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XXIII. — Les Helv'iens, Alps, Viviers

Les Helviens, Helvi ou Helvii, s'étendoient dans le pays qui porte aujourd'hui le nom de Vivarais. Les Cévennes, suivant le témoignage de César {^de Bello Gallico, 1. 7), séparoient ces peuples des Auvergnats, c'est-à-dire du Vêlai

mausensis, dont Pline étend de ce côté les limites jusqu'à l'étang & jusqu'au château de Lattes, désignés alors sous le nom commun de Latera '. 11 en était probablement de même de la ville massaliote à'Agatha, située à quelque distance de la mer, sur la rive gauche de l'Hérault qui lui servait de port. La science en était là quand fut découverte, «vers l'an i 747* n (Mén'abd), la célèbre inscription géographique du musée de Nîmes, qui n'est, comme on le sait, qu'un catalogue de noms de lieux gravés en toutes lettres & au nominatif pour la plupart, «ur un marbre d'apparence assez modeste. Ils étaient séparés de distance en distance & à intervalles réguliers par d'autres noms de lieu qui devaient répondre à des localités plus importantes, car ils étaient écrits en caractères beaucoup plus gros (& au génitif cette fois), de manière à déborder légèrement du côté gauche la colonne des noms de lieux secondaires, qu'ils divisaient de cinq en cinq lignes par groupes réguliers de quatre noms. (Voir ci-contre la photographie du monument ) Mais on avait remarqué, dès les premiers jours, qu'aucun de ces noms de lieu n'était ici suivi d'une indication de distance énoncée en chiffres romains, comme elles le sont presque toujours dans les Itinéraires & même sur les bornes milliaires qui jalonnaient les routes

' Est provinciae Xarbonensis & in Nemausiemi agro stagnum Latera appellatum (Plin. 1. 0, c. 9) ; — Castel um iMtera (Mêla, !. 2, c. 5). — Les initiales du nom de Nimcs ( ol. avg. Nem.) que l'on a retrouvées sur ces tuyaux de plomb à Balaruc-les-Bains. près du cap5e/;«:. p ouveraient seulement que ces tuyaux avaient iti t'ab)iqués à \cmauiu', par un plombier dont le nom est énonce en toutes leitres après celui de la ville : Tiberinus, T. F /. F.

« Omi ans, par conséquent, après la publication du premier vo'ume des Bénédictins, qui n'avaient guère d'autre guide ici que la savante compilation d'Adrien de Valois (.\otitia Oalli:srtim, 167^), d'AnviUe n'ayant publié que beaucoup p us tard sa Géographie ancimnc & sa N<.ti e de l'ancienne Gaule (Paris, 1760'), où il touche très discrète nent à l'inscription de la fontaine (sub voc. Aniuna, Sextanti ■, L'ceiia & Ugernnm\ — Une autre inscription, en caractères grecs, que l'on a rega-dée aussi comme une inscription géographique (£ siii sur une inscription ce. tique & sur une in ciiption litins tr uiéJs à la fontaine Je Kimes, par MM. Gehmer- DtiniND fi CoLSON, p. 1-56), ne s-'rait , suivant un cellste conte nporain.qu'jne inscription votive dédiée par unGaulos, du nom singulier ia Garta MMllan viacus, lux Maire.: Nemau en.tes. dont le cu'te & le nom à demi latin (Mat:ebo Nimvi ihabo = Ma'.ribu NamauHctibu ) nous seraient co npld emenl inconnus à Nimes sans ce témoignage anté ieur au tcmpi d'Auguste. (Voir M. Ad. Pictf.t. \oiivel essai sur l:s Inicr. gaul. Revue archéol., année 1S67, p. i à 12.)

réunies dans les Itineraria'^ . Le petit cippe carré sur lequel ils étaient gravés, en très-beaux caractères il est vrai, n'avait rien de commun lui-mém.e, soit comme taille, soit comme forme, avec les grands monuments dont nous venons de parler, puisqu'il était encore surmonté d'un tore destiné visiblement à supporter une statuette de marbre ou

P V Slh

de bronze dont il ne reste aujourd'hui que le trou d'attache. Une fracture que le cippe a subie à son extrémité opposée, au-dessus du socle qui lui servait de base, avait emporté une ou plusieurs lignes du catalogue, qui se trouve réduit dans son état

' Nous songeons ici au milliire d'Alichamp (à quatorze lieues de Bourses), dont la CDlonne a six pieds de hauteur, & à Cîlui de Tongres (l'jn:ique AJu.nuca, 1817), dont tous les nonsdcliiu soits.iivis d'un cuilïre de distar.Ci énonci en mi les dans la Gauh du sud (MIL ; .M ; M. P), ou en lieues dans celle du nord (LliVG ; L) ; il en est ce même dans les trois Itinéraire; d; ^ad'-s à R me, dont nous venons de parle". .M. Walckenacr. qui l'appelle « une so te d'iti éraire gravé sur une borne mil iaire » ( éogr. cnienne, p. i83), n'avait certainement p-s vu le monument, qu'il explique assez mal d'ailleurs.

Se du Gévaudan, qui étoient anciennement de la dépendance de l'Auvergne. Les Helviens étoient compris dans l'étendue de la province romaine du temps de ce général ; mais, par un privilège particulier, ils étoient soumis à un prince

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actuel à onze noms de lieu, inconnus pour la plupart & alignés les uns au-dessous des autres sans un mot d'explication ou de commentaire'.

Le judicieux Ménard, qui avait étudié ces noms de lieu sur le marbre antique peu de temps après la découverte du monument', ne doutait point, pour sa part, qu'ils n'appartinssent sans exception à VAger Nemausensis, comme on l'appelait à l'époque romaine, c'est-à-dire au territoire dépendant politiquement & administrativement de la Cité '". Il en trouvait la preuve dans les noms déji connus, ceux-là, d'VGERNVM (VGERNI) & de SEXTANT'/o), que l'on avait remarqués de prime abord à côté de ceux d'VCETIA (VCETIAE) & d'ANDUSIA, qui représentaient, sans en pouvoir douter, les villes actuelles d'Uzés & d'Anduze, dont les origines se trouvaient ainsi reculées de plusieurs siècles". N'était-ce point d'ailleurs au centre & au chef-lieu de ce territoire que le monument avait été découvert, à quelques pas de la fontaine sainte oii le culte du dieu Nemausus se trouvait associé, comme nous venons de le voir, à celui du divin Auguste"? Mais il lui semblait impossible, en examinant avec un peu d'attention « l'espèce de piédestal » sur lequel ces noms se trouvaient ainsi disposés, d'y voir autre chose qu'un monument religieux érigé dans quelque lieu saint à la suite de quelque voeu exaucé ou à l'occasion de la dédicace de quelque monument construit à frais communs, comme le disent si souvent les ins-

• Le monument lui-même , ainsi privé de sa base, n'a que vingt-quatie centimètres de h.iUtcur sur douze ou treize de largeur fi d'épaiàscur.

9 Ménird, Histoire de \imes, t. i, p. 22 & suiv. t. 7, p. 216 fi suiv.

"■ • Les notions qu'il présente pojr l'ancienne géographie du piVi ie rendent important » (Ménaro, t. 7, p. 22G; ; & plus loin : " tous c;s diiTérens lieux se trouvoient renfïr.T.és dans le territoire des Volces -V écomiques, & étoient sojs la principje dipendance de Niâmes. « (;./. p. 229.)

" Le KOTi d'.\nduze (.InJuJia, AnJu\a). ne reparaît, en effet, dans les monumenis écriis qu'au dixilmc & au onzième siéce de notre è'e, A c;lui d'L zés (Ic.-d'j; ne lemontait point au de'à des So'.iti.ie proi-inciarum, qui mentionne:.! pour la pr^mi'jre fois le Castrum Vcesien e. ;.V'oir pourtant ^i. de la Sjussaye, qui lui attribue une monnaie celtique sur laquelle il a crj i.-e VCCETIO. Numi.m. Je la Gaule S'arb. sub voce Ucjlia.) — il Cit v.ai que ces deux petites villes, oubliées ainsi des itinéraires fi des géographes, étaient situées dans bà pro'oudeurs des Civcnnes. o.'i les roules ro.Taines n'auront été probab'enent frayé.:s qu'à une époque plus récen'c.

" i\lénL.rd nojs apprend, en cflcl. qu'il » a été découvert Tirs i'an (747, en cr^jusant pour les fondations d'une maison, dtns un champ situé sjr le cheuin de Sauve, prés de la fontiinc de Xismcs » ft. 7, p. 226'. Ache'é peu de temps aprts par M. Esprit Kléchier de S.iint-Julien. neveu du cé.èbre orateur, il a passé depuis dans le musée de Nimcs, où il a été étudié, reproduit & commenté bien des fois.

criptions antiques ". C'est ainsi que le célèbre autel de Rome & d'Auguste, au confluent du Rhône & de la Saône, avait été élevé par soixante cités de la Gaule chevelue fVoir une des notes suivantes), dont on lisait les noms gravés en toutes lettres (8c au nominatif, à ce qu'il paraît,) " sur la face antérieure d'un second autel élevé en arrière 81 à quelque distance du premier".

Les noms à demi barbares que nous a conservés le cippe que nous venons de décrire auraient été, dans cette hypothèse, ceux des diverses localités qui avaient pris part à la fondation ou à la dédicace du monument situé, suivant toute apparence, sous le portique ou dans l'enceinte de VAugustcum de la fontaine ''. Il ne serait même nullement impossible, en tenant compte de ses formes sévèrement simples & de la pureté des caractères de l'inscription , qui remonte incontestablement au plus beau temps de l'épigraphie romaine ", d'en reporter la dédicace à une époque voisine de la fondation de l'Augusteum lui-mém.e, construit, comme nous l'apprend une autre inscription très- mutilée aussi, par la RESPVBLICA NEMAVSESIV[m] , c'est-à-dire par la population de la ville 8c par celle de son territoire ", divisé toujours en vingt-quatre pagi.

>' Puttice ; — «o'.vr ; aère coiiLUo, ex acre conlato, e i'.ipe coilata, pass.

'* C'est au moins l'opinion de .M. Auguste Bernard (Descr. du pays des : égusiaves, p. ."6 & pas .), qui a cru retrouver un reilet sinon une copie de ce catalog ;e dans le chapit c VI des S'otae Tironianae (GauTEa, t. 2, pars 2, sub fine), ofi les soixante cités (exictcment cinquante-neuf) sont éiiumérées chicjiie pir leur nom d« peuple au nominatif, AeJuus, Arierni.', fic , & dans un désordre calculé peut-être. (Voir sur cette question, qui n'est lien moins que tranchée, un travail judicieux iSi exact de .M. Félix Botm(jt;i;LOT. dans VAnn. d; t> ioc. des Aniiq. Je France, p. 263 i'^' saiv.)

" Nous nous en te, ions ici au texte iitt.'ral de Strabon. que l'on a essayé p usicurs fois ce corriger & de compléter arbltraiement. (Strab. I. 4, c. 3. i i.)

'8 .Mén ird, qui la croildédiieaudieu.Vemji£.îiis(/./. p. 229), nous parait oublier que le dieu Semauiu^, quelque populaire qu'il fût â Nimes. était un dieu essentie.Icment local & urbain, dont le culte n'intéressait que de t è.-i loin les petites ville» à'Ugernum &d'i cetia, tan. isq'ue celui des Augustes s'adressait, comme l'épigraphie no s l'atteste, à la pop .lilion d'une cité & d'une province tout e'itiêre. que l'on voit célébrer, à frais commuif, des sacrifices pour la guérison de tel ou tel empereur (Voir au to ne II l'iiiscriplion du Taurcho ium l'r yinciae Narb ji?«;i!, célébré à N'arljonne en l'an i<)9 de notre èrj) , quelquefois même à celle de plusieurs provinces, comme nous l'apprend le célibre autel de Rome & des Aug'i3t;s, élevé pris de Lugdunum par les trois provinces des Gaues (T' e- Prnvincia: OaUiarum, 1res Gallae).

'' • Les caracières en sont très-beaux & bien conservés. •

(.MÉNARD, /./. p. 226 )

■« A la suiie des deux mois RESPVBLICA NEMAV- SESIV[m], par les:|ue's commençait l'inscription, Ménard avait lu, sur les débris de la frise où elle éta.t gravée en lettres « de bronze doré hautes de sept pouces chacune » , un certain

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de leur nation. Après la division de la Narbonnoise en deux provinces, ces peuples, quoique situés en deçà du Rhône, furent compris dans la Viennoise,

Ce serait ainsi, au nom de la Respublica Nemausensis déjà nommée sur le fronton du portique qui donnait accès dans VAugusteum, qu'aurait été dédié notre cippe inscrit, dont on s'expliquerait de cette manière le laconisme exceptionnel & les énumérations sans préambule. Mais il faut suppose/ alors que les vingt-quatre pag'i, réunis ou associés pour cette œuvre commune, se trouvaient ici divisés & répartis en nombre égal sur deux autels distincts dont un seul serait parvenu jusqu'à nous ". La liste de leurs chefs-lieux, dont nous n'aurions ici que la moitié, & un peu moins de la moitié, puisqu'il manquerait un douzième nom à la pa^^ina de notre piédestal, brisé au-dessus du socle qui lui servait de support, se continuait & s'achevait probablement sur un second autel de la même taille & de la même forme que le premier, surmonté comme lui d'une statuette allégorique, 8c qui figurait avec lui au-dessous ou à côté de la statue d'Auguste en bronze doré, dont on a retrouvé le soubassement encore en place au centre du terre-plein de la fontaine ■".

nombredemotstron-Tués, au milieu desquels il avait remarqué le nom trii-reconnaissable de l'empereur Augusie : O... N... IMPERAIORIS CA.. ARISTA... STI (t. 7, p. 67^ Nous ne rappelons que pour mémoire l'essai malheureux de restit-ition tenti par M. Aug. Pe!et, qui croyait l'inscription lelative à Plotine & à Hadrien, fondate-rs ou lestauraleurs des bains de la fontaine, désignés ici sous le nom singcl er de Icbrtim.

" Le capitaine Colson, qui croit l'inscription g-avée tout entière sur la pagina d'un monument uni:;ue. paraît frappé en mC-rae tenps du peu de largeur de ce piédestal, qu'il devenait diflici e à ce tire d'ailonger outre-mesure. Il en est réduit à supposer, comme .Ménard, que la liste des localités associées ni dépassait pas quinze noms, en y comprenant celui de Nsmau'.Ui; explication tout aussi arbitraire & beaucoup plus embarrassante que la nôtre, car on a que que peine à s'expliquer dans qu-'l but ces quinze localités, disséminées sur des points tris-éloignés du terri oire, se trouveraient ici réunies à l'exclusion ces neuf autres.

" C'est au soibassenent de ce'te statue c'écorJe de palmes & de riuceaux, dit Ménard , qu'appar:enait probablement la bêle inscription découverte en 1751 dans l'eiCa.ier semi-circulaire de la lontairic, évire.nment restauré avec les débris de i'Aiiguitsum & du Babieum. El e était gravje dans les mêmes termes & dans le même ordre, sur deux dalles de marbre de la même taille, encastrées en sens opposé dans le massif du soubassement, qui atteignait à ce qu'il parait des proportions considérables :

IMP-C*ESARI''Dlvi*f AVGVSTO'COS-'NONVM

DESIGKaTo - DECIMVM I.MP-OCTAVOM

Nous ferons remarquer incidemment qu'ele ne porte point de nom de Jcdicant, à l'inverse de notre cippe inscrit qui ne porte, lui , que des noms de JéJicant, sans indication de destinataire. Surmontis de figures id'.égoriques à la façon des victoriolae qui flanquaient le grand autel de Lyon, tel que nous le représ:ntent les monnaies du Ko-.v^v dcsT rois Gaules, nos deux piédestaux n'avaient pas de lo'um à forma er ni de divinité à invoquer, puisque leurs inscriptions n'étaient que le complément & comme les pièces à l'appui d'un votum, énoncé solennellement & explicitement au-dessous de la statue.

Les noms écrits en gros caractères qui se détachaient de distance en distance de la colonne principale", représentaient, suivant toute apparence, les localités importantes du territoire qui aurait eu ainsi dès l'époque romaine ses petites villes & ])robablement ses chefs-lieux secondaires, disséminés autour de la métropole". Celles d'VGERNVM (Beaucaire, Voir plus haut) & d'VCETIA {U^e!) , les seules dont notre fragment nous ait conservé les noms, figurent encore aujourd'hui parmi les villes importantes de la circonscription géographique dont Nemau!us est resté le chef-lieu. Les noms barbares & presque inconnus dont se compose la colonne principale répondraient, dans cette donnée, aux oppida ignobilia des vingt-quatre pagi de Strabon & de Pline". Mais il devenait beaucoup plus difficile, cette fois, d'en retrouver l'emplacement & d'en reconnaître les noms anciens sous des appellations contemporaines, altérées plus ou moins profondément par les transformations que l'idiome local a subies, en passant du latin au roman & du roman au français". La rareté des

" Ils y sont de plus précédés chacun d'un point arro-di & profond, qui devait avoir aussi son sens & sa valeur. Më ard e\pli.iuc 1,1 forme géiitive qu'ils affecte.it. eu sous-entendar.t le mol ca'trum, que l'on retrouve, au quatrième siëc'e il est vrai, associé au nom d'Ucetia : Castrum Vcecien-e, alias civitas Lc-'ciensis. (\otit. frovinc. & civil. Call. chez D. Bouquet, t. i. p. 22.j.)

" En divisant, comme nous le proposons, le catalogue en deux séries de douze noms distribués & répartis dans le même ordre, le second cippe aurait, comme le p emier. ses deux noms en maju^c les placés l'un à la troisième, l'autiè à la huiîi>mc ligne; de sorte que le catalogue aurait fini sur le second autel exactement comme il commençait sur le prenier, par quatre opp:di i,nobili-i. Rappeons incidemment, à propos de ces q -aire noms en vefette. que les preriers mag sîr..ts de lu curie é.aient désignés, à Nimes, îous le lit e exceptionnel de llil l'.ri iuri diciinJo &. de IllI ii'ri ab aerario.

'1 De U l'intérêt exceptionnel de not e inscription, la îeu'e, si nous ne nous t ompons qui nous ait conservé le cata oguc. malheure .'semeiu inco.nplet. des circonsc iptions géographiques du territoire d'une vi le romaine, avec l'indication ces localités plus ou moins i nportantes qui formaient les choislieux de ces circonsc iptions.

»* .M. Ger.ner-Durani, qui a repris dans ces derniers temps (J.l. pass.), après M. Lion Rnier {Anivdaire d: U S cié à i.'j Antij. j." Franc:, année i856. pasim)^ ce travail d'attribution géographi:)ue co nmencé au si'jcle dernier pir l'historien MéuarJ. croit re'rouver. comme ce dernier, le lieu de Tedusia dans le vi lage de Thioiers, canon d'Arcmon (en roman Teiii's, comme Lcetu, 6';ès), ik celui ce hruge.ia dans le village de Bruyis ou Bruieis, canton d'Aigaliers. cent les titres, i' est vrai, ne re.nontent pas au de à du quinzième sièce. — VlRINXCiae?), qui occupe le huitiime rang di.ns notre catalogue, aurait laissé son nom au village tciuel de Védriii:iej, près de Vauvert. au conflient du V istrc & du Rhony, comm; VATRtlTE, liJ-Cioulal aujour-'hui. aurait emprunté le sien à la rivière homonyme de la Troude, qui baigne le pied des hauteurs sur lesquelles Vopfidiim était situé.

dont ils dépendent encore aujourd'hui pour le spirituel. Un ancien ' géographe met mal à propos ces peuples dans l'Aquitaine, dont certainement ils n'ont jamais fait partie.

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débris & le peu d'importance des ruines que l'on rencontre sur le sol qu'ils paraissent avoir occupé sembleraient indiquer, comme Pline le laisse entendre '', que la plupart d'entre eux en étaient restés à l'état de village'*, arrêtés dans leur mouvement d'expansion par l'ascendant que la ville paraît avoir pris d'assez bonne heure, & qu'elle a conservé pendant toute l'époque romaine.

Ce que l'on peut affirmer au moins, en s'en tenant aux indications fournies par notre catalogue, quelque incomplet qu'il nous soit parvenu, c'est que VAger Nemausens'i! avait conservé dans l'organisation définitive de la province une étendue que l'on ne s'expliquerait point sans l'importance territoriale & politique de l'ancienne nationalité des 'Volkes Arécomikes, à l'époque qui avait précédé la conquête. Il suffirait, pour en être convaincu, de rapprocher par la pensée, d'un côté les deux villes d'Ugernum & i'ÀnJmia, situées aux deux extrémités de ce territoire; de l'autre, celles de Sextanlio & d'Pcflia, dont les attributions ne peuvent pas être sérieusement contestées. En dépit des démembrements qu'il paraît avoir subis" d'abord par l'établissement de la colonie de Narho Martim, a laquelle il avait lallu créer un territoire en terre ferme, plus tard par la fondation de la colonie de Baeterrae que paraît avoir suivie de prés celle des villes latines de Cessera & de Sextantio", il s'étendait encore de la rive gauche du Rhône [Ugernum) jusqu'à la rive droite de l'Hérault, qu'il atteignait vers ses sources par la ville celtique à'Andusia. La ville grecque d'Agatha, située, comme nous l'avons du, à l'embouchure du fleuve, devait appartenir aussi à VAgcr Nemausensis dont aucune indication formelle ne le

•s ...Sieut XXllll {oppida ignjtilia) !itemausiensibus attributa. (Plis. 1. 3, c. 4 15].)

'• Ouvcrti en pleine ca npagne (yict) , fortifiés de fossés & de rcE anch^mcnti en terre (' ppiJ.i), sur les liaulcurs ou au con lue.1t des rivijrei (^con.ate, becco), qu'ils paraissent avoir recherché de préférence.

" Nous avons diji re narqué que ces dJmembrements paraiisent avoir pond plutôt sj les territo^ic.i ar.rextis, par voie de conquête ou de traité, à \'Ag~r Votcarum. que sur le lit itoire iinmJJiat de la nation qui aurait conserve ju.-^qu'au quatrième siée e ses li.iiites à peu pr:s exactes, & probablenx.Tt ses circonscriptions iniéricures.

'> La ville de Sextantio (alias yu'jitanl'o, So tanlio. &c.\ qui parait avoir possédé I; jui Utin-im & m*-.ne le titre hcnorifijiie de coonie. com ne se nb cnt l'indiquer plusieurs inscriptions archaïques découverte» à .NIu;visl (::extantio ?i) AtàCastelnau. p:cs Mu viel (Herz. (ail. Ncrb. p. 123, & App. n. 87-8S) . l'aurait pîrdu de très-bonne heure, s'il faut en juger par notre Inscription, confirmée à son tour par le témoignage officiel de P.ine (...a Commenlarii: Agrippae), qui ne la mentionne plus parmi les villes latines de la Province.

distingue. Du côté du nord, oii»il confinait avec ceux des Alèenses & des Gatcili, il s'étendait sans interruption jusqu'à l'Ardèche &aux monts Lozère, car ce n'est que sous Honorius, à la fin du quatrième siècle, que le territoire à^Ucitia, érigé en Civitas, a été détaché de VAger Nemauscmis, auquel il avait appartenu jusqu'alors. Pline, qui écrivait peu de temps probablement après la rédaction de notre catalogue, attribue formellement cette chaîne de montagnes à 'la Provincia Nemausensis, comme il l'appelle peut-être avec intention''.

Du côté du sud oii il était borné par la mer, bordée ici d'une chaîne continue d'étangs & d« lagunes, les seules localités indiquées d'une manière un peu précise par les écrivains anciens sont, avec le Canellum Latara ou Latera (Voyez plus haut), le cap & la montagne de Cette, situés en face de la presqu'île & de la petite ville de Mèze (sur l'étang deThau)'", & la bourgade de Magalona qui doit remonter, comme celle de Mansa, à l'époque celti» que. Les comptoirs massaliotes qui paraissent avoir jalonné ce double rivage à une époque antérieure ", avaient déjà disparu dès le temps de Mêla, qui expliquait la rareté des villes sur cette côte, par l'absence de ports & par le caractère inhospitalier de la plage, battue tour à tour par le Circïus & par VAfncus. [E. B.]

' Strabon, 1. 4, p. 190. — Adrien de Valois, Notitia Galllarum, p. 244.

■' Laus caseo Romae e proiinciis, Xemausensi prae-

cipua, Lesurae Catalicique pagi. (PuN. I. 11, c. 42. — J). Bouquet, t. i, p. 60.)

"> Que .Mé a parait confondre, pour te rerarquer en passant, avec le cap Se:ius Me^a co lu, in i/tetus rrari pêne

uiJ que ac niii qujJ angu to aggere continenti annectitur, insulj. (.Mêla, I. 2. c. 5.)

!' Consulter à ce sujet un passage fort altéré d'Avienus Ora marilima, vers 610 & s iv.), oiu figurent les noms grecs de Po ygium & de Nauata 0, qui ont suggéré bien des couji-'Ct urcs a jx géographes modernes. (Uckert, Geogr. der Gr.cch u^ii K.em. Wei lar, 18H2, p. 412. seqq. & M. de Saui.cv, ii'/aJv' topijjrj.liique sur l'Ura maritima d'Av enus; Keiue arc éologiquc, année liib;. p. 80 & suiv.) — De nouvelles découvjries de bas-reliefs À d'inscripiions grecques du meillear t;mps (Voir M. Germer-Durand, Déccw . crcl.éol. de l'anice iSOg, p- 6^ & suiv.), ont ramené réceramenl lattentioa sur la pet. te vill; de Saiiit-Gil es. que les géo-raplics du dernier sicc e coniondaient avec l'antique Héracléc du Rhône (voir Ktienne de Bvzance, skj joce, & Pline, I. 3, c. 4), qui exis'ait encore à l'époque romaine, comme le prouvent d'anciennes inscriptions laiines découvertes sur remplace nent qu'elle occupe toujours. Celle de Caiun (Ko)i-,»[?J) ne nous e^t connue , au contraire, que par des documents de date récente, qui la césignei.t tantôt comme un co.rs d'eau tributaire des Foaae Marianae, tantôt comme une ville vo.sine de Sextantio & i'Agatha. (Anonym. Ravenn. I. 5, D. Bouquet, t. i, p. 121, 122.)

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Éd. origin.

La ville principale des Helviens étoit Alla Helvorum ou Helviorum, ou Alba Helvia & Alba Aiigusta, qu'on croit être la ville d'Alps', située à deux lieues au nord-ouest de Viviers. Cette ville, qui jouissoit du droit latin', étoit autrefois fameuse par la quantité & la qualité des vins que produisoit son terroir, mais surtout par un plant de vigne qui, au rapport de Pline-', fleurissoit en un jour & dont on se servit ensuite dans le reste de la Province. Le siège épiscopal fut d'abord établi dans cette ville & y subsista jusqu'à ce qu'ayant été entièrement ruinée par Crocus, roi des Allemands ou des Vandales, il fut transféré à Viviers. Les plus anciennes"* notices des cités des Gaules ne font mention que de la ville d'Alps ou Albe, sous le nom de Civitas Albensium. Les notices postérieures ajoutent ces mots : nunc Vivarium ou Vivaria, ce qui prouve que Viviers, qu'on ne connoît que par ces notices, ne devint capitale du pays qu'après la destruction d'Albe, c'est-à-dire après le commencement du cinquième siècle.

La ville du Bourg-Saint-Andéol portoit, suivant le martyrologe d'Adon , le nom de Gentihus dans le temps que ce saint y fut martvrisé, au second siècle de l'ère chrétienne; d'autres prétendent, avec plus de vraisemblance, que la ville du Bourg n'est point différente du lieu appelé Borgagiates, Burgagiates Si Bergoitas dans les anciens titres de l'église de Viviers. Tous les pays dont on vient de parler faisoient partie de l'ancienne Province Narbonnoise S; étoient situés en deçà du Rhône.

' tt On croit communément, dit Millin ', que Viviers est situé dans l'endroit où était Alhd Helviorum, appelée aussi Alha AuguHa, & qui était la capitale des Helvii'. Mais d'Anville n'adopte pas cette opinion, & il place, avec Lancelot, Alba Augusta dans le lieu oii est aujourd'hui Aps, à trois lieues de Viviers, ovi l'on rencontre de nombreux débris d'antiquités, u C'est aussi l'opinion des Bénédictins.

Le sol de Viviers, celte ancienne métropole des Helvii, n'est séparé, au midi, du lieu d'Aps que par le torrent de Scoutai. Du sommet du roc basaltique, sur lequel est assis le château, la vue erre au nord sur une petite plaine coupée par quelques monticules, sous lesquels gît la ville romaine. Ils sont presque tous plantés en vignes; quelques arbres poussent péniblement leurs racines dans des ruines infertiles. Si l'on trouve dans le village quelques inscriptions encastrées dans les murs, elles y ont été portées par les propriétaires du sol qui les recelait. Sous cet aspect, Aps ne peut être re-

» Voyage dans L's départements du Midi, t. 2, p. iï3 & suiv.

• Adrien de Valois, Notitia Oalliarum, p. 245.

gardé que comme le musée d'Albe. — L'étendue de cette ville était fort grande, si l'on en juge par les monuments qu'on trouve au nord & au couchant dans un rayon de prés de deux kilomètres. Un quartier du territoire d'Aps, baigné par le Scoutai, est connu sous le nom de Palais. C'est dans ce quartier qu'on trouve surtout des médailles, des plaques de marbre, quelques statuettes en bronze, des débrij de tuiles, des clefs romaines, des morceaux de poterie, des lampes, des vaîes à parfums, & jusqu'à des tas c'écaïUes d'hi.îrres. Pendant l'été de 1810, un propriétai re fouillant dans son champ aperçut des celliles carrées régulières, pavées d'une mosaïque grise. On croît que ce local était occupé par des bains où l'eau était portée du village élevé de Saint-Pons, voisin d'Aps, au moyen de tuyaux en plomb. On a trouvé, dans ce dernier lieu, un de ces tuyaux orné d'une inscription romaine & dirigé des bords d'un ruisseau vers Aiia Helviorum. [E. M.]

' Pline, 1. 3, n. 5.

' Ihid. 1. 14, c. 3, p. 114.

' Voyez au tome II, dans les Preuves, les Anciennes notices des Gaules.

HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIV. II. iS-]

XXIV, — Peuples du Vêlai.

Pour n'omettre aucun des anciens peuples qui sont compris aujourd'hui dan3 l'étendue de la province de Languedoc, il nous reste à parler de ceux du Vêlai, du Gévaudan 8c de l'Albigeois, qui dépendoient .anciennement de l'Aquitaine. Ces trois peuples, de même que ceux du Querci Si du Rouergue, vivoient, du temps de César', sous la dépendance & le gouvernement des Auvergnats, ce qui changea dans la suite; car du vivant de Strabon^, les Velaunes ou peuples du Vêlai se gouvernoient par eux-mêmes. Ils sont compris dans le gouvernement de Languedoc depuis le treizième siècle, & ils en dépendent encore aujourd'hui, quoi qu'en dise M. de Valois^.

Ces peuples, appelés Vellavï ou Velauni par les anciens, étoient séparés des Helviens par les montagnes des Cévennes; ils turent, ainsi que ceux du Gévaudan, du nombre des quatorze peuples qu'Auguste démembra de l'ancienne Celtique pour les joindre à l'Aquitaine, qui, par cette union, devint une des plus grandes parties des Gaules.

La principale ville des peuples velaunes ou du Vêlai, dont les anciens nous aient laissé quelque connoissance, est Revessio ou Ruessio, qui fut appelée ensuite Vallava, Civitas Vellavorum , ou Civitas Vetula. On ne doute pas"* que cette ville ne fiât située au lieu où est aujourd'hui Saint-Paulhan , sur les frontières du Vêlai & de l'Auvergne, environ à trois lieues du Pu y ; les distances de l'Itinéraire de Théodose, mais plus encore les inscriptions 8t autres antiquités qu'on y découvre tous les jours ne laissent aucun lieu d'en douter. Le siège épiscopal du pays, établi d'abord à Ruessio, fut transféré depuis à Anicium, Anis, dont Grégoire de Tours est le premier qui fasse mention; du temps de cet historien ce n'étoit qu'une montagne où on bâtit ensuite la ville qu'on appelle aujourd'hui le Puy.

C'est par le même Itinéraire de Théodose que nous connoissons dans le pays de Vêlai le lieu A'Aqids Segete, situé à huit milles de Feurs en Forez, du côté de Saint-Didier & sur les frontières de ce dernier pays; celui de Icidmago, à vingt-cinq milles de Feurs, & à quatorze de Saint-Paulhan ou Revessione , & que nous croyons être le même que la petite ville d'Issingeaux ou Ensingeaux, 8c enfin le lieu de Côndate, à douze milles de Revessio, du côté à peu près où est à présent le lieu de Saint-Privat ^.

' Ciiar, it Bello GaWco, 1. 7. trouve ictit de la même manière chez César (1. 7,

•Strabon.l. 4, p. 190. c. 75), da-.is les textes épigraphiques & dans les

* Adrien deVdlois, Notitia Galliarum. p. 539- l'titiae provinciarum , rédigées, comme on le sait,

* MabiUon, Acta samtorum orjinis sancti Bene- à la (in de la domination impériale dans les Gaudkti, saec, .5, part. 1, p. 7.1 J. les'. Strabon, quile traduit sous la forme OJïÀXaicV

* Le nom des rw/avr.qui rappelle assez fidèltment [VclUii, 1. 4, c. 2, 5 2, édit. de C.Mueller & Dubcelui du pays qu'ils ont habité 'le Vêlai ou Velay),

est évidemment un ethnique, c'est-à-dire un nom de

peuple analogue à celui des S.^u^Uvi, avec lesquels ^ ' Voy" I)o:n Bou.iuet, Collection de, lUonen, rfe;

\ ,r „ ■ r ■ 1 ..1 . ^ . Gauhi & Je la France, t. i, p. 122-1 2g, &]c l<ecu:?il des

les / elUv, confinaient du cote du nord. On le r»- Imcriptiom d.- la Province, au tome II de cette liditioa.

An de Rome

An de Rome

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