‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificativesChapitre 235 sur 553 · LIVRE SECOND · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND

I. — Gouvernement de la Province après qu'elle eut été soumise

par les Romains.

APRÈS que les Romains eurent soumis les peuples de la nouvelle pro- i?d. orisin vince des Gaules, leur premier soin fut de leur inspirer la politesse des ''''' "*'' mœurs &. l'usage de la langue latine'. C'est dans cette vue & pour les accoutumer à une domination qu'ils souffroient impatiemment, que la Pv.épublique leur envoya tous les ans, dans ces commencemens, l'un de ses deux consuls pour les gouverner, avec une armée capable de les contenir. Le commerce que ces Gaulois eurent avec les Romains les humanisa enfin, & on les vit prendre un air de douceur 8t de politesse qui les distingua autant des autres peuples gaulois qu'ils l'étoient auparavant de leurs vainqueurs , en sorte qu'en peu de temps les peuples de cette partie des Gaules furent si bien civilisés, qu'aucune autre province romaine ne la surpassa, soit pour les mœurs &. la politesse des habitans, soit pour la ricliesse Se la culture du pays. Celui des deux consuls que la République envoya d'abord pour gouverner la Gaule transalpine ou Province romaine, étoit en même temps gouverneur de la Gaule cisalpine ; car ces deux provinces ne firent qu'un seul gouvernement, jusqu'à ce qu'après la fondation de la colonie de Narbonne, la Éd. orism Gaule transalpine étant devenue province ordinaire 8t soumise à l'administration d'un proconsul ou d'un préteur, le gouvernement des deux Gaules fut partagé. On^ croit que le consul P. Manlius fut gouverneur de la Transalpine l'an de Pvome 634, Si que L. Aurélius Cottn lui succéda l'année suivante. Le gouvernement de cette province étoit alors d'autant plus difficile, que ses

' César, de Bello Calhco, 1. i, n. i. — Striibon, * Voir Piglii, t. 3, p. 74, 78 fe 80.

1 4, p. i26.— Pline, 1. 3, n. i.

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An de Ro

An de Rome /

peuples, nouvellement soumis, paroissoient tort disposés à secouer le joug des Romains,

Selon la loi Sempronîa, qui avoit' été promulguée depuis quelques années, le sénat devoit désigner avant les comices les deux provinces consulaires dont les deux consuls qui dévoient être élus auroient le gouvernement durant l'année de leur consulat, Se celles qu'on devoit donner aux deux autres consuls qui sortoient de charge &. qu'on appeloit ensuite proconsuls; on désignoit ensuite les provinces qui dévoient tomber en partage aux préteurs. Tous ces gouverneurs tiroient au sort leurs gouvernemens. Les provinces consulaires étoient ordinairement celles qui étoient frontières, ou qui, par les troubles qui pouvoient s'y élever, étoient exposées à des guerres domestiques ou étrangères ; c'est pourquoi on y envovoit un consul pour les gouverner. Ainsi, la nouvelle Province romaine des Gaules étant dans l'un & l'autre cas, le gouvernement en tut contre, l'an 636 de Pvoine, au consul Q. Marcius Rex.

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