‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificativesChapitre 216 sur 553 · XV. — Description de la Galatîe · texte numérisé non relu

XV. — Description de la Galatîe

Ces Gaulois, après avoir fondé le royaume de Galatie, établirent Ancyre pour la capitale de leur empire en Asie. Ce royaume, du temps de Pline, comprenoit en tout cent quatre-vingt-quinze villes ou bourgs soumis aux trois peuples dont on vient de parler. Ancyre fut encore la ville du pays que les Tectosages eurent en partage. Quelques auteurs'', à qui l'ancienneté de cette ville n'étoit pas, sans doute bien connue ont fait honneur à nos Gaulois de sa fondation, mais dans la vérité ils n'en ont été que les restaurateurs. Etienne de Byzance^ prétend qu'elle tire son nom des ancres (â-f/up^t) des vaisseaux que les Gaulois, soutenus de Mithridate &c d'Ariobarzane , enlevèrent à Ptolémée, roi Éd.orÎBin. d'Egypte, après avoir défait ses troupes &c les avoir poussées jusques à la mer 5 '' '''■ '^* mais cette conjecture ne paroît pas vraisemblable, puisque, comme on a déjà dit, cette ville subsistoit avant le passage des Gaulois en Asie. Ancyre est située sur une montagne, environ à soixante milles de la mer Noire. L'empereur Auguste, après avoir réduit la Galatie en province romaine, charmé de l'heureuse situation de cette ville autant que de la fidélité de ses habitans, l'honora de son affection 8c prit plaisir à l'embellir 8c à l'orner d'un grand nombre '^ de monumens dont on voit encore des restes magnifiques. Les Turcs l'occupent aujourd'hui sous le nom d'Angoury; elle a été autrefois l'une des plus considérables £c des plus fameuses d'Orient 8.

'Inscriptions d'Ancyr;, Touriiefort, Ko^ajf, t. J, ' Memnon, afuJ Photium, p. 721.

p. 444, & Mommsen, Rcs gatae Augusti. " Etienne de Byzance, </e Vrhthui, p. |3.

* Pline, 1. 5, c. 42. 'Voyez Toiimcfort, Voyage, t. 2.

' Plutarque, de Vin. muUerum, p. z5(). ' Pline [Hist. 1. .5, c. 42] nous a conservé le nom jjj ori"in

* Voyez Hardouin, in lib. 5 Plinii, c. 42. d'une douzainede petits peuples gaulois établisdans t.V,p.oâo.

Pessinunte ou Pessine, bâtie au pied de la montagne d'Agdistis, fut la capitale du pays des Tolistoboges, Cette ville se rendit dans la suite très-célèbre par le tombeau 8<. le culte d'Atys 8c par la statue Se le temple de Cybèle, dont les prêtres, si connus dans l'antiquité sous le nom de Galles, étoient considérés comme de grands seigneurs (dynastae), à cause du respect qu'on avoit pour cette déesse , qui passoit pour la mère des dieux ; mais , du temps de Strabon , ces prêtres n'étoient plus si bonorés. Les deux châteaux, dont l'un portoit le nom de Blouk'wn , Se l'autre celui de Peium^ appartenoient aussi aux Gaulois Tolistoboges. Déjotarus, roi des Galates, faisoit son séjour ordinaire dans le premier Si conservoit ses trésors dans l'autre.

Les Trocmes, qui s'étendoient le long du fleuve Halys, eurent pour leur capitale Tavium, ville célèbre par un colosse de Jupiter. Leurs principales forteresses ou châteaux étoient Mithridatium ^Danola. Memnon ' prétend que les Trocmes ou Trocmiens furent les fondateurs d'Ancyre, les Tolistoboges de Tavie St les Tectosages de Pessinunte j mais ou cet auteur se trompe, ou son texte a été corrompu.

XVL — Puissance des Gaulois en Asie.

On a déjà dit que ces Gaulois rendirent tributaires ^ tous les peuples de l'Asie Mineure. On vit, en effet, sur le bruit de leurs conquêtes, les rois d'Orient rechercher leur amitié Se n'oser rien entreprendre sans le secours de leurs troupes auxiliaires , les peuples libres de l'Asie demander leur protection contre la tyrannie des princes qui vouloient opprimer leur liberté ou troubler leur

la Galatie, subordonnés sans doute aux trois principaux, savoir aux Tectosages, aux Trocmes &aux Tolistoboges, dont ils dévoient faire partie, tels que les Âttaîenses, les Arasenscs^ les Comenses, les Dioshyronitae, les Listreni, les Neapol'itanî, les Ocadenses, les SaUucenses, les Seiasteni, les Timoniaccnscs &les Thehaseni. Ptolémée [1. 5, c. 4] fait encore mention des ProcilemmcnltaeinAei Bc^cni parmi les Galates : mais nous ne trouvons rien chez les anciens qui puisse nous faire connoître plus particulièrement tous ces petits peuples gaulois & nous indiquer leur première origine. Le P. Hardouin \in Plinium] est persuadé qu'ils tiroient moins leur nom, ainsi que les Trocmes & les Tolistoboges, des pays des Gaules, dont ils étoient originaires, que de leurs anciens chefs ou capitaines. Cellarius [in GcographU antij. 1. 5, c. 4] prétend que quelques-uns de ces peuples habitoient hors de la Galatie proprement dite; que les uns appartenoient à la Lycaonie, & les autres à la Pisidie & à la Paphlagonie. Ces deux critiques soutiennent q\ie les SebasUni habitoient le pays des Tectosages. Ils se fondent sur l'inscription suivante rapportée par Gruter [p. 427, n. i8]:ll. B()>"AII. KAI.O, .iiiMo:;. Ci;i!ArrilV£i~.',

TEKT02Aro\. &, sur ce fondement, Cellarius admet une prétendue ville de Sébaste dans la Galatie, dont il dit qu'il n'a rien trouvé autre chose. Mais on peut leur contester l'interprétation qu'ils donnent à cette inscription & la traduire ainsi : Senatus populusque Augustorum Tectosagum, En effet l'empereur Auguste, ayant réduit la Galatie en province, honora la ville d'Ancyre, capitale du pays des Tectosages, du titre de métropole de toute la province, & de celui de colonie Augustale; en sorte qu'elle est appelée dans les anciennes inscriptions & médailles CEBASTH TEKTOIArQN. ou Auguna Tectosagum; & son Sénat & son peuple y sont qualifiés le Sénat &■ le peuple des Tectosages Augustes . CKBArniNON. TLKTOÏArQN (Tournefort, Voyage du Levant, t. 2, p. 444). Ainsi l'inscription rapportée par Gruter regarde la ville d'Ancyre, & non pas les peuples Sehasteni, dont Pline fait mention parmi les peuples qui habitoient la Galatie. [Citte note avait été placée par dont Vaissete a la jin du tome V de l'édition originalet^

■ Memnon, apud Photium, p. 721.

' T. Live, 1. 38, c. 16. — Justin, 1.25. — Memnon, a^aJ Photium, p. 721.

' An de Rome

gouvernement, S<. les princes détrônés implorer leur secours pour remonter sur ''^ le trône. Ces mêmes Gaulois partagèrent entre eux tous les pays de l'Asie Mineure qu'ils avoient rendus tributaires ou qu'ils mirent ensuite sous contribution : la côte de l'Hellespont échut aux Trocmiens, l'Éolie & l'Ionie aux Tolistoboges, & le milieu du pays aux Tectosages. Ces trois peuples, dont la puissance & le nombre augmentoient de jour en jour, devinrent enfin si formidables à tous les princes voisins, que les rois de Syrie aimèrent mieux devenir leurs tributaires que leurs ennemis, tandis que leurs compatriotes, qui étoient demeurés auprès de la forêt Hercynie, firent de leur côté de nouvelles entreprises.

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