LVII. — Fin de la guerre de Sertorlus. — Trophées de Pompée
Pompée, après avoir hiverné dans cette dernière Province, rassembla ses troupes & se mit en marche pour rentrer en Espagne dans le dessein de continuer la guerre contre Sertorius. La République lui ayant fourni à propos les secours qu'il lui avoit demandés, il eut le bonheur de terminer enfin, en deux campagnes, cette guerre qui duroit depuis environ dix ans, & qui finit la huitième année après que les Lusitaniens eurent élu ce dernier pour leur général'. Ainsi la paix fut rétablie en Espagne 8t la tranquillité dans la Province romaine. Pompée étant ensuite rappelé à Rome, voulut à son passage " 7" par les Pvrénées laisser un monument public de ses victoires. Il fit^ ériger
Ans de Rome ' •' . r D
682-683 pour cela un trophée, qui porte encore aujourd'hui son nom, sur le sommet d'une de ces montagnes qui sépare la Gaule de l'Espagne, au col de Perthus, & située entre le Roussillon & la Catalogne. L'inscription qu'il y fit graver portoit que depuis les Alpes jusqu'à l'extrémité de l'Espagne Ultérieure, il avoit réduit sous son obéissance & celle de la République huit cent soixanteseize villes : pre\^e incontestable qu'une partie de la Province romaine ou Gaule Narbonnoise fut du nombre de ses conquêtes & qu'il soumit les peuples de cette province qui avoient pris les armes en faveur de Sertorius^. On admira dans cette occasion la grandeur d'âme 5c la modération de Pompée de n'avoir pas souffert que dans cette inscription on fit mention de ce général, dont le nom 8tla valeur relevoient beaucoup l'éclat de sa victoire; mais on lui reprocha la vanité'* d'avoir fait placer sa statue sur ce trophée^,
LVin. — Fontéius est accusé à Rome. — Cicéron prend sa défense.
La Province romaine, mécontente du gouvernement de Fontéius'^ &. indignée des vexations qu'il avoit exercées pendant les trois années de son administration, résolut d'en tirer raison & d'en porter ses plaintes au sénat. Les peuples étoient principalement sensibles à la perte de leurs anciens privilèges, & des terres qui leur avoient été confisquées. Deux des principaux d'entre eux, savoir les Volces & les Allobroges, sous les noms desquels Cicéron paroît , comprendre tous les autres de cette province, envoyèrent des députés à Rome pour exposer leurs griefs au sénat contre cet ancien gouverneur. Induciomare,
An de Rome '.,.', . . , . , , , i i- 1.111 ri i r
684 qui etoit le principal magistrat de la république des Allobroges, tut le chet
' Voyez tome II, Note XVI. bandes qui avaient embrassé le parti de Serto-
' Marca Hispanica, p. 49 & seq. rius, que saint Jérôme appelle les hanjits & les
'Voyez, au tome II, la Note XV, & la Note coureurs des Pyrénées. Cette ville, nommée Z,u^iu-
addltionnelle placée à la suite par D. Vaissete. — num Convenarum, reçut alors une garnison mili-
C'est à son retour d'Espagne, 72 ans av. J.-C. taire. [E. M.]
que Pompée, après avoir mis la dernière main ^ Pline, 1. 3, c. 4; 1. 7, c. 27.
à la pacification de la Province, réunit dans une ' Voyez tome II, Note CX.
même cité les Convenac & les restes des anciennes ^ Cicéron, pro Fonte'io.
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cie leur deputation ; ce qui marque que ces peuples setoient maintenus jusqu'alors dans une espèce de liberté : il paroît même qu'ils en étoient tort jaloux. Cicéron, qui prit la défense de Fontéius, convient que c'étoit le violement de leurs immunités qui taisoit recourir ces peuples à la justice du sénat j mais il prétend que l'accusation qu'ils avoient intentée contre ce gouverneur d'être l'auteur de cette infraction, n'étoit qu'un prétexte qu'ils avoient cherché pour le perdre.
Ces députés furent assez bien reçus à Rome : ils y trouvèrent un accès ^
d'autant plus facile auprès de quelques-uns des principaux de la République, "
Se entre autres de M. Plétorius &. de M. Fabius, que ceux-ci, jaloux 8<. ennemis ^■'^^ ''"^™secrets de Fontéius, souhaitoient trouver une occasion de le supplanter & de lui couper chemin aux premières dignités de la République où ses services lui donnoient droit d'aspirer. Ces deux Romains, de concert avec les députés de la Province, présentèrent au sénat les chefs d'accusation contre cet ancien magistrat. Les principaux crimes dont on l'accusoit étoient de concussion & de péculat durant les trois années de son gouvernement, & surtout d'avoir opprimé la Province romaine par les dettes qu'il l'avoit obligée de contracter pour satisfaire son avarice; d'avoir dispensé, pour de l'argent, les particuliers des contributions communes pour la réparation des chemins publics. Se de n'avoir donné qu'à prix d'argent son approbation aux travaux de ceux qui en étoient chargés ; d'avoir mis sur les peuples quantité d'impôts onéreux &. jusqu'alors inouïs & de les avoir livrés aux vexations des partisans ou financiers. On l'accusoit encore d'avoir entrepris mal à propos la guerre contre les Vocontiens, peuples de Provence; de s'être mal comporté dans la disposition des quartiers d'hiver, & de quelques aatres griefs que nous ignorons.
Fontéius, touché du nombre & de la gravité de ces accusations, eut recours à Cicéron, le plus célèbre orateur de son temps, qui voulut bien se charger du soin de prendre sa défense & de plaider sa cause devant le sénat. Cet orateur parla deux fois en sa faveur, avec toute la force Se la vivacité de son éloquence, ïs'ous n'avons plus son premier plaidoyer, 8c ce n'est que par un fragment considérable du second, qui nous reste, que nous apprenons presque tout ce que nous venons de rapporter de Fontéius. Il paroît par ce dernier plaidoyer, que la plupart des Romains qui demeuroient alors dans la Province romaine portèrent témoignage en faveur de cet ancien gouverneur du pays, 81 qu'outre les habitans de la colonie de Narbonne, qui se déclarèrent pour lui, les négocians Scies publicains romains, qui s'étoient établis dans la Province, prirent aussi sa défense. Nous apprenons' encore, tant par ce plaidoyer que par une autre oraison de Cicéron, qu'il y avoit alors plusieurs autres Romains qui avoient fixé leur demeure dans le même pays, Se en particulier des bergers 8c des laboureurs, pour prendre soin de la culture des terres qui appartefioient à la République, Se dont elle tiroit la dîme. C'étoit sans doute les terres dont
Ciccron, pr'o Fonteio; S< pro Muraena.
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les anciens habitans avoient été dépouillés dans le temps de la conquête de la
Province, ou peut-être seulement depuis les derniers troubles dont on a déjà parlé. Nous ignorons si tous ces Romains se déclarèrent en faveur de Fontéius; mais il est certain que la ville de Marseille, que Cicéron semble mettre au nombre des villes de la Province romaine, prit aussi son parti, & qu'à l'exemple de Narbonne, elle envoya des députés à Rome pour rendre au sénat un témoignage avantageux de la conduite de ce gouverneur durant tout le temps de son administration. Au reste, quoique nous ignorions le succès & les suites de toute cette affaire, nous avons lieu cependant de croire que les plaintes des peuples de la Province furent favorablement écoutées, puisque, dans la suite, nous les voyons jouir de leur ancienne liberté & vivre suivant l'usage du droit' latin. Il est vraisemblable que les accusateurs de Fontéius, malgré la barbarie de leur langue que Cicéron leur reproche, & les efforts de cet orateur pour détruire leurs accusations, ne laissèrent pas de faire comprendre au sénat les suites fâcheuses que pourroit avoir dans la Province l'impunité de ce gouverneur, capable, à ce qu'ils disoient, d'y exciter une révolte générale.
LIX. — Pison & Muréna successivement gouverneurs de la Province.
Il paroît cependant que les Allobroges eurent lieu d'être aussi mécontens
des successeurs de Fontéius, qu'ils l'avoient été de Fontéius même, par la
nouvelle députation que ces peuples firent au sénat, pour l'informer des sujets
de plainte qu'ils avoient contre C. Calpurnius^ Pison, à qui la République
avoit donné le gouvernement de la Province l'année d'après son consulat. Ce
gouverneur, qui le fut deux années de suite, étant retourné à Rome, y fut
Ans de Rome ^^cusé dc concussion par les Allobroges 8t d'avoir vexé les peuples. Pison eut
688 Û89-690 recours à Cicéron, qui avoit si bien défendu Fontéius dans une accusation
semblable. Ce orateur se chargea volontiers de sa cause & la plaida durant
l'année de son consulat avec tant de force, que ce magistrat fut renvoyé
absous 3.
ti^i.'p.'s'"' Ce fut sans doute pour prévenir de semblables plaintes que le sénat envoya
' Pline, 1. 3, n. 5. nie que les Allobroges aient accusé Pison de pécu-
' Cicéron, pro Flacco. — Pighi, t. 3, p. 322. lat ; & il faut convenir qu'il n'en est rien dit dans
' Nous avons dit que C. Calpurnius Piso, après VOraison de Cicéron pour Flaccus. Mais comme
avoir exercé pendant deux ans la charge de gouver- on sait, d'ailleurs, que les Allobroges" envoyèrent
neur dans la Province, étant retournéà Rome, y fut alors des députés à Rome pour se plaindre de
accusé de concussion par les Allobroges, 8c que Cicé- l'avarice des magistrats qui les avoient gouvernés,
ron ayant pris sa défense, il fut absous, fondés sur cette députation aura fait croire à Pighius que
ce témoignage de Pighius : Ke/)etunrfarum rfus yic- Pison étoit du nombre de ces magistrats. (^Note
tus ex provlkcia GalîiaC. Calpurnius Piso^consularis^ additionnelle ajoutée par dom Vaissete au tome 5,
accusantibus AUohrogum legatis ; sed absolutus est, p. 666, col. 2.) — C'est pendant les années 66 &
Cicérone consule defendente, ijuemadmodum testatur 65 av. J.-C. que L. Calpurnius Pison fut gouver-
in oratione pro L. Flacco, &c. M. de Mandajors ' neur de la Province.
• Histoire critique de lu Gaule Xarbonnoisc, p. i6(). ' Appicn, Je Dcllu civili, 1. 2.
Ans de Romy
An de Rome
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à la place de Calpurnius Pison le préteur L. Licinius Muréna ', lequel par sa modération Se son équité ramena bientôt les esprits aigris des peuples de la Province, s'attira leur affection Se leur estime, 8c les gouverna durant deux ans à leur gré Se à celui de la République^; en sorte qu'il n'eut pas besoin de se faire suivre par les troupes que le sénat lui avoit permis de lever avant son départ d'Italie pour soutenir son autorité dans le pays. Il gagna tellement tous les peuples par sa politesse, ses bonnes manières, 8t par les voies de douceur, qu'il facilita par là aux publicains non-seulement la levée des impôts dont l'établissement avoit rendu ses prédécesseurs si odieux, mais aussi de tous les arrérages qu'on regardoit déjà à Rome comme perdus : sa conduite, en un mot, fut généralement applaudie. On se plaignit cependant de celle de P. Clodius, son questeu*^ qui tut en exécration à toute la Province par ses violences, ses injustices & son avarice insatiable.
Muréna, après avoir gouverné la Province pendant deux ans avec l'autorité de préteur, au gré de tous les peuples, crut être en droit d'aspirer aux premières 691 charges de la République. Dans cette vue, après avoir confié à C. Muréna, son frère & son lieutenant, le soin de la Province, il partit avant la fin de la deuxième année de son gouvernement, pour se rendre aux comices de Rome & y briguer le consulat. On eut égard à sa demande. Se il fut désigné consul pour l'année suivante; mais ses compétiteurs, voulant lui ravir cet honneur, l'accusèrent de l'avoir obtenu à prix d'argent. Cicéron, avocat ordinaire des gouverneurs de la Province romaine des Gaules, & alors consul, fît son apologie & ferma si bien la bouche à ses ennemis, que Muréna fut renvoyé absous Si confirmé dans le consulat pour l'année suivante.
LX. — Ejjbrts de Catïlina pour engager les Allobroges dans sa conjuration & inspirer la révolte à la Province.
Catilina,qui étoit un de ses principaux compétiteurs, comme il l'avoit été de Cicéron, protecteur de Muréna, confus du mauvais succès de cette accusation, & voulant se rendre maître de la République dans le dessein de l'opprimer, avoit déjà formé une conjuration ^ contre les principaux & les meilleurs citoyens de Rome. Pour la faire réussir, il employa ses grandes qualités 8c ses défauts encore plus grands, dont l'orateur romain nous a laissé urie si vive peinture. Il s'associa avec tous les plus mauvais citoyens de Rome; mais Cicéron, qui par sa vigilance découvrit sa conjuration, l'obligea bientôt après de sortir de cette capitale. Ce scélérat chargea à son départ ses complices du soin de faire de nouveaux partisans, tandis qu'il alla débaucher en Étrurie les
' cicéron , pro Muraena; & du karuspicum res- l'administration de la Province à son frère Caiiis
points. — Pighi, t. 3, p. 326. Muréna, avec le titre de vice-légat. [E. M.]
* L. Licinius Muréna succéda à Calpurnius Pi- ' Salluste, Je Bello Catil. p. rço & seq. & p. 3oo.
son en 64. Il retourna à Rome avant la fin de la — Ciceron, tn Catilin. — Florus, 1. 4, c. 2, deuxième année de son gouvernement, laissant
An de Rome ^^^ HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIV. II.
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soldats de 1 armée romaine. Avant que de mettre son entreprise a exécution,
il crut devoir s'assurer quelque province qui pût lui fournir du secours & lui
donner une retraite assurée en cas de malheur.
La Province romaine des Gaules lui parut la plus propre !k la mieux disposée à favoriser ses desseins, parce qu'elle étoit alors fort mécontente de la plupart de ses gouverneurs qui l'avoient extrêmement opprimée j il savoit d'ailleurs combien l'absolution de Calpurnius Pison avoit indisposé les Allobroges ses accusateurs, qui par là n'espéroient plus de soulagement à leurs maux. Avant sa sortie de Rome, il s'adressa aux députés de ces peuples qui étoient encore alors dans cette ville, & n'omit rien pour les porter à engager leurs compatriotes à se joindre à lui 8c à lui fournir un corps considérable de cavalerie dont il avoit besoin pour se soutenir; mais n'ayaiU pu finir sa négociation avec eux, il laissa à Lentulus, un des principaux conjurés, le soin de la terminer, & envoya lui-même des émissaires dans la Province pour la faire soulever.
Lentulus, instruit par Umbrénus, l'un des conjurés, à qui la levée des tributs de la Province dont il avoit été chargé autrefois, & ses affaires particulières, avoient donné occasion de connoître la disposition des peuples & d'avoir des liaisons dans le pays, termina enfin cette négociation avec les députés des Allobroges au gré de Catilina. Il leur persuada non-seulement d'entrer dans la conjuration, mais aussi de partir incessamment de Rome pour aller faire déclarer la Province romaine en faveur des conjurés, sous l'espérance flatteuse de recouvrer son ancienne liberté après laquelle elle soupiroit avec tant d'ar- Éd. origin. dcur : CCS députés ne furent pas longtemps sans s'apercevoir du danger où ils exposoient la Province 8c leurs propres personnes par l'engagement qu'ils venoient de prendre avec les conjurés : prévoyant, en effet, les suites funestes que pourroit avoir leur complot, s'il venoit ou à être découvert, ou à ne pas réussir, ils prirent le parti de le communiquer à Q. Fabius Sanga, protecteur de leur nation.
Fabius, surpris d'apprendre cette conjuration, demanda du temps à ces envoyés pour délibérer sur le conseil qu'il avoit à leur donner & sur la réponse qu'il devoit leur taire, 8c fut aussitôt informer secrètement le consul Cicéron de tout ce qui se tramoit contre la République, 8c conclut avec lui qu'ils iroient ensemble trouver ces députés : ce qu'ils firent. Ils leur représentèrent d'une manière pathétique, d'un côté les suites fâcheuses 8c les dangers de leur traité avec les conjurés, 8c de l'autre les récompenses qu'ils dévoient attendre de la République tant pour eux-mêmes que pour toute leur nation, s'ils vouloient faire ce qu'ils leur diroient. Les députés consentirent à tout ce que Cicéron 8c Fabius demandèrent d'eux ; 8c suivant leurs instructions, furent trouver les conjurés pour les presser d'exécuter le traité qu'ils avoient conclu ensemble, leur faisant entendre qu'ils n'attendoient plus que leurs ordres pour aller dans la Province faire ratifier cet accord par leurs compatriotes, &c y disposer toutes choses en faveur de Catilina.
Les conjurés, qui ne pensoientà rien moins qu'à la perfidie de ces députés.
HISTOIRE GÉKÉRALE DE LANGUEDOC, LIV. II. 217 An de Rome
convinrent que ceux-ci partiraient le troisième jour de décembre, Se leur donnèrent Vulturéius, l'un de leurs complices, pour les accompagner & les conduire en passant à Catilina, de qui ils dévoient recevoir la ratification du traité. Ces envoyés furent à peine arrivés au pont Milvius, que les préteurs Valérius Flaccus Si C. Pontinius, sortant d'une embuscade où Cicéron les avoit postés avec des troupes, se jetèrent sur eux S< sur Vulturéius leur conducteur, & se saisirent de leurs personnes, de l'original du traité 5t des lettres dont ils étoient chargés tant pour Catilina que pour le sénat 81 le peuple des AUobroges. Cicéron, ayant été parfaitement instruit par toutes ces pièces de toute la conjuration, des noms & des desseins des conjurés, en fit un rapport exact au sénat, lequel fit mourir les principaux coupables & prit soin de récompenser les envoyés des AUobroges du service qu'ils venoient de rendre k l'État.
Catilina, informé de la découverte de sa conjuration & de la punition de la plupart de ses complices, ne se croyant pas en sûreté en Italie, l'abandonna au plus tôt pour aller chercher un asile dans la Province romaine, sur le secours de laquelle il croyoit avoir lieu de compter. Il prit la route de Marseille, avec la plus grande partie de ses partisans qu'il avoit rassemblés ; mais ayant été surpris 8c attaqué en chemin par le consul C. Antoine, collègue de Cicéron, il fut tué sur le champ de bataille avec trois mille hommes de ses troupes, 8<. le reste de son armée fut entièrement dissipé.
Ce chef des conjurés avoit quelque raison de compter sur le dévouement de la Province •&. sur ses favorables dispositions à son égard. Ses émissaires avoient, en effet, si bien gagné les AUobroges à son parti par leurs intrigues 8<. par l'espérance qu'ils leur avoient donnée d'une prochaine S<. parfaite liberté, que ces peuples, qui conservoient toujours un vit ressentiment des vexations qu'ils avoient souffertes, & un désir extrême de s'affranchir de la domination des Romains, étoient déjà sur le point de faire éclater leur révolte, si C. Muréna, qui y commandoit, ne l'eût prévenue par sa vigilance 81 n'eût dissipé leurs mauvais desseins'.
LXI. — Victoires de Pontinius &• de ses lieutenans sur les AUobroges rebelles. — La Province pacifiée par les soins de ce gouverneur.
Les fréquens mouvemens des AUobroges pour secouer le joug romain firent comprendre au sénat la nécessité d'envoyer dans la Province un gouverneur qui sût^se faire craindre 81 se faire aimer des peuples. On nomma, dans cett^ vue, pour la gouverner avec l'autorité de préteur, C. Pontinius^, homme cou-
' Voyez tome II, Vote XV'II. * Pomptinus & non Pontinius, comme l'ont
* Salhistc, de Bello Catil. p. 290 & seq. & p. 3cn. imprimé les Bénédictins, succéda en 62 av. J.-C.
— Cicéron, de Provinciis consularibtis , i3. — à L. Licinius Muréna dans le gouvernement de
Dion Cassius, 1. 37, p. 5o & sccj. — T. Live, Epi- la Province. Il en exerça les fonctions pendant