L'abbé Faucher, censeur royal, au même
Mon révérend Père, je comptois avoir l'honneur de vous voir à Pontoise avant l'Assomption. Le P. dom Bouquet m'en avoit assuré & je vois avec déplaisir que vous différez votre voiage au mois de septembre & que vous en parlez même avec une sorte d'hésitation qui me fait peine & aussi à nôtre bon prieur, qui vous attendoit plutôt; au moins si vous venez, on s'en consolera. Madame la Duchesse & M. le Duc' seront charmés de vous voir & sont très sensibles aux marques de votre souvenir.
Je suis très sensible, mon révérend Père, au choix que vous avez fait de moi pour être votre censeur : il est bien gratieux d'avoir des ouvrages qui ne demandent que des louanges & point de critique". Je vous donne, mon cher Père, tous mes petits pouvoirs; vous pouvez faire tout ce qui vous sera le plus commode pour l'impression de vôtre livre. S'il y en a quelques feuilles d'imprimées quand vous viendrez à Pontoise, vous pourriez les apporter avec vous, ou m'en envoler par quelques voies sûres ou les réserver
' Le duc et la duchesse de la Trémoille. ' Il s'agit ici de l'Abrégé de l'Histoire de Lan-
guedoc, qui parut en 1749.
jusqu'à la fin d'octobre, où nous serons de retour à Paris. Je suis charmé de trouver cette occasion de vous être bon à quelque chose & de vous prouver les sentimens tendres & respectueux avec lesquels j'ai l'honneur d'être, &c. A Pontoise, le 3 aoust 1747. (Fonds de Languedoc, t. 184, fol. 87.)