‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificativesChapitre 222 sur 553 · XXVI. — Les Romains déclarent la guerre aux Gaulois d'Asie · texte numérisé non relu

XXVI. — Les Romains déclarent la guerre aux Gaulois d'Asie

Le dévouement des Gaulois pour Antiochus ^ &c les secours considérables

qu'ils lui donnèrent durant cette guerre, déplurent extrêmement aux Romains. '^" %5°"" Le consul Cn. Manlius se servit du moins de ce prétexte pour déclarer la guerre à ces peuples : il assembla son armée àÉphèse au commencement du printemps de l'an de Rome 565 ; & pour animer le courage de ses soldats, il leur représenta que le moyen le plus sûr pour réduire entièrement Antiochus qu'ils venoient de vaincre, & pour l'empêcher de remuer à l'avenir, étoit d'attaquer les Gallo-Grecs ses alliés &. sa principale ressource. Il les assura qu'ils seroient bientôt soutenus dans cette guerre par Eumène, roi de Pergame, allié de la République, qui connoissoit pai faitement le pays de ces peuples & leur manière de combattre, & que ce prince, qui étoit autant intéressé qu'eux à les soumettre, devoit revenir incessamment de Rome. Manlius ayant disposé ses troupes à entreprendre cette guerre, fut joint par celles de Pergame, commandées par Attale, frère puîné d'Eumène ; Se après une longue marche, il arriva sur les

■T. Live, l. 37, c. 3y & suiv. — Appicn, m • T. Lire, l. 38, c. i 2 & suiv. — Polybe, Excerpt.

Sfriiic. '''g"'' P- ^^H 8t «q-— Appien, inSynae. p. i iS&scq.

An de Rome 56.Î

frontières du pays des Tolistoboges. Ces peuples, qui, depuis leur établissement en Asie jusques à la défaite d'Antiochus par les Romains, avoient joui d'une prospérité presque continuelle, furent d'autant plus surpris de voir les Romains à leurs portes, qu'ils crovoient que cette nation n'oseroit jamais hasarder une telle entreprise, ni porter ses armes dans un pays si éloigné de la mer.

Manlius, avant que de commencer aucune hostilité,' crut qu'il étoit de la prudence d'instruire ses soldats du génie & du caractère de la nation contre laquelle ils avoient à combattre '. Voici le portrait qu'il en fit dans un discours que Tite-Live lui prête : « Je sais, dit-il à ses soldats, que de tous les peuples « qui habitent l'Asie, les Gaulois ont la réputation d'être les plus belliqueux 8c « les plus expérimentés dans l'art militaire. C'est une nation qui, après avoir « porté ses armes victorieuses dans presque toutes les parties de l'univers, a fixé « sa demeure au milieu du peuple du monde le plus doux & le plus paisible. « Les Gaulois affectent de se rendre redoutables à ceux qui ne les connois- « sent pas. Il est vrai que tout inspire en eux la terreur : leur mine, leur taille, « leur longue chevelure blonde, la grandeur de leurs boucliers, la longueur « de leurs épées, leur chant au commencement du combat, le bruit qu'ils ont ;« coutume de faire pour lors, soit sur leurs boucliers^, soit avec leurs armes, les

■ T. Live, 1. 38, c. 17.

' [Cette Note sur la tactique & l'armure des populations gauloises eût été mieux placée à la fin du premier livre, oii les Bénédictins résument un peu rapidement ce que les anciens nous apprennent sur les mœurs & les usages des Gaulois, sans oublier ■I leurs inclinations &. leurs armes u [l.\, re.XLViii). Nous l'avons reportée ici pour éviter l'encombrement des grandes notes qui se multiplient dans cette partie de l'ouvrage.]

Le bouclier long des Gaulois, dont la forme & les dimensions paraissent avoir vivement frappé les Grecs & les Romains, ne nous est point connu sous son nom national comme tels ou tels autres détails de l'armure gauloise'. Les écrivains grecs se

* Nous citerons notamment le gaesum & le matarh {matara, chez César, de BcUo Gall. 1. i, c. 2O) qui paraissent avoir été deux armes de jet distinctes de taille comme de forme (voir plus haut la note sur les GiVsales). & la haste à long fer(... TTjj^j'.sî tw jj^TJxit toj at5-<jpo'j..) désignée en Gaule sous le nom de \n.y.\i. (... à; UtV/ot >.ai;>:L-/ç xaÀ9">5'. : DiOD. Sic. 1. 5), que DioJore distingue avec raison du grec /.i-jxi;, quoiqu'il présente avec lui un certain air de parenté. V'arron lui-même reconnaissait que le mot était étranger à la langue latine {non hitinum verbum esse : Aulu-Geu.. I. i5, c. 3i). Il faut y joindre les chariots de guerre : esseJae, csseda, esseJe, assied, essieu dcpah; nom gaulois comme celui de plusieurs autres chars de travail ou de voyage naturalisés depuis en Italie : rheda, petorritum, cqfimtf, lco//i'« en anglais], benna [benne, en Belgique], &c., olî les chefs bretons du temps de César combattaient encore à la manière des héros troycns ou phrygiens de l'époque homérique (T. Liv. 1. 10, c. 28 ; Strab. 1. 4, c. 6, §2), debout sur \'essedû,Si côté de YHénioqite {auriga) qui dirigeait les chevaux & armés d'un javelot, que Diodore désigne sous le nom de (ra-lviiv ou ff«uvtov (înde flfttuviâÇi'.y) qui paraît lui-même celtique ou tout au moins barbare d'origine. Les longs fers de ces la.iv.a. étaient quelquefois

servent pour le désigner du substantif Cu&EÔç (dérivé de Oipa, porte, une porte) que les Bénédictins traduisent [l. I, n. vu) par le mot français tyrse ou thyrse, employé aujourd'hui dans un tout autre sens; les Latins, du mot scatum qui semble impliquer aussi une origine ou une imitation hellénique, car il est emprunté au grec ozijToç, peau de hête, cuir. Mais tous s'accordent à le regarder comme particulier aux populations de race celtique (...toû FotXaTi/.oiS OuoîO'j, PoLYB. 1. 12, c. 3o, — ...TCi'j; ?-!yiop!ou5 OufcO'j;. Palsan. 1. io,c. 20), & l'on peut affirmer au moins qu'il n'avait rien de commun avec le bouclier rond (ko-!;, clupeus, cliprus plus tard) dont se servaient, au temps des invasions gauloises, les hoplites des villes grecques & ceux des anciennes légions de Servi us organisées & armées sur le type de la phalange dorienne des temps primitifs*.

barbelés d'un bout à l'autre, comme l'était le javelot en silex ou en os de l'époque anté-historique (tA Si ilixosiii; 5i' i\m i-jàtltmi v/v. : DioD. Sic. /. /.). L'arbalète que l'on voit figurera deux reprises & très-clairement sur les monuments funéraires des nobles Veliavi (au musée du Puy), devait avoir aussi son nom indigène, comme d'autres armes de chasse (Cj.s. B. G. 1. 7, c. 3 1 ; Strab. 1. 4, c. 4, 1 3 ; Tacit. Ann, 1, 3, c. 43), connues ou inventées par les Arverncs, qui chassaient au faucon bien longtemps avant le moyen iige (... hic primum libi pila, pyrgus (le jeu des lalriinculi), accipiter (le faucon ou l'épcrvier), Ciinis, equus, arcus ludofuere : Sidon. Apollin. Fpist. 1. 3, ép. 3), car on retrouve dans plusieurs provinces du Midi les entraves (c- niyedes) de ces oiseaux de chasse, marquées du nom ou des initiales du maître.

= Le clipeiii dont étaient armés dans cette première organisation les légionnaires du premier rang (les haslall) était, suivant Plutarque, d'origine grecque (àpvoî.-.xèç rpîTtfov... Plutarch: in FomuL c. 21), à l'inverse du scittnm des deux lignes suivantes que les Romains auraient emprunté, suivant

« cris, hurlemens & les danses qu'ils y joignent, enfin un certain air de

« fierté que leur donne leur figure gigantesque. Que les Grecs, ajouta-t-il , les

« Phrygiens &. les Cariens les craignent & en soient épouvantés, eux qui ne

« sont pas faits à leurs manières, à la bonne heure : pour nous qui som-

« mes accoutumés à leur bruit &c parfaitement instruits de leur vanité, nous

« devons les mépriser, à l'exemple de nos pères, qui les ont battus dans plu-

« sieurs occasions, &. en ont plus souvent triomphé que d'aucune autre nation

An de Rome

Il formait, avec la longue épée de fer à deux tranchants (pLjr/atpa, a-âOr,, tiiy'atfa KïÀtiz.jÎ, Polllx, Onomastic. i, 10, 149) qui fendait ou abattait la tète d'un seul coup {... at; zzTi'fÉpovTs; li; xsyxXi; ôiéxot:tov, Poly^.v. 1. 8 , c. 7, 5 2), un des traits distinctifsde l'armure &de la tactique gauloise', où

lui, aux Sabins, dont ils descendaient par Tatius (tj^ioi; ti Toiî ùiivwv ô Piu'^yAo; ixpT>(iT9... /./.)• Mûïs les textes & les monuments fiijurés qui lie commencent à Rome qu'à des époques très-riiceutcs , nous laissent absolument sans indication sur la lorme de ce scutum primitif, qui pourrait n'avoir été qu'un bouclier ovale comme celui des hoplites de la phalange

doriennc (àffi:vç no^rlfT.i, XeNOPH. àux'.^ Kapa^rjxr.î. Arrien.), si

bien décrit par 1 yrtée dans des vers contemporains de l'époque royale à Rome ; Mijpo-Jî ti xv^i^a; -i xà-.» xai «Tipva «ai

n;xov; , | 'Aai:;î&; t'jfiiiii •^aa-f'i xoAV'ioLijLivoç. TvRT. t'rjgm.

VII, 23). Plutarque, que nous venons de citer, ne dit-il point un peu plus haut que les Sabins étaient ou se croyaient de race dorienne (Aaxtî«t[ioviuv à::7'.xoi; oùsiv. /./,). — Voir, indépendamment des écrivains classiques dont nous exprimons ici la substance, les nombreux travaux spéciaux récenmient publiés en Allemagne sur le coutume & r..rniure des Grecs & des Romains par MM. Koepke (Berlin, 1807), Loclir, Taktik und Kriegswescn der Griech. und Roem, Kemplen, 1823, Ruestow und Koechly, Gcscli. des griech. Kriesgswcsens, Aarau, i852, Guhl und Koner ; Das Leben der Griechcnund Roemer nach antikcti Bildwerkcn ; Berlin, 1S60; H. \N'ciss, Kostuemkundc, Stuttgiird , 1860, & les savants articles sur Varmure des Grecs & des Romains de la Heal-EncyclofaeJie du docteur Pauly (sufc voce Arma). Celui de M. A. Baumstark sur l'armure des Gaulois (16. $u6 voce GalH) nous parait laisser t>caucoup à désirer, au double point de vue de l'exactitude & de la critique, archéologiquement comme historiquement parlant.

> Cette i>i;atfa. que d'autres écrivains grecs désignent sous le nom de «laiir, (proprement la latte de bois des tisserands) , qui a survécu au mot v^'x^ipa chez les populations néo-latines (sous les formes sfu/Afl, spaJa, espaJe, esfajon [spadassin], êspée, épée), était, comme le dit Plutarque, l'arme préiérée & l'arme redoutée du fantassin gaulois, qui s'en servait avec une vigueur & une adresse remarquables : tt,; tOv ^«^Ss^uv anxr.t

XT,» piat6Tà-r,v l» t«îç {ka^^aipate o'jffav, PluTABCH. in amitl.

p. 387, ch. D. Bouquet;. Mais elle ne frappait que de

taille (... l*T,îcinwç xà-Tr.[.» xa El«9ç ïj^u-i , PoLVB. 1.2, C. 33.

— (jallis praclongi [glaJii\ ac sine mucronicus, T. Liv. I. 22, c. 47), quoique tranchante des deux côtés & dans toute >a longueur, à l'inverse de lépée courte des Ibères, adoptée depuis par les Romains, qui frappait à la fois d'estoc & de lai. le (... punctim niagis quam caelim, T. Liv. /./.). Elle était de plus forgée d'une manière si grossière (...pa^Ssiptxû; »«i a'j-t oùitiit* -îi/vT]. Plutarch. /./.) que la lame se courbait, satis se briser il est vrai, comme le fait l'acier, après chaque coup asséné , & que le combattant était obligé de la redresser à l'aide du pied sur la terre. (... T.f-,( tV- IV' «'•■•j'ivn •■',' isoji, PoLYB. /./.) — On la portait suspendue au côté droit, (... nafà

ti SlS'.iv r'Àlafiv, .StrAB. 1. 4, C. 4, j 3. — ... T.tjfi Tijv Ji^idy liY-ivi

[sur la cuisse droite], Diod. /./.), au moyen de chainettes de fer ou de bronze (.., <rAr,fiii 4, {iXxnI; iÀioioiv, Dioo. /./.), que les riches remplaçaient quelquefois par des baudriers o.nés de

les armes offensives paraissent avoir joué de tout temps un rôle plus important que les armes défensives ^ Les chefs, en effet, & quelques guerriers d'élite étaient à peu près les seuls, dit un historien ancien, qui s'affublassent, par vanité le plus souvent, d'une cotte de mailles dorée ou d'un casque empanaché de plumes & d'aigrettes ' dont ils se débarrassaient eux-mêmes au moment du combat, car ils ne paraissent avoir connu ni les cuirasses à double carapace, ni les cnémides de bronze dont se composait la ;;ctV07:X(3; des hoplites grecs 8c étrusques, que nous retrouvons tout entière quelquefois dans leurs tombeaux. L'homme des bandes de Brennus, comme le Gésatedes bords du Rhône, celui même qui cora-» battait au premier rang le cou ceint du torques d'or n'avait, lui, d'autre arme défensive que son grand bouclier* dont il se servait de bien des manières, il est vrai, tantôt comme d'une nacelle (àvi'i cjysStaç, Pausan. 1. lo, c. zi) pour passer les torrents & les marais, tantôt comme d'un lit ou d'un toit, pour s'abriter pendant la nuit. A des époques plus récentes, les Cimbres que Marius a arrêtés, ne franchissaient-ils pas pendant l'hiver, les glaciers & les nevés des Alpes sur leurs boucliers, qui les jetaient ainsi d'un bond en Italie 'f

Le scutum des Gaulois était formé, comme tous les boucliers antiques, d'un ou de plusieurs cuirs de

bullae argentées ou dorées (... irt^fiffoi; ^ xatap^Opoiî ÇwsTT.pfft, DiOD. /./.), comme dans un curieux spécimen de notre collection découvert prés d'Embrun, dans les Alpes cottiennes.

* La musique des bandes gauloises ((io>tc'.y|oç S' t;^ov<ïiv Uioçuttç [indigènes par conséquentj xa'; ?<ip6î<pixà; , Diod. /./. p. 307) n'était pas moins caractéristique que leur tactique & leur armure. Les plus sérieux de leurs historiens ne parlent qu'avec étonncmcnt du nombre énorme de cornets, de trompes soufflées à pleins poumons , qui précédaient leurs lignes

(... ôvapiO^HTOV jti. ^«p T(V xi -wv P'.xavr,-OJv xo't ffc\t:t^xTwv t:Ar,9o;...

PoLTBE, I. 2, C. 3o), & dont le son rauque ou strident (...;,yov Tp«x'*' UioD.) se mê;ait aux cris & aux chants de guerre répétés par les rochers des montagnes voisines.

5 bi^paxa; 5l ïjo'jiT'.v oi [*îv oi^Tjpoâç iX'jdiîwTov;.., (DiOD.

SiCIL. 1.5, p. 3o5 & 307.) — ... xpdvi] Si jra>.xà ncpiitOiv-tai

(n^ofcaî iÇa;,4î iE wjxûv t^ov-ra, l.l.; en les chargeant encore d'ornements bizarres, de becs d'oiseaux ou de cornes de bêtes sauvages.

* e-jpioàî T[àp xoù< liîtj^wpiouç ti-fo^i , xai iVl.5 açiffiv ovx i)v ixXw... ^iitf| <rwi&aTO;. (PaUSAN. I. lo, C. 20.)

? To'jç Bupt'jç KXaxct; îjiïoxtOivTtç toîç ffwjxsffiv (PluTARCH. l'rt

Marin, c. 22). Hiliam... per hiemem, quae altius Alpes le' vat, tridcntinis iugis in Italiam provoluti vetuti ruina descenJerant (Flor. I. 1, c. 37, éd. C. Halm.).

An de Rome

Éd. origin.

du monde. Nous avons déjà éprouvé que quand on est assez brave pour soutenir le premier feu qui les emporte & les met dans une espèce de fureur, la sueur Se la lassitude leur font tomber bientôt après les armes des mains 5 Si qiie, sans employer le fer contre eux, le soleil, la poussière & la soif les accablent 81 les découragent, tant ils sont mois £<. efféminés lorsque ce premier feu les abandonne. Ce n'est pas seulement dans les actions générales entre nos légions & les leurs, mais dans des combats singuliers d'un Pvomain avec un Gaulois, que nous avons connu la différence des deux nations. Avec

bœuf superposés tantôt à une claire-voie d'osier (fsSSoi, /.aviva;, chez les Grecs de l'époque héroïque, II. 0, V. I pS), tantôt à un cloisonnage de planches minces ajustées latéralement. Il était encadré ou recouvert comme eux de lames métalliques diversement entrecroisées, quelquefois d'ornements ou d'images en relief destinés à le garantir, au moins autant qu'à le fa ire reconnaître dans la mêlée'. Mais il en différait par sa forme rectangulaire & surtout par ses dimensions, qui justifient l'épithète Oj;ys6; sous laquelle les Grecs le désignaient. Il y a même plus d'une raison de croire qu'il n'^ivait rien ou presque rien à cette époque de la courbure semicylindrique qu'ont prise depuis les scuta en forme de tuile des légionnaires romains (... scutis oblongis & curvis : Amm. Marcelliï), 1. 24, c. 6). Diodore de Sicile, dont le témoignage, puisé souvent à des sources anciennes, prend ici de l'importance, dit formellement qu'il était de la taille d'un homme (Oupsof; [xhi àvo[/0;i>ÎZc3'., 1. 5, p. 376), & que le grand corps des guerriers gaulois disparaissait en partie derrière ces longs écrans cerclés & bardés de bronze. Pausanias, qui avait vu les boucliers des soldats de Brennus suspendus par les Etoliens aux chapiteaux du grand

» De là, les épitliètes Pstioî, Tstipus;, appiiquiies chez Homère à tous les boacliers (fioEiat ôffrUtî i'jxvxaoi , II. K, 542, M. 526), qui prennent à cause de cela les noms de ^otiai, p'.v&i, ^-it; T'jxTai. (II. a, 447; — M, I o5 ; — P, 452.) Ces peau.x (-Tv/,t;) que l'on cousait en plus ou moins grand nombre (celui d'Ajax en avait jusqu'à sept : odmos H-aSii:!,; ; 11. Z, 220) & que les Grecs savaient déjà tanner de très-bonne heure, comme le prouvent certains mots de leur langue, étaient souvent employées crues ou desséchées chez les barbares d'Europe & d'Asie, dont les boucliers velus prenaient dans ce cas le nom deXaiT^ïa (de 'Aâo'.o;, velu) ...'AfriuTiia ...w;jL'j6oiT,î nïRoirj'^éva, dit Hérodote, en parlant des Ciliciens, 1. 7, c. 91,

9 Tivî; Se Kai -tjv yrt'kx'ji-i iço;^àî iy'i'jiH'i, o-j |iovov T:p'jç xiffjtov (comme les ^r^iara ou vr^^tlt des Grecs) à\'/.à x^i rpô? àazakf.it

vj 5t'5T/^[o'jpY'^,iJ-ï^«î- (DiOD. /. /. p. 307). Ces détails du bouclier antique, que nous connaissons chez les G.ecs, par les peintures des vases, par les bas-reliefs sculptés & les minutieuses descriptions des poèmes homériques, qui désignent par leur nom chacune de ses parties, depuis Vi^saXâi (Vambj des Romains) qui en formait le centie, jusqu'aux xjx>.oi, ou plaques rondes (i<^-^rj:l'A, bullae) quelquefois nombreuses dont il était décoré, & aux lames de bronze (âvT-j;), quelquefois doubles & triples («vT'JÎ T/i-nlit II. î. 480) qui en recouvraient les bords, nous sont à peu prés inconnus chez les Gaulois, qui n'avaient ni poètes, ni artistes. En bataille, ils le tenaient à l'aide d'une poignée de bbis ou de lanières de cuir, qui le fixaient au bas ^ au haut du bras gauche : en marche, ils le portaient supendu au cou ou à l'épaule gauche, au moyen de

temple de Delphes, assure qu'ils ressemblaient de très-près aux gerrhae des Perses, qui étaient aussi de grands boucliers longs, communs à plusieurs des peuples de ce vaste empire '".

En aurait-il été de Varmure des Celtes " comme de leur idiome national, dont la philologie se préoccupe avec raison aujourd'hui, comme de leurs croyances religieuses, sur lesquelles nous reviendrons plus loin, avec quelque détail (Voir page 83 la note sur les religions primitives de la Gaule), comme de leur costume lui-même, qui ressemble par plus d'un trait à celui des autres peuples barbares de l'occident, & qui doit se rattacher, comme le leur, à l'Asie occidentale, d'où paraissent être sorties la plupart des populations européennes'".'' Ce que l'on peut affirmer, au moins, c'est qu'ils n'en ont rien ou presque rien emprunté aux Grecs ou aux Romains, dont ils ne connaissaient probablement pas les noms avant leurs invasions en Italie & en Grèce. Ce seraient les Romains, au contraire, qui auraient, à la suite de leurs premières rencontres avec nos pères, dont la tactique toute nouvelle les déroutait, reconnu & corrigé par degrés les imperfections de leur armure nationale, en couvrant par exemple d'un casque de bronze la tête de leurs légionnaires, pour les garantir de ces grands coups d'épée que les

courroies dont les noms étaient discutés chez les Grecs euxmêmes.

'" -X*'f^* ^^ ttÙTûv îflTtv i-;Y-jtàTW zCiv -ep«:Kôv vijîpuv (PaUSAN.

" Ce mot, qui sera justifié par tout ce que nous venons de dire, le serait au besoin par le témoignage des anciens euxmêmes, qui s'en sont servis à plusieurs reprises dans le même sens que nous : armisgue galUcis, T. Lïv. I. 21, c, 42. —

... O'S' ôitXurtti; [twv 'Wr^i^iat] KtXr.xo^... (SthaB. I.^, C. 5, $ 4.)

'3 Pausanias ne remarquait-il pas, longtemps avant nous, que l'organisation de la trimarkhia ou de la grosse cavalerie celtique était calquée sur celie du corps persan des immorteh, où chacun des dix mille cavaliers maîtres, dont le corps était composé , avait aussi ses deux servants montés & prêts à prendre au besoin sa place (Pausin. I. 10, c. 39.) L'intermédiaire habituel de ces antiques relations, que nous sommes réduits à deviner en partie, parait a-. oir été la longue & large vallée du Danube /liTpor, Ister), qui s'ouvre du côté de l'orient, comme le dit Hérodote (...i^poî ï'jpt-v S-'^i-y^^, 1. 4, c. 9g), & dont les deux rives étaient habitées, de son temps, par des populations qui portaient encore le costume des .Mèdes : laSr.n ypewpiivojî ^l,;5tx^ (1. 5. C. 9). Un de ces peuples, les Sigynnes, dont le nom était arrivé jusqu'à lui, se croyaient eux-mêmes originaires de l'.Vsie : t'ivoi Si M-rJ^wv usia; dro-.xo-Jî XiYoyfft, /. /.; ce que i'hislorien se garde bien de contester, quoique le fait

« quelle valeur M. Manlius ne chassa-t-il point du Capitole ces anciens Se vc-

« ritables Gaulois qui l'avoient assiégé? Ceux que vous avez à combattre ont

« dégénéré de leurs ancêtres; ils se sont mêlés avec les Grecs, dont ils ont pris

« le nom, S<. ont participé à leur mollesse; ce n'est donc pas sans fondement

« qu'on les appelle Gallo-Grecs ; en un mot, en changeant de climat, ils ont,

« à l'exemple de bien d'autres peuples étrangers, changé de mœurs & de génie.

<i Vous les avez déjà battus dans l'armée d'Antiochus, ces Phrygiens revêtus

« d'armes gauloises; vainqueurs de diverses autres nations, vous soumettrez

<i d'autant plus aisément celle-ci, qu'elle est déjà vaincue; & votre victoire sera

« d'autant plus glorieuse, que ces Gaulois ont encore toute la réputation de

« leur ancienne valeur. »

An de Rome

Gaulois ie l'Allia assénaient aussi bien que nos chevaliers du temps des croisades ".

Quelques-unes des armes de jet que les Gaulois maniaient du reste avec une dextérité remarquable, qu'ils lançaient Tune après l'autre ^eminus'j avant d'en venir à leur combat à l'arme blanche (r^ a-b •ou ;î:50u:... 'xiyr^^ DiODOR. ^.Z.) , paraissent avoir été appréciées de très-bonne heure par les Romains, car elles figurent déjà sous leur nom national dans l'armement de la légion manipulaire qui n'était, comme on le sait, qu'une réforme de l'ancienne tactique romaine, nécessitée par l'expérience de tactiques toutes nouvelles. Nous citerons notamment le gaesum, que Tite-Live signale parmi les armes de hast ou de jet, dont fut alors armée l'infanterie légère de chacun des nouveaux corps ''. Ce serait à la même époque aussi , dit le même historien , que le scutum ou le gr^ind boucher rectangulaire ser.iit de venu l'arme défensive & l'arme uniforme, qui plus est, des légionnaires de tous les rangs ''. Les hastati

lui paraisse à peu près inexplicable, « car tout Jevicnt possible, dit-il. dans un espace de temps illiinit>!. • (/./.)

TARCH. in Camillo, chez Dom Bouq ict, t. i . p. iS/, & Po- LT/EN. I. 8, c. 7). Ces assertions, que nous empruntons à des écrivains de dute relalivcnient récente, semblent conlredtles, il est vrai , par le lénnoignage de Tite-I.ive sur l'armement des anciennes légions de Servius, où les trois prciiiiéres classes sont années du caaque de bronze ^jîaiea, clipt'us, ucicae, lorica; omnia ex aère, Liv. I. i, c. 43) ; mais elles rei^u^aicnt certainement sur d'ariciennes traditions dont les deux liiàtoriens se sont faits les échos. On remarquera de plus qu'ils s'accordent l'un & l'autre à taire honneur 1 Cau.iile de la plupart de ces réformes, dont la date se trouve ainsi approximativement fixée.

•^ ...Levés autem gui hastam tantum gaesaque gérèrent vocabantur (Liv I. 8, c. 8).

*5 Clipeis antea Rom.ini ud sunt; dein po^tqnam stipendiarii facti sunt, suCum pro clipeis fei ère, d- quoJ antea phalani;e% iimtles MaceJonicis, hoc poslea in.iiii/ulalim structa acies CjCfit e,;e. (Liv. /./.)

(soldats du premier rang) , qui étaient restés fidèles au vieux bouclier rond des temps héro'iques, l'auraient définitivement abandonné à cette époque "", & il y a plus d'une raison de croire, en rapprochant les dates de ces transformations, intéressantes même pour notre histoire, que, sur ce point encore, l'exemple des Gaulois n'a point été sans influence sur les Romains. Il est certain au moins que le nouveau bouclier de leur infanterie, dont l'usage s'est maintenu depuis jusque sous l'Empire, rappelle de trèsprès, par la forme comme par le nom, le grand bouclier des bandes gauloises, rendu plus maniable, il est vrai, quoiqu'il ait encore un mètre & vingt centimètres de hauteur moyenne & arrondi ou recourbé dans le sens de sa largeur, de manière à garantir, même latéralement, le corps du combattant, que le bouclier gaulois, malgré ses dimensions exagérées '^, laissait à découvert, comme le remarque judicieusement Polybe. [E. B.]

»• On ne les retrouve plus, en effet, que dans les temples des dieux, où les Romains du temps d'.Vuguste les Ruspendiùcm volontiers en manière d'olTrande . cîipeus vi-tivus. Ces boucliers de parade étaient souvent d'or ou d'argent ciselé & ornés quelquefois d'inscriptions commémoratives fOB C. S. o* cives servatos, ii-c.) , comme ceux que le Sénat dédiait à Tibère pour célébrer sa clémence & sa miséricorde : CLE- ME.N'TIAE .MODERATIO.VI. (Voir les revers de ses monnaies en m. br. & les commentaires des numisin;iiistcs.)

yjn.i «l'i (ii-.ïio -.i aii'/.'i-.t. (PoLVB. I. 2, C 3o.) Il y aurait pourtant quelque raison de croire, d'après ces indications, que le grand bouclier gaulois du temps des invasions avait graduellement diminué de taille chez les Gaulois eux-mêmes. Nous e-t trouverions une nouvelle preuve dans le silence de César A dans les bas-reliefs des arcs-de-triomphe gallo-romains de l'époque impéria'c (à Orange, à Carpentras. — voir aussi le célèbre autel de Notre-Dame, à Paris) , oii les boucliers gaulois & germaniques suspendus aux tropliécs se présentent sous des lormes assez variables, il est vrai (ovales, liex:.goncs, &c.) , mais toujours inférieures à celles du â>f(ô^ , que les Grecs conj^ai aient avec raison aune porte mobile.

An de Rome

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