Dom Bourotte à l'archevêque de Narbonne
A l'abbaye S. Germain des Prez, le 16 novembre 1758. — Monseigneur, le mémoire que Votre Grandeur m'a commandé de faire sur la description du Languedoc se trouve plus long que je ne le comptois, quoique je me sois borné au simple nécessaire, que j'aye
resserré les matières autant quil m'a été possible & quil me reste encore bien des choses à ajouter, si je voulois tout dire. Il renferme cependant tant d'objets & les besoins de l'ouvrage se sont si fort multipliés sous ma plume que je ne puis venir à bout de le réduire & de le rendre plus court. Je vous prie, Monseigneur, de l'examiner à vôtre loisir & je prévois déjà que Votre Grandeur jugera non seulement quil ne suffit point que j'en présente une copie à chaque évêque du Languedoc, mais encore qu'il ne peut être trop répandu dans la Province. Si vous le pensez ainsi. Monseigneur, il faudra alors le faire imprimer & distribuer abondamment, dans chaque diocèse, à la noblesse, comme aux ecclésiastiques & autres. La dépense n'est pas considérable & peut être fort utile. Vôtre Grandeur en ordonnera ce qui lui plaira. Je n'ai en vue, Monseigneur, que le bien & les avantages du travail que Votre Grandeur m'a fait l'honneur de me confier; les secours que je demande sont absolument nécessaires pour l'exécuter. J'ai fait mon possible pour faciliter ces secours & pour épargner & réduire presque à rien les peines de ceux qui pourront me les procurer, je n'en vois pas moins d'avance combien il sera difficile de les obtenir en totalité; mais vous voudrez bien, Monseigneur, m'aider de vos conseils, m'assister de votre crédit, & m'honorer de vôtre protection; ce sont là mes meilleurs moyens & avec eux j'espère tout, & répons de tout, comme je ferai tout au monde pour m'en rendre digne. Je suis avec le plus profond respect, &c. ' — (Archives nationales, 290