‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificatives (volume 5)Chapitre 275 sur 342 · L. — Roger fait hommage, à Lunely au comte de Toulouse · texte numérisé non relu

L. — Roger fait hommage, à Lunely au comte de Toulouse

Roger IV, comte de Foix, avoit déjà succédé à Roger-Bernard II, son père', dès le mardi 4 de juin de l'an 1241. Il se rendit peu de temps après à Lunel, où il fit hommage- le 27 de juin à Raimond, comte de Toulouse, pour tout ce que lui Si ses prédécesseurs avoient tenu des comtes de Toulouse, spécialement pour le château de Saverdun Se les autres domaines situés en-deçà du Pas de la Barre, dans le diocèse de Toulouse, que le même P^aimond avoit rendus au comte Roger-Bernard, son père. Roger s'engagea le lendemain, en renouvelant cet hommage, d'en rendre un semblable à Pvaimond, Se de lui prêter le même serment de fidélité, s'il en étoit requis parce prince, lorsqu'il seroit de retour dans le Toulousain. Maurin, abbé de Saint-Antonin de Pamiers, accompagna Roger à Lunel, Si offrit à Raimond de l'associer au pariage dont les abbés ses prédécesseurs étoient convenus pour la ville de Pamiers avec les comtes de Foix, Si de le mettre à leur place^; mais Pvaimond refusa généreusement cette offre, 81 persuada à Maurin de continuer ce pariage avec Roger; il écrivit même à la Cour en faveur de ce comte, qui s'y rendit bientôt après. Roger la rencontra à Orléans, où'' il fit hommage-lige au roi, au mois de juillet de la même année, pour les châteaux qu'il possédoit dans le diocèse de Carcassonne, avec promesse de ne pas les fortifier sans sa permission, de n'y pas recevoir les ennemis de l'Eglise, Sic. Enfin il renouvela'"', le 23 de juillet suivant, avec Maurin, abbé de Pamiers, le pariage dont on a déjà parlé, en présence de Guillaume de Barrage, prieur de l'hôpital de Saint-Rémi de Toulouse, Bertrand-Jourdain de Lille, Guillaume-Bernard d'Asnave, Raimond de Durfort^, Sic.

' Tome VIII, Chartes, n. CCXXXVII , c. 1061 de Pamiers & leur avait promis de respecter leurs

& suiv. [Partage de droits à Foix entre le comte coutumes. (Cf. Ourgaiid, pp. 235 & suiv.) — Cet

ik l'nbbé de Saint-Volusien.] acte avance de trois jours la date de la mort du

' Tome VIII, Chartes, n. CCXXXVIII, ce. 1064 comte Roger-Bernard. (Voir plus haut.) (A. M.]

à ic68. — Marca, Histoire de Béarn, p. j66. '' En décembre 1241, le nouveau comte s'accorda

' Guillaume de Puyiaurens, c. 44. avec Pierre de Dalbs, abbé de Lézat (tome VIII,

^ Tome VIII, Charles, n. CCXXXIX, ce. 1066, c. 1068 & suiv.). Celui ci lui inféoda la moitié de

1067. tous les revenus du lieu de Lézat, dont les consuls

^ Château de Foix, caisses 4 8c 5, — Archives de durent être noinmés par les deux parties. Leurs

l'église de Pamiers. — Dès le 1"' juin 1241, le viguiers agirent de concert pour le recouvrement

nouveau comte avait reçu le serment des habitants des impôts. Le comte dut rétablir, respecter &

LI. — Raimond envoie demander au pape la dispense pour son maria" e avec Sancie de Provence. — Ce mariage se rompt.

Le comte de Toulouse, quelque temps après avoir reçu à Lunel l'hommage du nouveau comte de Foix, se rendit à Aix', où il concerta avec Jacques, roi d'Aragon, 81 R.aimond-Bérenger, comte de Provence, les moyens d'achever la conclusion de son mariage avec Sancie, fille du dernier. Ils convinrent d'envoyer de concert une ambassade solennelle au pape Grégoire IX pour lui demander la dispense de la parenté, sous prétexte que cette alliance étoit nécessaire pour rétablir parmi eux une paix parfaite. Ils se croyoient si assurés de l'obtenir, à cause que le pape leur avoit obligation, & paroissoit disposé en leur faveur, que les ambassadeurs étant partis, 8<. Raimond ayant repassé le R.hône, le roi Jacques, en qualité de procureur de ce comte. Sien son'nom, épousa Sancie à Aix^ le 11 d'août de l'an 1241, conditionnellement cependant, 8c supposé que le pape accordât la dispense depuis ce jour jusqu'à la Septuagésime prochaine. Sancie de Provence, de son côté, du consentement du comte Pvaimond-Bérenger, son père, Si de la comtesse Béatrix, sa mère, épousa sous les mêmes conditions Raimond, comte de Toulouse, en la personne de Jacques, roi d'Aragon, son procureur, en présence des archevêques d'Arles 8< d'Aix, des évêques de Riez, Toulouse, Carpentras, &c.

Raimond étoit alors à Beaucaire, où il donna ^ le lendemain des coutumes 8c des privilèges à la ville 8c au château de Buzet, dans le Toulousain, en présence de Gaillard, prévôt de l'église de Saint-Saivi, de maître Guillaume de Puylaurens, notaire de Vévêque de Toulouse, de Raimond-Gaucelin, seigneur de Lunel, &CC. Le roi d'Aragon 8c le comte de Provence furent cautions envers les habitans de Buzet des coutumes que Raimond leur donna : preuve qu'ils allèrent joindre ce prince à Beaucaire. Mais tous leurs empressemens pour conclure au plus tôt le mariage "^ de Raimond avec Sancie de Provence furent inutiles : les ambassadeurs qu'ils envoyoient à Grégoire IX apprirent à Pise la mort de ce pape, arrivée le 20 d'août; 8c cet événement fit échouer leur projet, parce que le siège pontifical vaqua pendant une vingtaine de mois. Durant cet intervalle, Raimond projeta une autre alliance. Se Sancie de Provence épousa Richard, frère du roi d'Angleterre.

faire respecter par tous l'ancienne immunité du merci. Les causes criminelles de la nouvelle ville

monastère, dont la charte énumère les bornes, furent jugées par le viguier du comte & par celui

protéger ceux qui iraient aux foires annuelles & de l'abbé. Le comte, pour tout le fief, dut payer

aux marchés hebdomadaires de Lézat, & prêter annuellement une albergue valant vingt-cinq sous

serment de fidélité à l'abbé. — Enfin, celui-ci de Morlas. [A. M.]

inféoda au comte le lieu de Saint-Ybars pour y ' Guillaume de Puylaurens, c. 44 & suiv.

élever une ville neuve, que l'on appela Sauveterre, ' D'Athéry, Spicilcgium, t. 8, p. 23 i .

&dont les revenus furent partagés également entre ' Registre 18 de la sinéchaussée de Toulouse,

les deux copariageants. On ne put y recevoir des f" 6.

hommes venant de Lézat. Le comte s'engagea à ■■ Guillaume de Puylaurens, c. 45.

construire sur la hauteur un château rendabîe à

Kd.origin.

t. III, p. 428.

An 1241 ' T

LU. — Raimond retourne à Toulouse, se ligue avec le comte de la Marche, ^ fait un voyage en Catalogne. — Seigneurs de l'Isle-Jourdain. — Vicomtes de Gimoëj,

Raimond fit encore quelque séjour aux environs du Rhône, où il s'accorda', le 27 du mois d'août, avec Bertrand, prévôt de la cathédrale d'Arles, touchant les dommages qu'il avoit causés à cette église dans l'île de Camargue, durant la guerre précédente. Il partit ensuite pour sa capitale & confia pendant son absence le gouvernement du marquisat de Provence à Raimond Gaucelin, seigneur de Lunel, qui acheta^, le 16 de février suivant, au nom de ce comte, le château de Samnon pour vingt-cinq mille sols guillelmins, par un acte daté de Montélimar.

Raimond, de retour à Toulouse, y reçut, le 2 de septembre de l'an 1241, l'hommage^ de Raimond-Jourdain, jî/j de Jeu Odon de Terride, qui reconnut tenir de ce prince toute la terre (ou vicomte) de Gimoëz, 8c tout ce qu'il possédoit dans le diocèse de Toulouse, en présence de Bernard, comte de Comminges. Ce seigneur étoit de la maison de l'Isle-Jourdain^ 81 cousin germain de Jourdain V, qui en étoit alors le chef ^.

Ce dernier avoit succédé depuis peu, dans la seigneurie de l'Isle, à Bernard- Jourdain III, son frère aîné, qui étoit mort sans entans mâles''. Se qui par son testament choisit sa sépulture dans l'abbaye de Gimont. Il laissa par le même acte à Englesie de Marestang, sa femme, cinq cens sols de Morlas, outre sa dot, 8<. cent sols pour ses vêtemens; légua cent marcs d'argent à Alpays, sa fille, par droit d'institution 6- d'hérédité, & fit son héritier universel Jourdain de l'Isle, son frère. Après sa mort, arrivée'' en 1240, Jourdain, qui fut le quatrième seigneur de l'Isle de son nom, maria^ la même Alpays, sa nièce, avec Géraud de Fourcez, 8c lui donna deux mille sols de Morlas en dot. Hugues, évêque de Bigorre, Hugues de Pardeillan, père dudit Géraud, Guillaume de Podanes, Bertrand 8c Raimond-Jourdain de l'Isle, Raimond d'Alfaro 8c divers autres chevaliers furent présens au contrat de mariage, qui est daté du 5 de mai de l'an 1244.

Le comte de Toulouse ayant formé le dessein ' de recouvrer les domaines qu'il avoit été obligé de céder au roi par le traité de Paris, se ligua avec

' Trésor des chartes; Toulouse, sac 20, n. 3. — en Querci & sur les limites du Rouergue. Cf. Teu-

[J. 329, Teulet, t. 2, p. 455. — Le comte paya au let, t. 2, p. 455, d'après l'original, J. 314, n. 20.

prévôt une somme de deux cents livres tournois.] L'acte est du même jour, 29 septembre 1241.

" Trésor des chartes; Toulouse, sac 21, n. 191. [A. M.]

— [J. 33o; Teulet, t. 2, p. 464.] — Manuscrits Je ^ Cartulaire de l'Isle-Jourdain, aux archives du

Colbtrt, n. 1067. domaine de Montpellier.

' IhiJ. p. 260. — [J. 3i4; Teulet, t. 2, p. 455; ' ^'oyez tome VIII, Chroniques, c. 2c6. (Chro-

acte du 29 septembre & non du 2.] nique dite de Sabathier de la Bourgade. J

'' Voyez tome VII, Note XLII, p. 119. ' Cartulaire de l'Isle-Jourdain, ut supra.

" A cet hommage, il convient d'ajouter celui de ' Guillaume de Puylaurens, c. 45, Fortanier de Gourdon pour plusieurs lieux situés

An I 24 1

HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIV. XXV. ySS

Hugues de Lésignem, comte de la Marche, qui étoit mécontent de la Cour, St qui pouvoit lui être d'un grand secours, à cause qu'il avoit épousé Isabeau, comtesse d'Angoulême, mère d'Henri, roi d'Angleterre, avec lequel il étoit fort lié. Il lui demanda sa fille en mariage, & conclut' avec lui, au mois d'octobre de l'an 1241, une ligue offensive Si défensive contre le roi saint Louis; mais il tint le traité secret jusqu'à ce qu'il fût^ temps d'éclater, & il eut soin d'y faire entrer les rois de Navarre, de Castille & d'Aragon, & le vicomte Trencavel. Pour se lier avec les deux derniers, il fit un voyage au delà des Pyrénées & se rendit à Barcelone, où Trencavel, qui y avoit établi sa demeure, se remit, lui, toute sa terre & ses vassaux, à la discrétion & à la volonté de ce prince & du roi d'Aragon, par un acte^ daté du 17 d'octobre, avec promesse de ratifier tout ce qu'ils détermineroient à son sujet, conjointement avec trois seigneurs qu'il nomma pour ses procureurs, & de rendre hommage manuel au roi d'Aragon, suivant le for d'Aragon.

LUI. — Comtes de Commïnges.

Raimond ayant repassé les Pyrénées"^, Bernard, nouveau comte de Com- , "ifi '"''^'!,'; minges, lui fit hommage, le 4 de décembre suivant, 8c lui prêta serment de fidélité pour les châteaux de Muret & de Samatan, 81 pour tout le reste des fiefs qu'il possédoit dans le diocèse de Toulouse, en présence de l'évêque de Comminges, de Roger, comte de Foix, de Jourdain & Bernard-Jourdain de risle, & d'un grand nombre d'autres seigneurs. Bernard fut le septième comte de Comminges de son nom. Il étoit fils de Bernard VI, qui mourut subitement, étant à dîner ' à Lantar, le jour de Saint-André, 29 de novembre précédent. Bernard VI fut inhumé"^ dans l'abbaye de Bonnefont, de l'ordre de Cîteaux, au diocèse de Comminges. Il laissa de Cécile de Foix, sa femme, un autre fils, nommé Arnaud-Roger, qui fut successivement chanoine régulier, prévôt & évêque de Toulouse, Si plusieurs filles, entre autres Mascarose, qui épousa Henri II, comte de Rodez. On lui donne'' une seconde femme, nommée Thérèse, dont on ne dit pas la maison; mais cette Thérèse étoit femme^ de Bernard VII, son fils, lequel épousa en secondes noces Laure de Montfort.

LIV. — Raimond tombe dangereusement malade 6- reçoit l'absolution de diverses sentences d'excommunication dont il avoit été J'rappé,

L'année suivante, le comte Raimond reçut à Castelsarrasin, le 12 de février,

l'hommage de Guillaume de Gourdon pour tout ce qu'il possédoit dans les

' Trésor des chartes; Poitou, sac 2, n. 5. — ' Guilhuiine de Puylaurens, c. i)5.

[J. 192; Teulet, t. 2, p. 4:17; acte du li octobre.] ° Voyez tome VIII, Chroniques, c. 214. (Chro-

— Guillaume de Puylaurens, c. 46. nuuie de Berdouez.)

' Philippe Moiiskes, p. 2o3. — [Éd. Reiffenberg, ' Le P. Anselme, Histoire généalogique des grands

t. 2, p. 677.] — Matthieu Paris, année 1242. officiers, t. 2, p. 672.

' Tome VllI, Chartes, n. CCXL, ce. 1067, 1068. » Voyez tome VIII , Chartes, n. CCXCVIII,

' /Ai'ii. n. CCXLl, ce. 1076, 1077. c. i3i2.

An 1242

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diocèses' de Cahors & de Périgueux, dont ce seigneur lui fit donation entre vifs, avec réserve de l'usufruit, à cause des services qu'il en avoit reçus, 6* parce qu'il lui était lié par le sang (£■ vobis sum vinculo consanguinitatis adstrictus). Il partit ensuite pour l'Agenois, & tomba ^ si dangereusement malade, au château de Penne, qu'on désespéra entièrement de sa vie. Dans cette extrémité, il appela dans sa chambre l'official d'Agen, le curé du lieu 8c le chapelain du château, & leur demanda l'absolution des diverses sentences d'excommunication dont il avoit été frappé : i° Pour les dommages qu'il avoit causés durant la guerre, dans l'île de Camargue, à l'église d'Arles & aux autres églises de Provence. 2° Pour ceux qu'il avoit causés à l'évêque de Cavaillon, à son église 81 aux autres églises de la province d'Arles. 3° Pour les griefs que l'évêque de Vaison & son église avoient contre lui, au sujet de la ville Si du château de Vaison. 4° Pour le fait de l'église du Mas-d'Agenois, qu'on prétendoit qu'il avoit dépoiiillée de ses droits. L'official d'Agen & ses deux associés s'informèrent des médecins du comte, dont l'un professoit publiquement la médecine à Toulouse, s'il étoit effectivement en danger. Ils attestèrent tous qu'il étoit en très-grand péril 5 ainsi l'official donna l'absolution à Raimond, après que ce prince eut restitué à l'église du Mas-d'Agenois la justice de cette ville, 61 promis par serment d'obéir aux ordres de l'Eglise touchant les autres chefs pour lesquels il avoit été excommunié, d'extirper l'hérésie, &.C. L'acte authentique qui en fut dressé est daté du 14 de mars de l'an 1241 (1242), en présence de Bertrand, sénéchal d'Agenois, Raimond- Gaucelin, seigneur de Lunel, 8ic. Raimond releva heureusement bientôt après de cette maladie.

LV. — Raimond prend les armes contre le roi 6- entraîne divers comtes, vicomtes 6- seigneurs dans sa révolte.

Ce prince ne s'étoit rendu vraisemblablement en Agenois que pour être plus à portée de concerter avec Hugues, comte de la Marche, l'exécution des projets qu'ils avoient formés contre le roi saint Louis. Hugues ne tarda ^ pas, en effet, à lever l'étendard de la révolte, &, s'étant assuré du secours de Henri, roi d'Angleterre, son beau-fils, il se mit en armes'*. Raimond, de son côté, s'en retourna à Toulouse aussitôt après sa guérison, 8<. ayant assemblé^ ses principaux vassaux au mois d'avril, il leur communiqua ses desseins Se leur demanda leur conseil 6; leur secours. Ils furent tous d'avis de prendre

' Manuscrits de Collert , n. 1067. — [J. 3o4, nombre de détails sur l'origine de cette révolte.

n. 7^; cf. Teulet, t. 2, pp. 463 & siiiv.) Elle ne nomme pas le comte Raimond VU; mais

" Voyez tome VIII, Chartes, n. CCXLIII, c. io83 dit que le roi d'Angleterre avait entraîné dans la

à 1087. toalition tous les seigneurs de Gascogne. Cette

' Matthieu Paris, année 1242. lettre a été publiée avec un commentaire liisto-

* Les intrigues du comte de la Marche & de sa riquc des plus intéressants par M. Delisle (fii*/<o-

femme Isabelle furent dénoncées à la reine Blan- thèijue Je l'Ecole Jes Chartes, t. 17, p. 5i3 &

che par un habitant de la Rochelle, dont nous suiv.). [A. M.]

ignorons le nom, mais dont la lettre fournit ° Guillaume de Puylaurens, c. 45.

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les armes 8i promirent de l'aider de toutes leurs forces. La promesse' que Roger, comte de Foix, lui £t en cette occasion, le 5 d'avril de cette année, est conçue en ces termes : « Sachent tous que nous, Roger, par la grâce de « Dieu comte de Foix & vicomte de Castelbon, étant requis par vous, R.ai- « mond, par la grâce de Dieu comte de Toulouse, notre seigneur, de vous « donner conseil pour savoir si vous ferez présentement la guerre avec vos « alliés au roi de France, pour recouvrer vos domaines; après avoir considéré « très-attentivement de combien de pays le roi vous a dépouillé, & toutes les « autres choses qui sont à considérer dans cette affaire, &, voyant que le « temps approche, nous vous le conseillons de bonne foi. Si nous vous jurons « sur les saints évangiles que nous nous joindrons à vous dans cette guerre, « comme à notre seigneur lige, que nous vous aiderons contre ledit roi, « 8c que nous vous défendrons de toutes nos forces. » Raimond ^ s'assura en même temps du secours de Bernard, comte d'Armagnac, de Bernard, comte de Comminges, d'Hugues, comte de Rodez, d'Amalric, vicomte de Narbonne, du vicomte de Lautrec, d'Arnaud Othon, vicomte de Lomagne, de Raimond- Gaucelin, seigneur de Lunel, Pons d'Olargues, Bérenger de Puyserguier & plusieurs autres seigneurs du diocèse de Béziers; de Jourdain, seigneur de l'Isle-Jourdain, des habitans d'Albi, 8cc. Bérenger de Puyserguier-* étoit fils d'un autre Bérenger, mort en 1240 & inhumé dans la commanderie de Saint- Jean de Campagnac, au diocèse de Béziers, où il s'étoit donné pour Jrère. Parmi ces seigneurs il y en eut quelques-uns qui eurent la malice de promettre leur secours à Raimond, dans la vue de le perdre en le précipitant dans la révolte^.

LVI. — Le comte de Toulouse sollicite les évêques de ses Etats à agir par eux-mêmes contre les hérétiques , i/ appelle au pape des procédures des inquisiteurs.

Le comte retourna en Agenois bientôt après, & la, pour faire voir qu'il n'avoit aucune intention par ses démarches de favoriser les hérétiques, il déclara"' publiquement à Arnaud, évêque d'Agen, le i" de mai de l'an 1242, en présence de l'abbé de Saint-Maurin, du sénéchal d'Agenois, de Gaston de Gontaud & de divers autres seigneurs, qu'il prioit instamment ce prélat, dans le dessein d'extirper l'hérésie de tous ses Etats, d'exercer l'inquisition dans le diocèse d'Agen en qualité d'ordinaire, & de commettre pour cela quelques frères mineurs 81 prêcheurs ou autres ecclésiastiques; protestant qu'il étoit prêt de l'aider lui Se ses délégués de toutes ses forces pour la poursuite des hérétiques; de faire exécuter les sentences qu'il rendroit contre

' Voyez tome VIII, Chartes, n. CCXLlV,c. 1087. de Foix, auquel Guillaume de Puyiaurens (c. 45)

* Guillaume de Puylauren», c. 4"). reproche amèrement ia trahison & qui obtint du ' Archives du domaine de Montpellier; Puis- roi de devenir vassal immédiat de la couronne, au

tourguier, n. 1. préjudice du comte de Toulouse. [A. M.]

♦ Dom Vaissete veut sans doute parler du comte ^Tome VIII, Chartes, n.CCXLV,cc. 1088, 1089.

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