LXXIV. — Theudis, roi des Visigoths
Après la mort d'Amalaric, les Visigoths élurent ^ pour leur roi le général Theudis à qui Théodoric avoit confié autrefois l'éducation 8<. la conduite de ce prince, de la mort duquel on l'accuse d'avoir été le principal complice, & qui méditoit depuis longtemps le dessein de parvenir au trône. Theudis fut élu en Espagne, & ce fut le premier des rois de sa nation qui transféra son siège au delà des Pyrénées & qui abandonna le séjour des Gaules Se de la Septimanie, en quoi il fut imité par la plupart de ses successeurs. Ce prince, voulant affermir son autorité, s'appliqua d'abord à gagner l'affection des anciens peuples de ses États qui professoient la religion catholique; il accorda à leurs évêques la liberté de s'assembler tous les ans à Tolède, d'y tenir des conciles 8c d'y faire les règlemens qu'ils jugeraient nécessaires pour le maintien de la discipline ecclésiastique.
Si le texte de Procope"^ n'est point corrompu, cet historien attribue à Théodebert, roi de Metz ou d'Austrasie Sifils de Thierri, l'expédition contre Amalaric dont nous venons de parler. Cet auteur prétend que ce roi françois, après sa victoire, ayant retiré Clotilde, qu'il suppose avoir été sa sœur, des mains d'Amalaric, soumit tous les pays que les Visigoths possédoient en deçà des Pyrénées, & qu'alors tous ceux d'entre ces peuples qui étoient établis
' Grégoire de Tours, Hist. 1. 3, c. i & lo. ' Isidore, Chronicon, p. 722.
' Procopc, Hisloria Goihorum, 1, 1, c. 12. — Ai- ■* Procope, Histor'ta Got/iorunij 1. r, c. i3.
moin , 1. 2. c. 8.
An 53 r
An 51i
dans les Gaules se retirèrent en Espagne avec leurs femmes & leurs enfans pour y vivre sous la domination de Theudis. Mais cet historien se trompe sur ces circonstances qui sont également fausses; il est visible qu'il confond cette expédition contre Amalaric avec celle que Thierri, roi de Metz, entreprit deux ans après contre les Visigoths sur lesquels Théodebert, son fils, reprit une partie des conquêtes que Clovis avoit faites autrefois sur eux, èi. que Théodoric lui avoit enlevées; voici à quelle occasion '.