‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificatives (volume 5)Chapitre 320 sur 342 · VJ · texte numérisé non relu

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roi, qui devoit avoir son exécution à compter depuis le mois d'août de l'annic précédente. Ce prince n'ôta pas cependant le cours des monnoies des seigneurs; mais il le restreignit dans l'étendue de leur domaine, & voulut que les tournois & les parisis, qui étoit la monnoie rovale, fussent seuls en usage dans tout le royaume, à l'exclusion de toutes les monnoies des seigneurs qu'on employoit auparavant indifféremment partout.

On devoit fabriquer des tournois &. des parisis ailleurs qu'à Paris &. à Tours, puisqu'il y avoit des monnoies royales dans d'autres villes. On voit, en effet, dans une sentence' arbitrale, du mois de mars de l'an 1264, suivant laquelle Gérard de Manjanes, garde de la monnoie du Pont-de-Sorgues pour Alfonse, comte de Poitiers 81 de Toulouse & marquis de Provence, fut condamné à payer une amende k Jean d'Arcis, sénécbal de Venaissin pour ce prince; qu'on fabriquoit de la monnoie à Nimes, Carcassonne, Toulouse, Saint-Rémy, Apt, Nice, Tarascon, au Pont-de-Sorgues ik à Mornas; or les fabriques de Carcassonne Se de Nimes étoient alors des fabriques^ royales, & elles avoient succédé à celles des anciens comtes & vicomtes de ces deux villes.

Quant aux seigneurs, les comtes de Toulouse se maintinrent ^ jusqu'à la réunion de cette ville au domaine royal dans l'usage d'y faire fabriquer la principale monnoie de leurs Etats, 8t il paroît qu'Alfonse, frère de saint Louis, n'eut point d'autre fabrique pendant longtemps pour toute la partie de ses domaines située en deçà du Rbône. Il renouvela"* sur la fin de sa vie celle d'Albi, qui étoit en usage^ dès la fin du douzième siècle. Il avoit, outre cela, une monnoie au Pont-de-Sorgues & une autre à Mornas pour le pa}s Venaissin, comme on vient de le voir'^.

'Trésor cîes chartes; Toulouse, sac 4, n, 25. [J. 3o7.]

' Voyez tome VIII, Charles, n. CCXCV, ce. 1298 & 1299.

' Catel, Histoire des comtes de TolosCj p. 229,

* Trésor des chartes j Toulouse, sac 10, n. 4.

' Gallia Christiana, nov, cdit. t, 1, Appendix,

* Bouta rie a donné sur l'histoire monéta ire d' Alfonse de Poitiers, un certain nombre de détails dont nous lui emprunterons quelques-ur.s. Ainci que nous l'avons dit plus haut, ce prince fit frapper une monnaie semblable au t'ournois, pour l'aloi & la taille tout au moins, dans plusieurs TiUcs de ses Etats. Boutaric connaît quatre gr.inds ateliers monétaires dans l'apanage d'Alfonse : Montreuil-Bonnin , en Poitou, Riom, en Auvergne, Pont-de-Sorgues, en Venaissin, & Toulouse (p. 210). Le plus actif de ces quatre ateliers était celui de Montreuil-Bonnin, dans lequel la fabrication ne fut jamais interrompue & resta toujours importante. Toulouse émettait des tournois & des doubles tournois ou toulousains. L'atelier de

Pont-de-Sorgues n'émit aucune monnaie de 1260 à 1267J celui de Riom cessa de fonctionner en izio. La monnaie royale avait cours forcé dans les Etats d'Alfonse. Aux ateliers monétaires du midi que vient d'indiquer dom Vaissete il faut ajouter celui de Saint- Antonin , qui fut ouvert par Louis IX vers 1262. (Cf. tome VIII, ce. lô?.'!, 1504.) — Dans les possessions méridionales d'Alfonse, plusieurs barons avaient droit de frapper monnaie; mais la plupart de ces espèces ne pouvaient circuler hors de la seigneurie où elles étaient émises. La monnaie arnaudine, frappée par révêque d'Agen, jouissait pourtant de ce privilège, &, en 1263, Alfonse dut reconnaître les droits de ce prélat. (Boutaric, pp. 212, 2i3). La monnaie de Cahors émise par l'évêque avait cours dans le Quercy, dans une partie du Rouergue & même à Millau. (liid, p. 214.) Nous avons parlé ailleurs (voyez pp. 916, 917) de la monnaie d'Albi ou raimondine, qui fut peu active pendant tout le règne d'Alfonse. En Rouergue, le comte de Rodez émettait une monnaie qui ne sortait pas du comté. — Dans le Venaissin avait cours la monnaie rael-

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En 1202 8t 1204, un sol toulousain valoit ' deux sols melgoriens, 8c vingt-six sols toulousains pesoient 8<. valoient un marc d'argent £n. Les sols toulousains étoient sans doute les mêmes que ceux qui sont appelés raimondins dans diverses chartes de ce siècle. On peut voir dans nos Preuves^ & dans Catel quels étoient les poids Si l'aloi de la monnoie de Toulouse en 1240, i25i, 1253 Es. i256. Les autres monnoies seigneuriales de la Province, durant le treizième siècle, furent : 1° Celle de Melgueil, qui étoit la plus célèbre & dont les évêques de Maguelonne tirèrent le profit, après que les papes leur eurent inféodé le comté de ce nom, qu'ils avoient confisqué sur le comte de Toulouse. 2° Celle de Narbonne, que le vicomte de cette ville prétendoit être en droit de faire frapper à l'exclusion de l'archevêque. 3° Celle des évêques de Viviers, du Puy & de Mende. 4° Enfin on trouve des anciennes monnoies fabritjuées au coin des vicomtes de Polignac. Nous ne parlons pas des monnoies des comtes de Pv^odcz, vassaux des comtes de Toulouse, ni de celles des évêques de Cahors 8t d'Agen, qui avoient cours dans la Province. On tiroit une partie de l'argent qui s'employoit dans ces monnoies des mines de Villemagne ^^ au diocèse de Béziers, d'Orzals, en Rouergue, 8<. de Largentière, en Vivarais. Bérenger, évêque de Maguelonne, fit frapper dans son diocèse une monnoie étrangère, qu'on appeloit des milarets {miliarensis moneta) ; elle avoit cours parmi les Sarrasins, & étoit ati coin de Mahomet. Comme ce prélat ne se conduisoit en cela que par l'esprit d'une cupidité sordide, à cause du grand profit qu'il y avoit à taire sur ces espèces, le pape Clément IV l'en reprit'* sévèrement & lui défendit de continuer.

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