‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificatives (volume 5)Chapitre 316 sur 342 · I. III · texte numérisé non relu

I. III

An 1271 7T

leurs châteaux, & à ne pas construire de nouvelles forteresses; on donna le nom de bastides aux nouvelles villes & aux nouveaux bourgs qu'ils fondèrent depuis en assez grand nombre dans le pays, parce que tous ces lieux furent d'abord ouverts & sans défense. '

Quoique la noblesse fût héréditaire dans la Province au treizième siècle, les surnoms ne l'étoient pas encore entièrement', du moins dans quelques familles; c'est ce qu'on voit entre autres dans l'acte de l'hommage^ rendu à Raimond VII, comte de Toulouse, le 27 de novembre de l'an iiSy, par Jourdain de Dourgne, ^ Isarn de Saissac, son frère, fils de Jeu Sicard de Puylaurens, pour tout ce que leur père avoit possédé dans la ville de Puylaurens.

On ne mettoit pas cependant beaucoup de différence, dans ce siècle, entre les simples chevaliers Se les bourgeois ^ des principales villes. C'est ainsi que, suivant l'accord'* qui fut jjassé, en i25i, entre les comtes de Toulouse &v de Provence d'un côté 8< les babitans d'Avignon de l'autre, les bourgeois honorables, qui avoient coutume de vivre en chevaliers, jouissoient des mêmes privilèges que ces derniers. On passoit, en effet, aisément de la bourgeoisie à la chevalerie ou à la noblesse; comme on voit par l'attestation'^ que vingt-trois des principaux babitans de Bcaucaire, entre lesquels les uns étoient chevaliers ou damoiseaux, 8<. les autres simples bourgeois, donnèrent sous leurs sceaux, en 129H, pour certifier que l'usage ou la coutume, depuis un temps immémorial dans la sénéchaussée de Beaucaire Se en Provence, « étoit que « les bourgeois recevoient la ceinture militaire & les autres marques de che- « valerie des mains des nobles &<. des barons, & même des archevêques & des « évêques, sans l'autorité ou la permission du prince, Se qu'ils jouissoient « ensuite du privilège des chevaliers. >> Cette attestation confirme ce que nous avons dit ailleurs, que la noblesse ne consistoit anciennement que dans la liberté, Si que ce fut le service militaire S<. la possession des fiefs, qui fit dans la suite la différence entre ceux qu'on appela nobles & les autres personnes libres qui ne l'étoient pas.

Page 1