XIV. — Gouvernement des Gaulois en Asie
Ces peuples parloient tous la langue gauloise, dont l'usage, selon S. Jérôme, subsistoit encore parmi eux dans le cinquième siècle de l'ère chrétienne ; ce saint docteur^ ajoute que la langue des Galates avoit beaucoup de ressemblance avec celle des peuples de Trêves. Cette uniformité de langue parmi ces trois peuples gaulois, jointe à celle de leur gouvernement, a donné lieu à Strabon"* de juger qu'ils étoient tous anciennement, ou originaires , ou du moins voisins du pays des Tectosages dans les Gaules, les seuls dont on connoisse la véritable origine.
Chacun de ces trois peuples fut subdivisé en quatre tétrarchies , dont chacune
'T. Live, 1. 38, c. i6. — Pline, 1. 5, c. 42. — 1. 3, c. 4. (Voyez au tome II de c^tte édition, ?/oieII,
Strabon, 1. 4, p. I 87 8<.suiv. — Memnon, apud Vho- n. 1 3 & siiiv.) tium, p. 7 [9. 'S. Jérôme, Praef. lih. 2 in Epist. ad Galet,
' Doujat, in lib. 38, T. Livii, c. 16. — Cellnrius, ' Strabon, 1. ,j, p. 187.
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etoii gouvernée par un tetrarque qui avoit sous lui un juge, un gênerai d armée & deux lieutenans. On établit, outre cela , pour les douze tétrarchies, un sénat commun composé de trois cents Gaulois qu'on tira indifféremment de toute la nation 8t dont l'assemblée se tenoit dans un lieu appelé Drynaemetum. Ce conseil étoit souverain , mais il ne connaissoit que des homicides 5 les autres causes étoient portées au tribunal de chaque tétrarchie Se étoient décidées par les tétrarques mêmes & par leurs juges. Tels étoient le gouvernement & la police des Galates , chez qui l'autorité du sénat & du peuple subsistoit encore ' après la réduction de leur royaume en province 8c leur soumission à l'Empire romain. Nous devons à Pline ^ la connoissance de quelques peuples particuliers qui faisoient partie de chacun des trois principaux d'entre eux & composoient une tétrarchie : tels étoient les Votures 8c les Amhitui parmi lesTolistoboges, 8c les Teutobodiaques parmi les Tectosages. Plutarque-' fait encore mention des Tosiopes. On croit que tous ces petits peuples, ainsi que les Trocmes 8c les Tolistoboges, tiroient moins leur nom des pays dont ils étoient originaires, que de quelqu'un de leurs anciens capitaines'*.