‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificativesChapitre 315 sur 553 · XXXIII. — Prodiges arrivés à Bé-^iers · texte numérisé non relu

XXXIII. — Prodiges arrivés à Bé-^iers

Éd.origin. Le clioix que les Visigoths firent de Théodoric pour remplir la place de

Wallia fut suivi de signes terribles qui parurent à Béziers. Paulin, alors évêque ' de cette ville, en fit le détail & en donna la connoissance au public par une lettre circulaire qu'il envoya de toutes parts. Nous ignorons la nature & les effets de ces phénomènes : ce prélat s'en servit sans doute utilement pour jeter une terreur salutaire dans l'esprit de ses diocésains & pour porter les pécheurs à la pénitence. C'est par ce seul endroit que nous connoissons cet évêque, car on ne sauroit assurer qu'il soit l'auteur de l'histoire du martyre de saint Gênez d'Arles, ouvrage qu'un moderne^ lui attribue & qui est, en effet, digne de lui.

XXXIV. — Rétablissement de l'évêque de Narbonne dans ses droits de

métropolitain.

Hilaire, métropolitain de Narbonne, contemporain de ce prélat, obtint ^ du pape Eoniface, malgré tous les efforts 8c le crédit des évêques d'Arles, la justice que Z-osime lui avoit refusée 8c le rétablissement de tous les droits dont ce dernier, surpris par Patrocle, avoit injustement dépouillé son église. En effet, la mort deZosime 8c celle du général Constance, que l'empereur Honoré avoit enfin associé à l'empire, ayant privé Patrocle de ces deux puissans protecteurs, Hilaire eut la liberté de soutenir'^ avez zèle les intérêts de sa métropole. Déjà le clergé 8c le peuple de Lodève s'étoient plaints au même Eoniface de ce que, contre l'ancienne discipline de l'Église 8c le respect dû aux saints canons, Patrocle avoit ordonné un évêque pour leur église malgré eux 8c sans la participation de l'évêque de Narbonne, leur métropolitain, lorsque ce pape, qui n'ajoutoit pas foi aisément aux plaintes qu'on lui portoit contre les évêques, frappé du grand nombre de ceux qui déposoient contre l'usurpation de Pa-

■ Idace, Ckronicon. * Le P. Labbe, Recueil des Conciles, t. 2, c. i 58.5.

' Rosweide, notes sur S. Paulin. — Voyez Consteller, Epistolac Summorum Pontifi-

■* S, Léon, epist. lo, cum, t. r, p. io3i.

An

^ An 422

trocle, écrivit là-dessus à Hilaire de Narbonne, le 9 de février de l'an 422. Boniface lui marquoit, dans sa lettre, que si l'exposé qu'on lui avoit fait au sujet des entreprises de Patrocle pour l'ordination d'un évêque de Lodève se trouvoit vrai, il eût à se transporter dans cette ville pour y régler toutes choses conformément à ses droits de métropolitain & aux désirs du peuple & qu'il eût à lui faire savoir le succès de sa commission. Ce pape décide en même temps par cette épître décrétale, suivant le saint concile de Nicée & les règles de l'Eglise, que le gouvernement de chaque province doit appartenir à son métropolitain, & non pas à un étranger. Boniface cassa donc, par cette décision, tout ce que Zosime avoit fait par surprise en faveur de Patrocle, du moins par rapport à la Narbonnoise première, sur laquelle les évêques d'Arles ne prétendirent plus l'autorité de métropolitain ou de primat. Nous ne voyons pas, en effet, que les successeurs de Patrocle aient rien entrepris ni prétendu depuis sur cette province, ce qui montre évidemment l'injustice des prétentions de ce dernier & la foiblesse du fondement sur lequel il les appuyoit. Le jugement' de Boniface en faveur de l'église de Narbonne fut confirmé dans la suite par les papes saint Célestin premier, saint Léon 8c leurs successeurs; Se si les évêques d'Arles se maintinrent encore durant quelque temps dans une espèce de juridiction sur plusieurs provinces, ce fut en qualité de vicaires des papes dans les Gaules & non comme métropolitains : on ne trouve plus même aucun vestige de cette espèce de primatie dès le neuvième siècle.

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