‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificatives (volume 5)Chapitre 276 sur 342 · VI · texte numérisé non relu

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An I lijï

An 1241

eux, de faire justice des coupables, de confisquer leurs biens, S<c. Il ajouta que si frère Bernard de Caucio & frère Jean, son compagnon, de l'ordre des frères prêcheurs, vouloient procéder à l'inquisition dans le diocèse d'Agen, non en qualité de commissaires nommés par leur provincial, mais comme simples religieux, & par le devoir de leur état & de leur profession, il étoit disposé à les seconder de tout son pouvoir, de leur donner un sauf-conduit, etc., avec offre de contraindre tous ceux qui étoient suspects d'hérésie à se représenter devant eux. Enfin il protesta néanmoins qu'il ne prétendoit pas renoncer à l'appel qu'il avoit interjeté au Saint-Siège contre les frères prêcheurs qui exerçoient l'inquisition dans ses États, en vertu de la commission de leur provincial, confirma cet appel £< déclara qu'il avoit dessein de le poursuivre. Il fit une semblable protestation ' devant les évêques d'Albi, de Cahors & de Rodez, & on assure qu'il supplia ces prélats de ne pas employer les frères prêcheurs dans l'otfice d'inquisiteurs, mais plutôt les religieux de Cîteaux & les franciscains^.

On trouve ici une preuve bien sensible que Raimond avoit de bonnes intentions pour l'extirpation de l'hérésie; mais il prétendoit que les inquisiteurs ne dévoient pas procéder sans l'aveu & la commission des évêques des lieux, qui, comme ordinaires & par leur caractère, étoient en droit de connoître de toutes les matières qui concernent la foi. Or, comme les frères prêcheurs prétendoient de leur côté exercer l'inquisition indépendamment des évêques. Se en vertu de la commission que le pape Grégoire IX avoit donnée à leur provincial, de pouvoir déléguer ceux qu'il jugeroit à propos, le comte s'opposa à ces prétentions 8c en appela à Rome. Au reste, il paroît que ce qui occasionna cet appel fut que les frères inquisiteurs qui avoient suspendu leurs procédures depuis l'an iiSy, voulurent les reprendre. Pendant la vacance du Saint-Siège, les deux inquisiteurs de Toulouse condamnèrent^, en effet, à Lavaur, au mois de décembre de l'an 1241, plusieurs hérétiques, en présence du clergé 8<. du peuple, du conseil de Pierre, archevêque de Narbonne, & étant assistés de Raimond, évêque de Toulouse, Ik de Pierre, abbé de Sorèze. Ils parcoururent ensuite le Toulousain, & ils rendirent diverses sentences d'un côté Si d'autre contre les hérétiques &c leurs fauteurs. Cette conduite irrita beaucoup les sujets de Raimond, à cause de la sévérité extrême dont usoient les deux inquisiteurs; elle eut pour eux des suites funestes, comme nous Talions voir.

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