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LIV. — Conduite de Fontéîus dans la Province romaine

Fontéius, fidèle aux ordres de Pompée, n'oublia^ rien pour gagner les esprits 8c pour porter les peuples à la soumission ; mais enfin, ne pouvant les réduire par la douceur, il fut obligé d'employer la force. Il en vint en effet aux mains avec quelques-uns d'entre eux, principalement avec les Vocontiens qui lui donnèrent bien de l'exercice. Ce furent sans doute les rebelles de la Province qui firent alors le siège de Narbonnej nous savons du moins que ceux qui l'entreprirent n'omirent rien pour se rendre maîtres de cette capitale Si de ce boulevard de toutes les Gaules pour les Romains. 11 y a lieu de croire que les assiégeans furent soutenus dans cette entreprise par un détachement des troupes de Sertorius, sous les ordres de Perpenna, qui s'empara dans ^ ce temps-là de Cale, ville des Gaules dont nous ignorons la véritable situation. Fontéius marcha au secours de Narbonne dont il fit lever le siège, après avoir ff{°^f^l[ battu ceux qui l'avoient entrepris; il empêcha encore celui de Marseille, que ces mêmes troupes avoient résolu de tenter; ainsi il eut la satisfaction d'avoir pacifié la Province, mais ce ne fut qu'en apparence. Après cette expédition, ce proconsul fit exécuter à la rigueur le décret de Pompée pour la confiscation des terres des peuples rebelles, dont il disposa suivant les ordres qu'il avoit reçus. C'est au- temps de l'exécution de ce décret qu'on pourroit peut-être rapporter l'origine de quelques colonies romaines de la Province'*, telles que

' Voyez tome II, .Vote XV, n"' 2 & 3.

' Cicéron, pro Fonteio.

' Fragmenta Sallustiij apud Servium^ in lib. vil ^ne'idos.

* On sait aujourd'hui ce qu'il faut penser de la prétendue méJaille antique sur laquelle reposaient, en partie, Us prétentions de la ville de Toulouse au titre de colonie romaine'. A défaut de cette monnaie, inventée au seizième siècle, comme beaucoup d'autres, par le faussaire Hubert Goltziiis^, restait, il est vrai, le texte célèbre aussi du géographe Ptolémée, qui cite Tolosa parmi les villeo fondées ou habitées par les Volkes, en ajoutant à son nom l'épithète de 7.o).wv''a'. Mais ce témoignage, tout im-

' Voir, au chapitre xvi de ce livre, ce que pensaient à ce sujet !c3 Biinddiclins eux-mêmes : « ...ils y d-tablircnt dans la suite une colonie romaine qui devint riche & puissante... » Et plus loin : ■ Les médailles qui nous re.'itent de cette ancienne colonie prouvent qu'il y avoit une monnoie. »

' Thésaurus rci antiquariae -uberrimus ; Anvers, iSyo, in-f", p. 241. — Les mensonges de Golt/ius ont élii signalés & dévoilés par Eckhel, le tondatcur de la critique numismatique, dans un des chapitres les plus concluants de sa Doctrina numorum velerum.

' Où^^xal ol TixT^Ta^t; wv ciîiliî : 'iVliSipiç , 'Pouïxivwv,

to).û9« salkwna. (Ptol. c. 9 , lo; cdid. L. Renier.)

portant qu'il paraisse, est infirmé à son tour par celui de Pline le Naturaliste, qui puise ses renseignements à des sources officielles, comme nous l'avons remarqué déjà, & qui classe, lui, la Tolosa des Tectosages parmi les villes latines de la Province dont il nous a conservé la liste. Elle y figure à côté de Ncmausus, la métropole des Volkes Arccomiques, dont elle aurait ainsi suivi la destinée & partagé le sort politique'.

En supposant, comme les Bénédictins l'ont admis un peu gratuitement, qu'elle ait été fondée dans les derniers temps de la République, elle n'aurait pu l'être que par Jules César; car rien n'indique que Pompée, tout occupé de répressions & de guerre pendant son séjour en Gaule, ait eu le loisir d'y fonder & d'y organiser des colonies'.

< Oppida latina Lutcvani qui & Foroneronienses,

Nemausttm Arecomicorum, Piscenae, Uuteni Suna^enseSf

Tolosani Tectosagum, Aquitaniae contermini (Plin.

5 En 707 ou 708 de Rome (46 ou 46 ans avant J. C). — Les Bénédictins s'appuient ici sur le texte célèbre de Suétone (voir plus haut), relatif i Tibérius Claudius Néro. le père de brusiis & de Tibère ; Ad deduceitdas in Galliani colonias in qucis Narbo & Arelate erant, missus est. (Suéton.

An de Rome

celles de Toulouse, de Béziers & de Rnscino, dont on ignore le temps de la fondation ; car il paroît assez vraisemblable que la République avant privé [mulctati) alors de leurs terres plusieurs peuples rebelles du pays,

Elle aurait alors fait partie des colonies militaires, établies en Gaule par Tibérius Claudius Néro, un ou deux ans avant la mort du dictateur, comme nous l'apprend Suétone dans un texte souvent cité où ne figure point le nom de Tolosa, pas plus qu'il ne figure dans le texte également célèbre où Pline énumère toutes les colonies civiles & militaires de la Province, en ajoutant au nom de celles-ci le numéro d'ordre de la légion dont elles étaient l'ouvrage*. Quant aux inscriptions locales, dont le témoignage confirme le plus souvent celui des géographes, elles sont, comme on le sait, assez rares à Tolosa, & rien dans ces inscriptions n'indique que ses habitants se soient jamais attribué un de ces numéros d'ordre {secundan'i, septimanî, decumanï)^ devenus un titre d'honneur à Narbonne comme à Béziers & à Orange. Pline, qui classe Tolosa parmi les villes latines de nos provinces, les désigne au contraire sous leur nom national [Tolosanl Tcctosagum), comme il désigne plus loin les Nemausenses & leur ville de Nemausus (il l'appelle, lui, Nemausum) sous celui des Arécomikes, dont elle était restée la métropole, Nemausum Arecomikorum. (Voir, plus haut, nos études sur les Volkes.) Il y a donc toute raison de croire, en s'autorisant de ces témoignages, que le titre de colonie n'était, à Toulouse comme à Nimes, où il paraît dès le temps d'Auguste, qu'un titre purement honorifique, que briguaient & que prenaient les grandes villes provinciales pour ne point rester inférieures en apparence aux colonies proprement dites qui figuraient avant elles dans les rôles officiels de la Province (formula provinciae)^.

Les seuls privilèges que les Tolosanl paraissent

Tib. c. 4.) Ils classent sans façon Tolosa parmi les colonies dont riiislorien aurait supprimé le nom.

6 Voici, d'après Pline, la liste de ces colonies civiles & militaires; il les énumère, suivant Tordre adopté par lui dans sa description de la Gaule, en allant du Sud au Nord & du littoral à l'intérieur des terres ; Narto Martius, Decunianorum cohttia, Forum lulii, Octavanorum colonia, tjuac Pacensis appellalur & Classica... in Medilerraneo coloniac Arelate Sextanontm, Beterrae Septumanorum, Arausio Secundanorum, in agro Cavarum Valencia (fondation inconnue), Vicnna Allobrogiim (ilem ; Plin. m, 4(5]). — Celle de Ruscino, dont il existe des monnaies bien authentiques cette fois (elles portent d'un côté : IMP • CAESAR ■ AVGVSTVS; de l'autre : COL • RVSC • I-EG • VI. Br. trcs-rare), est citée par Pline parmi les villes latines de la Province {Ruscino Lalinorum) , comme celle de Cabclio, qui prenait aussi, au temps de Lépide, le titre do colonie. (Plin. /./.)

7 Voir, sur cette question depuis longtemps controversée, les savants travaux de MM. Labroqucre (A/e'm. de l'anc. acad. des se. de Tout., t. 4, p. i52), Bénecli, (^Touluuse, cité latine, nouveau mémoire , 4« série, t. 3, p. 178 & suiv.), & Humbert, dont le mémoire est resté malheureusement inachevé (7» série, t. i, pages 1 à 45^.

avoir possédés antérieurement à l'organisation d'Auguste, seraient ceux des villes alliées {foederat'i, clvltas foederata) qu'ils avaient reçus à la suite de la conquête, pour les récompenser probablement de la facilité avec laquelle ils avaient abandonné les Arvernes leurs anciens maîtres, trahis eux-mêmes par la fortune'. En perdant ce titre d'assez bonne heure, à ce qu'il paraît', leur ville était retombée au rang de simple cité provinciale & de cité mécontente, comme elle l'était au temps des guerres civiles, lors du séjour de Pompée & de la propréture de Fontéius dans les Gaules. Il suffit, pour en être convaincu, de lire avec un peu d'attention les fragments du plaidoyer Pro Fonteio, où les Volkes tiennent la première place avec les Allobroges parmi les nations de la Province, & où leur ville de Tolosa se trouve désignée par son nom sans allusion, même indirecte, au rang qu'elle y occupait hiérarchiquement'". Ce ne serait donc que sous le gouvernement libéral & bienveillant de Jules César ou d'Auguste" que les deux métropoles auraient obtenu les privilèges du droit latin [jus latlnum'), auquel Tolosa aurait ajouté depuis, à l'exemple de Nemausus, le titre honorifique de colonie.

« Ce fait, intéressant à plus d'un titre, ne nous est connu que par un témoignage de date relativement récente, celui de l'historien Dion Cassius, qui écrivait comme on le sait sous Alexandre Sévère, mais qui emprunte ses renseignements à des écrivains de date plus ancienne, ordinairement ^ien informés : T&>.0(I(TaV -KfÔTEfOV [ilv tV(TK0v50V OVffttV toïç 'Pu[Jiatoi;,

ioQr.vai... (Dio Cass. Fragment. 90; edid. Beck.)

y A l'époque des troubles provoqués dans la Province par les Cimbres, dont l'apparition y avait excité de vives espérances, comme le dit l'historien Dion. (Voir suprà.)

'"Tandis qu'il désigne Narbonne sous te titre de Narbo Marcius colonia nosîrorum civium coloni Narbonenses... coloni popiili Romani (pass.), Marseille & ses habi:anls sous celui de ;îiWissimï sociorum... amicisstmi atque antiquissimi socii.

'* Ce ne serait pas lui dans tous les cas qui aurait fondé celle de Nemausus, puisque l'on sait de source certaine que la ville, dépouillée de son autonomie, avait été attribuée par lui, avec son territoire, aux Massaliotes dont il fallait récompenser les services & la fidélité. A quelle époque d'ailleurs le voit-on embarrassé de ces légions & forcé de les établir pour les licencier, comme César allait le faire, après avoir mis fin aux guerres civiles & étrangères? Ce ne serait certainement point à l'époque où il écrivait au sénat de la Gaule ou de l'Espagne, cette lettre désespérée dont Saltuste nous a conservé le texte (le voir à la fin du Salluste de M. Burnouf). — M. Herzog a prouvé par de très-bonnes raisons que Nemausus n'avait obtenu le jus latïnum & le titre de colonie latine qu'après la prise & la chute de Massalia, dépouillée par César de toutes ses possessions de terre ferme : Quod initium fieri non potuit, Jiisi de agro Massiliensium oat decreUim quia in hune agrum coloniae illae deducebantur. (HER20G, Giï/. Narb. p. 80.)

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elle voulut établir des colonies au milieu d'eux', tant pour les contenir dans le devoir, que pour récompenser en même temps les vétérans légionnaires. On sait que ces sortes de colonies militaires commencèrent du temps de Sylla \

LV. — Fontéîus s'attire la haine des peuples par ses vexations.

La rigueur dont usa Fontéius envers les peuples de la Province dans l'exécution du décret de Pompée, & bien plus encore les impôts inusités dont il les chargea, les indisposèrent extrêmement contre lui. Il imita en cela la conduite des autres gouverneurs des provinces romaines, qui, depuis que Sylla ^ se fut emparé de toute l'autorité, accablèrent d'un grand nombre de nouveaux impôts non-seulement les peuples qui leur étoient soumis, mais les alliés mêmes de la République 5 8c sans aucune considération pour les villes qui avoient le mieux mérité d'être maintenues dans leurs anciennes immunités, les assujettirent à des tributs excessifs & leur ôtèrent les terres qui leur appartenoient en propre, contre les droits qu'elles s'étoient réservés par les traités qu'elles avoient faits avec la République en se soumettant à son autorité.

Fontéius, non content de marcher sur les traces de ces gouverneurs impitoyables'^, eut encore la dureté d'ordonner dans la Province, malgré la stérilité des deux années de son gouvernement, des traites considérables de blé, ce qui fit monter les denrées à un prix extraordinaire. Il ordonna outre cela une levée de troupes, surtout de cavalerie qu'il envoya en Espagne, au secours de Métellus & de Pompée, ou dans les autres provinces de la République; 81 cela aux dépens des peuples qu'il rançonna pour fournir à la subsistance de ces troupes. Il livra d'un autre côté la Province à toute l'avidité des publicainsou financiers.

A ces vexations il en ajouta encore une nouvelle par l'obligation qu'il imposa aux propriétaires des terres voisines des chemins publics, par où passoient fré-

■ Voyez, au tome II de cette édition, la Vote ad- LEG. VI. Ces médailles de Ruscino sont, avec celles

ditionnelle de dom Vaissete, placée à la suite île la de Cahelio, les seules monnaies coloniales de la

Note XV. — Cicéron, pro Fonteio. Gaule sur lesquelles Octave porte le nom d'Auguste.

' Comme on l'a vu précédemment, la colonie II faut en conclure que la colonie de Ruscino fut

militaire de Béziers a dii être établie par César. fondée par cet empereur après l'année 727, & pro-

Quant i celle de Ruscino, elle est un peu plus ré- bablement pendant l'un des voyages qu'il fit dans

cente. Nous avons déjà dit que cette ville était la Gaule & en Espagne ; nous savons positivement,

redevable de sa fondation aux Phéniciens; c'était par son testament, & par Dion Cassius (1. 64, c. 23),

un de leurs comptoirs situé au pied des Pyrénées; qu'en 739 de Rome, 14 ans avant Jésus-Christ, il

il dut fleurir du onzième au neuvième siècle avant conduisit plusieurs colonies dans ces deux pays,

notre •••le. (MoVEBS, Jie Phoeni^icr, t. 2 , p. 644 -Quant à la sixième légion, qui a longtemps sé-

& ,'i54 & suiv.) Cette ville est citée par Tite-Live journé en Espagne, on sait qu'elle avait aussi formé

à l'occasion de l'entrée d'Annibal dans les Gaules. plusieurs établissements dans les Gaules, notam-

Strabon & Ptolémée la nomment Ruscinon. On lit ment à Arles. — Voir M. de la Saussaye, Numis-

dans Pomponius Mêla Colonia Ruscmo; dans matique de la Narbonnaise, [E. M.]

Pline, Ruscino Latinorum ; sur les médailles, IMP. ' Freinshemius, ad lib. 89 T. Livii, n. 35.

CAESAR AUGVSTUS; & au revers, COL. RVS. * Cicéron, /iro Fonteio. — Salluste, Hist. 1. 3.

An de Rome

quemment les troupes romaines, d'en faire les réparations à leurs dépens, Si surtout de celui qu'on appeloit la voie Domîtia, qui traversoit la Province & qui conduisoit jusques en Espagne. Il donna l'inspection sur ces réparations à C. Annius Belliénus Si à C. Fontéius ses lieutenans, qui, aussi avides d'argent que ce gouverneur St ne cherchant qu'à satisfaire leur avarice, n'approuvèrent ou n'allouèrent les travaux des ouvriers qu'à force d'argent, ce qui engagea les peuples dans des dépenses excessives & des dettes considérables qu'ils furent obligés de contractera cette occasion. Enfin on accuse Fontéius d'avoir introduit dans la Province l'usage des impôts sur le vin, Si principalement dans Toulouse, où l'on payoit quatre deniers par amphore, c'est-à-dire par pot, avec d'autres impôts sur la traite des vins (portorium vini) dans les ports de Crodunum, dans celui de Vulchalone, 81 dans le lieu de Cob'iomachum, situé entre Narbonne & Toulouse'. •

' Nous reproduisons, d'après Tédition de Reinhold Klotz (Lipsiae, |852), le passage du Pro Cluent'io que résument ici les Bénédictins, en faisant remarquer seulement que Vamphora vini dont il est ici question n'avait rien de commun, ni comme forme, ni comme taille, ni comme contenu (Voir les notes du chap. xxxiii), avec la mesure française de capacité à laquelle ils l'assimilent :

,..Itaque Titurium Toïosae ^uaternos denarios in singuîas vini amphoras portorii nomine exegisse •[*, Croduni Porcium &■ Munium ternos vicîoriatos M., Vuîchalone Scrvaeum binos vicîoriatos M. attjue in his tocis se crodunt Vuîchalone (je lirais volontiers se. \scilicei\ Croduni, Vuîchalone; glose marginale introduite dans le texte par quelque copiste) ah his portorium esse exactum, si <jui Cobiamacho [Cobiomago?) qui vicus inter Tolosam & Narbonem estj dcverterentur neque Tolosam ire veîlent : ElesioJolus caslrum senos denarios ah his, qui ad hostem portarent, exegissent. (Cic. pro Fonteio, ix[v]).

Le portorium dont était frappée chacune de ces dmphores n'était, comme son nom l'indique, qu'un droit de transit établi par le propréteur sur les vins qui remontaient de Narbonne & de la Plage (le Bas-Languedoc aujourd'hui) vers le Nord & le Nord-Ouest. II était ou semblait ainsi dirigé contre les mécontents de la Province auxquels les marchands & les colporteurs (négociantes Romani) le faisaient payer à leur tour. A en juger par le texte mutilé que nous essayons de rétablir', le chiffre du péage aurait varié suivant le degré de culpabilité des populations indigènes, derrière lesquelles le préteur cherchait évidemment à s'abriter. Les bureaux de perception [stationes vectigalis , porto-

' La partie du discours relative à ce chef d'accusation (crimcn vinarium) est malheureusement perdue, moins la phrase ci-dessus qui expose les griefs des provinciaux, & une autre phrase dans laquelle l'orateur commençait à les discuter.

rii), dont les noms seraient eux-mêmes intéressants s'ils nous étaient parvenus écrits d'une manière plus certaine, étaient établis à l'intérieur ou sur la frontière de la Province qui confinait, à l'ouest, avec l'Aquitaine proprement dite, dévouée de cœur à la cause sertorienne.

A Tolosa ", où le percepteur était un certain Titurius, on payait quatre deniers par amphore; à Crodunum [i*] ', où le préteur avait pour agent un affranchi ou un client de la gens Porcia, le chiffre de l'impôt tombait à trois victoriats^ ; à Vulchalo (Bouchalot), situé comme Tolosa sur la Garonne, mais dans la partie supérieure de son cours, à deux victoriats seulement. A Elesiodolus castrum, un oppidum ou un vicus situé sur l'un des embranchements de la roiite qui menait de Narbonne à Toulouse', au-dessus du village de Cohiomagus où se séparaient les deux voies [Si qui Cohiomago... deverterentur,..) , on payait jusqu'à six deniers par amphore, si les populations auxquelles le vin était destiné étaient soulevées ou seulement en armes (if/205 denarios ab his qui ad hostem portarent.)

Les Bénédictins, qui voient des ports dans deux de ces localités [Vulchalo & Crodunum), faussent évidemment le texte de Cicéron, comme ils faussaient plus haut (ch. Liv) un texte de Salluste, en plaçant dans la Gaule méridionale une ville maritime du Portugal, auquel elle a probablement donné le nom qu'il porte encore aujourd'hui [Cale portuSj Portus Cale, Oporto^.) Mais ces erreurs de

^ Tolosani Tectosa^um, Aquitaniae coti!crmiiu. (Plin. m. 4[51.)

3 M. Mommsen corrige SegoJunum, que je repousse comme M. Herzog & par d'autres raisons encore que les siennes.

4 Anciens deniers d'argent portant au revers l'image de la Victoire.

5 Elle n'était ello-mîmc qu'une ramification de la Via Dnmitia.

6 In Flaminia est civilas quae Cale dicitur, & in Callia

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