montaut 8<. Pons de Villeneuve, sénéchal de Toulouse, furent présens à cet hommage. Raimond^ se rendit ensuite àCarcassonne, où il étoit le 22 d'aoï^it. Il déclara'^ k Laurac, deux jours après, que Barrai de Baux, son sénéchal de Venaissin, avoit rendu par son ordre aux chevaliers, aux prud'hommes 8c à toute la communauté d'Avignon, leurs anciens privilèges.

' Raynaldi, an. ii36, n. 23 £t siiiv. [C'est en 1214 (Voyez notre Catalogue, n. 81), il n'est

peut-être le n. io2:Jô de Potthast.) pas question de ces châteaux, & le vassal ne Oiit

' Archives de révéché d'Albi. .lucune réserve. Nulle réserve non plus dans l'hom-

' Tome VIII, Chartes, n. CCXIX, ce. 993 à 991. mage du même à Philippe-Auguste (Catalogue de

* Trésor des chartes, Toulouse, sac 7, n. 102. — M. Delisle, p. 3 18, n. 1401). [A. M.]

J. 3i6i Teiilet, t. 2, p. 323. — Corrigez le 12 août ^ Voyez tome VIII, Chartes, n. CCXXI, c. ioo3.

(11° idtts augusti). — L'affirmation du vicomte de [C'est à cette époque que Raimond VII se porta

Turenne est peu croyable, car dans l'hommage caution des consuls du bourg de Narbonne.]

rendu par son prédécesseur à Simon de Montfort •■ Voyez tome VIII, Chartes, n. CCXIX, c. 997.

An .235 "^9^ HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIV, XXV.

X. — Jacques, roi d'Aragon, fait hommage pour Montpellier à Vévêque de Maguelonne. — Maison de Montlaur.

Jacques, roi d'Aragon, avoit' refusé jusqu'alors de faire hommage pour la seigneurie de Montpellier à Jean de Montlaur, évêque de Maguelonne; mais Grégoire IX le lui ayant ordonné, il se rendit enfin aux remontrances du pape; & étant à Montpellier, il fit cet hommage à la mi-décembre, en présence de Raimond-Bérenger, comte de Provence, son cousin, du comte d'Ampurias & de plusieurs autres seigneurs de sa cour Si du pays, entre autres de Pierre de Fabrègues, fils de Bertrand de Montlaur. Cette maison de Montlaur étoit différente d'une autre de même nom établie dans le Vivarais, dont étoit Héracle de Montlaur, fils de feu Héracle, qui maria ^, au mois de juin de l'an I235, Pons, son fils, avec Guise, sœur d'Hugues, comte de Pv.odez, laquelle eut mille marcs d'argent pour sa dot. On trouve encore dans le même temps un Hugues de Montlaur^, maître de la milice du Temple en Provence Çy dans les parties de l'Espagne, qui confirma en faveur du roi saint Louis, par une charte datée de Montpellier, au mois de juin de l'an i236, du consentement de ses frères (ou des chevaliers du Temple) d'Auvergne, le pariage de quelques villages que Gilbert de Héracle, maître de la même milice en deçà de la mer, avoit fait autrefois avec le roi Philippe-Auguste. Nous ignorons si cet Hugues étoit de la maison de Montlaur en Vivarais, ou de celle du diocèse de Maguelonne, ou enfin d'une troisième de même nom, dans le Toulousain.

Le roi d'Aragon fit quelque séjour à Montpellier, 8< il reçut"*, le 18 de janvier de l'année suivante, l'hommage d'Hugues, comte de Rodez, pour la vicomte de Carladois. Il repassa bientôt après les Pyrénées & alla continuer la conquête du royaume de Valence sur les Maures, qu'il ^ avoit déjà commencée. Ses sujets de la baronnie de Montpellier le secoururent dans cette expédition, de même que Pierre Amelii, archevêque de Narbonne, qui marcha en personne à la tête de plusieurs chevaliers du pays 8t de cinq cens hommes de pied. Hugues de Montlaur, maître de la milice du Temple en lîj. ongin. Provence, & divers autres croisés de France prirent part aussi à cette expédi-

tion, 8c l'archevêque de Narbonne, qui s'y distingua^, contribua beaucoup à la prise de la ville de Valence, que ce prince força enfin à se rendre^.

' Ga riel, 5cn'cs pmcsulum Magalonemiunij-p. 847 *• Albéric, Ckronicon, an. I238. — Gallia Chr'is-

& seq. — Voyez tome VIII, Chartes, n. CCXX, tlana, nov. éd. t. û, Instrum. c. 65.

ce. 997 à 1000. ' De cette même année 1236, date un accord

' Archives du domaine de Rodez; Acquits, n. 55. entre le chapitre & l'évêque d'Agde dont on peut

' Regiitrum curiae Franciae. — [Cf. lat. 9988, voir l'analyse, tome V, ce. 132^, i325. Il s'agissait

f" 61 i & 62.] des hautes justices & de la suzeraineté de la ville

^ D'Achéry, Spicileg'ium, t. 10, p. 170. d'Agde, dont la seigneurie appartenait définitive-

' Chronica 0 commcntarl del rey en Jacme, ce. 91 ment à l'évêque depuis 123^, date de son accord

& [12. — Zurita, Anales de la corona de Aragon, avec le roi. (Cf. livre XXIV, ch. xcv, p. 63i.)

1. 3, c. 21 & suiv. Tous les crimes entraînant la peine du sang, c'est-

XI. — Trencavel se retire à la cour du roi d'Aragon, qui s'accorde avec

Nugne-^-Sanche, comte de Roussïllon, son cousin.

Il paroît que Trencavel, qui se qualifioit toujours vicomte de Bé-^iers, servit alors sous les enseignes du roi d'Aragon. Nous savons du moins qu'il s'étoit retiré k sa cour', &c qu'il y étoit au mois de mai de l'an i236. Il avoit sans doute embrassé ses intérêts durant le différend que ce prince eut, l'année précédente, avec Nugnez-Sanche, comte de Roussillon, qui prétendoit^ la suzeraineté sur la ville de Carcassonne & le Carcasses, sur l'honneur de Trencavel, sur la vicomte de Narbonne, &.C., tant en vertu de la substitution testamentaire de Raimond-Bérenger IV, comte de Barcelone Se prince d'Aragon, son aïeul paternel, que d'une donation faite au comte Sanche, son père, par Alfonse II, roi d'Aragon, son oncle paternel 8c aïeul du roi Jacques. Nugnez prétendoit de plus avoir des droits sur le comté de Provence Se la vicomte de Millau, en Rouergue. Jacques, roi d'Aragon, son neveu à la mode de Bretagne, lui demandoit de son côté la restitution du Valespir, du Capcir St de quelques autres domaines. Enfin ces deux princes passèrent un compromis, au mois de mai de l'an i235, &, par l'accord qui s'en suivit, Jacques, voyant qu'il étoit héritier présomptif du comte de Roussillon, qui n'avoit pas d'enfans, lui compta une somme 8t lui laissa la possession des comtés de Roussillon, Cerdagne, Confient S<. Valespir, St de tous les autres domaines dont il jouissoit.

XII. — Dijjerends entre Nugne-^ & le comte de Foîx, touchant le pays

de Donajan, iyc.

Nugnez eut aussi ^ de grands différends avec Roger-Bernard, comte de Foix, 8c Roger, son fils, au sujet du pays de Cerdagne; ce qui occasionna entre eux une longue guerre. Us convinrent enfin de la paix, au mois de septembre de l'an 1233, 8c il fut dit dans un article du traité, « qu'Arnaud « de Son 8c Bernard d'Alion, son frère, esteroient à droit, tant pour eux que « pour Bernard d'Alion, leur père, à la cour du comte Nugnez, pour le châ- « leau de Son, pour celui de Quérigut 8c pour les autres dépendances du « château de Son (c'est-à-dire pour le pays de Donazan, portion du diocèse « de Narbonne 8c aujourd'hui de celui d'Alet), Se que si le comte de Foix « venoit à obtenir ce pays, soit par droit, soit par guerre, soit enfin de toute

à-dire l'exercice de la haute justice, furent ré- nomination des consuls. On voit qu'en soinme

serTÉs à l'évêque & à sa cour. Les meubles saisis l'évêque succédait directement aux vicomtes d'Agde

par sentence judiciaire sont partagés entre lui & & avait hérité de tous leurs droits & de toutes

le chapitre. A l'évêque appartiennent l'ost & la leurs prérogatives. [A. M.]

chevauchée, le droit de criée & de proclamation, ' Zurita, Anales de la corona de Aragon^ 1. 3,

l'inspection des poids & mesures, la garde des clefs c. 25.

de la ville, l'institution des banniers ou bandiers ' Ihid. c. 23.

& des tabellions, la perception de la leude, la ' Marca Hispanica, c. 422 & seq., & 5ro.

An 12 jj

« autre manicre, il en feroit hommage au comte Nugnez, comme les pvédc- « cesseurs de Bernard d'Alion en avoient fait hommage aux comtes de Cer- « dagne. » On voit par là que le Donazan, qui étoit anciennement un fief immédiat du comté de Cerdagne, en étoit devenu un arrière-fief, depuis que feu Pierre, roi d'Aragon, avoit donné ce pays aux comtes de Foix. Roger de Comminges, comte de Pailhas, Guillaume d'Aniort, Loup de Foix, Stc, furent présens à l'acte de dépôt que les comtes de Roussillon & de Foix firent de ce traité dans l'abbaye de Fontfroide. La guerre se renouvela dans la suite entre eux, 8c ils convinrent d'un nouveau traité de paix, au mois de septembre de l'an i236, par l'entremise de Bernard, abbé d'Alet, & de Raimond, vicomte de Cardone.

XIH. — Le pape se radoucit à l'égard du comte de Toulouse t- ordonne au légat de modérer le -^èle des inquisiteurs.

Le comte de Toulouse' engagea cependant le roi d'écrire au pape Grégoire IX pour le prier de retirer ses pouvoirs aux inquisiteurs de l'ordre des frères prêcheursj qui étoient animés d'une haine secrète contre lui, 8c de lui permettre de différer de deux ans son départ pour la Terre-Sainte. Grégoire eut égard à ces remontrances, &c, dans une lettre qu'il écrivit, le 3 de février de l'an 1287, à l'archevêque de Vienne, son légat, il lui ordonna de destituer ces inquisiteurs, si le comte avoit contre eux de justes sujets de suspicion. 11 répondit en même temps au roi, 8c lui marqua que, vaincu par ses prières, il consentoit que Raimond ne partît pour la Terre-Sainte que de la fête prochaine de Saint-Jean-Baptiste en un an 5 à condition qu'il donnèrent caution qu'il se mettroit en chemin dans cet intervalle. Le légat, après avoir reçu ces ordres, fit divers règlemens^ touchant l'inquisition contre les hérétiques. 11 promit de traiter avec indulgence tous ceux qui, dans un certain temps, viendroient s'accuser eux-mêmes ou révéler leurs complices, &c, comme l'extrême rigueur des frères prêcheurs avoit jeté la terreur dans les esprits, il donna pour collègue à l'inquisiteur de cet ordre un frère mineur, afin que la douceur de ce dernier tempérât la trop grande sévérité de l'autre. 11 ordonna enfin, par grâce, que les inquisiteurs parcourroient à l'avenir le pays Se

iid. oriRin. feroient les informations sur les lieux, afin crue les peuples ne se plaignissent t. liitp. 411. ^ , . . . - . . - .

plus qu'on les fatiguoit inutilement par les courses qu'on leur faisoit faire.

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