XVII. — Les Lutévains
An de Rome
Les Lutévains ou peuples de Lodève, Lutevani ou Foro Neronienses, étoient du nombre des Volces Tectosages. Lodève, que les Gaulois appeloient indifféremment iz^r^va, Loteva ou Lodeva, Se les Romains Forum Neronis, étoit la principale ville ' de ces peuples, à laquelle les anciens donnoient tantôt le nom de château & tantôt celui de cité. L'usage qu'elle avoit du droit latin est une preuve de la liberté de son gouvernement.
XYlU.—Bé-(iers.
II y avoit encore quelques villes dans le pays des Tectosages dont les anciens ont négligé de nous faire connoitre les peuples particuliers qui les occupoient. Celle de Béziers est de ce nombre ; elle devoit être une des plus considérables des Tectosages par l'avantage & l'agrément de sa situation sur la rivière d'Orb. Les Romains y établirent dans la suite une colonie qui est appelée dans les notices Civitas Biterrensium, Baeterra ou BlitterraSeptimanorum; c'est de cette colonie, composée des vétérans de la septième légion, qu'elle tiroit ce surnom. Une médaille grecque, frappée, à ce qu'on ^ prétend, dans cette ville, prouveroit en même temps qu'elle avoit droit de faire battre monnoie 8c qu'on y cultivoit les lettres grecques, s'il étoit bien certain que cette médaille a été fabriquée à Béziers, dans la Gaule Narbonnoise, & non pas dans une ville de Grèce de même nom. Les vins de Béziers étoient très-estimés du temps de Pline^.
■ Pline, I. 3, c. 4.
' Hardouin, Opéra, ^. 33.
' Strabon & Mêla, qui écrivaient l'un & l'autre au commencement du premier siècle de notre ère, parlent à peu près dans les mêmes termes de la ville de Béziers, qu'ils désignent l'un & l'autre sous les noms de Baitera (Stbab.), Baeterra ou Baetcrrae'
I La forme la plus ancienne du nom de Bdziers paraît être celle de lictarra (Bij-;«ppa) . que nous ont conserviie ies monnaieà autonomes de la ville, & que reproduit Etienne de Byzaïice (s«6 voce Bai-rappa), d'après quelque géographe ancien qu'il ne nomme pas. C'est évidemment de ce primitif tï-^Tiffi que dérivait à s-on tour l'ethnique grec lîr.Toppaç (iju pluriel
UT,-î«op«Tv;. Br.TàçpŒTi;;, analogue à celui de Na^tâiaç — NatiôffaTtç.
Na;iàïa-:i;, Sur lequel nous reviendrons. — Strabon la désigne (Voir plus loin) sous le nom de I3ai-:tp«. que Ptoléméc altère en celui de B«iTipa. (Ptol. xi, io, 9.) — A l'époque romaine, elle est connue sous les noms de Ùaeterrat' , Uctcrra , Bi- /errtïcf (Voir passim. Mêla, Pline, les Itinéraires fi les Inscriptions), d'où est dérivé l'ethnique romain Bacîerrcnsis, dont l'orthographe varie comme celle du nom. Festus Avicnus, qui écrivait au commencement du cinquième siècle, la désigne soas le nom de Bcsarus {ai. Be^ara), qui mènerait à celui de Béziers, si la lecture est exacte ;
dehinc
Besarum stelissefama cassa Iradidil.
(AviL.vus, Ora marit. v, 591-92.)
(MtLA). o A gauche 8c à droite de Narbonne, dit Strabon, coulent d'autres rivières qui descendent les unes des monts Kemmènes, les autres de la Pyréjié, Elles ont prestjue toutes des villes situées au-dessus de leurs embouchures & accessibles a ux petits navires... Ceux de ces cours d'eau qui descendent des Kernmènes, à l'est de Narbonne, sont d'abord VOriis (VOri aujourd'hui), & plus loin VJrauris (l'Hérault) '. Sur l'un des deux fleuves est assise la ville forte de Baitera, voisine de Narbonne; sur l'autre, celle i^Agatka (Agde), fondation des Massaliotes'. i> La ville que décrit ainsi le géographe grec était à cette époque une ville romaine & une colonie, qui plus est, fondée, comme la plupart des colonies romaines de la Province, par les vétérans des légions
' Le nom de ce cours d'eau, que les mss. de Strabon altèrent visiblement ('Pojfàpiî , lib. iv, c. i , § 6), est écrit de la même manière ('Apnypi;, Arauris) chez Mêla, chez Pline & chez Plolémêe.
NipÇfcivoî , Iç' l'j 5i 'A7iO/, , XTiff;jia >Uff1av,'.<u-ùv. (StRAB. Ub. IV,
c. 1,56.)— Mêla dit, presque dans les mêmes termes : Tum ex Gebennis demisnis Arauris Juxta Agatham ; set.unJum Baeterras Orbisjluit. (Mêla, lib. 2, c. 5.)
An de Rome