XCVII. — Mort d'Athanagïlde, roi des Visigoths
La partie de la Province qui étoit du domaine des Visigoths changea de maître vers le même temps par la mort du roi Athanagilde ', arrivée à Tolède après un règne de quatorze ans. Ce prince, plus heureux que la plupart de ses prédécesseurs, mourut de mort naturelle. Moins obstiné qu'eux dans ses erreurs, il fut catholique dans le cœur, sans pourtant oser se déclarer ouvertement pour la religion qu'il professoit en secret, 8c qu'il se faisoit une gloire Éd. oiifii". tle protéger. Après sa mort, les Visigoths se divisèrent en dittérens partis pour le choix de son successeur, sans pouvoir convenir entre eux durant cinq mois d'interrègne. Les Impériaux, qu'Athanagilde avoit appelés à son secours en Espagne, Si qui s'y étoient maintenus en diverses places, fomentèrent sans doute ces divisions, pour se conserver par là plus aisément la possession des pays dont ils s'étoient emparés.
XCVin. — Linva, gouverneur de la Septimanie , succède à Athanagilde. Narbonne devient une seconde fois capitale du royaume des Visigoths.
Tandis que les principaux seigneurs visigoths formoient divers partis en Espagne, & qu'ils se disputoient entre eux la couronne de ce royaume^, Liuva, qui gouvernoit depuis ^ sept ans la Narbonnoise ou Septimanie, fut élu à Narbonne vers la fin de l'an 56/, pour successeur du roi Athanagilde, par les peuples de son gouvernement. Il étoit d'une naissance très-illustre & doué de toutes les vertus qui font les grands hommes. Il avoit surtout beaucoup de prudence &. d'affabilité, & il avoit tellement gagné l'affection des peuples, par la sagesse de sa conduite 8c la douceur de son gouvernement, qu'il s'étoit acquis une autorité absolue, ce qui facilita son élévation au trône. Le choix des peuples de la Septimanie détermina bientôt après celui de la plupart des Visigoths d'Espagne qui se réunirent enfin pour reconnoître ce nouveau roi. Se qui confirmèrent son élection ; mais plusieurs d'entre eux consen'ant dans leur cœur une haine secrète contre sa personne, firent éclater dans la suite leur mécontentement, ce qui fut la source de nouveaux troubles. Liuva tâcha de les prévenir 8c d'arrêter les desseins de ses ennemis par des voies de douceur 8c de paix"*. Il continua cependant de faire son séjour dans la Septimanie, 8c établit sa résidence ordinaire dans Narbonne dont il fit la capitale de ses Etats. Par là cette ville Se le reste de la Septimanie reprirent leur ancien lustre.
' Isidore, Chronicon , p. 724. — Jean, abbé de ' Lucas Tudensis, Chronicon. — Isidore, Chroni-
Biclar, Chronicon. con. — Jean, abbé de Biclar, Chronicon.
' Voyez tome II, Note LXXII, n. 2. ■• Isidore, Chronicon.
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