I. III
droit. Ils ctoient seulement obligés de pa^el■ la queste, la taille S< divers autres droits à leurs seigneurs, soit ecclésiastiques, soit laïques; obligation qui passoità leur postérité. Cette servitude se prescrivoit par trente ans. « Si « quelqu'un, est-il dit dans la coutume de Pamiers de l'an 1282, vient s'éta- « blir comme libre à Pamiers, 8c y demeure pendant trente ans, sans la « réclamation de son seigneur, il ne sera plus permis au seigneur de le « remettre en servitude. » Suivant les coutumes de quelques autres villes, comme celles de Carcassonne, un homme de corps qui s'y établissoit devcnoit aussitôt libre.
Un des droits dont jouissoient les seigneurs sur leurs serfs de corps, étoit que ceux-ci ne pouvoient marier leurs filles sans leur consentement, à moins que cette permission ne fût portée dans l'acte primordial d'engagement ou de servitude. C'est ainsi qu'Arnaud Morel 8<. Bernard Beausadun s'étant donnés' pour hommes, au mois de janvier de l'an ii83, à Roger, vicomte de Béziers, sous l'obligation de lui payer deux sols hugonencs d'usage, eux 8t leur postérité, le vicomte « leur permit & à tous leurs descendans, de marier libre- « ment leurs filles, sans lui demander conseil, £- quitta 6 ajfranchit leurs « filles présentes S< à venir de cette obligation. » Il n'étoit pas permis non plus au fils d'un serf d'eml^rasser l'état ecclésiastique sans la permission de i':J son seigneur. Cet usage est clairement exprimé dans les coutumes & libertés données, au mois de mai de l'an 1270, par Alfonse^, comte de Toulouse, 8<. Jeanne, sa femme, aui babitans de Castelsacrat, en Querci, auxquels ils permettent à l'avenir « de vendre, donner ou aliéner leurs biens, meubles 81 « immeubles, sauf les droits du prince, si l'aliénation se fait en faveur des « églises & des chevaliers (c'est-à-dire des nobles), avec permission de marier « librement leurs filles, de promouvoir leurs fils à l'état ecclésiastique, &C. i< Le comte se réserve le droit de succéder à ceux qui mouroient sans héri- 11 tiers. » Alfonse S< Jeanne affrancbirent de leur vivant la plupart de leurs autres serfs de leurs domaines, dont ils changèrent les obligations en un cens annuel, S< le premier, par son testament, donna la liberté à tous ceux de ses propres États. Enfin le roi Philippe le Bel abolit entièrement la servitude dans la Province, comme nous le dirons ailleurs.