XXV. — Le Gévaudan ou les Gahales
Le Gévaudan, Gahali, Gahales èi. pagus Gahalicus, que les montagnes des Cévennes séparoient de la Narbonnoise, étoit, ainsi que le Rouergue, un pays qui abondoit en mines d'argent du temps de Strabon. Pline vante beaucoup l'excellence des fromages de ce pays, & en particulier de ceux de la montagne de Lozère, appelée Mons Le-^urae, laquelle fait partie de celles des Cévennes.
La capitale du Gévaudan portoit anciennement le nom à'Anderidum & prit dans la suite celui de Gahalum; ce qui pourroit peut-être nous donner lieu de croire que ce sont les Cabales, que la notice des dignités de l'Empire a voulu désigner sous le nom des soldats andèritiens dont elle fait mention. La ville à'Anderidum ou de Gahalum n'est plus ce qu'elle a été autrefois : elle est
ner, — "OusW.io'. , Vellaï, suivant Coraï & Kramer), serait beaucoup plus près de la vraie leçon que Ptolémée (1. 2,56), qui les désigne sous le nom, probablement altéré, de OjeXxuvoi. Celui de 'O'jsXrJvict {VeloLumi) , que nous rappelons pour mémoire, ne figure que dans l'inscription d'un prétendu monument celto-grec, qui soulève des difficultés et des objections de plus d'un genre °.
A en juger par cet ethnique & par les noms d'homme ou de lieu disséminés dans le pays montagneux qu'ils habitaient, les Vellavi seraient un peuple franchement celtique d'origine ', comme les Gahali, dont le territoire limitait le leur du côté du sud. Comme eux aussi , ils auraient été longtemps sous la dépendance des Arvernes, auxquels ils obéissaient encore au temps de Vercingétorix ^. Plus tard, après l'organisation d'Auguste, qui brisa définitivement le système des clientèles en Gaule, en plaçant, il est vrai , les villes clientes comme les villes souveraines sous le gouvernement immédiat des Romains [imperium) , leur territoire fut érigé en civitas, c'est-à-dire en cité'. Mais la population qui
' La célèbre main symbolique en bronze de l'ancien cabinet des antiques à Paris. Elle porte pour légende les trois mots : ÏVMBOAON nPOï orEAAVNlori, gravés en trois lignes dans la paume de la main. — Une ville des ^enona (Beaune en Gatinois) é:ait connue sous le nom de VellaunoJunum (Césah, de Bell. GalL, 1. 7, c. 17) qui rappellerait celui des Vellauiii donné par Ptolémée.
3 Nous nous contenterons de citer les noms de lieu : Ictdm^gus. Coudoie, Scgete, Aiiicium, Riiessiiim, PoJcmpniacum, &c.; et parmi les noms d'hommes, ceux de Dubnoctis {Dubnoco Ve[ilavo\) &. de Donnus , que nous empruntons, comme celui du dieu Adidon, aux inscriptions locales.
^ ... . parem nnmerum (xxxv) Arvernh, adjunctis Ca~ durcis, Gabalii, Vellavis, qui stt^ imperio Arvemoriim esse consueveruni. (Caesar, de Bello GalL, 1. 7, c. 75.)
xi-.-.o-i-.^i xaO' ta'j-:oJî. (Strab,, 1. 3, C. 2, § 2.) Les Bénédictins faussent évidemment le sens de ces derniers mots, en allirmant qu'au temps de Strabon les Velaunes se gouvernaient par eux-mêmes.
l'habitait conserva sous ses nouveaux maîtres les prérogatives de peuple ou de cité Whre {civitas lihera), titre qu'elle se donne encore au troisième siècle de notre ère, dans l'inscription officielle d'une statue dédiée à Herennia Etruscilla, femme de l'empereur Trajan Dèce ^. La métropole de ce territoire, que Ptolémée désigne sous le nom de Pouiatriov, & l'Itinéraire d'Antonm sous celui de Rcvessio^ , répondait au village actuel de Saint-Paulhan, dont le sol est encore jonché de substructions & de débris antiques. Elle était située sur un affluent & à peu de distance de la Loire [Liger), qui traverse du sud au nord le territoire montagneux de la Civitas.
On ne connaît guère que les noms des autres centres de population disséminés autour de cette métropole, quoique l'on rencontre sur divers points du pays des ruines romaines, plus ou moins considérables. Ils étaient reliés les uns aux autres par des voies encore tracées, que jalonnaient de loin en loin des bornes militaires, dont quelques-unes sont restées en place jusqu'au siècle dernier'. La plus considérable de ces localités, s'il faut en juger par la nombre & par l'importance des monuments écrits ou figurés que l'on y découvre tous les jours, aurait été la ville actuelle du Puy, qui a succédé, comme métropole de la Ctvitas, à l'antique Jtufjsium, détruite probablement pendant les désastres de l'invasion barbare. Les inscriptions antiques que l'on y trouve en assez grand nombre, mêlées à des fûts de colonne, à des chapiteaux, à des fragments de frise sculptée, provenant de monuments quelquefois considérables, ne permettent guère de douter qu'elle ne fut déjà
6 Civitas VellavorUim] | libéra. Voyez, au tome II, îô Recueil des inscriptions de la Narbonnaise.
1 Oiiiiiavîn, ûv riXi; Po'jioitov. (PtOL., 1. 2 , t. 6.) — Re-
vessio-xe, {Jtin. Anton., T. A.)
8 Voyez pass. Histoire du Velay de M. Francisque .Mandel. t. I. Antiquités celtiques & gallo-rcmaines.
HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIV. II. iSg ^„ ^^ j^^^^ réduite à un village appelé Javoux &(. situé à quatre lieues de Mende '. C'est
^ II- , 1 1)1 •. • I T-.1 .1 1 • El. origin.
ce qui paroit parles distances marquées dans 1 Itinéraire de 1 heodose depuis 1. 1, p. ôj.
peuplée & même florissante dès le second siècle de notre ère. Mais ces débris ne prouvent nullement, comme le voudraient les archéologues locaux, qu'elle ait, dès cette époque & à l'insu de tous les écrivains anciens, supplanté l'antique métropole de Ruessium dont nous venons de voir la suprématie attestée au milieu du troisième siècle par un texte officiel digne de toute confiance '. Grégoire de Tours, qui mentionne le premier cette localité jusqu'alors inconnue en la désignant sous son nom , probablement celtique, à^Amctum (Anici — Antci — Annecij, ne lui donne pas même le titre de castrum, hiérarchiquement inférieur à celui de civitas, sous lequel on désignait toujours le territoire possédé par une des anciennes nations gauloises ou la ville romaine qui était devenue le chef-Iieii de ce territoire '°. LUe n'était encore de son temps Ciîj-Spl) que ce qu'elle avait été pendant toute l'époque romaine, un locus (une localiié, un lieu di'J, habité probablement par des familles riches ou aisées, qui cultivaient de temps immémorial les terres relativement fertiles des environs, ou qu'y avaient attirées, depuis la conquête, de riches gisements de fer (ftrrariae) , exploités en grand sur divers points du pays ". Les chefs de ces familles, dont plusieurs nous sont connue! par les inscriptions découvertes à Anicium, pouvaient faire partie du conseil municipal de la Civitas, à Ruessium & en exercer même les magistratures les plus élevées, sans cesser d'habiter, au moins Jins l'intervalle des sessions, le locus où ils étaient nés, car c'est exactement ainsi que les choses se passaient chez les AUobroges (civitas Vicnna] pour ne citer qu'eux, où l'on trouve dans une foule de villages et de petites villes [castra, oppida j disséminés sur tous les points du territoire, les tombeaux de décurions & de magistrats de la curie, qui avait à Vienne son siège légal & permanent ". Le titre
' Voyez les intéressants travaux de .M.M. Mangon de la Lande : Essai hiitor. :ur les Antiquit. de la Haute-Loire, Mcm. de: anliquairei de France, t. 4. p. 69 & 5oS; — Miirim.-e : Ao/e; dun \oyage en Auvergne, pan.: — Francisque .NIandct : Histoire du Velay, t. 1, pan.; — Aymard : Sur les I rigines de l.i ulle du Fuy, congrJs scientifique, année iHib, t. 2, p. 343-30 1 ; & Annal, de la Soc acad. du Puy, t. 12. p. 161 ; t. 20, p. .^OH; t. 21 & suiv.
" Ingressus autem Vcllavae urbis terminum , ad locum quem Anicium vociianl acccdit & ad basilicas propinqua% cum omni eicercitu rcsiitit, instruens aciem qualiler Aurelio ibidem tuac consisienti episcopo b.;llum inferrct. (Grec. Ti;r. hist., lii. 10, c. 23.)
" Leà fermiers ou les régisseurs de ces mines de fer {con~ duct:rei, actores ferrariarum) , que l'on trouve indiqjées à dejx reprisci dillcrentes dans les inscription^ du Puy, sur le.>qa:lbi nous reviendrons, se se aient Iroavés au second ou an troisième sijcie de notre ère les gens considérables de la localité.
'» Voyez notamment les iascriplions d'Aix en Savoie
de praefectus Coloniae, que prend dans son épitaphe l'un des maîtres de forges dont nous venons de parler, prouverait seulement que la ville romaine de Ruessium avait pris ou reçu, sans que l'on sache comment, le titre de colonie purement honorifique sous l'Empire ", et que cette colonie avait au second siècle, pour premiers magistrats, des iuumviri que l'on remplaçait quelquefois, comme à Narbonne, par des praefecti proJuumviro '^.
L'importance que le lieu à^Anicium paraît avoir prise dans les derniers siècles de l'Empire, sans déposséder pourtant la métropole officielle de Ruessium, qui conservait encore son titre & ses droits au temps de Grégoire de Tours, s'explique par la forte position de cette petite ville (villa), assise alors, comme elle l'est encore en partie, sur la croupe d'un énorme bloc de lave, escarpé de plusieurs côtés & situé au centre de vallées relativement fertiles. Les évêques du Vêlai , qui la visitaient & l'habitaient de loin en loin, comme les autres domaines de leur église, y fixèrent définitivement leur résidence après la chute de Ruessium , dont la date précise nous est inconnue, & c'est probablement par eux que le château i'Aniciufn s'est trouvé transformé depuis en métropole religieuse & politique de la province. Leur palais, adossé à la remarquable basilique romane, qui a remplacé sur la montagne sainte le sanctuaire des dieux gaulois " & les temples des dieux romains , domine encore de cette hauteur le pays sévère & déboisé qu'habitent toujours les descendants des Vellavi. [E. B.]
' Javouls ou Javols, situé à 22 kil. nord-ouest de Mende, représente, en effet, l'ancien Andcritum, devenu par la suite VVrhs Gabalatina dont parle Grégoire de Tours. Ce fut, à l'époque gallo-romaine, la capitale du Gévaudan, Gahalitanum. M. Walckenaer a prétendu ' qu'elle ne répondait pas à VAnderitum de la Table de Peutinger & des Itinéraires, & que cette viUe celtique était représentée par Antérieux (Cantal), à 23 kil. sud de Saint-Flour.
{Aquae Allobrogum). d'Aoste Saint-Geniès (,Lucus AugusH) & de Grenoble {Cularo) , dont les notables sont fréquemment désignés sous les titres de dccuriona , aediles, quaestcres, d lumviri {aerarii ou juridicundu) , seviri augustales ou flamines Coloniae Viennensis.
" La colonie d'Apla Iulia en Provence, & plusieurs aulies, ne nous sont connues aussi que par des inscriptions du pren:' ;r ou du second siècle de notre ère.
'< \oyez, au tome II de cette édition, l'épigraphie de la Narbonnaise.
" Nous songeons ici au dieu topique Adido, dont l'existence nous a été révélée par l'intéressante inscription votive, découverte en 1847 dans un mur de la cathédrale. Voyez les ouvrages cités plus haut de .MM. Aymard & .Maiidet.
' Géographie des Gaules, t. 1 , p. 340.
An de Rome
i6o HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIV. II.
Saint-Paulhan ou Ruessio jusqu'à Anderîdum, & de cette ville à Rodez, ce qui ne convient nullement à Mende. Le siège épiscopal de Gahalum, qui subsistoit encore au commencement du quatrième' siècle, fut transféré dans la suite à A-lende, Mimate St Mlmatensis Motif, dont Grégoire de Tours fait mention. Les anciens itinéraires parlent d'un lieu appelé Ad Silanum , sur la route A'Anderïtum à Segediinum, aujourd'hui Pvodez, à dix-huit milles de celui-là, & à trente de celui-ci : ainsi sa situation devoit être aux environs de Treslans, en Gévaudan, sur la frontière du Rouergue. Grégoire de Tours fait mention du château de Grèzes, Castellum Gredonense, en Gévaudan.
XXVL — Pays d' Albigeois.
Nous avons très-peu de mémoires sur l'ancien état de l'Albigeois, quoique ce pays soit également considérable par son étendue & par sa fertilité. Les anciens géographes, contens de nous avoir dit que le Tarn, qui le traverse, prend sa source dans les Cévennes, ont négligé de nous apprendre le nom des peuples situés sur cette rivière depuis le Rouergue jusques à son embouchure dans la Garonne. Quelques modernes ont cru que les Éleuthériens, dont il est parlé dans les Commentaires de César, habitoient le pays d'Albigeois, Si que ces peuples faisoient anciennement partie de ceux du Querci, sous le nom de Cadurces éleuthériens ou libres; sur quoi il n'y a rien de certain. Ce n'est donc qu'aux notices des cités des Gaules que nous sommes redevables de la première connoissance que nous avons de là ville capitale du pays d'Albigeois : les plus anciennes de ces notices l'appellent Civitas Albiensium, & les suivantes Alhia & Alhiga. Quelques auteurs prétendent que les peuples de ce pays sont désignés dans la notice des dignités de l'Empire sous le nom d'Equités Cataphractarii Albigenses. On trouve souvent en fouillant à Montans, lieu situé dans ce pays, à la gauche 81 proche le Tarn, à un quart de lieue audessovis de Gaillac, des médailles, des urnes 81 d'autres anciens monumens.
XXVn. — Défaite des Liguriens Staenes. — Gouverneurs de la Province,
Tel fut à peu près l'état de la Narbonnoise en deçà du Rhône après que les Romains en eurent faite la conquête. Le consul Marcius, qui gouvernoit cette
Mais cette opinion a été entièrement renversée par le martyre de saint Privât, lui succéda comme ville
les recherches de M. Dalo '. Ce savant a établi épiscopale. Parmi les inscriptions trouvées à Ja-
qu'on n'a pas retrouvé de ruines à Antérieux, & vouls & qui témoignent de l'ancienne importance
que la voie de Lyon à Toulouse ne passait pas par de ce modeste village, nous devons mentionner une
ce lieu, mais bien à Javouls. Cette ville fut détruite inscription en l'honneur du tyran Posthume, élevée
par les Allemands au commencement du cinquième par la cité des Cabales, Civitas Gahalorum; une
siècle, & peu de temps après, Mende, illustrée par inscription funéraire rappelant la mémoire d'un
certain Albinus, qui porte le titre de sénateur, &c.
[E. M.] ' Diviiions territoriales & civiles de la haute Auvergne ,„ ., ,,,, u -, , /, -,
penJant le moyen âge & hi temps modernes jusqu'à la 'Concile d Arles, Recued des Concles, t. i,
Révolution. p. i43o.
province l'an 636 de Rome, eut à ' combattre pendant son administration les Liguriens Staenes, peuples gaulois qui habitoient les Alpes, &c qui, par leurs courses 8<. leurs brigandages, désoloient tout le plat pays. Ce consul marcha contre eux à la tête de ses troupes, & malgré leur situation avantageuse, il les assiégea de toutes parts dans leurs montagnes, les serra de près & les réduisit enfin à ce point d'extrémité & de désespoir, qu'ils aimèrent mieux s'entretuer les uns les autres que de tomber entre les mains des Romains, ce qu'ils craignoient plus que la mort. Cette victoire^, qui mérita à Marcius, sur la fin de l'année 636 de Rome, l'honneur du triomphe, n'assura pas tout à fait le repos de la Province. Les autres Liguriens des Alpes, voulant sans doute venger la mort de leurs compatriotes, continuèrent de la désoler par leurs courses, ce qui donne lieu à un moderne^ de croire que cette province fut consulaire les trois années suivantes, c'est-à-dire qu'elle fut gouvernée successivement & conjointement avec la Cisalpine, par les consuls Q. Mucius, C. Geta & M. Scaurus; le second défit les peuples des Alpes grecques. Si le troisième, ayant vaincu les Liguriens & les Gantisques, mérita les honneurs du triomphe. Ces victoires procurèrent enfin la tranquillité à la Province & assurèrent aux Romains la liberté des passages des Alpes pour entrer dans la Gaule Transalpine. Ce fut alors que la Province cessa sans doute d'être consulaire Si qu'elle commença d'être gouvernée par un préteur, c'est-à-dire de devenir province ordinaire"*.
An de Rome
An de Rome 637-638-639
An de Rome
' Orose, 1. 5, c. 14.
' Marmora Capitol. apuJ Pighium, t. 3, p. 85.
' Pighius, t. 3, p. 90, 94, 100, io3, io5.
^ C'est au savant Etienne Vinand, plus connu snus le nom italien de Pighi [Pighius) ^ que remonte, comme point de départ, l'opinion que résument ici les Bénédictins sur le mode d'organisation donné par les Romains à la Province nouvellement conquise, & sur le titre officiel que portaient à l'origine ses premiers magistrats'.
En examinant avec attention les textes laconiques & peu nombreux sur lesquels repose toute l'histoire de ces premières années, le savant annaliste en était venu à croire que le pays conquis en Gaule par les Romains était resté pendant plu-
■ Le livre de Pighius, auquel se réfirent ici les BiSnédictins, a joui pendant longtemps d'une grande réputation en France comme en Allemagne. Il peut cire considcré, malgré beaucoup d'erreurs de détail analogues â celles que nous relevons ici, comme un des travaux les plus sérieux qu'aient produits au seizième siècle l'érudition & la critique hislorique. Il est intitulé Annales Romanorum, ^c, & a été publié à Anvers en trois volumes in-folio par l'auteur d'abord en 1599, & après lui en 161 5 par le jésuite André Sclioil, qui a revu & corrigé les manuscrits des deux derniers volumes en enrichissant l'ouvrage d'un de ces indfx qui sont des livres à leur tour. (Vest une des premières histoires romaines où l'on ait essayé de compléter ou de contrôler, Â l'aide de l'épigrapbie & de ta numismatique, les indications souvent insuffisantes que nous fournissent les écrivains anciens sur les transformations continues de la société romaine, qui se rellètcnt à leur tour dans Celles des institutions & de la législation.
sieurs années sous le régime de la conquête, c'està-dire dans un état d'organisation purement provisoire. 11 en trouvait la preuve dans le texte des Fastes triomphaux qui nous tnontre Cn. Domitius Ahenobarbus & Q. Fabius Maximus triomphant la même année (634 de Rome : 120 avant l'ère chrétienne) , a titre de proconsuls, des Galls Arvernes qui dominaient à cette époque dans le sud de la Gaule, & des Allobroges leurs alliés'. Il était donc impossible de douter qu'ils n'y eussent commandé
Q ' FABIVS ' a- AF.MILIAÎJI - F ' Q.- N • AN • DCfxxxiii] MAXIMVS - PROCOS - DE - A L L O B R O ( oibds] ET • REGE - ARVERKORVM • BETVLTO - X ' K
CN • DOMITIVS • CN - F ' CN - N ' AHENOBARB - A[» dxxxiii] PROCOS-DE-GALLEIS-ARVERNEIS'XVI-K
(G. Henzen, Acta triumph. Capitol.
Corp. inscr. Lat. t. f, p. 460.)
Nous rappellerons incidemment que le fragment des marbres capitolins auquel appartiennent ces deux textes, si intéressants pour notre ancienne histoire, a été découvert en i563 « au pied des exquilies, dans la vigne de dom Ludovisi Mattet, tout près de l'église San Andréa in Portugallo, » au cœur de la ville antique. Pighius. qui avait quitté Rome sept ans auparavant (s'-'plennio post tiieum ab urbe disce^'inm), — il habitait alors Bruxelles — en avait reçu peu de temps après une copie, dessinée, dit-il, avec beaucoup de soin , d'après le
marbre lui-même ( dili^enter admndum ex ipso ntar-
mori.s fragmenta) ; & il est probablement le premier qui ait essayé d en tirer parti historiquement. (Piciiius, Annal, t. 3. p. 56.)
An de Rome