‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificativesChapitre 208 sur 553 · p. II · texte numérisé non relu

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Les Étolicris qui étoient au camp des Thermopyles, informés de ces cruautvls & de la désolation de leur pays, abandonnèrent aussitôt leur poste, comme Brennus l'avoit prévu, & accoururent au secours des villes qui avoient eu le bonheur d'échapper à la fureur des Gaulois. A leur arrivée, ils formèrent à la hâte un corps de troupes de tous ceux qu'ils trouvèrent en état de porter les armes; les vieillards 8t les femmes même voulurent partager la gloire de défendre leur patrie S<. de venger la mort des Calliens. Les Gaulois, de leur côté, après avoir enlevé les trésors de Callion Se avoir mis le feu aux quatre coins de la ville, chargés de ses riches dépouilles, se retiroient, dans le dessein d'aller joindre l'armée de Brennus, lorsque ayant rencontré ceux de Patras, les seuls d'entre les peuples de l'Achaïe qui marchoient au secours des Etoliens, ils se mirent en état de les attaquer. Ces Grecs, épouvantés de la multitude des Gaulois, commençoient à perdre courage; mais, ranimés bientôt après par la jonction des Ed. uiigin. Etoliens, tant hommes que femmes, ils se rendirent maîtres des chemins, se mirent aux trousses des Gaulois 5c les harcelèrent à coups de flèches. Ces derniers, se sentant vivement poursuivis, voulurent quelquefois faire volte-face 8t poursuivre leurs agresseurs à leur tour; mais ceux-ci, tournant tête en fuyant, tiroient des flèches avec tant d'adresse que les Gaulois, malgré leurs thyrses ou boucliers, en étoient accablés; en sorte que leur perte tut très-considérable, & qu'à peine la moitié de ce détachement put rejoindre le gros de l'armée devant les Thermopyles.

Tandis que les Grecs étoient aux mains dans l'Étolie avec ce détachement de Gaulois Tectosages, Brennus tâcha de gagner les Enians & les Héracléotes, qui lui promirent de conduire sûrement son armée jusqu'au delà du mont Oeta; ces peuples se prêtèrent d'autant plus volontiers au désir de ce général, qu'étant fort fatigués du séjour des Gaulois dans leur pays, ils souhaitoient ardemment d'en être délivrés. De deux sentiers qui conduisent de la Thessalie dans la Grèce intérieure par le mont Oeta, l'un est du côté de la ville de Trachines, difficile 8t fort escarpé; Brennus l'avoit tenté inutilement, comme l'on a déjà dit. L'autre est du côté des peuples Enians, beaucoup plus aisé, mais moins connu. C'est par ce dernier sentier que Brennus se fit conduire : les Perses avoient pris autrefois ce chemin pour pénétrer dans la Grèce. Avant son départ, ce général mit dans Héraclée le trésor de l'armée sous la garde d'une partie de ses troupes. Il laissa le commandement du reste à Acichorius, & ne prit d'abord avec lui que quarante mille hommes d'élite, donnant ordre en même temps à ce dernier d'attaquer de front l'armée des Grecs, tandis qu'après son passage il la prendroit lui-même en queue. Un brouillard épais qui s'éleva favorisa l'exécution de son entreprise & déroba heureusement sa marche, en sorte que les troupes grecques qui gardoient ce passage ne s'aperçurent de l'approche des Gaulois que dans le temps qu'elles se trouvèrent hors d'état de s'y opposer. Elles se' défendirent pourtant avec beaucoup de valeur ; mais enfin, obligées de céder à la force, elles se retirèrent au gros de leur armée dans le camp des 1 hermopyles. Les Grecs

' Paiisanias, in Pioz'i:. & Àtticis, p. 6.

riISTOIRE GENERALE DE LANGUEDOC. LIV. I. ^

An de Rome

furent à peine joints par ce détachement qu'ils se virent vivement assaillis de "^^^ toutes parts par les Gaulois. Ils se défendirent cependant avec opiniâtreté} mais se voyant investis par leurs ennemis, qui avoient d'ailleurs la supériorité du nombre, ils furent enfin contraints de céder & de s'embarquer avec précipitation sur les vaisseaux des Athéniens au port de Lamia, en sorte qu'ils laissèrent aux Gaulois le passage libre des Thermopyles.

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