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me 65o
An de Rome
XLII. — Marins consul pour la troisième 6- la quatrième fois.
Pendant ce temps-là, Marius profita de l'absence des Cimbres qui étoient passés ep Espagne, pour exercer ses troupes ' 8c les mettre en état de ne pas craindre ces barbares à leur retour. Sa bonne conduite lui mérita d'être continué, l'année suivante, dans le consulat St dans le gouvernement de la Province romaine, quoiqu'il fût absent de Rome dans le temps de son élection pour l'une & l'autre de ces deux charges. La crainte qu'on avoit dans cette capitale de la République que les barbares ne repassassent les Pyrénées au printemps suivant, ne contribua pas peu à faire obtenir à Marius son troisième consulat. On le lui accorda d'autant plus volontiers, que les soldats de son 6j
armée, déjà accoutumés à la rigueur de sa discipline, étoient si prévenus en sa faveur, qu'ils déclaroient hautement qu'ils refuseroient de combattre sous tout autre général des ennemis aussi terribles que les Cimbres. Ces barbares n'ayant osé paroître dans la Province pendant le troisième consulat de Marius, ce général résolut de passer les Alpes à la fin de l'an 65 1 de Rome. Il pourvut avant son départ à la sûreté des peuples de son gouvernement & substitua à sa place, pendant son absence, Manius Aquilius; après quoi il se rendit à Rome pour assister à l'élection des nouveaux consuls. Quoique Marius eût déjà pris des mesures secrètes pour parvenir de nouveau au consulat, il feic^nit pourtant de ne vouloir plus exercer cette dignité; mais le besoin qu'on avoit de lui fit que tous les suffrages se réunirent en sa faveur & qu'on lui déféra cet honneur pour la quatrième fois, avec le gouvernement de la Province
An de Rome
romaine pour la troisième année. 662
XLIII. — Retour des Cimbres d'Espagne ; leur jonction avec les Teutons.
Marius eut à peine commencé l'exercice de son quatrième consulat, qu'on apprit dans Rome que les Cimbres n'ayant pu s'établir en Espagne à cause de la vigoureuse résistance de M. Fulvius 81 des Celtibériens, s'étoient déjà mis en marche pour repasser les Pyrénées, 81 que s'étant joints avec les Teutons 8c divers autres peuples celtes, c'est-à-dire Gaulois ou Germains d'origine, ils avoient dessein d'entrer tous ensemble en Italie par différentes routes.