LV. — Nouvelle subdivision des provinces des Gaules
An, Te
La persécution de Dioclétien contre les chrétiens fut suivie, par un juste jugement de Dieu, d'une maladie violente qui lui affoiblit l'esprit. Galère profita de cet accident pour lui persuader de quitter le gouvernement St de lui céder le titre d'auguste : ce qu'il obtint enfin autant par ses menaces que par ses persuasions, après avoir extorqué une pareille démission de Maximien, collègue de Dioclétien. Ces deux derniers princes, depuis ce temps-là, ne vécurent plus que comme de simples particuliers. Galère & Constance, étant devenus augustes pour suivre le plan du gouvernement que Dioclétien avoit formé, associèrent Sévère 81 Maximin St les déclarèrent césars.
On^ attribue à Dioclétien, sur l'autorité de Lactance ou de l'auteur du livre de la Mort des persécuteurs , la division des anciennes provinces des Gaules. Cet auteur i^ dit, en effet, que ce prince, en partageant les provinces Se en multipliant leurs officiers, occasionna les vexations dont elles furent
' Usuard 8c Odon, Martyrologes. Au dire de ces actes, ce n'est point à Cannes mais à
' Acta Sanctorum (BoUandistes) , t. i, juin, Nivtdunum que ces saints ont souffert le martyre.
' C'est sur la foi d'une interpolation, qu'on pré- ^ Acta Sanctorum (Bolland.), t. 2, avril, p. 620,
tend que les saints Amand, Luce, Alexandre, Sic, & janvier, p. 389.
naquirent à Caunes & y souffrirent le martyre. Les ' TiUemont, art. 24 sur Dioclétien. — Voyez
BoUandistes ont reconnu, du reste, que les actes de tome II, Note XXXIII.
ces saints étaient apocryphes (juin , t. 1 , p. 629). * Lactance, Liber de mortihus persecutorum, c, 7.
HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIV. III. 35l
accablées sous son règne. La révolte des bagaudes qui, comme nous l'avons déjà dit, donna lieu à cette division', pourroit faire croire que Dioclétien la fit peut-être durant les premières années de son règne 8c avant de prendre des collègues, si on ne savoit d'ailleurs qu'il conserva toujours la principale autorité sur tout l'Empire. Lactance ajoute, à ce qu'il paroît, que Dioclétien établit plusieurs présidens (/^rae'jicf^j) pour gouverner une même province; nous verrons cependant que la Narbonnoise iut toujours administrée par un seul proconsul.
LVI. — Constantin succède à Constance, son père; il visite la Narbonnoise t- les autres provinces des Gaules.
Constance, devenu premier auguste Se maître absolu de tout l'Occident par le nouveau partage de l'Empire, ne jouit pas longtemps du titre d'empereur, étant mort quelque temps après à York, dans l'île de Bretagne, au grand regret des provinces qui avoient éprouvé la modération 8c la sagesse de son gouvernement. Les troupes, autant par inclination que par estime, élurent aussitôt son fils Constantin à sa place, le proclamèrent auguste 8c le revêtirent d'autant plus volontiers de la pourpre, qu'on avoit déjà reconnu en lui des vertus dignes du trône. Galère, quoique jaloux de ce choix, joignit son suffrage à celui du public; mais il n'accorda d'abord à Constantin que le titre de césar, p^rce qu'il craignoit son élévation 8c plus encore l'affection des provinces des Gaules, d'Espagne 8c de Bretagne, dont il devoit avoir le gouvernement. Constantin avoit déjà gagné les peuples autant par ses manières que par ses excellentes qualités. Galère, au contraire, s'attiroit de jour en jour leur haine 8c leur aversion par ses violences 8c ses vexations qui mirent le trouble 8c le désordre dans l'Empire 8c causèrent un soulèvement dans Rome. On y déclara auguste Maxence, fils de Maximien, qui rendit la pourpre à son père, de sorte qu'on vit six ou sept empereurs en même temps.
Constantin, paisible possesseur des Gaules, de l'Espagne^ 8c de la Bretagne, que son père avoit gouvernées 8c qui lui demeurèrent en partage, s'attira de plus en plus l'affection des peuples par la douceur de son gouvernement. Il visita en particulier toutes les provinces des Gaules 8c arrêta les courses des François du côté du Rhin. Il paroît que pour être plus à portée de s'opposer aux entreprises de ces peuples, cet empereur fixa sa principale résidence à Trêves, à l'exemple de l'empereur Constance, son père, en quoi ils furent imités par leurs successeurs en deçà des Alpes, ce qui rendit cette ville
11 serait plus exact de dire que ce fut la divi- dont les gages & les profits se prenaient sur le
sion des provinces faite par Dioclétien qui causa peuple & augmentaient les charges publiques,
la révolte des bagaudes. On reproche, en effet. C'est pour se délivrer des exactions des magistrats
a ce prince d'avoir multiplié les subdivisions de de finances & de ceux qui levaient les impôts que
1 Empire & augmenté considérablement les frais les gens de la campagne ou bagaudes se soulevé-
de la régie des finances, en créant un nombre con- rent. [E. M.] sidérable d'officiers, de régisseurs & de receveurs, ' Eusébe, Vita Constanùni, 1. i , c. itt.
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An 3io
fort célèbre Se la fit regarder pendant longtemps comme la métropole des Gaules. Constantin résidoit aussi quelquefois' à Arles, dans l'ancienne Narbonnoise, où il avoit son palais, ses finances Se une partie de ses troupes. Maximien Hercule, son beau-père, après avoir abdiqué l'empire une seconde fois, vint se retirer auprès de lui dans cette ville. Constantin le reçut dans ce palais &c lui procura, avec les commodités d'un riche particulier, tous les honneurs dus à un prince ; mais Maximien, insensible à tant de bontés, profitant ensuite de l'absence de son bienfaiteur, occupé à faire construire un pont sur le Rhin, reprit la pourpre pour la troisième fois, s'empara en même temps du palais impérial d'Arles Si des finances de Constantin Sx. décria sa
Éd. origin. conduite. Heureusement ce prince, étant arrivé à Arles dans ces circonstances, t. I, p. 141. r ^ ... ,
remit d'abord dans son parti les troupes qui étoient dans le pays St dont Maximien lui avoit déjà débauché une grande partie, le poursuivit jusques à Marseille où il l'assiégea, emporta cette ville d'assaut, le fit prisonnier St le dépouilla de la pourpre, après lui avoir reproché sa perfidie. Cependant, par un trait peu commun de modération, il lui accorda non-seSlement la vie, mais aussi un appartement dans son palais, jusqu'à ce que, l'ayant convaincu de nouveaux crimes, & surtout d'avoir voulu attenter à sa vie, il se vit obligé de le faire mourir St de se délivrer par là de ce monstre d'ingratitude.
LVn. — Concile d'Arles sous Constantin.
Maxence, qui étoit alors maître de l'Italie, sous prétexte de venger la mort de Maximien, son père, entreprit la guerre contre Constantin. Celui-ci employa d'abord sa modération Se sa sagesse pour le détourner de cette entreprise ; mais enfin, forcé de se mettre en défense, il assembla une armée composée la plupart de Gaulois. Cette armée étoit, à la vérité, peu considérable par le nombre, mais elle devint invincible par la vertu de la croix; c'est par ce signe de notre rédemption que Constantin triompha de l'orgueil Si des forces de Maxence, dont la mort délivra Rome St l'Italie de sa tyrannie.
Constantin St Licinius devenus paisibles possesseurs de tout l'Empire, le premier par cette fameuse victoire, St l'autre par celle qu'il remporta l'année suivante sur l'empereur Maximin, partagèrent entre eux les provinces qui le composoient : l'Orient échut à Licinius, St l'Occident à Constantin. Le premier usage que celui-ci fit de son autorité, fut de faire triompher la croix, à la vertu de laquelle il étoit redevable de sa victoire. II se mit d'abord sous ses enseignes, embrassa le christianisme, St se fit un devoir de le protéger dans tout l'Empire. Il témoigna plus particulièrement son zèle pour l'Église, par l'attention qu'il eut d'étouffer tous les troubles qui pouvoient en altérer la paix : ce fut pour apaiser ceux que les donatistes y excitoient, qu'il fit
' Lactance. Liber de mortibus persecutorum , c. 29 & 3o. — Ex Panegyrlcis vetenbus, c. 9.
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assembler le concile d'Arles', un des premiers & des plus célèbres de l'Eglise. Il y appela tous les évêques d'Occident, parmi lesquels nous trouvons^ la souscription de Mamertin, évêque de Toulouse, & de Genialis, diacre, député de l'église de Gévaudan. Il est fait mention, dans ce concile, de la province Viennoise; 5c c'est le plus ancien monument que nous ayons où il soit parlé de cette nouvelle province comme séparée de la Narbonnoise.
An 3 , 3
LVIII. — Education des frères de Constantin. — JEmilius Magnus,
professeur de Toulouse,
Il ne paroît pas que Constantin, qui faisoit quelquefois sa résidence dans Arles, ait assisté à ce concile; il résida beaucoup plus rarement dans cette ville depuis la défaite de Maxence. Il y revint pour la dernière fois dans le temps que Fauste, son épouse, y accoucha d'un prince qui fut, à ce qu'on ^ croit, le jeune Constantin, lequel régna depuis dans les Gaules.
Cet empereur avoit trois frères puînés que Constance Chlore, son père, avoit eus de l'impératrice Théodore, sa seconde femme, après avoir répudié, l'an 292, l'impératrice Hélène, sa mère. Ces trois princes passèrent le temps de leur jeunesse à Toulouse^, où Constantin, leur frère, les tint comme dans une espèce d'exil; ce prince eut cependant un soin particulier de leur faire donner une éducation digne de leur naissance 8c de la religion chrétienne, qu'il leur avoit apparemment inspirée. Les modernes'' ne sont pas d'accord sur les noms de ces trois princes : selon les uns, le premier s'appeloit Dalmace ou Delmace, le second Constance, Se le troisième Annibalien. D'autres sont persuadés que Dalmace Se Annibalien ne sont qu'une même personne;
An.ii'O
' Voici les souscriptions des évêques des Gaules qui ont assisté à ce concile par eux-mêmes ou par des mandataires :
Oresius cpiscopus de civitate Massiliensi, pro-
vincia Viennensi.
Marinus episcopus de civitate Arelatensiiim ,
provincia Viennensi.
Verus episcopus de civitate Viennensi, provincia supradicta.
Dafnus episcopus de civitate Vasensi, provincia Viennensi,
Faustinus presbyter de civitate Arausicorum ,
provincia quae supra.
Innocentius diaconus .... ex portu Nicaensi.
Romanus presbyter de civitate Aptensium.
Imbetausius episcopus de civitate Rcmoriim.
Avitianus episcopus de civitate Rotomagensium.
Reticius episcopus de civitate Augustodunensium
Vocius episcopus de civitate Lugdunensium.
Maternus episcopus de civitate Agrippinensium.
Genialis diaconus de civitate Gabalum, provincia Aquitanica.
Orientalis episcopus de civitate Burdegalensi. Agraecius episcopus de civitate Treverorum. Mamertinus episcopus de civitate Elosatium. ,
Une chose frappe, dans cette nomenclature : c'est l'absence des évêques de la Narbonnaise. Quoique la Viennoise fut déjà séparée de la Narbonnaise depuis l'an 278 environ, c'est dans cet acte qu'elle est citée pour la première fois. — La leçon acceptée par les auteurs de l'Histoire de Languedoc S*, qui met ; Mamertinus episcopus de civitate Toîosatium^ au lieu de : de civitate Elosatium , n'a pas prévalu. Mamertin était évêque d'Eause, &. non de Toulouse, comme le disent ici nos auteurs. [E. M.]
' Coustelier, Fpistolac Summornm Fontiftcum , p. 343.
' Tillemont, art. 40 sur Constantin. — C'est en l'année 3i6 que l'on place la naissance de Constantin le Jeune.
* Ausone, Elogta profess. Burdigalensium. 16.
' Tillemont, art. 85 & Note 1 sur Constantin. — Valois de la Marre, dans les Mémoires de l'Acad. des Inscriptions, t. 2, p. 690 & siiiv.
ils conviennent du nom du second, mais ils ajoutent que le troisième, qu'ils croient être l'aîné du second lit, se nommoit Constantin comme l'empereur, son frère, ^milius Magnus Arborius', quoique fort jeune, après avoir professé l'éloquence à Narbonne, l'enseignoit alors à Toulouse avec beaucoup d'applaudissement, & y taisoit aussi, à ce qu'il paroît, la fonction d'avocat. L'amitié dont ces trois princes l'honorèrent pendant leur séjour dans la même ville pourroit faire conjecturer qu'il eut quelque part à leur éducation. Ce rhéteur étoit oncle maternel du fameux poète Ausone, qu'il prit soin d'élever auprès de lui à Toulouse, dès sa tendre jeunesse, &. de lui enseigner les belles-lettres. L'empereur Constantin, soit par estime, soit par reconnoissance de ce qu'Arborius avoit peut-être contribué à l'éducation de ses frères, l'appela dans la suite de Toulouse à Constantinople, pour lui confier celle d'un de ses Éd. origin. fils, ciu'on ctoit^ être Constance, son successeur. Arborius mourut dans cette dernière ville peu de temps après : Constantin fit transporter son corps à Dax, en Gascogne, dont il étoit natif. Si où il avoit ses parens.
LIX. — Origine du vicariat des Cinq Provinces des Gaules, dont la Narbon-
noise faisoit partie.
An 33o
Les frères de Constantin avoient déjà quitté les Gaules, lorsque cet empereur, après ses victoires sur Licinius, étant devenu maître de tout l'Empire, en établit le siège à Byzance, à laquelle il donna le nom de Constantinople. Il divisa alors l'Empire, ou pour mieux dire renouvela la division qui en étoit déjà faite, selon quelques auteurs, en quatre préfectures, sous le gouvernement de quatre préfets du prétoire. Cette charge, qui auparavant étoit militaire, devint alors purement-^ civile & fut bornée à la seule administration de la justice Si des finances. Ces quatre préfets étoient regardés cependant comme les premiers officiers de l'État, Si leur autorité égaloit presque celle des empereurs. On leur donna d'abord, comme aux sénateurs, le titre de clarissime Si ensuite celui à' illustre. Les quatre préfectures de l'Empire furent, depuis Constantin, l'Orient, l'Illyrie, l'Italie 81 les Gaules. Le préfet des Gaules choisit Trêves pour sa"* résidence, sans doute parce que cette ville avoit été le siège des empereurs qui avoient régné dans les mêmes provinces; elle le fut aussi de leurs successeurs. Chaque préfet avoit sous ses ordres plusieurs diocèses, Si chaque diocèse avoit un vicaire du préfet Si coraprenoit plusieurs provinces qui étoient gouvernées par un proconsul ou par un président, dont les appellations étoient portées en dernier ressort au préfet ^ : on ne pouvoit appeler des jugemens de ce dernier.
' Aiisone, Elogia profess. Bur,!:galensium & Pa- * Lacarry, Je Praefectis praetorio Galliarum —
renzela, 3. Godefroi , Chronologia Codicis Theodosiani , t. 6 y
' TiUemont, art. %:> sur Constantin. p. Spô.
' Zosime, 1. 2. — Chronologia CoJicis TheoJosiani, ' Lacarry, de Praefectis praetorio Galliarum.
p. 26 & seq.
An ÎSo
Le préfet des Gaules avoit sous sa juiidiction quatre diocèses administrés par autant de vicaires, savoir : l'Espagne, l'île de Bretagne, les Gaules proprement dites & les Cinq Provinces des Gaules. Celles-ci furent augmentées depuis de deux provinces qui furent nouvellement érigées par le partage des anciennes, ce qui forma ce qu'on appela les Sept Provinces^ On a beaucoup disputé quelles étoient ces cinq provinces qui eurent un vicaire particulier; nous ne doutons pas que ce ne tût la Narbonnoise, la Viennoise, l'Aquitanique, la Novempopulanie & les Alpes maritimes. La Viennoise & l'Aquitanique, ayant été subdivisées dans la suite, 8c sur la fin du quatrième siècle, l'une en Viennoise & en Narbonnoise seconde. Se l'autre en Aquitaine première & seconde, formèrent enfin les sept provinces de la manière qu'on les trouve sous l'empire d'Honoré^. Les-* auteurs contemporains font mention de ce vicariat, tantôt sous le nom de Cinq Provinces, tantôt sous celui d'Aquitaine prise en général ; car on distinguoit alors les Gaules en deux parties, savoir : en Gaules proprement dites, & en Aquitaine. Le vicaire qui eut l'administration des Gaules proprement dites, sous l'autorité du préfet, résidoit ordinairement à Lyon, 8c celui des Cinq Provinces à Vienne'*, ce qui releva beaucoup cette dernière métropole. La province des Alpes maritimes, qu'on comprenoit auparavant dans l'Italie, &c dont l'empereur Galba avoit séparé une partie en deçà de la rivière du Var pour l'unir à la Narbonnoise, com-
• Voyez tome II, Note XXXIV.
' Les travaux récents n'ont fait que confirmer Topinion des auteurs de YH'tsto'ire de Languedoc , au sujet des Quintjue 8t Sepîem prov'tnctae. Ces deux expressions, dont la première est cependant antérieure à la seconde, ont été employées simultanément pour désigner la même étendue de territoire, celle qui renfermait d'abord cinq provinces, la Novempopulanie, la Viennoise, les Alpes maritimes, l'Aquitaine & la Narbonnaise, & qui ensuite en comprit sept par le dédoublement des deux dernières en première & deuxième Aquitaine, en première & deuxième Narbonnaise. On place entre les années 302 & Syo la création de la seconde Aquitaine. Une inscription, publiée par Gruter, prouve qu'en 352 il n'y avait encore qu'une Aquitaine. Sextus Rufus, qui écrivait vers l'an 376, en cite deux dans son énumération des provinces des Gaules; mais de son temps il n'y avait encore qu'une Narbonnaise. On croit que cette dernière province fut divisée en deux, sous Gratien, vers l'année 375 ou peut-être même un peu plus tard. Le premier monument où il soit fait mention de la seconde Narbonnaise, est le concile d'Aquilée, en 38 1. Quoi qu'il en soit, & bien qu'à partir de l'année 33 I l'expression Quin^ue provinciae eût dû tomber en désuétude pour ne laisser subsister que celle de Septem provinciae ^ elle continua néanmoins à être en usage, & on la trouve employée dans les actes
authentiques simultanément avec l'expression de Septem provinciae. Les Qu'inque provinciae sont citées , pour la première fois, dans la lettre synodique du concile de Valence, en 374, puis en 385, dans la lettre de l'empereur Maxime au pape Siricej dans une loi des empereurs Honorius & Arcadius de l'an 399, adressée à Proclien, vicaire des Cinq provinces, dans la lettre synodique des évéques du concile de Turin, en 401, & dans la Notitia dtgnitatum ^ rédigée entre les années 400 & 406. Les Septem provinciae apparaissent dans la Notitia Galliarum , rédigée peu après la Notitia dignitatum ; dans la lettre du pape Zosiine adressée, en 417, à tous les évéques établis dans les Gaules & dans les Sept Provinces; & dans la constitution d'Honorius, de l'an 418, adressée à Agricola , préfet des Gaules, par laquelle ce prince ordonne aux notables des Sept Provinces de s'assembler tous les ans à Arles, conformément au décret rendu vers l'an 402, par Pétronius, préfet des Gaules. C'est à partir de cette époque que l'expression Septem provintiac finit par triompher & devint d'un usage général. [E. M.]
' Sextus Rufus, in Breviar. — Ammien Marcellin, 1. i5, n. 11. — Ausone, de clarii Urhitus, 8. — Sulpice Sévère, Hist. 1. 2. — Sozomène, Hiit. 1. 9, c. II.
* Lacarry, de Praefectis praetorio Galliarum.
TTo 356 HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIV. III.
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mença seulement alors d'appartenir entièrement aux Gaules', Se elle fut du nombre des Cinq Provinces qui eurent un vicaire particulier. Pour ce qui est des Alpes Grecques ou Pennines, il ne paroît pas qu'elles aient fait partie de la Gaule avant la fin du quatrième siècle, qu'elles furent comprises dans le vicariat des Gaules proprement dites : elles dépendoient auparavant de l'Italie, suivant tous les anciens géographes; ainsi elles n'ont jamais été comprises dans la Narbonnoise.
LX. — Origine des ducs i- comtes provinciaux, attribuée à Constantin. — La Province gouvernée par un proconsul. — Rétablissement de la ville d'Elne.
On attribue à Constantin l'institution des comtes; mais il paroît^ que leur origine est beaucoup plus ancienne Si qu'on peut la faire remonter à l'empereur Auguste qui, sur la fin de ses jours, choisit plusieurs sénateurs pour être ses comtes {comités Caesaris), c'est-à-dire ses compagnons Si ses conseillers. Il est vrai que quoique la qualité de comte fût d'abord très-considérable, elle ne fut, dans son institution, qu'un titre personnel ou un emploi qui obligeoit d'être toujours à la suite de l'empereur; que ce titre, qui commença d'être employé vers le milieu du troisième siècle pour désigner une personne constituée en dignité, devint plus commun sous Constantin, Si qu'il fut donné alors aux principaux officiers de l'Empire, divisés en trois différentes classes. Quant aux ducs ou comtes provinciaux, on peut en rapporter l'origine aux officiers que les empereurs envoyèrent commander les troupes dans les diffé- Éd. oiigin. rentes provinces de l'Empire, avec le titre de ducs, de comtes ou de maîtres de la milice, ce qu'on voit déjà dès le règne de Dioclétien. Cet usage devint encore plus ordinaire sous le règne de Constantin ^ Si de ses enfans. Enfin les
' Voir tome II, Note XXXV. * joint au titre de la magistrature. Ces amis, comme " Tillemont, Histoire des empereurs & des autres ceux de l'ancien préteur de la République, accomprinces, pendant les six premiers siècles de l'Eglise, pagnaient souvent l'empereur dans ses voyages & t. I, p. 48 & 762; t. 3, p. 389; t. 4, p. 285. dans ses expéditions guerrières; ils faisaient par- ^ A partir du quatrième siècle, les comtes formé- tie de sa compagnie, comitatus; & on les nommait rent une espèce de noblesse qui reçut de Constan- aussi ses compagnons, comités. Mais lorsque le tin sa constitution définitive. Cette noblesse doit cérémonial de la cour voulut qu'on adorât le son origine à l'ancienne clientèle romaine des pa- prince comme un dieu , on n'osa plus se dire ami triciens du temps de la République. C'était alors des augustes; ce titre disparut & celui de cornes, une coutume d'avoir un grand nombre de clients comte, devint une dignité. Cette transformation ou d'amis; elle se continua chez les empereurs, s'opéra sous Constantin, qui créa des comtes de mais dans de moins vastes proportions & avec premier, de deuxième & de troisième ordre. Tout des rapports plus fixes 8c mieux déterminés de ministère, tout office émanant directement du commerce domestique & de commensalité. Ainsi prince & ressortissant plus ou moins immédiate- Adrien &. Alexandre Sévère se faisaient des con- ment à lui, portait le dignitaire dans la sphère du seillers intimes de quelques jurisconsultes, de quel- comitat sacré; il devenait comte, non pas de l'Emques sénateurs, & même de certains chevaliers, pire, mais de l'empereur, & ce titre se joignait à auxquels ils donnaient le titre quasi-officiel d'à- un nom d'emploi, ou remplaçait les anciens noms mis. Ils choisissaient souvent parmi eux soit des de préfet & de légat ; comte des largesses sacrées, commissaires pour les affaires militaires ou ci- comte du domaine privé, comte des corps ou diviviles, soit des magistrats, & le titre d'ami restait sions militaires. Dès le temps de Constantin & de
An 33o
proconsuls ou préteurs, qui avoient le gouvernement politique des provinces, avant été élevés eux-mêmes dans la suite à la dignité de ducs ou de comtes, on leur donna depuis indifféremment ce titre. Les peuples barbares, après s'être emparés d'une partie de l'Empire, s'étant conformés à la police qu'ils trouvèrent établie par les Romains, conservèrent le même titre de duc ou de comte aux officiers qu'ils préposèrent pour avoir l'administration des provinces sous leur autorité.
La Narbonnoise fut gouvernée à l'ordinaire, sous l'empire de Constantin, par un proconsul ; ainsi elle fut toujours proconsulaire, car ce ne fut que longtemps après qu'elle fut changée en province présidiale & qu'elle n'eut plus qu'un président pour la gouverner. L. Ranius Optatus' fut, en effet, proconsul de la Narbonnoise vers la fin du règne de Constantin ; il est qualifié clarîss'ime. On croit ^ que c'est le même qui fut consul l'an 334; ainsi il Ân^3 peut avoir gouverné cette province l'année suivante. Ce même empereur rétablit l'ancienne ville d'Illiberls^, dans la Narbonnoise, &. lui donna le nom d'Elne {Helena), en mémoire de l'impératrice Hélène, sa mère.
LXL — Constantin confie V éducation de ses neveux à Exupère , rhéteur
de Narbonne.
Constantin, qui avoit donné en garde ses frères à la ville de Toulouse, confia l'éducation de ses deux neveux, Dalmace St Annibalien , à celle de Narbonne, où ils étudièrent les belles-lettres sous le célèbre rhéteur "♦ Exupère. Ces deux jeunes princes, c[ui étoient fils de Dalmace, frère de Constantin, furent élevés dans la suite par l'empereur, leur oncle, le premier à la dignité de césar, Se l'autre à celle de roi de Pont, de Cappadoce & de l'Arménie Mineure j ils signalèrent leur reconnoissance envers leur professeur 8c lui procurèrent le gouvernement ou présidence d'une province d'Espagne.
Exupère méritoit cette marque d'honneur, autant par son éloquence que par sa modestie & la gravité de ses mœurs. Il devoit sa naissance à la ville de Bordeaux & sa réputation à celle de Toulouse, où il avoit professé d'abord les belles-lettres avant que d'être appelé à Narbonne pour y exercer la même fonction. Ce professeur, après avoir gouverné cette province d'Espagne, se
ses fils, on voit des comtes de VAsiana, de Macé- mémoires de l'Académie des inscriptions & belles-
doine, des Gaules, des Espagnes, d'Afrique, c'est-à- lettres, t. ; 5, 1866, p. 94.) [E. M ]
dire des commandants de divisions militaires dans ' Gruter, Corpus inscriptionum , p. 4615, n. 4.
les provinces, ou de corps de troupes envoyées en ' Tillemont, Histoire des empereurs & des autres
expédition. Un capitaine des gardes du corps était princes, pendant les six premiers siècles de l'Eglise,
un cornes domesticorum. Dans l'ordre civil, les t. 4, p. iSô.
comtes du consistoire impérial tenaient leur rang, ' Zonaras, AnnaleSj t. 2, p. 14. — Marca His-
dans la hiérarchie nobiliaire de l'Empire romain, panica , c. 24.
entre les illustres & les clarissimes. — (Voir pour ' Ausone, Elogia profess. Burdigalensium, 17.
de plus grands détails, le mémoire de M. Naudet, Voyez tome II, Note XXXVI. intitulé : De la Noblesse chc^ les Romains, dans les
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An S35
retira à Cahors, où il mourut. C'est sans fondement que Scaliger ' lui donne pour collègue, dans la charge de professeur de Toulouse, un nommé Saturnin, qu'il confond avec le premier évêque de cette ville. ~^~J^ Le partage que Constantin fit de l'Empire entre ses trois enfans Cons-
tantin, Constance & Constant, 8c deux de ses neveux, fut, après sa mort, la source de bien des troubles &. de la perte d'une grande partie de sa famille. Les troupes & le sénat, n'ayant voulu reconnoître pour empereurs que les trois premiers, tous les autres princes de sa race furent massacrés, à la réserve de Gallus & dé Julien, fils de Jules Constance, frère de cet empereur, que la maladie de l'un & la tendre jeunesse de l'autre firent épargner. Quelques auteurs graves ont soupçonné Constance d'avoir été l'auteur de ce massacre. Dans le partage de l'Empire, qui fut fait ensuite entre les trois frères, les Gaules, l'Espagne Si la grande Bretagne échurent à Constantin, l'aîné de tous.
LXIL — Mort de l'empereur Constant, à Elne, dans la Narbonnoise , après
celle de Constantin, son frère.
Constantin, l'aîné des trois frères, ne posséda pas longtemps cette partie de l'Occident. La guerre qu'il entreprit mal à propos contre son frère Constant, alors maître de l'Italie, lui coûta la vie & donna lieu à celui-ci de s'emparer de tous ses États : ainsi Constant régna dans tout l'Occident, tandis que son frère Constance fut maître de tout l'Orient. Le sort de Constant ne fut pas plus heureux^ que celui de Constantin, son frère. Magnence, s'étant fait revêtir de la pourpre à Autun,où il fut salué auguste, entraîna cette ville dans sa révolte avec les premiers officiers de l'armée Si les peuples du voisinage. Ce tyran chercha ensuite à se défaire de Constant qui, pour se dérober à ses poursuites, résolut de passer les Pyrénées 81 de se réfugier en Espagne. Cet empereur étoit déjà arrivé à Elne, dans la Narbonnoise, lorsque Gaïzon, un des émissaires de Magnence, l'ayant atteint avec l'élite des troupes, lui ôta la vie dans la même ville. C'est ainsi que mourut ce prince, âgé alors de trente ans, 81 généralement abandonné de toutes ses troupes, excepté d'un François qui lui demeura toujours fidèle.
^Éd.origin. Quelques auteurs^ ajoutent qu'il se retira dans une église où il quitta les
marques de sa dignité. Si que, ses assassins l'ayant forcé de sortir de cet asile, ils le massacrèrent ensuite ; d'autres prétendent'^ que ce prince, se voyant entre les mains de ses ennemis, se tua lui-même après avoir fait mourir ses enfans, de la naissance 81 des noms desquels pas un historien ne fait mention ; ce qui donne lieu de révoquer^ en doute cette dernière circonstance. On doute également de la précédente.
' Scaliger, Notae In Ausonium. ' Zonaras, Annales, t. 2, p. 14.
° Zcsime. — Aurélius Victor, Epitome. — Eu- * S. Chrysostome, Homilia i5 in Philipp.
trope — S. Jérôme, Chron'icon. ' Tillemoiit, art. 16 sur Constantin.
An 35o
HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIV. IH. Sôg
LXIII. — La Province troublée par les erreurs des ariens. — Faux concile
d'Arles.
La mort tragique de Constant, dont Magnence récompensa l'assassin Gaïzon par le soin qu'il eut de l'élever à la dignité de consul, assura presque tout l'Occident à cet usurpateur. Constance, résolu de venger la mort de son frère 8c de soumettre ce tyran, appela contre lui dans les Gaules les Allemans avec plusieurs autres peuples d'en delà du Rhin qui, pendant cinq à six ans, firent des ravages affreux, dans ces provinces, dont il ne fut pas aisé de les chasser dans la suite. Constance, après s'être assuré d'un autre côté de l'Espagne & des Pyrénées, se rendit dans les Gaules où, avec le secours dçs peuples du pays qui se déclarèrent en sa faveur, il réduisit enfin Magnence à cet excès de désespoir de se tuer lui-même dans Lyon, où il l'avoit obligé de se jeter.
Constance, par la mort de ce redoutable ennemi, se voyant le maître absolu de l'Empire, alla passer l'hiver à Arles, où les légats du pape', accompagnés d'un grand nombre d'évêques, furent le trouver pour le supplier de leur permettre, conformément à la promesse qu'il leur avoit faite, de s'assembler à Aquilée, pour y tenir un concile & apaiser les troubles que les ariens causoient dans l'Église d'Orient} car pour celle d'Occident, 8t surtout celle des Gaules, elles n'avoient pas encore été infectées de leurs erreurs. Mais ces hérétiques, qui aVoient beaucoup de pouvoir sur l'esprit de ce prince, empêchèrent qu'il n'accordât cette permission; 8t au lieu de la ville d'Aquilée qu'il avoit déjà indiquée, il ordonna aux évêques de s'assembler à Arles. Il vouloit se trouver lui-même au concile, afin d'intimider ces prélats par sa présence, s'il ne pouvoir les gagner par les intrigues de Valens 8t d'Ursace, deux des plus fameux évêques ariens, 8c les obliger à souscrire* la condamnation de saint Athanase, conformément à l'édit qu'il avoit déjà fait publier là-dessus. Les funestes desseins des ariens ne réussirent que trop : les évêques orthodoxes ne résistèrent que foiblement à une si injuste demande, 8c de tous ceux qui assistèrent au concile d'Arles, il n'y eut que le seul Paulin, évêque de Trêves, qui eut le courage de refuser constamment de condamner ce saint patriarche d'Alexandrie. Ce refus attira l'exil à ce prélat avec la disgrâce du prince 8c lui mérita la gloire d'être le premier évêque d'Occident qui souffrit pour la défense de la divinité du Verbe.
' Sulpice Sévère, Hist. 1. 2. — Recueil des Con- ' S. Athanase, Epist. ad solit. — S. Hilaire,
aies, c. 2, p. 770. Fragmenta ex opère hisîoricOy 2.
An 35o
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, ,,, 36o HISTOIRE GENERALE DE LANGUEDOC. LIV. III.
LXIV. — Faux concile de Bé-:^iers. — Exil de Rhodanius , évêque
de Toulouse.
Rhodanius ou Rhodanusius, évêque de Toulouse, eut, bientôt après, la même gloire dans le concile' de Béziers, où Saturnin, évêque d'Arles, qui avoit été élu par la faction des ariens, soutenu de la faveur & de toute l'autorité de Constance, fut le maître absolu. Saturnin avoit eu aussi beaucoup de part aux violences & aux artifices dont on usa pour surprendre la religion des évêques catholiques assemblés à Arles & pour les engager à souscrire la condamnation de saint Athanase. Les prélats des Gaules, qui n'avoient point succombé dans ce concile, Se au nom desquels saint Hilaire^ présenta inutilement une requête à ce prince pour le supplier de rendre la paix à l'Église, soutenus par l'exemple de ce saint évêque de Poitiers, refusèrent d'abord nonseulement de souscrire la condamnation de saint Athanase, mais même de communiquer avec Saturnin. Celui-ci, irrité de leur fermeté, obtint, de concert avec Ursace Se Valens, un ordre de l'empereur pour tenir un concile à Béziers, ville de la Narbonnoise, où il obligea la plupart des évêques catholiques des Gaules de se rendre, St entre autres saint Hilaire de Poitiers. Ce saint ^ prélat fit véritablement tous ses efforts pour défendre dans ce concile l'innocence opprimée & pour faire connoître aux évêques assemblés les pièges des ariens; mais il paroît que, malgré tous ses soins, tous ces prélats succombèrent enfin Se souscrivirent la condamnation du saint évêque d'Alexandrie, à la réserve du même saint Hilaire Se de Rhodanius de Toulouse, que l'exemple Se les discours de ce saint évêque"*, plus que son propre courage, soutinrent Si empêchèrent de commettre la même injustice. Il paroît que la plupart des Éd. origin. évêques qui assistèrent à ce concile de Béziers étoient des provinces voisines de la ville d'Arles, c'est-à-dire de la Narbonnoise, de la Viennoise, de la Séquanoise 8c des provinces des Alpes. Ces prélats, dont on ne sauroit dissimuler la chute, furent surpris par les artifices ou la violence de Saturnin qui présida à ce concile Se qui avoit eu sans doute l'adresse, pour soutenir son parti, d'y attirer les évêques de sa province ou ceux des autres parties des Gaules qui, par foiblesse, avoient déjà prévariqué au concile d'Arles.
Ce faux évêque n'oublia pas, dans le récit qu'il fit à Constance de tout ce qui s'étoit passé au concile de Béziers, de donner un mauvais tour à la fermeté d'Hilaire. 11 décria si fort sa conduite Si rendit sa fidélité si suspecte-'', que cet empereur le relégua en Phrygie, de même que Rhodanius qui finit ses jours dans le lieu de son exil. Parmi les autres évêques des Gaules qui n'avoient pas assisté au concile de Béziers, les uns demeurèrent termes"^ dans
' Sulpice Sévère, Hist. 1. 2. — Fita S. Hilarii, * Siilpice Sévère, Hist. 1. 2.
nov. edit. p. 94 & seq. — TiUemont, sur S, Hilaire. ' S. Hilaire, contra Constantium imperatorem, n. 2
— Gallia Chriitiana, nov. edit. t. I , p. 324. & 3 ; & Liier de Synodis seu de Fide Orientalium,
* S. Hilaire, ad Constantium, 1. i. n. 2.
' liid. contra Constantium imperatorem, 1. 1 . ^ S. Hilaire, Liher de Synodis.
la foi & dans la communion d'Hilaire, & les autres cédèrent à la violence & aux mauvais traitemens; mais la plupart de ces derniers, honteux de leur lâcheté, retournèrent bientôt après à la communion de ce saint évêque de Poitiers 8t se séparèrent une seconde fois de celle de Saturnin. Ces évêques catholiques parurent ensuite si zélés 8t si attachés à la foi de l'Eglise, que saint Hilaire ne put s'empêcher de leur en témoigner sa joie & de louer leur courage, dans la réponse qu'il leur fit, trois ans après, dans son livre des Synodes. Ce saint prélat, dans l'énumération qu'il fait, à la tête de cet ouvrage, des pro%'inces des Gaules, aux évêques desquelles il s'adresse, ne fait aucune mention de la Narbonnoise, de la Viennoise & de quelques autres du voisinage ; c'est, selon toutes les apparences, parce que les évêques de ces provinces ne s'étoient pas encore relevés de leur chute 8c qu'ils n'avoient pas révoqué leur souscription contre saint Athanase.