XLVII. — Défaite des Cimbres
Les Cimbres', après s'être séparés des Teutons sur les bords du Rhône 6t s'être joints avec les Tigurins pour aller tenter le passage des Alpes du côté du pays des Noriciens ou du Trentin, se mirent en marche plus tard que les Teutons 8t firent quelque séjour dans les Gaules à leur retour d'Espagne. Ils s'avancèrent enfin vers ces montagnes & les traversèrent, malgré l'abondance des neiges, la rigueur du froid Se la résistance de Q. Catulus, alors seulement proconsul, dont ils surprirent la vigilance. Ils avoient déjà passé la rivière de l'Adige 8c commençoient à s'étendre vers les rives du Pô, quand Marius fut appelé à Rome pour secourir la République dans cette extrémité. Ce général ayant rassuré par sa présence les esprits des citoyens alarmés, refusa de s'arrêter dans cette capitale pour y recevoir les honneurs du triomphe qu'on lui avoit décernés, voulant sans doute les partager avec ses soldats, qu'il avoit laissés dans la Province romaine; il manda à cette armée de venir le joindre incessamment en Italie & partit incontinent pour aller au secours de Catulus. Ces deux généraux, après leur jonction, passèrent le Pô 81 marchèrent au-devant des barbares, qu'ils rencontrèrent dans la plaine de Verceil^, le 3o de juillet. Ils les attaquèrent aussitôt Se remportèrent sur eux une victoire si complète, que ces peuples eurent cent quarante mille morts sur la place, outre soixante mille prisonniers, ce qui mérita à Marius l'honneur d'un double triomphe qu'il reçut enfin à Rome en un même jour.