Le même au même
A Montpellier, le 26' février 1744. — J'ay l'honneur de vous informer, mon révérend Père, que j'adressai hier à M. l'archevêque de Narbonne un mandement de mille livres en vôtre faveur, à compte du prix des graveures du cinquième volume de l'Histoire de la Province, & que je l'ai prié de vous l'envoyer, après l'avoir signé. Ainsi vous le recevrés presque aussitôt que cette lettre. (Fonds de Languedoc, t. 184, fol. 345.)
12g. — M, de Montfa au même.
A Gaillac, ce 27' octobre 1744. — Mon révérend Père & cher cousin , dès avoir
receu votre lettre je l'envoyay à M. de Caumon qui feust fort surpris aussi bien que moy de la malheureuse affaire de mon fils '. C'est un ingrat qui ne me donnera jamais que du chagrin ; il ne faloit pas moins que vostre grand crédit & le bonheur que M. de Flamarens & M. le ministre de la guerre, se trouvas[sen]t à Mets, pour éviter qu'il ne feust cassé ignominieusement. (Fonds de Languedoc, t. 187, fol. i3o.)
i3o. — M. de Joubert au même.
A Montpellier, le 3i' décembre 1744. — Mon révérend Père, votre lettre n'est arrivée qu'après la délibération qui avoit été prise pour faire le fonds ordinaire pour l'Histoire de la Province. Au lieu qu'on augmente le fonds de cinq mille livres, lorsqu'on
' Le fils aillé de M. de Montfa, Alexandre de dédommagement une lieiitenance dans un régiment
Toulouse de Lautrec-Montfa. Dom Vaissete avait dont M. de Beaumont était le colonel. Le jeune de
obtenu pour lui de M. le marquis de Beauvau un Montfa s'y comporta si mal & fit tant de sottises,
brevet de cornette au régiment de la Reinej mais qu'il se vit forcé de donner sa démission & de
un contre-temps le priva de cet emploi avant qu'il quitter le service militaire. Voir la lettre du 2 jan-
n'allât l'occuper. Notre religieux lui fit donner en vier 174"), n. i3i.
doit distribuer un volume , M. l'archevêque de Narbonne & Messieurs les députés pourront y suppléer, en ordonnant à M. le thrésorier de la Bourse de faire l'avance de ce qui sera nécessaire. Je m'étois flatté que la distribution de ce volume tomberoit dans mon année ; mais je vois que l'impression est extrêmement avancée & je m'imagine que le libraire vous presse de finir; il n'est donc pas juste de le retarder.
Vous pouvés être assuré d'être compris dans le comptereau & je vous en enverrai le certificat, dès qu'il aura été lu & arrêté dans la dernière séance des États, qui sera après demain. M. l'archevêque de Narbonne ne tardera pas à partir pour Paris; il est en très bonne santé. (Fonds de Languedoc, t. 184, fol. 347-848.)
i3i. — M. de Montfa au même,
A Galliac, ce 2" de l'an 1745. — Mon révérend Père & très cher cousin , je vous
diray que mon segond fils nous douera. Dieu aydant, autant de plaisir que l'ayné nous donne de peine. Il est toujours cramponé à la première place au colège & fort studieux. J'espère le mettre en rhétorique l'année prochaine, & on m'asseure qu'il y brilera. J'espère luy faire prendre la tonsure ce caresme, quoy qu'il n'ait que douze ans. Il est fort sage, & il s'est entièrement déterminé pour Testât ecclésiastique. Il vous demande avec instance un peu de part dans vos bontés. J'espère que vous voudrés bien luy accorder ceste grâce; il vous la demandera par lettre à la première occasion.
Je viens de recevoir présentement une lettre de mon fils qui contient quelques repentirs, que je compare à ceux d'Anthiocus , & s'ils pouvoient devenir solides je m'en estimerois heureux. Je ne luy respondray que quand il aura observé les conditions que nous avons projetées. Je vous prie de luy écrire en conséquence. (Fonds de Languedoc, t. 187, fol. i33.)
iSi. — L'ahhé Faucher, censeur royal, au même.
Je suis très mortifié, mon révérend Père, de ne m'être pas trouvé à l'hôtel, lorsque vous vous donnâtes la peine d'y passer. Je comptois pouvoir m'échapper & vous aller voir; mais ne sçachant encore quand cette petite course me sera possible & craignant que vous n'aies besoin de vos feuilles, qui sont prêtes depuis longtemps, j'ay toujours, en attendant, l'honneur de vous les envoler.
Ce que vous dites à la page 410 que le soulèvement qui arriva au commencement du règne de Charles VIII, alla jusqu'à penser à élire un autre roi, m'a paru nouveau ; mais sans doute que vous avez vérifié le fait.
J'en dis autant sur la page 552, où vous faittes autheurs de la conjuration d'Amboise le prince de Condé & l'amiral de Coligny; il me semble qu'ils n'en ont jamais été convaincus & qu'ils ont seulement été soupçonnés de l'avoir secrètement favorisée.
P. 399, vers la fin : Enfin le roi de Sicile étant venu au secours du roi d'Arragon, son père. Pour parler exactement, il faut dire ; Enfn le roi de Naples étant venu au secours du roi d'Arragon, son oncle. Ferdinand le vieux, roi de Naples & non de Sicile, étoit fils d'Alphonse, roi d'Arragon, de Sicile & de Naples. Jean, frère de celui-ci, lui succéda dans l'Arragon & la Sicile, & Ferdinand, son fils légitimé, à Naples (1258-1494).
P. 559, au commencement : Il fut emmené prisonnier à Thoulouse où on l'emprisonna, il faudroit effacer ^r/jo/inier pour éviter ces deux mots absolument semblables.
P. 125, ligne dernière : Qu'ils mirent au feu fi- au pillage ; on ne dit pas mettre une ville au feu, mais à feu & à sang ; il faudroit dire qu'ils pillèrent après y avoir mis le feu.
Vous ferez, mon révérend père, de ces observations tel cas que bon vous semblera;
si vous voulez y avoir égard, je crois que l'errata suffiroit. Je ne puis m'empècher de vous dire que je trouve l'Avertissement un peu bien court.
Vous connoissez, mon révérend Père, les sentimens d'attachement & de respect, avec lesquels j'ai l'honneur d'être votre très humble & très obéissant serviteur. — Ce lundi, 20 janvier [1745J. (Fonds de Languedoc, t. 184, fol. 86.)
l33. — M. de la F âge au même.
A Montpellier, le 6' septembre 174$. — Il est bien tems, mon révérend Père, que je me renouvelé dans vôtre souvenir & que je sois assuré par vous même que vous m'honorez toujours de vôtre amitié. Le cinquième volume de vôtre Histoire ayant été présenté au Roy, nous aurons aux Etats prochains ce grand ouvrage complet, & peut être nous annoncerés vous dans ce tems-là que vous en fairés un abrégé.
Si vous n'avez pas distribué toutes les vignetes, ne pourries vous pas m'en envoyer quelques unes à mon adresse, que vous pourries remettre à M. de Montferrier sous une envelope, qui les metra dans un de ses balots. (Fonds de Languedoc, t. i85, fol. 36.)