Hilarîi Areîatens'ts. epist
' Sidoine Apollinaire, 1. 5, cpist. 21; & Car- 'Tillemont, Hist. ecclés. t. |5, sur S. Rusti^ue^
mina, 24. p. 408.
' Sidoine Apollinaire, Carmina, i3. — Recueil ' Recueil des Conciles, t. 4, c. 1040 & suiv.
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An 463
Léonce, évêque d'Arles, son vicaire clans les Gaules, &. lui reprocha sa négligence à l'informer de ce qui s'étoit passé à Narbonne sur ce sujet. Il lui ordonna en même temps de l'instruire, conjointement avec les évêques voisins, de la vérité du fait pour être en état de lui donner sur cela les ordres convenables.
Le pape saint Hilaire se disposoit alors à tenir un concile qu'il avoit indiqué à Rome pour léig de novembre, jour de l'anniversaire de son ordination. Quelques évêques des Gaules qui s'y trouvèrent, lui ayant rendu compte de ce qui s'étoit passé au sujet de l'élection d'Herme pour le siège épiscopal de Narbonne, ce concile prit connoissance de l'affaire de ce prélat & jug*-"^ pour un bien de paix qu'il seroit confirmé dans le siège de cette église; mais pour l'empêcher d'abuser de la condescendance qu'on avoit pour lui, il fut privé personnellement du droit de métropolitain pour ce qui regai'doit l'ordination des évêques de sa province. Le concile déféra cette fonction, durant sa vie, à Constance, évêque d'Uzès & primat de la Province, c'est-à-dire le plus ancien évêque de la Narbonnoise première. On accorda le même droit, pendant la vie d'Herme', à l'èvêque le plus ancien de cette province en cas que Constance d'Uzès vînt à mourir.
Saint .Hilaire fit savoir cette décision aux évêques de la Lyonnoise première, des deux Narbonnoises, de la Viennoise & de la seconde des Alpes ou des Alpes Pennines, par une lettre qu'il leur adressa le 3 de décembre de l'an 462. Ce pape loue beaucoup dans cette lettre la personne d'Herme; mais il blâme extrêmement son intronisation, comme contraire aux saints décrets. On' croit cependant pouvoir le justifier de même que saint Rustique, son prédécesseur. Saint Hilaire fait mention de plusieurs autres règlemens de ce concile de Rome, & en particulier de celui qui ordonnoit la tenue annuelle du concile des Cinq Provinces nommées à la tête de sa lettre & dont l'èvêque d'Arles, en qualité de vicaire du Saint-Siège, devoit marquer le temps 8c la manière de le tenir ^.
LXXXL — Siège de Chinon par les Romains contre les Visigoths.
Il paroît que le prince Fridéric ne fit pas un long séjour dans Narbonne, après sa lettre au pape Hilaire, dans laquelle il se plaint de l'intronisation d'Herme, car nous le voyons peu de temps après commander^, au voisinage de la Loire, les troupes du roi Théodoric, son frère. Ce roi, peu content d'avoir étendu les limites de ses États du côté du Rhône, avoit envoyé une armée vers la Loire, pour tâcher de s'agrandir de ce côté-là ; ses troupes s'ètoient déjà emparées sur les Romains du château de Chinon, en Touraine, place d'autant plus à la bienséance des Visigoths, qu'elle étoit située sur les frontières
' Tillemont, Histoire ecclcsianiijuCj t. 16, nrt. 2 ^ Idace, Chronlcon, p. 3i 1 & seq. — Grégoire de
sur S. Hilaire^ pape. Tours, de Gloria Confessorum, c. 22; voir les notes
' Ihid. de dom Riiinart sur ce sujet.
oii;;i!l.
t. I, p. jni.
^ ' An .40 J
du Poitou dont ils étoient maîtres, depuis la cession que l'empereur Honoré leur avoit faite d'une partie de l'Aquitaine. Le comte Gilles, voyant l'importance de cette place, fit tous ses efforts pour la reprendre Se en forma le siège. Cependant, comme sa situation avantageuse sur une montagne lui faisoit craindre de ne pas réussir, il trouva moyen de détourner la source de l'unique puits qui fournissoit de l'eau aux assiégés. Ceux-ci, encore plus pressés par la soif que par les vigoureuses attaques des troupes romaines, commençoient à désespérer de leur salut & de celui de la place, quand le saint abbé Maxime, disciple de saint Martin, qui se trouvoit renfermé dans ce château, s'étant mis en prières, obtint de Dieu une pluie abondante qui fournit à leurs besoins, ce qui obligea le comte Gilles de lever le siège St de décamper.
LXXXIl. — Victoire du comte Gilles sur Fridéric. — Défuite 6* mort de ce
prince.
Le comte Gilles eut occasion, bientôt après, de se relever du mauvais succès de cette entreprise par la défaite du prince Fridéric, frère du roi Théodoric & général de l'armée des Visigoths, qui s'étoit avancé' vers l'Armorique, entre '-J les rivières de Loire & de Loiret, près d'Orléans. Ce général romain vint au-devant de lui & l'attaqua dans cet endroit où il se donna un combat des plus sanglans entre les deux armées. La victoire se déclara bientôt pour le comte Gilles, qui signala sa valeur dans cette occasion par l'entière défaite des Visigoths : ces derniers perdirent entre autres le prince Fridéric, qui demeura sur le champ de bataille. On auroit quelque sujet de croire que ce prince mourut catholique, soit par les soins qu'il se donna ^ auprès du pape saint Hilaire, auquel il s'adressa dans l'affaire d'Herme de Narbonne, soit par le titre de son cher fils [magnificum virum filium suum)^ que ce même pape lui donne dans la lettre qu'il écrivit à Léonce, évêque d'Arles, si on ne savoit d'ailleurs que tous les Visigoths étoient ariens. Il est vrai qu'ils n'inquiétoient pas les catholiques de leurs États & que, se regardant alors en quelque manière sous la dépendance des empereurs, ils n'osoient rien attenter contre la foi Si la discipline de l'Église; mais sous le règne d'Euric, ce prince s'étant rendu entièrement indépendant des Romains, il ne ménagea plus leur religion Se fit tous ses efforts pour faire triompher les erreurs de sa secte, comme nous le verrons dans la suite.
LXXXIIL — Mort du comte Gilles. — Nouveaux progrès de Théodoric II.
Le comte Gilles, animé par la victoire qu'il venoit de remporter sur les Visigoths, continua 3 la guerre contre leur roi Théodoric 6c, après avoir passé la Loire, alla l'attaquer dans le cœur de ses États Si remporta sur lui divers
idiice^ Chrontcon. — Manus d'Avenche, C/ironic. * Idacc^ Chron'tcon. — Priscus, Legattoncs.
• Recueil des Conciles, t. 4, c. 1041. Grégoire de Tours, Hist. 1. 2, c. 18.
^^^g3 47*^ HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIV. IV.
avantages. Comme il étoit également ennemi de Sévère, il tâcha de fomenter en même temps la guerre que Genséric, roi des Vandales, avoit déjà entreprise contre ce tyran, au sujet de la dot d'Honoria, sa bru, fille de l'empereur Valentinien III. Le comte Gilles, pour engager Genséric à agir fortement en Italie contre Sévère 8c Ricimer, en attendant qu'il pût lui-même passer les
Alpes 8c les aller combattre, lui envoya des ambassadeurs qui s'embarquèrent
An 464 sur l'Océan au mois de mai de l'an 464. Il paroît que ce comte suscita encore contre Sévère les Alains, qui s'étoient établis dans les Gaules Si qui, après avoir passé en Italie, furent défaits', vers le même temps, au voisinage de Bergame. Ce général vit évanouir bientôt après tous ses vastes projets, car les ambassadeurs qu'il avoit envoyés en Afrique furent à peine de retour, au mois de septembre de la même année, qu'il tomba malheureusement dans les pièges de ses ennemis qui, désespérant sans doute de le réduire par la force des armes, le firent périr par le poison. Telle fut la fin de ce grand ^ capitaine, aussi recommandable par sa grandeur d'âme que par sa probité, 81 seul capable d'arrêter les progrès des Visigoths,
Sa mort donna lieu-* à ces peuples d'étendre de tous côtés leur domination sans obstacle, & les provinces des Gaules, qui jusques alors avoient été au pouvoir des Romains, se trouvant sans défense, il leur fut aisé d'y faire de nouvelles conquêtes. Quelques historiens '^ prétendent que le comte Gilles ne mourut pas dans le temps que nous venons de marquer 8<. que, dans la suite, il fut même élu roi par les François 5 mais ce qu'ils rapportent là-dessus paroît 5 si fabuleux, quoique appuyé du témoignage de Grégoire de Tours, qu'on peut le regarder comme un véritable roman "^ que cet historien a adopté trop facilement^.
LXXXIV. — Expédition de Théodoric contre les Suèves. — Son alliance
avec Rémismond, leur roi.
Outre les conquêtes que Théodoric fit dans les Gaules, il s'acquit une nouvelle autorité sur les Suèves de la Galice. Ces peuples, comme nous l'avons dit ailleurs, avoient fait une espèce de paix avec les anciens habitans du pays; mais également perfides & brigands, ils recommençoient tous les ans leurs courses; en sorte que les Galéciens, ne pouvant plus supporter ces actes d'hostilité', furent obligés d'avoir recours à la protection du roi Théodoric, à qui
Cassiodore, Chronicon. de Tours dans le cours de l'histoire de l'expulsion
Paulin, Vita S. Martini. du roi Childéric & de son séjour en Thuringe;
Idace, Chronicon. toute cette partie de l'ouvrage de Grégoire ne fait
A, de Valois, Rerum Francicarum 1. 5, p. 199 que reproduire des traditions, peut-être poétiques,
& seq. auxquelles on ne peut ajouter grande foi. Il en est
' Grégoire de Tours, Hisloria, 1. 2, c. T2. de même d'une partie de l'histoire de Clovis; voir
'> Daniel, Praef. hist. art. 2. • à ce sujet le livre de M. Monod, intitulé Étude
' Le fait de l'élection du maître de la milice critique sur Grégoire de Tours, p. 90 & suiv.
Egidius, par les Francs, est rapporté par Grégoire [A. M.]
Éd. oiigin.
ils députèrent, l'an 462, Palégorius, l'un des plus nobles d'entre eux. Ce prince, après avoir écouté ce député, le renvoya & le fit accompagner par Cyrila, son ambassadeur, avec ordre à celui-ci de pacifier la Galice. Ces deux ambassadeurs, à leur arrivée sur les frontières de cette province, rencontrèrent ceux que Rémismond , l'un des deux rois suèves, envoyoit de son côté à Théodoric pour justifier sa conduite auprès de lui, ce qui obligea ces derniers envoyés de rebrousser chemin Se d'accompagner celui du roi Théodoric jusques à Lugo, où la paix fut négociée & conclue de nouveau entre les Galéciens 8c les Suèves. Cyrila eut à peine repris le chemin des Gaules, que ces derniers peuples recommencèrent leurs hostilités contre les Galéciens, en sorte que Théodoric fut obligé de renvoyer une seconde fois ce ministre dans la Galice, pour en apaiser les troubles, mais ce fut sans succès.
Les affaires de ces peuples étoient dans cette situation, quand, en 468, Frumarius, l'autre roi des Suèves qui régnait du côté de Braga , étant mort, Rémismond, son collègue, réunit tous les peuples de sa nation sous son obéissance. Ce prince fit alors la paix avec les Galéciens & envoya des ambassadeurs à Théodoric pour lui demander sa protection 8t son amitié, & faire alliance avec lui. Celui-ci fit un très-bon accueil aux ambassadeurs de Rémismond, en envoya d'autres à ce prince, & lui donna même en mariage une fille visigothe de nation, & apparemment de sa famille; il lui envoya aussi des armes & lui fit divers autres présens, ce qui fit que les Suèves demeurèrent tranquilles. Ils firent cependant, quelque temps après, une nouvelle entreprise ÂïTIûI sur les villes de Coïmbre 8c de Lisbonne, dans la Lusitanie, 8c le roi des Suèves, se prévalant sans doute de la protection du roi Théodoric, tâcha d'étendre sa domination dans cette province. 11 envoya en même temps de fréquentes ambassades à ce prince, soit pour justifier sa conduite ou pour tâcher d'entretenir la paix 8c la bonne intelligence avec lui. On croit ^ que Rémismond, gagné par les caresses de son épouse, qui étoit Visigothe 8c arienne, abandonna alors la foi catholique qu'il professoit, pour embrasser l'arianisme 8c que, pour taire sa cour à Théodoric, il pria ce prince par ses ambassadeurs de lui envoyer des ecclésiastiques ariens pour instruire ses peuples dans cette secte. Quoi qu'il en soit, Théodoric'', après avoir rappelé d'Espagne le général Arborius qui y commandoit sous ses ordres, y envoya un certain Ajax, Galate de nation, apostat de la religion catholique 8c arien de profession. Ce malheureux, qui s'étoit d'abord établi dans les Gaules, où il vivoit sous la domination des Visigoths, fut à peine arrivé chez les Suèves, alors catholiques, qu'il les intecta de ses erreurs dans lesquelles ils eurent le malheur de persévérer jusques au milieu du siècle suivant que Théodemir, leur roi, les réunit à l'Église par la prédication de saint Martin de Dume.
'Idace, Chron'icon , p. 3i2 & seq. — Isidore, ' Ferreras, ad ann. 46.5.
Chronicon, p. 719 & l^')- ' Idace, Ckronicon, p. 3r2 & seq.