LX. — Saint Véran, évéque de Cava'illon, natif du Gévaudan
Le progrès des armes de Reccarède rendit le roi Contran encore plus attentif à entretenir l'union qu'il avoit contractée avec Childebert, son neveu ; la joie que lui causa la naissance de deux enfans mâles de ce dernier roi ne contribua pas peu à cimenter de plus en plus leur bonne intelligence. On donna à l'aîné le nom de Théodebert & à l'autre celui de Thierri.
Saint Véran ou Vrain, évêque de Cavaillon, mérita l'honneur d'être parrain' de ce dernier, autant par la réputation de sa sainteté que par l'éclat des merveilles que Dieu opéroit par son ministère & qui le rendoient également respectable aux princes Se aux peuples. Ce saint, qui étoit natif du Cévaudan, avoit embrassé l'état ecclésiastique sous saint Évanthe, évêque de ce pays. Pour éviter l'estime que sa grande vertu lui attiroit parmi ses compatriotes, il résolut d'abandonner sa patrie. Le désir de visiter les tombeaux des apôtres l'attira d'abord à Rome, d'où il revint peu de temps après en France par la route de Pvavenne, de Milan 8c d'Embrun, laissant partout des marques de sa piété Se de sa religion. Il fixa alors sa demeure dans le diocèse de Cavaillon dont il fut ensuite élu évêque. Il remplit ce siège avec honneur 8c se distingua en divers conciles où il assista, 8c en particulier dans plusieurs commissions importantes dont le roi Contran le chargea. On croit que ce saint prélat mourut vers l'an Sço. Ses reliques sont conservées à Cergeau-sur- Loire, au diocèse d'Orléans.