‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificatives (volume 5)Chapitre 285 sur 342 · VI · texte numérisé non relu

VI

plus brouillés que jamais'. Le pape, ne se croyant pas en sûreté à Pvome, se rendit à Gênes Si se réfugia ensuite à Lyon. Frédéric, de son côté, prétendant que le pape avoit voulu le tromper, envoya son apologie* dans toutes les cours de l'Europe, se vanta d'avoir des lettres testimoniales de l'empereur Baudouin Si du comte Raimond, qui justifiolent sa conduite, 81 se soumit à la décision des rois de France Si d'Angleterre £,■ cLe leur baronage.

LXXXV. — Frédéric punit la déjection de Vévêque de Viviers & de la ville d'Avignon.

Raimond demeura en Italie jusqu'à l'automne; il obtint une buUe^ par laquelle le pape le mit, lui, toute sa famille 81 ses biens, sous la protection du Saint-Siège. Il se tint ordinairement durant cet intervalle à la cour de l'empereur, Si il y étoit sans doute lorsque ce prince, par un diplôme daté de Pise, au mois d'août de cette année"*, pour punir l'évêque de Viviers de ce qu'il avoit transgressé ses ordres Si s'étoit uni avec les rebelles de l'empire, révoqua les privilèges pour les péages qu'il avoit accordés aux prédécesseurs de ce prélat. Le nom de l'évêque de Viviers, contre lequel l'empereur étoit offensé, n'est pas marqué dans la charte-''. Raimond obtint lui-même un diplôme par lequel Frédéric, en punition de ce que les habitans d'Avignon s'étoient soustraits à la fidélité qu'ils dévoient à ce comte Si à l'empire, les priva des fiefs de Géraud d'Ami Si de Pierre d'Ami, oncle paternel de ce dernier, de la maison de Sabran, que le même comte Raimond leur avoit donnés, avec ordre à ces deux barons de retourner sous l'hommage immédiat de ce prince. La charte est datée de Pise, au mois d'août de l'an MCCXLF indiction II. Preuve que l'empereur y suit le calcul pisan dont on a parlé ailleurs. Ainsi cette charte appartient à l'an 1244 81 non à l'an 1245, comme quelques-uns "^ le prétendent. L'année suivante^ l'empereur donna à Raimond tous ses droits sur Avignon, à cause de la rébellion de cette ville.

LXXXVI. — Raimond repasse les Alpes &• reçoit l'hommage des comtes d'Astarac £• de Comminges pour ces comtés.

Ce comte revint enfin dans ses Etats après avoir fait plus d'un an de séjour au delà des Alpes^. Il se rendit d'abord à Narbonne, Si là, s'étant joint

'Le récit de toutes ces négociations se trouve ■* Voyez tome VIII, Chartes, n. CCLXV, ce. 1 160

notamment dans une encyclique d'Innocent IV du & 1 161 .

3o avril 1244 (Potthast, n. i iSjp), dans laquelle ' On ne connaît aucun acte des évoques de Vile pape rend justice aux efforts de Raimond VII viers entre 1241, année où siégeait Sébastien, & pour amener la fin de ces dissensions. [A. M,] 1245; à cette dernière date le chef de cette église

' Matthieu Paris, p. 642. était Arnaud de Vogué. Cf. tome IV, p. .414.

* Trésor des Chartes; Croisades, sac 1, n. 43. — |A. M.]

[J. 447; Teulet, t. 2, p. 566. Bulle du 27 avril " Fantoni, Istoria d'Avinione, 1. 1, p. 69.

1245. Le i5 mai suivant, le pape accorda au ' Voyez toine VIII, Chroniques, n.II,c. 207.

* comte de nouveaux privilèges spirituels; Potthast, * Guillaume de Puylaurens, c. 46 & suiv. n. 1 1664.]

' ' An 12^4

au vicomte Amalric, pour faire satisfaction ' à l'archevêque Pierre Amelii, qu'ils avoient chassé de cette ville en 1242; ils l'y introduisirent solennellement, lui servirent d'écuyers, à pied Si sans manteau, 8t conduisirent son cheval par la bride depuis le couvent des Cordeliers jusqu'au palais épiscopal, 011 ce prélat leur donna l'absolution. Les chanoines & les bourgeois de Narbonne, qui avoient suivi leur archevêque dans son exil volontaire, revinrent alors dans la ville.

Raimond étant arrivé à Toulouse, Segnis, veuve de Centulle^, comte d'Astarac, mit, le i3 de novembre, sa personne, son fils Centulle, tout le comté d'Astarac & tous les domaines qui avoient appartenu au feu comte Centulle, son mari, sous la protection & le vasselage de ce prince, qui reçut en même temps l'hommage du jeune Centulle. Le viguier de Toulouse se transporta quelques jours après dans le comté d'Astarac pour y faire reconnoître le haut domaine du comte de Toulouse. Centulle II, comte d'Astarac, épousa^ dans la suite Pétronille de Comminges, dont il n'eut pas d'enfans, & Bernard, son frère, lui succéda. Bernard VI, comte de Comminges'*, se rendit aussi vers le même temps vassal du comte Raimond, du conseil d'Arnaud-Roger, évêque de Comminges, son oncle paternel, & de plusieurs de ses barons, pour tout ce qu'il possédoit dans les diocèses de Comminges 8c de Conserans, 8c lui en fit hommage lige, en présence des évêques de Toulouse 8c de Comminges, de l'abbé de l'Escale-Dieu, de Roger, comte de Pailhas, d'Amalric, vicomte de Narbonne, &c.

LXXXVII. — Raimond reçoit à Toulouse les ambassadeurs du comte de Savoie, auquel il donne Cécile de Baux, sa petite-nièce, en mariage.

Raimond reçut en ce temps-là, à Toulouse, une ambassade solennelle d'Amédée ou Amé IV, comte de Savoie, pour lui demander en mariage Cécile, fille de Barrai de Baux, sa nièce^. Cette ambassade étoit composée d'Aymar, Éd.origin. seigneur de Bressieux, Humbert de Seyssel 8c Aymar de Compeys. Raimond '• '"• p- -^^gayant agréé leur demande, s'engagea, le 22 de novembre de l'an 1244, de travailler à l'accomplissement de ce mariage 8c de donner pour dot à Cécile six mille livres monnoie de Vienne, payables en différens termes^. H promit

■ Chronicon Sancti Paali Narhone, apiid Catel, terres de la rive gauche du Rhône pour le cas où

Histoire Jes comtes Je Tolose, Preuves, p, 172.^ il mourrait sans enfants. Cf. de Tourtoulon, t. 2,

[Cf. tome V, c. 40 & suiv.] p. 647 8c suiv. d'iiprès les archives d'Aragon. Cette

' Voyez tome VIII, n. CCLXIV, ce. 1162» iiô!). donation dut être révoquée peu après, puisqu'il

— Manuscrits Je Colhert, n. 1067. n'en est pas question dans l'acte que dom Vaissete

' Histoire généalogiijue Jes granJs officiers, t. 2, vient d analyser. — En maii I25i, une partie de

p. 617. la dot de cette princesse n'avait pas encore été

^ Voyez tomeVIII, n. CCLXVII, ce. I i65 à 1 167. payée. Amédée, comte de Savoie, écrivait, » cette

' Baluze, MiscelUnea, t. 6, p. 53o & suiv. — date, à l'évéque de Toulouse, à Sicard Alaman &

Trésor des chartes, Toulouse, sac 5, n, 3. — à Raimond Gaucelin, seigneur de Lunel, d'avoir

(J. 3io(Teulet, t. 2, p. 041 & luiv.] à solder ce reliquat, du payement duquel ils

'Trois ans auparavant, le 26 février 1241 (v. st.), s'étaient portés pour cautions (Toulouse, V, 3ç, ori-

Eaimond VII avait assuré à cette même Cécile ses ginal scellé; J. 3io; Teulet, t. 3, p. 1 18). [A. M.]

An 1244 ' '

de plus de donner pour cautions de sa promesse les évoques de Toulouse, Cahors, Albi & Rodez; les comtes de Comminges & de Pvodez ; Amalric, vicomte de Narbonne; Raimond-Gaucelin, seigneur de Lunel, Raimond de Baux, prince d'Orange, Dragonet de Moniauban,' Aymar de Poitiers, comte de Valentinois, & Guillaume d'Ami, seigneur de Castelnau, ou d'autres également suffisans. On convint que le comte de Savoie constitueroit mille marcs d'argent à Cécile de Baux pour son augment, sur les villes de Chambéry ou de Montmeillan. L'acte fut passé au château Narbonnois Se scellé du sceau du comte de Savoie que les ambassadeurs avoient apporté avec eux, de ceux de ces ministres, du comte de Toulouse & de Barrai de Baux. Cécile étoit petite-nièce de Raimond 8c non passa nièce', comme quelques auteurs l'ont cru. Elle étoit fille de Barrai, seigneur de Baux 81 vicomte de Marseille, Se de Sibylle d'Anduze, fille de Pierre-Bermond, seigneur d'Anduze, 8t de Constance de Toulouse, sœur du même Raimond. Elle avoit été déjà accordée avec Guigues, cinquième du nom, dauphin du Viennois 8t comte d'Albon; mais le mariage n'avoit pas été consommé. Amédée l'épousa en secondes noces, & la cérémonie^ s'en fit à Orange, le 18 de décembre suivant.

LXXXVIII. — Raimond crée deux cents chevaliers dans une cour qu'il tient

à Toulouse.

Le comte Raimond, après son retour d'Italie, tint à Toulouse ce qu'on appeloit alors une cour plénière^. Tout ce qu'il y avoit de plus distingué dans la noblesse des provinces méridionales du royaume se trouva à cette cour que Raimond tint aux fêtes de Noël de l'an 1244. Il y créa deux cents chevaliers, entre lesquels furent Bernard, comte de Comminges, Pierre, vicomte de Lautrec, Gui de Sévérac, Sicard d'Alaman, son lieutenant Se principal ministre, Jourdain de l'Isle, Guillaume de Bonneville ou de Bouville, Bernard de la Tour, Sec. Arnaud de Comminges fut aussi sans doute de ces nouveaux chevaliers; car il fit hommage à Raimond'*, le 3i de décembre de cette année pour la ville & le pays de Dalmazan, 5c pour tout ce qu'il possèdoit dans le Toulousain, en présence de Roger de Comminges, comte de Pailhas, son frère, & de Roger, fils de ce dernier. Arnaud de Comminges 81 Roger, son fils, rétractèrent^ cet hommage deux ans après Se se soumirent pour le pays de Dalmazan à la suzeraineté du comte de Foix, qu'ils avoient refusé de reconnoître jusqu'alors. Raimond fit ensuite un voyage en Albigeois'', suivi des évêques de Toulouse 81 d'Albi, de Bernard,

' Cmchenon, Histoire gênéalogiijue de la maison 'Voyez tome VIII, Chartes, n. CCLXXIV,

de Savoie, t. \, ^. 2-jî. — Voyez tome VII, iVote X, ce. 1204, i2o5.

n. IV, pp. 26 à 28. * Manuscrits de Colhert, n. toC)-j. — On peut voir

'Guichenon, Histoire généalogique, t. 3, pr. les actes auxquels dom Vaissete fait allusion dans

p, 71. Teulet, t. 2, p. 548 & 5^9. En voici l'indication

' Guillaume de Puylaurens, c. 47. sommaire. — Rabastens, \'> janvier 1246, vente à

• * Manuscrits de Colhert, n. 10Û7. — [J. 3i4, Raimond VII par Sicard de Miremont, de la ville

n. 2p; original. Teulet, t, 2, p. 547.] de Cintegabelle. — Rabastens, 18 janvier 1245,

' ' An 12.;.^

comte de Commingcs, Amalric, vicomte de Narbonne, Jourdain de l'isie &

Pons d'Astoaud, son chancelier; il étoit de retour à Toulouse au commence-

ment de février de l'année suivante. An 12^5

LXXXIX. — Raimoni va à la cour de France i- à la cour romaine, ^ fait sommer le comte de Foix de lui remettre le pays situé en deçà du Pas de la Barre,

Ce prince alla bientôt après à la Cour' d'où il se rendit à Lyon, pendant le carême, pour y conférer avec le pape Innocent IV, qui y faisoit son séjour. Il fît un nouveau voyage à la Cour, 81 étant de retour à Toulouse il chargea Sicard de Montant d'aller sommer de sa part Roger, comte de Foix^, tant en .vertu du serment que ce comte lui avoit prêté que de leurs conventions Se des obligations qu'il avoit contractées envers lui, de lui livrer incessamment tout le pays situé en deçà du Pas de la Barre, dans le diocèse de Touloiise, « pays que nous avons donné en commande, dit Raimond, étant à Saverdun^ « à votre père, après que nous l'avons retiré des mains des François, comme « vous ne l'ignorez pas sans doute. « On assure^ que Raimond ne £t cette sommation que pour se venger du comte de Foix, à qui il ne pouvoit pardonner de ce qu'il s'étoit soustrait à son vasselage. Si que, pour soutenir sa démarche, il fit fabriquer de fausses lettres : action très-déshonorante pour sa mémoire, si elle est aussi vraie qu'on le prétend'*.

hommage de Fortanier de Gourdon pour divers châteaux & domaines au diocèse de Cahorî. — Raimond VII était de retour à Toulouse dès le 23 janvier suivant, hommage de R. de Orgel/iio, & de Raimond-Géraud de Moissac {liid. p. 049 & suiv.). [A. M.]

' Guillaume de Puylaurens, c. 47.

'Voyez tome VIII, Chartes, n. CCLXVIII, ce. 1 172, I 173.

' Tome VII, Note XXXIV, n. iv, p. 99 & suiv.

* L'argumentation de dom Vaisseteen faveur de Raimond VII (Voyez tome VII, ut supra) paraît assez convaincante pour que nous n'ayons pas à revenir sur cette affaire des fausses lettres qu'aurait fabriquées le comte de Toulouse. Aux raisons que le savant Bénédictin a données, il aurait pu en joindre deux autres. L'évêque d'Albi & l'abbé de Moissnc donnèrent, le 29 octobre 1249, un vidimus de l'acte accusé de faux (Cf. tome VIII, c. 12.Î9). En outre, deux personnages, dont nous n'avons aucune raison de suspecter la bonne foi, ce même Durand, évéque d'Albi, & Raimond Gaurtlme, seigneur de Lunel, attestèrent, le 21 mars i 248, qu'ils avaient assisté à l'acte par lequel Roger Bernard avait reçu, en 1241, à Lunel, le château de Saverdun en commende (Teulet, t. 3, p. 23). Cette déclaration met l'authenticité de cet

acte hors de doute. — Toutefois à bien examiner les trois actes de l'hommage de Roger de Foix, en 1241 (Cf. tome VIII, c. 1 064 & suiv.), on ne peut s'empêcher de reconnaître qu'il existe entre eux plusieurs contradictions. Le premier parle de l'hommage rendu à Raimond VII par le comte de Foix pour Saverdun ; le troisième, au contraire, dit que Saverdun a été donné en commende à Roger, qui doit le restituer à la première réquisition. Examinons maintenant les trois actes en eux-mêmes; leurs formes diplomatiques ne peuvent nous renseigner; les dates concordent & aucun d'eux ne peut à ce point de vue être soupçonné. Toutefois, si nous examinons leur provenance, nous verrons que le second nous a été conservé par le registre JJ. xix, cartulaire de Raimond VIT, compilé après la mort de ce prince, & que le troisième, l'acte attaqué, est en original au Trésor des chartes. Le premier, au contraire, provient des archives de Pau, &, par conséquent, du chartrier des comtes de F";™. C'est aussi de ce chartrier que provenaient les deux déclarations de frère Guillaume de Brive, que dom Vaissete réfute avec beaucoup de tact (Tome VIT, p. 100). Enfin si nous remarquons qu'en 1242, lors de la paix particulière du comte de Foix avec le roi de France, Raimond VII somma son vassal de lui remettre le château de Saverdun, conformé-

An 1245 ' 7 T

Éd. orîpin.

Cet acte réveilla l'animosité qui n'avoit déjà que trop éclaté entre les deux comtes, 8t ils auroient sans doute terminé leur querelle par les armes si le roi n'eût évoqué à soi cette affaire St nommé des commissaires ' pour informer sur la vérité des faits ^. Il paroît cependant que Raimond confisqua ces domaines sur Roger, car la plupart des coseigneurs de Saverdun & plusieurs autres chevaliers du pays, le reconnurent depuis pour leur seigneur immédiat; en sorte que Roger, ne pouvant les réduire par la force, implora la protection de la reine Blanche 8c les fit excommunier; mais ils obéirent toujours à Raimond 3.

XC. — Raimond assiste au concile de Lyon. — Êvêques de Maguelonne.

Archevêques de Narbonne,

Ce prince'^, après ce coup d'autorité^, retourna à Lyon i^, où il se trouva avec Baudouin, empereur de Constantinople, & Raimond-Bérenger, comte de Provence, au concile qu'Innocent IV y célébra à la fin du mois de juin, 81 dans lequel il déposa l'empereur Frédéric. Nous ignorons le nom des évêques de la Province qui assistèrent à ce concile. On assure-' que Jean de Maguelonne, Raimond de Toulouse Si Guillaume de Lodève furent de ce nombre, 8<. on ajoute que le premier étant décédé durant le concile, le pape nomma de son propre mouvement, pour lui succéder, frère Raynier, Italien, de l'ordre des frères Prêcheurs; mais on se contredit, puisqu'on rapporte^ un hommage rendu à Jean de Montlaur, évêque de Maguelonne, en 1247. Nous

ment à ses promesses, que le refus du vassal amena de longs démêlés que saint Louis dut apaiser (Cf. tome VIII, c. loçS), on reconnaîtra qu'il y aurait là de quoi accuser Roger du fait peu honorable dont il chargeait Raimond VII, & qu'on pourrait le soupçonner d'avoir fabriqué la première lettre d'hommage de Saverdun de 1241 & soudoyé le témoignage de Guillaume de Brive. (A. M.]

■Voyez tomeVllI, n. CCXXVIl , ce. I232 à

' Le 14 février 1245, le comte de Folx donna des libertés à la ville de ce nom (Tome VIII, c. 1 168 & suiv.) ; il concéda aux habitans le droit d'élire leurs consuls au nombre de sept; tous les habitants durent prêter serment de fidélité aux consuls, & ceux-ci promettre au comte & à la communauté de défendre la ville de Foix, ses droits & ceux du seigneur. En même temps le comte fixa l'étendue de la banlieue de la ville, décida que nul ne pourrait acheter ou vendre un habitant ou une habitante de Foix, & que aucun d'eux ne serait mis en prison s'il offrait d'ester en droit. [A. M.]

' Voyez tome VII, Note XXXIV, n. iv, pp. 100 &. 101.

■• Vers la même époque Raimond VII était en

guerre avec le comte d'Armagnac, Bernard. Ce dernier avait donné pour caution Arnaud Ot, vicomte de Lomagne & d'Auvillar. Il paraît que Bernard ne remplit pas ses promesses, car le 22 juillet i 246, son répondant dut payer à Bérenger de Promilhac, viguier de Toulouse, la somme de treize mille sous de Morlat, valeur des dégâts causés à la terre de Raimond par le comte d'Armagnac. Cf. Teulet, t. 2, p. 577 8c suiv. [A. M.]

^ Le 3c mai 1246, il se fit céder par les habitants de Castelsarrasin, probablement à la suite de dissensions intérieures, le droit de nommer les consuls de la ville (Tome VIII, c. 1 170 & suiv.). La justice civile & criminelle fut rendue par le viguier du comte & le baile du viguier, qui purent s'associer un jurisconsulte pour les causes difficiles. La ville de Moissac fit le lendemain 3i mai un abandon analogue. (Cf. Teulet, t. 2, p. 568.)

' Guillaume de Puylaurens, c. 47.

' Gariel, Séries praesulum Magalonensium, p. 359 & suiv. — Plantavit, Chronologia praesulum 'Loiovensium, pp. i53 8c 168. — Percin, Hist. academ. Tolos. part. 2, c. 4.

' Gariel, 5eri« praesulum Magalonemium, p. 359 Si suiv.

n'avons d'ailleurs aucun monument qui prouve que frère Raynier ait succédé à ce prélat avant le mois de mars de cette dernière année.

La mort empêcha Pierre Amelii, archevêque de Narbonne, d'assister au concile de Lyon. Il mourut, en effet, à Narbonne ', le 20 de mai de l'an 1243, 8t fut inhumé dans le monastère de Cassan, où il avoit choisi sa sépulture. Si l'on doit s'en rapporter à une monition que le chapitre de sa cathédrale lui adressa-' en 1241, pour l'avertir de ses défauts, il étoit bien moins propre à gouverner un diocèse qu'à manier les armes 8c à commander un corps de troupes, comme il fit au siège de Valence, en Espagne, où il se distingua par sa valeur^. On voit cependant que Pierre Amelii avoit du zèle pour la discipline, car il déposa "*, en 1242, trois archidiacres & quelques autres bénéfîciers de son église, parce qu'ils ne résidoient pas dans les cures qu'ils possédoient conjointement avec leurs prébendes, & que quelques-uns n'étoient ni prêtres ni diacres. Le pape Innocent IV lui avoit permis^, au commencement de l'an 1245, de faire porter la croix devant lui dans la Province durant sa vie. Guillaume de la Broue, abbé de Saint-Aphrodise de Béziers, Se natif de Puyssalicon, au diocèse de Béziers, lui succéda 61 fut élu quatre jours après sa mort.

XCI. — Raimond fait casser son mariage avec Marguerite de la Marche, (y projette d'épouser Béatrix, fille de R, Bérenger, comte de Provence.

Le concile de Lyon finit le 17 de juillet. Pendant sa tenue Se après sa conclusion, les comtes de Toulouse 8<. de Provence renouvelèrent <5, en présence d'Innocent, 8<. avec son agrément, le projet~de leur alliance, par le mariage du premier avec Béatrix, quatrième fille de l'autre, princesse d'une rare beauté, sous la promesse que leur fit le pape de leur accorder la dispense de la parenté qui étoit entre eux. Raimond avoit fort à cœur de terminer cette alliance, soit parce que Béatrix devoit hériter de la Provence, suivant le testament de son père, soit dans l'espérance qu'elle lui donneroit des enfans mâles; mais comme il étoit marié avec Marguerite de la Marche, il falloit auparavant faire casser ce mariage. Pour y réussir, il prétexta qu'il étoit parent de Marguerite du troisième au quatrième degré; qu'il ne l'avoit épousée que sous la condition qu'on obtiendroit la dispense dans un an. Se que cette dispense n'avoit pas été accordée. Il demanda un commissaire au pape, sur l'amitié duquel il comptoit beaucoup, 8c obtint Octavien, cardinaldiacre du titre de Sainte-Marie in Via lata, qui lui étoit entièrement dévoué,

■ Gaïlit Christtana, t. i, c. 384. — Archives de 187, & qui semblent prouver que le prélat .ivait l'église de Narbonne. empiété ou essayé d'empiéter sur les droits de son

■ Voyez tome Vm, Chartes, n. CCXLII, ce. 1077 chapitre. [A. M.]

il 1080. * Archives de l'église de Narbonne.

' Aux actes publiés par dom Vaissete 81 relatifs ' Gullia Christiana, nov. éd. t. 1, Instr. c. 64.

aux différends entre Pierre Amiel & son chapitre * Guillaume de Puylaurens, c. 47, — Rufiî,

cathédral, on peut en ajouter plusieurs autres, Comtes de Provence, e. 4. que nous indiquons au tome V, c. 1375, n"' 186-

An 124J

~~. r~ 776 HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIV. XXV.

An \z^j I '

èi qui fit une enquête à Lvon, les i3, 17 Se 29 de juillet'. Six témoins, entre lesquels étoient Baudouin, empereur de Constantinople , l'archevêque de Reims & les évê([ues de Liège Si de Poitiers furent ouïs 5 & ayant tous attesté la parenté cjui étoit entre Raimond &. Marguerite, le commissaire rendit une sentence, le '.') d'août, par laquelle il cassa leur mariage Se leur ])ermit de convoler en d'autres noces^. Il paroît que Marguerite de la Marche consentit volontiers à la dissolution de son mariage, qui, à ce qu'il paroît-*, n'avoit pas été consommé. Elle épousa bientôt après Aymeri VIII, vicomte de Thouars, 8c ensuite, en troisièmes noces, Geoffroy de Châteaubriant.

Le comte R.aimond, se voyant libre '^, convint avec le comte de Provence

d'épouser Béatrix, fille de ce prince, aussitôt que le pape auroit accordé la

i-j.onsin. dispeuse. Ces deux comtes, étant comme assurés de l'obtenir, partirent de

t. UI, p. 431. 1 ]• 1 1 !• • •

I,yon St se rendirent dans leurs Etats pour y disposer tout ce qui étoit nécessaire à la célébration des noces 5 mais Pvaimond fit une faute irréparable de n'avoir pas profité, avant son départ, de la bonne volonté du papej car à peine fut-il chez lui que Raimond-Gaucelin, seigneur de Lunel, qu'il avoit laissé en Provence pour y prendre soin de ses aHaires, lui dépêcha un courrier qui lui apprit la mort de P\.aimond-Bérenger, comte de Provence, arrivée à Aix, le ig du mois d'août de l'an 1245, après avoir confirmé son testament de l'an 1288, par lequel il déclaroit Béatrix, sa quatrième fille, héritière des comtés de Provence & de Forcalquier & de tous ses autres domaines. Raimond-Gaucelin mandoit à Raimond de se rendre incessamment en Provence pour y accélérer la conclusion de son mariage avec cette princesse. Il ajoutoit cependant qu'ayant consulté Pvomieu de Villeneuve & Albert de Tarascon, deux des principaux conseillers du feu comte, que ce prince avoit laissés ])our tuteurs de Béatrix & régens de ses États, ils lui conseilloient de ne pas venir dans le pays à main armée, mais avec peu de suite, pour ne pas effaroucher les peuples. Ces deux ministres, qui n'étoient nullement dans les intérêts de Raimond, ne lui donnèrent ce conseil que pour le mieux trahir. Ils prirent en effet la résolution secrète avec Béatrix de Savoie, comtesse douairière de Provence Si mère de Béatrix, de donner cette princesse en mariage à Charles, frère du roi de France, & pour avoir le temps de négo-

' Tome VIII, Chartes, n. CCLXX, ce. 1 1 76, 1 1 83. Ce qui est le plus curieux dans cette série de

' Voyez tome VII, Note XXXV, n. m & suiv. dépositions, c'est l'ignomnce où se trouvent cer-

pp. 104, io5. tains témoins, notamment l'cvêque de Poitiers

'Voici les ascendants des deux conjoints qui, (tome VIII, c. 1179), du nom de telle ou telle

en effet, étaient cousins au quatrième degré : personne illustre. Il faut aussi remarquer que tous

parlent d'après des bruits publics & que le comlissaire apostolique ne chercha pas à prouver

Louis VI.

Constance cp. Raimond V. Pierri; de Courtenay. par des actes la parenté des deux parties.

Raimond VI. Almodis, comtesse d'AngouIcme. [A. M.J

'^^''^-'^— ■ — — ■~~- — '^ — ■^*" ~ * Guillaume de Puylaurens, c. 47. — Chronictn

Raimond VII. Isabelle épouse : 1° jean-sans- -* ... t t, *r «.... .

TeiTo, roi d'Angleterre; 2" Hu- massihense, ap. Labbe, Noya Biiliotheca manus-

gues X, seigneur de Lusignan & criptorum , t. 1 , p. 742. — Gesta LuJovici IX,

cojmejJe la Marche. ^ p. 3^5, r„(-j;^ f„„,^, j^ Proyence. & Bouche,

Marjjuerite, liantée à Raimond VII. t. 2.

An 1 2.;

cicr cette alliance ik de la taire réussir, il leur iinportoit d'amuser le comte de Toulouse, de crainte que ce prince, qui avoit la force en main 8^ qui étoit à portée, ne leur tit quelque violence.

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