XLVIII. — Mouvemens dans la Province. — Ses gouverneurs
Après l'entière défaite des Teutons 8c des Cimbres, la Province romaine demeura paisible, à quelques mouvemens près qui s'y élevèrent dans la suite 81 dont nous ignorons le détail. Ces troubles ^ donnent lieu de croire que pour les apaiser 81 contenir les peuples dans leur devoir, la République y envoya successivement les consuls C. Cassius Longinus 8t Q. Mucius Scévola,
^,.,1 /^i ... ,,, iTT'--^-. An de Rome
en qualité de gouverneurs. Ce dernier etoit collègue de L. Licinius Crassus, 658-669 fameux orateur 8c gouverneur de la Gaule Cisalpine'*, 8c non pas de la Transalpine, ou Province romaine, comme l'ont cru quelques auteurs. Nous avons parlé ailleurs de celui-ci, qui est le même qui, vingt-trois ans auparavant 8c dans un âge peu avancé, avoit été le chef des triumvirs qui établirent la colonie de Narbonne.
La rébellion des Salyens ou Salluviens, peuples de Provence, est un peu plus connue que les mouvemens dont nous venons de parler; elle arriva après la mort de M. Porcius Caton Licinianus, qui fut gouverneur de la
■ Florus, 1. 3, c. 3. — T. Live, Ep'itome 68. — ' Pighi) '• 3. ?• 'pi & suiv.
Plutarque, in Sertorio. ' Cicéron, Rhetor. 1. 2.
' Voyez tome II, Note XIII, n. 4.
An de Rome
Province romaine, avec l'autorité de préteur, vers l'an 663 de Rome; c'est peut-être le même que M. Portius Caton, personnage consulaire dont on voit à Uzès ' la pierre sépulcrale avec l'inscription suivante :
MARCI PORTII CATTONIS
CON SVLARIS
An de Rome Quoi qu'il en soit, Marc Caton, gouverneur de la Province, étoit^ arrière- Û64-665 petit-fils de Caton le Censeur, & cousin issu de germain de Caton d'Utique. Ce gouverneur étant mort dans la même province dans l'année de l'administration de sa charge, sa mort & la guerre sociale qui troubloit^ alors l'Italie parurent aux Salyens une occasion favorable pour l'exécution du dessein qu'ils avoient projeté de secouer le joug de la domination romaine'*. Ils formèrent
' D. Martène, Premier Voyage l'ittériire, p. 3oo.
' Aulii-Gelle, 1. i3, c. 19. — Pighi, t. 3, p. 217 & 229.
^ T. Llve, Ep'itom. 73. — Freinshemius, ad hune lihruni 7*. Liviij n. 65.
* Ce Marcus Perclus Cato, avec lequel aurait recommencé, vers l'année 663 de Rome (91 avant l'ère chrétienne), la série des préteurs provinciaux interrompue par la guerre clmbrique (Voir plus haut), ne nous est connu que par un texte des Nuits aîîiques, dont le sens ne paraît pas avoir été bien saisi par nos anciens historiens. Dans ce passage , qui touche incidemment à l'histoire de la Narbonnaise , Aulus Gellius (Aulu-Gelle) essaie de rétablir ', à l'aide de documents & de pièces authentiques ^, la généalogie un peu confuse de la gens Porcia^ à laquelle notre nouveau préteur aurait appartenu , comme le Marcus Porcius Cato Salonianus dont nous avons plus haut discuté les titres.
Il y rappelle d'abord que Caton le Censeur avec lequel commence l'illustration de la famille, plébéienne & municipale à l'origine, n'avait eu que deux fils, nés de mères différentes & à de longues années d'intervalle, car il avait lui-même près de quatre-vingts ans quand il avait épousé la seconde de ces deux femmes, la fille d'un de ses clients, le scribe Sa loni us. C'est de ce second fils, connu comme
' Sous le nom du grammairien Sulpicius Alcxandcr, un des hommes les plus instruits de son temps (fiotno memoriae nostrae doctissimits). qu'il nous montre assis dans la bibliothèque de Tibère (iii domiis Tiberianae bibliotheca)^ au milieu d'un groupe de jeunes gens & d'iiommcs studieux, dissertant avec eux de choses historiques ou littéraires. (Aul. Gell. iVoc;. att. 1. 3, c. 20.)
Il cite parmi ces documents un recueil d'éloges funèbres
.audatione^ funèbres) & une histoire généalogique (/-/è^r cbmmcntariits) que les Porcii conservaient précieusement dans leurs archives, à l'exemple des grandes familles romaines.
nous l'avons dit sous le surnom de Salonianus, que descendait au troisième degré le célèbre Caton d'Utique, qui se tua en Afrique après la bataille de Thapsus (708 =46) ', pour ne point survivre à la chute de la république aristocratique que ses ancêtres avaient servie & défendue avec l'entêtement de patriciens contemporains du roi Numa.
Le Marcus Porcius Cato, dont parlent ici les Bénédictins, était aussi l'arrière-peiit-fils de Caton le Censeur dont il portait les trois noms comme la plupart des Porcii ; mais il descendait, lui, du fils aîné du Censeur, mort avant son père & au début de sa carrière politique, comme nous l'apprennent les- témoignages allégués plus haut*. Son père, M. Porcius, M. F. M. N. Cato, petit-fils du Censeur, avait été consul (666= 1 18) avec Q. Marcius Rex, le prétendu fondateur de la colonie de Narbonne. Il était mort en Afrique l'année même de son consulat, chargé par le sénat de quelque mission diplomatique qui se rattachait, suivant toute apparence, aux longs démêlés de Jugurtha avec les enfants du roi Micipsa, ses cousins. Notre préteur, le fils aîné de ce consul, aurait été successivement édile curule & préteur avant de partir pour la Gaule Narbonnaise, où il serait mort, dit Aulu- Gelle, peu de temps après son arrivée. « ... Quiijuum aedilïS curuîis & praetor fuissct , in Galliam Narèonensem profectus, iH vita functus est. » (A. Gei.lius, Noct. Attic. lib. XIII, c. 20.)
Les Bénédictins, que ce témoignage paraît avoir frappés comme il avait frappé avant eux le savant Pighius, leur guide habituel en pareille matière',
3 Aulu-Gell. /.;.
■t Ex maiore autem Catonis filio, qui praetor desig-iuilus
pâtre vivo mortuus est (A. Gell. 1.1^
s Pighius. AntiaL Rom. t. 3, p. 217.
une conjuration qu'ils auroient sans doute exécutée, si C. Caecilius Métellus, préteur & successeur de Caton, qui fut envoyé en diligence dans le pays, ne
An de Rome 654-665
en ont conclu sans hésitation que ce voyage avait été entrepris dans un but officiel, & que ce Marcus Porcius Caton était venu aussi dans la Gaule pour y commander sous le titre de propréteur, tombé depuis longtemps en désuétude^. Ils citent à l'appui de cette opinion le texte d'une inscription tumulaire inconnue cette fois à Pighiiis, & qui ne pourrait guère s'appliquer, suivant eux, qu'au personnage signalé par l'écrivain ancien dans le texte que nous venons de citer. Il résulterait, en effet, des termes très-catégoriques de cette brève épitaphe, que le Marcus Portlus auquel elle est dédiée, serait mort aussi dans la Province, après avoir été revêtu à Rome des plus hautes fonctions administratives ou politiques, & qu'il aurait été inhumé chez les Netnausemes ^ dans la petite ville d'Uzès, où l'on a retrouvé son tombeau.
Ce serait ici, comme on le voit, l'épigraphie qui viendrait au secours de l'histoire pour en confirmer ou en préciser les indications tour à tour vagues ou incomplètes. Mais il y a quelque chose de si étrange dans le fond, dans la forme, & même dans la langue de cette inscription, qui serait, pour le remarquer en passant, la plus ancienne ou l'une des plus anciennes inscriptions romaines de la Gaule, qu'il nousparaît difficile d'y voir autre chose, en l'examinant d'un peu près, qu'une de ces supercheries savantes, fort à la mode au seizième siècle, & qui ont eu plus d'une fois le triste mérite de faire illusion aux historiens de l'époque suivante, assez inexpérimentés, comme on le sait, en fait de critique épigraphique '. Nous en trouverions
« Pendant tout le temps de la guerre cimbrique où la Province aurait été gouvernée par des magistrats consulaires ou pro-consulaires (voir plus haut), qui tenaient leur gouvernement d'un décret du sénat [provincia décréta ou ex senatusconsulta décréta) , à l'inverse des gouverneurs prétoriens [praetores , pro praetore) qui la tiraient au sort , quand ils étaient sortis de charge (prae/orii), comme l'indique l'expression légale sortiri provînciam... provinciam sortitus.
? !-e plus ancien recueil où elle figure serait, si nous ne nous trompons, celui d'Antoine Guiran , qui appartient chronolog'iquemenl à la première moitié du dix-scpticmc siècle (de 1620 à 1640 environ); ce qui autoriserait à croire qu'elle a été fabriquée peu de temps auparavant, comme deux ou trois autres inscriptions funéraires de la même ville, dont le tour et le ton nous paraissent aussi très-peu antiques. Les pères Martène et Durand, auxquels les Bénédictins l'ont empruntée , comme l'historien Ménard qui la donne aussi dans son Corpus epigraphicum des Netnausenses (t. 7, p. 462), l'avaient probablement copiée dans un recueil manuscrit que leur avait communiqué, lors de leur passage à Uzès, le capiscol de la ville « homme savant & veisé dans les antiquités », et dans lequel devaient ligurer aussi les inscriptions plus que suspectes dont nous venons de parler (Martène & Durand, Voyage littéraire de deux religieux bénédictins, p. 299).— L'académicien Lancclot qui relevait vers le m^me temps les inscriptions du Midi de la France {Mém. de l'Acad. des insc. S- bel), lettres, t. 33, p. 239-24.2) , l'a exclue de son recueil ,
la preuve dès les premiers mots de l'inscription, dans la manière insolite dont le faussaire écrit le no~ mcn des Vorc'n (PORTII au lieu de PORCII ou PORCi) & le praenomen de Marcus (mARCI en toutes lettres), en supprimant, il est vrai , les titres généalogiques M. F. M. M. (Marci Fi/ius, Marci Nf/105) , que l'on énonce presque toujours dans les inscriptions de cette époque. Soulignons également à la seconde ligne le titre de CONSVLARIS, qui est à peine latin sans les mots homin'ts ou viri dont il est toujours accompagné', & qui ne conviendrait dans aucun cas à notre personnage, mort au sortir de sa préture, c'est-à-dire avant d'avoir abordé le consulat'.
En admettant, comme l'inscription semblerait l'indiquer, que le nouveau propréteur soit mort accidentellement dans sa province pendant une de ces tournées administratives & judiciaires que les écrivains de l'époque classique désignent sous le nom de Conventus iuridici, s'expllquerait-on à quel titre les officiers ou les gens de service qui l'accomgnaient dans ces voyages officiels, auraient inhumé leur maître dans une des villes les plus obscures & les plus barbares du pays des Volkes Arécomikes '",
évidemment avec intention, comme l'a fait tout récemment M. Ernst Hcrzog, dans VAppendix epigraphica de sa Gallia Nartonensis.
[Le point de départ du petit roman épigraphique que nous essayons de débrouiller dans cette note, est probablement une courte inscription tumulaire qui existait & qui doit exister encore dans la cour du duché à Uzès, où M. Germer-Durand l'a estampée, m'écrit-il, il y a quinze ou vingt ans. — La légende se réduit (si elle est complète) aux trois noms du défunt
D • M - U-PORCU -CATTONIS
sans trace du mot consularii, & l'inscription elle-même ne
remonterait point au delà du second siècle de notre ère, s'il faut en iiif^cr par la forme des caractères. — Rapprochée d'autres inscriptions du même genre que l'on trouve à Uzès, à Nimes & à Narbonnc , elle prouverait tout simplement qu'il existait dans la Narbonnaise, aux deux premiers siècles de l'Empire, plusieurs familles sorties par voie d'affranchissement ou de clientèle de la gens Porcia, ce qui n'a plus rien que de très-naturel après les faits que nous venons de relever.]
• Voir à l'appui de cette assertion les écrivains & les inscriptions antiques. — Au quatrième siècle on le trouve assez souvent associé à des noms de province : Comularis Aemiliae, Campaniae , Oermaniae, Lusitaniae. (Insc. pass.)
^ Ajoutons, pour épuiser les diverses hypothèses auxquelles on serait tenté de songer, qu'il ne conviendrait pas davantage au consul de l'année 660 ^118, puisque ce personnage était mort en Afrique, comme nous venons de le voir, & dans l'année même de son consulat, circonstance qui suflirait pour exclure l'épithète consularis , laquelle ne s'appliquait jamais qu'aux consuls sortis de fonctions, ni au A/. Porcius Cato Salonianus, par lequel Pighius inaugurait la première série de nos préteurs provinciaux, puisque celui-ci serait mort aussi avant d'avoir franchi la préture, l-tt)^tûtT[9( atpaiiiYwv, coiume le dit formellement Plutarque.
'» Tellement barbare que nous ne croyons point nous aven-
An de Rome 664-66J
Éd. origin.
:oo
l'eût entièrement dissipée par sa présence. Ce nouveau gouverneur se comporta avec tant de prudence & de modération durant les deux années de son gouvernement, qu'après avoir étoufté toutes les semences de révolte dans la Province, il eut la gloire de la laisser tranquille, du moins en apparence; car il n'est pas aisé de pacifier entièrement des peuples qui cherchent à recouvrer leur ancienne liberté.
XLIX, — Les Tectosages d'Asie soumis par Mithridate .
L'ambition de Mithridate, roi de Pont, causa alors des révolutions plus considérables parmi les Tectosages d'Asie, Ce prince', si célèbre par les diverses guerres qu'il entreprit, & en particulier par celle qu'il fit aux Romains pendant quarante-six ans, n'omit rien pour détacher une partie des Gallogrecs de l'alliance de la République romaine St pour les attacher à son service. Il réussit enfin à force d'argent, & il en fut si satisfait, qu'il s'applaudit beaucoup d'avoir gagné ces peuples, dans une harangue qu'il fit à ses soldats & que Trogue Pompée lui prête, parce qu'il regardoit leurs troupes comme la principale force de ses armées. Les autres Gaulois d'Asie, fidèles à l'alliance de la République, servirent dans l'armée romaine contre ce prince. Si c'est avec leur secours que les généraux romains rétablirent Ariobarzane sur le trône de Cappadoce St Nicomède sur celui de Bithynie, d'où ce roi de Pont avoit chassé ces princes. Peut-être que les Gallogrecs, craignant également Mithridate 8c les Romains, & voulant prévenir le danger de se voir quelque jour la victime
sans nous dire un mot de l'accident qui les forçait à tant de choses irrégulières, sans nous apprendre même, comme le font si souvent les inscriptions antiques, quels étaient ceux de ses serviteurs ou de ses affranchis qui lui auraient rendu ces pieux devoirs " ?
L'inscription d'Uzès mise ainsi hors de cause, nous nous retrouvons en présence du passage d'Aulu-Gelle qui a bien son importance ici, puisqu'il ne nous permet point de douter qu'un des descendants au troisième degré de Caton le Censeur ne soit venu mourir dans la Gaule Narbonnaise,
tarer beaucoup en affirmant qu'aucun de ses habitants, indigènes au moins, ne parlait & ne comprenait encore la langue latine, qui ne devait guère franchir, à cette époque, les murs de la colonie de Narbonne, la seule ville de la Province à laquelle on piit donner alors le nom de ville romaine. — Rappelons incidemment que le nom celtique d'Uce/iJ (^Ouketia) figure pour la première fois dans la célèbre inscription géographique du .Musée de Nimes. qui ne remonte point au delà du règne d'Auguste. (Voir plus haut.)
»» Nous songeons ici aux grandes inscriptions officielles de Narbonne ou de Nimes, dédiées à leur patron par des affranchis qui oublient rarement d'inscrire leur nom en toutes lettres après le nom de leurs maîtres, ou par des exécuteurs testamentaires ^ex testamento) qui présidaient à la cérémonie des funérailles et à l'érection du tombeau (curanlibus illo aut illo... arbitratu illius aut illius)
après avoir été successivement édile curule & préteur. Mais il ne dit nullement qu'il ait été chargé, après sa préture, d'un gouvernement provincial, & que ce gouvernement ait été précisément celui de la Gaule Narbonnaise *', particularités qui valaient la peine d'être mentionnées à leur tour, & que notre généalogiste aurait certainement mentionnées, comme il a rappelé plus haut la mort accidentelle du consul Marcus Porcius Cato, mort en Afrique pendant son consulat. Le surnom de Licinianus, sous lequel Pighius & les Bénédictins désignent ce prétendu propréteur, serait lui-même une pure hypothèse, puisque ce cognomen éiait particulier au fils aîné de Caton le Censeur, comme nous l'avons déjà remarqué. Se que rien n'indique qu'il se soit étendu cette fois du chef de la famille à ses descendants, désignés déjà sous celui de Caio qui était le cognomen de la gens tout entière. [E. B.]
' Appien, de Bello Mithr'ti. — Justin, 1. 37 & seq.
■" Pourquoi n'y serait-il pas veau en simple particulier {frivatui) , comme le faisaient, dès cette époque, bèàiiioup de riches Romains devenus en Gaaie possesseurs de grands domaines, achetés à vil prix le plus souvent, & qui leur y créaient des affaires de tous les genres ? (Voir, à ce sujet, le discours de Cicéron fro Fonteio, pasiim.)
An de Rome
du parti victorieux, se partagèrent entre ces deux puissances pour ménager l'une & l'autre. Cette guerre leur fut cependant également fatale par les divers succès que les deux partis eurent tour à tour. Les Gallogrecs qui s'attachèrent au An de Rom service du roi de Pont eurent d'abord part à ses victoires sur Manius Aquilius, 666 Q. Oppius & Maltinus, 8c ceux qui étoient au service de la République partagèrent en même temps la défaite de ces généraux romains.
Mithridate ayant perdu ensuite à son tour plusieurs batailles consécutives, & surtout celle de Chéronée, où son général Arcliélaûs fut entièrement défait 668 avec son armée, composée de cent dix mille hommes, ordonna de nouvelles levées pour continuer la guerre contre les Romains. Comme il appréhendoit alors que ses malheurs ne détachassent les Gallogrecs de ses intérêts & que ces peuples ne se déclarassent entièrement pour la République, il résolut de les empêcher de rien entreprendre contre lui Si de s'assurer de leur fidélité. Pour mieux réussir, il fit, sous prétexte d'amitié & de considération, appeler à Pergame, où il tenoit alors sa cour, soixante des plus qualifiés d'entre eux qu'il garda ensuite comme autant d'otages, 8c qu'il traita avec aussi ' peu de ménagement que s'ils eussent été ses prisonniers. Les Gallogrecs, ne pouvant supporter un traitement si injurieux, résolurent de s'en venger sur la personne de ce prince Se conjurèrent sa perte. Torédorix, l'un des tétrarques de la nation 8c des peuples qu'on appeloit Tosiopores, homme également hardi, entreprenant 8c d'une force extraordinaire, se mit à la tête des conjurés 8c leur persuada de se saisir de la personne du roi Mithridate, dans le temps qu'il iroit, selon sa coutume, rendre la justice à son tribunal, 8c de le jeter ensuite clans un précipice. Ce dessein fut applaudi; mais ce prince ne s'étant pas rendu ce jour-là à son tribunal, l'exécution manqua. Torédorix, loin de se décourager ou d'abandonner son dessein, ayant été appelé au palais avec les autres Gaulois, ranima leur courage 8c leur persuada de se servir de cette occasion pour exécuter leur projet; car enfin, leur dit-il, si Mithridrate vient à le découvrir, nous sommes perdus sans ressource, 8c après les démarches que nous avons faites, je ne vois que sa mort qui puisse assurer notre vie. Cela dit, il va au palais avec les conjurés qui, en abordant le roi, se jettent sur lui, se saisissent de sa personne 8c, après l'avoir maltraité, se retirent sans avoir pourtant achevé de le tuer. Cet attentat ne demeura pas longtemps impuni : Mithridate fit mourir d'abord tous les Gaulois qu'il tenoit à Pergame, à la réserve d'un jeune homme appelé Bépolitan, qu'il aimoit, 8c qu'un sentiment de tendresse lui fit épargner. Ce fut par un pareil sentiment qu'une femme de Pergame, maîtresse de Torédorix, voyant jeter son corps à la voirie avec ceux de ses autres complices, eut assez de courage pour l'enlever 8c lui rendre les devoirs de la sépulture. Cet acte de générosité 8c d'affection toucha Mithridate qui, loin de le punir ou de le désapprouver, ne put s'empêcher de le louer.
Ce prince ne borna pas là sa vengeance : il l'étendit sur toute la nation,
■ Appien, de Bello MithriA. — Plutarque, de Virtute multerum.
\n de Rome
persuadé que les Gaulois se joindroient infailliblement contre lui avec Sylla t i',°p.^7"'. ^ ^^s Romains, 8c qu'il ne devoit plus espérer aucun secours de ces peuples. Mithridate, voulant donc rendre la punition générale, fit mourir tous ceux qui restoient de la race des princes ou tétrarques de la Galatie, avec leurs femmes & leurs enfans, soit par différens pièges qu'il leur tendit, soit dans le temps d'un festin qu'il leur donna. Il confisqua ensuite leurs biens & soumit toute la Gallogrèce à son empire; & pour retenir les Galates dans l'obéissance & les empêcher de remuer, il pourvut de bonnes garnisons toutes les places fortes du pays. Il y eut cependant trois princes ou tétrarques gaulois, dont le principal fut le fameux Déjotarus, qui échappèrent de ce massacre général & qui, soutenus par les peuples, secouèrent bientôt après le joug de ce prince, de même que celui d'Eumaque, qu'il leur avoit donné pour gouverneur ; en sorte qu'il ne conserva que leurs trésors & les dépouilles du pays dont il s'étoit emparé.
L. — Guerres civiles de Sylla &■ de Sertorius fatales à la Province, — Flaccus commandant de la même Province.
La guerre de Mithridate contre les Romains ne contribua pas peu à fomenter & à faire éclater la mésintelligence de Marius & de Sylla, personnages alors les plus considérables de la République. Leur division' partagea la plupart des Romains & fit naître une guerre civile, dont le premier fut enfin la victime; car ayant été vaincu par Sylla, son compétiteur, il fut obligé de prendre la fuite & de s'éloigner de Rome pour se dérober à la fureur de son ennemi. La mort de Marius n'éteignit point sa faction; Sertorius, l'un de ses 671 principaux partisans, s étant retire en hspagne, après en avoir ete nomme gouverneur, son premier soin, à son arrivée au delà des Pyrénées, fut de relever son parti, affoibli depuis sa mort. Le ressentiment de Sertorius contre Sylla & son parti éclata encore bien davantage lorsqu'il apprit dans la suite qu'il l'avoit fait mettre au nombre des proscrits. Ce général, ne gardant plus alors aucun ménagement, prit publiquement les armes tant pour soutenir ses propres intérêts que pour venger la querelle de ceux qui avoient eu le même sort que lui^.
La Province romaine avoit trop de liaison avec Rome pour ne pas partager avec elle les suites funestes de cette guerre civile. C. Valérius Flaccus la gouvernoit avec l'autorité de préteur, quand Sertorius se retira en Espagne : le titre de général (imperator), que^Cicéron lui donne, a fait croire aux commentateurs de cet orateur que cette province s'étoit partagée de même que Rome entre Marius &. Sylla, & que Valérius Flaccus commandoit en faveur du dernier les troupes romaines contre les Gaulois & les Romains du pays qui
An de Rome
' Florus, I. 3, c. 21. — Tue-Live, Epitome 85. ' Voyez tome II, Note XVI, n. i.
Freinshemius, aâ hune librum T. Livii, n. 65. ' Cicéron, pro Quint, éd. Graevius, t. i. p. 14.
HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LTV. II. 2o3 7;^7^,
avoient embrassé le parti de l'autre. On conjecture ' même que Flaccus remporta sur ceux-ci une victoire considérable, par la médaille que le sénat fit frapper à son honneur; cette médaille représente d'un côté une aigle de la quatrième légion entre deux autres signes militaires, & de l'autre une Victoire gauloise avec ces mots^ : Ex S. C. Nous savons d'ailleurs que la guerre que Sertorius suscita en Espagne, après la mort de Marius, causa de grands maux & de grandes dépenses à la Province, soit par le passage fréquent des troupes romaines que la République envoya au delà des Pyrénées contre ce général, soit par les grands secours d'hommes, de vivres 81 d'argent, que les préteurs ou proconsuls qui la gouvernèrent durant tout ce temps-là, furent obligés de fournir aux généraux romains, à qui l'expérience & la valeur de Sertorius donnèrent souvent de l'exercice, 8c dont les succès ne furent pas toujours heureux, soit enfin par les divisions funestes Si la guerre qu'elle alluma dans le pays.
LI. — Les gouverneurs de la Province romaine donnent du secours à Métellus
contre Sertorius.
Sylla, après avoir dissipé ses ennemis, s'être rendu maître absolu de Rome
„ • ■ I • I ■■ r • . f- An de Rome
8c avoir pris le titre de dictateur, commença par raire exécuter cette fameuse 6^^ proscription^, dans laquelle Sertorius fut compris, & médita la perte de ce gouverneur d'Espagne qui, par son habileté 81 la douceur de son gouvernement, s'y étoit déjà fait un grand nombre de créatures. Pour réduire la faction de ce général, Sylla envoya une puissante armée, sous le commandement de C. Annius, contre lequel Sertorius, de son côté, en leva une autre pour lui disputer l'entrée en Espagne. Annius, qui s'étoit flatté qu'elle lui seroit aisée du côté des Pyrénées, en trouva tous les passages fermés, parce que Sertorius avoit eu soin d'y envoyer six mille hommes pour les garder, sous la conduite de Salius Salinator. Annius, voyant l'impossibilité de forcer ces passages, prit le parti de s'arrêter en deçà de ces montagnes, 81 sans doute du côté du Rous- f'',- "'''s'jsillon, jusqu'à ce qu'ayant eu avis que Salinator avoit été tué par un des siens dans une embuscade Se que les troupes de ce lieutenant de Sertorius s'étoient débandées, il revint sur ses pas, entra sans aucune opposition en Espagne S<, y remporta divers avantages contre Sertorius, qui fut enfin obligé de se réfu-
' Pighi, t. 3, p. 219. sur les Gaulois ou les Romains de la Province,
' M. de Mandajors prétend' que Marius étant opposés à l'un des deux partis; mais que cette
mort depuis trois ans lorsque C. Valérius Flaccus Victoire gauloise indique seulement une bataille
gouvernoit la Province romaine, ou Gaule Narbon- gagnée par Flaccus sur des Gaulois plutôt que sur
noise, cette province ne pouvoit être alors partagée des citoyens. [Note rectificative de iom Faissete, sur
entre les factions de Marius & de Sylla, & que la les factions de Marius & de Sylla & sur ^ueljues
médaille que le sénat fit frapper en l'honneur de gouverneurs de la Province romaine ou Gaule Nar-
ce gouverneur, où on voit une Victoir» gauloise, honnoise, insérée au tome V, p. 665, col. 2 de
ne sauroit prouver qu'il eût remporté une victoire l'édition originale.)
' Plutarque, in Sertorio. — Freinshemi\is , ad
' Histoire de la Gaule Narhonnoife, p. igS. ''i. 88 T. Livii, n. 21, & ci lih. 9 , n. 27 & 20.
gier dans la Mauritanie. Heureusement pour ce dernier, les Lusitaniens, qui s'étoient révoltés contre les Romains, l'appelèrent à leur secours peu de temps après Se lui donnèrent le commandement de leurs troupes, ce qui lui donna occasion de rétablir ses affaires en Espagne & de se rendre redoutable à Sylla'.
Ce dictateur, craignant que Sertorius ne ranimât son parti & qu'il ne prît enfin le dessus, envoya contre lui Q. Métellus Plus, homme de tête &. d'expérience ; mais Sertorius, qui n'étoit pas moins habile, le vit venir sans se déconcerter & rendit tous ses efforts inutiles par sa conduite autant que par sa valeur^, en sorte que Métellus se vit obligé d'implorer le secours de L. Lollius, qui gouvernoit alors la Province romaine; les troupes que ce gouverneur lui " ~~ amena lui-même de Narbonne en Espagne ne le mirent pas en état d'arrêter^
Ans de Rome ^^ r i i- i
675-676 les progrès de Sertorius : u fut encore obligé d avoir recours peu de temps après à L. Manilius Népos'^, nouveau gouverneur de la même Province sous le nom de propréteur ou de proconsul ; car depuis la loi Cornelia, donnée au sujet des provinces, on donnoit indifféremment l'un ou l'autre titre à ceux qui les gouvernoient, soit qu'ils eussent exercé ou non le consulat.
Manilius venoit de faire la guerre aux peuples d'Aquitaine voisins de la Province romaine, qui avoient sans doute fait quelque mouvement, quand il fut appelé par Métellus; mais le succès de cette guerre contre les Aquitains ne fut favorable ni à ce gouverneur, ni à son lieutenant L. Valérius Préconinus. En effet, ce dernier s'étant avancé dans le pays, fut battu & obligé de prendre la fuite; 8c Manilius, qui le suivoit avec le reste de l'armée, & qui eut le même sort, perdit tout son bagage 5. Ce gouverneur ne fut pas plus heureux en Espagne contre Sertorius : il partit de la Province avec trois légions & quinze cents chevaux^, & remporta à la vérité, au commencement, quelque avantage sur les troupes de ce général; mais dans la suite. Herculéius, lieutenant de ce dernier, l'ayant joint, lui livra bataille & le battit, ce qui l'obligea, après avoir perdu L. Valérius Préconinus, son lieutenant, & toutes les places qu'il avoit prises sur le parti de Sertorius, de se retirer à Lérida.
' Voyez tome II, Note CIX. appuyé , qui le dit proconsul Je la. province des
' Ihii. Note XIV. Gaules, & qui le fait passer en Espagne au secours
' Pluiarque, in Sertorio, p. Sy^. de Métellus, s'est trompé, & qu'enfin ce Manilius
* Orose, 1. 5 , c. 23. — Pighi , t. 3 , p. 229, 28 1 est le même que L. Manlius, proconsul d'une pro-
& suiv. vince d'Espagne, qu'Herculéius, questeur de Serto-
^ M. de Mandajors prétend ', sur l'autorité de rius, battit avant le passage de Lollius en Espagne.
Plutarque', que L. Manilius Népos, qui, à ce que Ses raisons nous paroissent concluantes, & nous
nous avions cru, succéda à Lollius dans le gou- nous y rendons volontiers. [Note rectificative ie dom
vernement de la Province romaine, ou Gaule Nar- Vaissete^ sur les factions de Marins & de Sylla &
bonnoise, ne fut que proconsul d'une province sur quelques gouverneurs de la Province romaine ou
d'Espagne; qu'Orose', sur lequel nous nous étions Gaule Narbonnoise , insérée au tome V, p. 665,
col. 2 de rédition originale.] ■ Histoire de la Gaule Narl-onnoisc, p. i85. "^ Plutarque, in Sertorio, p. 374 & seq.
* Plutarque, in Sertorio.
î Orose, 1. 5, ch- 23.
HISTOIRE GENERALE DE LANGUEDOC. LIV. II. 2o5 ~ ~
Ans de Rome 675-676
LII. — Révolte de M. Mm'ilius gouverneur de la Province romaine.
Les mauvais succès de Métellus, 81 des gouverneurs de la Province romaine qui allèrent à son secours en Espagne, furent suivis de nouveaux troubles que fit naître dans la même Province la division qui se mit, après la mort de Sylla, entre les consuls' M. VËmilius Lépidus, &. Q. Lutatius Catulus. Celui-là qui n'avoit pas été favorable à ce dictateur, & qui avoit été témoin de l'extrême sévérité dont il avoit usé à l'égard de ses ennemis, proposa d'abord de rappeler les proscrits Se d'abroger tout ce que Sylla avoit fait pendant son gouvernement ; mais Catulus rejeta fortement la proposition de son collègue Se l'obligea même de prendre la fuite. Lépidus prit alors le parti de se retirer dans l'Etrurie; il passa ensuite dans la Province romaine dont il venoit d'obtenir par sort le gouvernement pour l'année suivante, Se où il arriva avant la fin de son consulat.
La retraite de Lépidus causa du tumulte dans Rome, mais bien plus encore la hardiesse qu'il eut, après avoir repassé les Alpes, de se présenter aux comices à la tête d'une armée rassemblée de toutes parts, Se composée d'un grand nombre de proscrits, comme s'il eût voulu forcer la République, les armes à la main, à lui faire raison. Il fit d'abord quelque mouvement 5 mais il fut vivement repoussé par Catulus & Pompée, qui le forcèrent de prendre la fuite une seconde fois. Ce désavantage n'abattit pas son courage : il forma d'autres desseins; Se pour en faciliter l'exécution , il leva une nouvelle armée pendant ~~~~~~~^
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1 année de son proconsulat, inspira la révolte aux peuples de la Province dont 677 il avoit le gouvernement, 8c s'étant mis à la tête de ses troupes, il partit de nouveau pour Rome, résolu de forcer les comices à lui déférer l'honneur d'un second consulat. Sur le bruit de sa marche, le sénat, qui craignoit de nouveaux troubles, 8c qui vouloit les prévenir, le déclara ennemi de la patrie lid. origin. 81 envoya Catulus 8c Pompée avec ordre de le combattre partout où ils le '" '^'^^' trouveroient. Ils le rencontrèrent dans l'Etrurie, où ayant été entièrement détait, il fut obligé de se retirer avec les débris de son armée, en Sardaigne, où il mourut peu de temps après. Perpenna, son ami 8c son partisan qui l'avoit suivi, passa ensuite en Espagne avec le reste de ses troupes qu'il amena au secours de Sertorius.
C'est à cette année du proconsulat de Lépidus qu'on doit rapporter la révolte de la plus grande partie de la Province dont il étoit gouverneur, 8c dont il gagna les peuples à son parti Se à celui de Sertorius^. Les Volces Arécomiques, les Helviens 8c les Vocontiens, qui furent du nombre des rebelles, payèrent chèrement bientôt après l'imprudence qu'ils eurent d'entrer dans la défection de ce gouverneur, ou plutôt dans les divisions qui déchiroient alors la République.
' Pighi, t. 3, p. 279. — Freinshemius, ad lih. 88 " Voyez tome II, Note XV.
T. Livii, n. I, & ai lih. 90, n, 27 & 29,
An de Rome -°^ HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIV. IL
Lin. — Pompée punit les rebelles de la Province.
Pour remédier aux désordres que la révolte avoit causés parmi ces peuples, on nomma à Rome Manius Fontéius pour gouverner la Province romaine avec l'autorité de préteur, & on ordonna à Pompée qui devoit conduire une armée en Espagne ' contre Sertorius, d'y pacifier les troubles à son passage &. d'y réduire les rebelles. Pompée ^^ étoit encore fort jeune; mais il s'étoit distingué par sa valeur dans les campagnes qu'il avoit déjà faites en qualité de questeur, en Afrique, en Italie, & dans la Gaule Cisalpine. Fontéius, plus âgé que ce dernier, avoit servi aussi avec distinction, d'abord comme questeur &. ensuite avec l'autorité de lieutenant, dans les provinces de Macédoine & d'Espagne. Il étoit également redevable de ces honneurs à son propre mérite & à sa naissance, qui étoit des plus considérables.
Pompée, à qui le sénat avoit donné le commandement d'une armée, quoiqu'il ne fût encore que questeur, employa quarante jours à la rassembler. Cela fait, il prit la route des Alpes sur la fin de l'année^, mais les partisans de Sertorius, qui s'étoient saisis de ces montagnes, lui en disputèrent l'entrée, en sorte qu'il fut contraint de s'ouvrir un passage vers les sources du Pô & du Rhône par la force de ses armes, après avoir obligé les ennemis de se retirer & de se An de Rome réfugier en Espagne "*. Le premier soin de Pompée, après son arrivée dans la 678 Gaule Transalpine, fut de soumettre les rebelles conjointement avec Fontéius qui en étoit gouverneur, 8c de s'emparer des villes qui tenoient le parti de Sertorius. Enfin, après avoir vaincu les rebelles qui pouvoient retarder sa marche ou s'y opposer, n'ayant plus d'ennemis à combattre dans la Province, il punit les peuples du pays qui avoient pris part à la révolte & qui s'étoient déclarés pour Sertorius. Il priva par un décret public les Volces Arécomiques^ & les Helviens d'une partie de leurs terres, qu'il adjugea aux Marseillois, en récompense de leur constante fidélité & de leur attachement inviolable aux intérêts de la République : les peuples de Marseille, sensibles à ce bienfait, en conservèrent une vive reconnoissance envers Pompée, comme nous le verrons dans la suite.
Ce général, après avoir donné cet exemple de sévérité contre quelques peuples de la Province, en partit bientôt après pour l'Espagne, où il arriva enfin, malgré les difficultés qu'il rencontra &. la résistance des troupes de Sertorius, qu'il défit entièrement au passage des Pyrénées. A son départ de la Province pour cette expédition'', il laissa à Fontéius le soin d'en apaiser entièrement
' Pighi, t. 3, p. 287. ^ Freinshemius, ad lih. 91 T. Lîv'i'i, n. i & seq.
° T. Live, Epitome 89, 90, 91. — Cicéron , pro — Cicéron, pro Lege Manllia , & pro Fonteio. —
Fontcio. Salluste, Hist^ Fragm, Epistola Cn, Pompeii ad 5e-
' Salluste, Hist. Fragm. — Cicéron, pro Lege natum.
Manilia, &. pro Fontcio. — Freinshemius, ad lih. 91 ^ César, de Bello civili, 1. 1.
T. Livii, n. I & seq. ' " Voyez tome II, Note XV.
les troubles & de faire exécuter le décret qu'il avoit donné pour la confiscation d'une partie des terres des rebelles'.
An de Rome