XXVII. — ■ Tite Antonin, originaire de Nimes
Titus Aurélius Fulvius (ou, selon Casaubon^, Fulvus) Antonius, successeur d'Adrien^, étoit issu d'une famille anciennement originaire du pays des
' Casaubon, Notae in Spartlanum, p. 23. ^ Voir, au tome II, le Recueil des inscriptions
'' Bergier, Histoire des grands chemins de l'Empire de la Province. romain, p. 712. ^ Spartien, Vita Hadnani tmperaîoris, — Capi-
' Spartien, Vita Ifadriani imperatoris. tolinus, Fita Marci Antonii imperatoris. ' Marc. Aurel. llôpt iajjoS, 1. i, c. i3. ' Casaubon, Notae in Capitolmum, p. 47.
' Gruter, Corpus inscriptioHuin, -p. 49-5, n. 1. ' Capitolin, l'ita T. Antonini imperatoris.
HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIV. III. 3i i
Sabins, appelée Aurélia ', & qui, quoique plébéienne, étoit déjà devenue fort illustre. Elle se divisa en plusieurs branches : celle qui prit le nom de Fulvia, ou Fulva, vint s'établir à Nimes; c'est d'elle que descendoit T. Aurélius Fulvius, dont on a déjà parlé, Se qui fut honoré par deux fois de la dignité de consul, outre celle de préfet de Rome. Son fils, de même nom que lui, & père de l'empereur Tite Antonin, fut aussi élevé à la dignité de consul ; mais comme on ignore le temps de son consulat, on peut conjecturer qu'il fut du nombre des consuls subrogés, ou qu'il se contenta des honneurs Se des ornemens consulaires. Il épousa Arria Fadilla, fille Se héritière d'Arrius Antoninus, personnage distingué par sa probité & l'intégrité de ses mœurs, autant que par sa naissance Se par la dignité de consul qu'il exerça deux fois, & de Boïonia Procilla, ce qui fit donner à l'empereur, leur fils, les noms d'Antonin St de Boïonius, comme héritier de l'un Se de l'autre.
Tite Antonin naquit le ig de septembre de l'an 86 de J.-C, à Lavîn'ium ou Laniivium, dans le Latium, où son père s'étoit peut-êtie établi avec sa famille, après avoir quitté le séjour de la ville de Nimes, sa patrie. Le jeune T. Antonin fut élevé à Lorio [Laurum), ville du même pays de Latium. Arria Fadilla, sa mère, épousa en secondes noces Julius Lupus, personnage dont elle eut Julia Fadilla, sœur utérine de Tite Antonin. Celui-ci, avant son élévation à l'empire, avoit épousé Annia Galéria Faustina, fille d'Annius Vérus, dont il eut plusieurs enfans, mais dont les mâles moururent tous fort jeunes. Le portrait que les historiens nous ont laissé de ce prince est des plus avantageux. Avant que de parvenir à l'empire, ses rares qualités d'esprit 8c de corps lui avoient déjà acquis l'amour Se l'estime de tout le monde Se mérité les principales charges de l'État : il avoit été successivement consul, gouverneur d'une quatrième partie de l'Italie, avec l'autorité consulaire, Se enfin proconsul d'Asie. Le sénat lui donna le nom de Piits, qui veut dire bon ou débonnaire, auquel il ajouta lui-même ceux A'Aelius Se d'Adrianus, par reconnoissance pour l'empereur Adrien, qui l'avoit adopté. Suivant une inscription*, il auroit fait bâtir à Nimes un temple à l'honneur du même Adrien, son bienfaiteur; mais comme cette inscription paroît manifestement supposée, on n'y peut faire aucun tond.
XXVIII. — Incendie de f^arhonne. — Cette ville réparée par Antonin.
Sous un prince si bon Se si juste, on vit régner la paix Se la justice dans les villes Se dans les provinces de l'Empire. Les peuples furent soulagés Se trouvèrent en lui toute la bonté d'un père avec toute l'intégrité d'un juge. Les habitans [pagani) d'un ^ canton de Provence, pays qui faisoit encore alors partie de la Narbonnoise, éprouvèrent son équité par la restitution qu'il leur fit faire d'un bain ([ue leurs voisins avoient usurpé sur eux'*.
'Capitolin, Vita T. Antonini imperatoris. — ' Gar\e\, Séries praesulum Magaloncnsium , f. lo.
Voir Notes de Saumaise; & Casaubon, Notes sur ' Spon, Miscellanea, 65,
Capitolin, p. ^7. * liij.
An i38
An I 45
Éd. origin.
Ce prince, sensible au malheur de la ville de Narbonne, que le feu avoit entièrement consumée, la fit ' rebâtir & y rétablit à ses dépens les thermes, les basiliques, les portiques 8c les autres édifices qui avoient été brûlés. Deux inscriptions^ de l'année de son quatrième consulat, qui répond à l'an 146 de J.-C, nous ont conservé la mémoire de ce rétablissement & de celui des chemins publics d'Arles à Nimes, par ses soins.