LXXX. — Affaire d'Herme, évêque de Narbonne
Parmi les visites que Sidoine rendit dans Narbonne, il fait mention ^ de celle qu'il fit à l'évêque, dont il ne marque pas le nom : c'étoit Herme, archidiacre de l'église de cette ville. Saint Rustique, auquel il avoit succédé, l'avoit envoyé à Rome, comme nous l'avons déjà dit, 8c il s'y étoit distingué par sa piété. Il avoit été ensuite ordonné évêque de Béziers par le même Rustique, sous le pontificat de saint Léon; mais le clergé 8c le peuple de la ville ayant refusé de le reconnoître, pour des motifs que nous ignorons, il ne fit aucune démarche pour les y obliger. Il vécut hors de ce diocèse jusques à ce que Rustique, qui connoissoit son mérite, se voyant sur la fin de ses jours, le destina pour remplir, après sa mort, le siège de Narbonne 8c en écrivit à saint Léon pour le prier d'autoriser cette destination qui paroissoit extraordinaire; mais ce saint pape, extrêmement attaché aux règles de la ÉJ.origin. discipline, ne crut pas pouvoir le faire. Herme fut pourtant reconnu évêque de Narbonne par le clergé 8c le peuple, après la mort de Rustique, qui arriva, à ce qu'on croit, l'an 461, le 28 du mois d'octobre'*, jour auquel on célèbre sa fête.
L'année suivante^, Théodoric, roi des Visigoths, s'étant rendu maître de Narbonne 8c ayant envoyé Fridéric, son frère, pour prendre le gouvernement de cette ville, ce dernier, qui étoit arien Se, par conséquent, ennemi des évêques catholiques, écouta volontiers les plaintes qu'on lui porta contre l'intronisation d'Herme, 8c écrivit lui-même à ce sujet au pape saint Hilaire, successeur de saint Léon, une lettre très-forte qu'il lui envoya par Jean, diacre. Ce pape, prévenu par les plaintes de Fridéric Se par le bruit que cette affaire faisoit dans le public, écrivit, le 3 de novembre de l'an 462, à
■ Sidoine Apollinaire, Carmina , l'i. — Fita des Conciles, t. 4, c. 1040 & suiv. — S. Léon,