‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificativesChapitre 407 sur 553 · LXI. — Sainte Césarie · texte numérisé non relu

LXI. — Sainte Césarie

Dans le temps que Véran se rendoit célèbre par sa sainteté au delà du Rhône, sainte Césarie vivoit avec la même réputation en deçà de cette rivière 8c dans la partie du diocèse d'Avignon qui appartient au Languedoc. Césarie

' yita S. Verant , dans Labbe, Bthliotheca nova manuscriptorum, t. i, p. 690 & seq.

An 587

avoit' d'abord épousé un homme de condition, nommé Valens, avec lequel elle vécut dans une parfaite continence. Valens ayant été ensuite ordonné prêtre, elle prit le parti de vivre solitaire Se se retira dans une grotte du mont Andaon, appelé aujourd'hui le mont Saint-André, où elle passa le reste de ses jours & où elle mourut en odeur de sainteté, le 8 du mois^ de décembre de l'an 586. On garde ses reliques dans l'église de l'abbaye de Saint-André, située sur la cime de cette montagne, où on a bâti un fort qui domine le Rhône, vis-à-vis la ville d'Avignon.

LXII. — Traité d'Andelot entre Contran &■ Childehert. — L' Albigeois restitué de nouveau à ce dernier.

Contran, voulant cimenter parfaitement la paix 8c la bonne intelligence avec le roi Childebert, son neveu, lui fit proposer une conférence pour y terminer % l'amiable & par un traité tous les différends qui pouvoient encore rester entre eux au sujet de leurs anciennes querelles 3. Cette conférence, que le roi d'Austrasie accepta, se tint à Andelot, au diocèse de Langres, sur les frontières des Etats de ces deux princes, k la fin du mois de novembre de Éd. ori|in. ]'an 5gy Goutrau , qui se voyoit sans successeurs, y donna des marques publiques de son affection pour le roi, son neveu. Il conclut avec lui, par l'entremise des prélats & des seigneurs d'Austrasie Si de Bourgogne, un traité solennel, par lequel on pourvut aux inconvéniens que leur succession pourroit faire naître après la mort de l'un ou de l'autre, & on régla les prétentions réciproques qu'ils avoient sur le royaume du feu roi Charibert'*.

Nous avons remarqué ailleurs qu'après le décès de ce roi, Chilpéric, Contran & Sigebert, ses frères, avoient partagé entre eux son royaume ; qu'ensuite Contran, prétendant qu'il lui étoit dévolu en entier, s'en étoit emparé. Se que s'étant depuis réconcilié avec le roi Childebert, son neveu, il lui avoit restitué, ou pour mieux dire, promis de restituer la partie de ce royaume qui avoit appartenu à Sigebert, père de ce prince 5 mais cette restitution n'avoit pas encore été entièrement exécutée, parce qu'il restoit quelques difficultés de part 8c d'autre. Elles furent enfin levées par ce traité, où il fut conclu que Contran posséderoit seulement durant sa vie la troisième partie de Paris, le Dunois Se le Vendomois, avec une partie des pays chartrain Se d'Étampes, & que tous les pays qui faisoient partie de la succession de Charibert retourneroient à Childebert après sa mort. Contran restitua en même temps à ce dernier le Poitou, la Touraine, l'Albigeois, le Conserans, le pays de Labour, les diocèses d'Aire, de Meaux 81 d'Avranches, 8c une partie de la ville de Senlis, que le roi Sigebert avoit eus en partage en qualité d'héritier pour un tiers du roi Charibert, son frère. Il est aisé de voir, par le détail que nous venons de faire, en quoi consistoit ce tiers j il paroît qu'avant ce traité Chil-

' Le Cointe, ad ann. 586, n. 44 &. seq. ' Grégoire de Tours, H'ut. 1. 9, c. 10, 1 1 & 20.

" Pagi, Critica, ad ann. 687, n. 12. ^ liij.

debert jouissoit de la Touraine, du Poitou, du Béarn & du diocèse d'Aire, car Grégoire de Tours' fait mention du duc Ennodius qui, peu de temps auparavant, avoir le gouvernement de tous ces pays au nom de ce prince, ce qui prouve sans doute que Contran ne fit que le confirmer dans la possession qu'il en avoit déjà prise.

On convint, par le même traité d'Andelot, que celui des deux rois qui survivroit à l'autre hériteroit de ses Etats, ce qui étoit d'autant plus avantageux pour Childebert qu'il étoit jeune 8t avoit des successeurs, au lieu que Contran, déjà fort avancé en âge, n'en avoit point. La reine Brunehaut n'oublia pas ses intérêts dans cette occasion. Elle demanda la restitution du Bordelois, du Limousin, du Béarn, de la Bigorre 81 du Querci qui lui avoient été cédés après la mort de la reine Calsvinde, sa sœur, 8c dont le roi Contran s'étoit emparé comme faisant partie de la succession du feu roi Charibert. Il fut arrêté que Brunehaut rentreroit seulement alors dans la possession du Querci ; que le roi Contran jouiroit des autres pays durant sa vie, Sx. qu'après sa mort, ils reviendroient à cette reine ou à ses héritiers. On ne sait point si Brunehaut se retira alors dans le Querci pour y établir sa demeure; il paroît seulement qu'elle y fit bâtir le château de Bruniquel, auquel elle donna son nom (Castrum Brunichildis). Ce château, qui est situé sur la frontière de l'Albigeois, fut dans la suite un apanage des cadets de la maison de Toulouse. Les deux rois convinrent enfin, par ce même traité, de plusieurs autres articles, & en particulier de l'échange des transfuges de part St d'autre, ce qui procura à Childebert le retour des ducs Loup 8<, Dyname, qui avoient abandonné ses intérêts pour se retirer à la cour de Contran.

LXin. — Conclusion du mariage de Clodosvinde avec le roi Reccarède.

An 588

Après la conclusion de ce traité, le roi de Bourgogne consentit enfin, quoique avec peine, au mariage de sa nièce Clodosvinde avec le roi Reccarède. Ce mariage fut entièrement^ arrêté au commencement de l'année suivante, à l'arrivée des nouveaux ambassadeurs que ce dernier prince avoit envoyés à ce sujet. Autharis, roi des Lombards, qui professoit l'arianisme, avoit déjà demandé cette princesse en mariage, mais le roi Childebert, son frère, préféra le roi des Visigoths, parce qu'il étoit catholique Se beaucoup plus puissant. C'est tout ce que nous savons du mariage de Reccarède avec Clodosvinde; car les historiens ne parlent-' plus de cette princesse. Nous avons d'autant plus lieu de douter si elle épousa effectivement ce prince qu'il paroît d'ailleurs qu'il avoit alors, 8<. même depuis longtemps, une autre épouse, appelée Baddon, qu'il ofh'oit sans doute de répudier pour épouser Clodosvinde"*. Quoi qu'il en soit, il est constant que cette dernière princesse, ou ne ^Éd.ori|in.

' Grégoire de Tours, Hist. 1. 9, c. 7. ' D'Aguirre, Concilia Hispanica, t. 2, p. 3^i.

' liiJ. 1. 9, c. 20 & 28. ■• Voyez tome II, Note LXXVI.

An 588

célébra pas ses noces avec Reccarède, étant peut-être morte en chemin, ou que, si elle l'épousa, elle mourut peu de temps après'.

LXIV. — Rupture de Gontran avec Reccarède. — Le premier attaque la Septimanie 6* se rend maître de Carcassonne.

Comme Gontran n'avoit consenti qu'à regret au mariage de Clodosvinde avec le roi des Visigoths, il chercha de nouvelles occasions de rupture avec ce prince, dans le dessein qu'il avoit toujours de venger sur lui la mort de la princesse Ingonde, sa nièce. Peu s'en fallut même qu'il ne se brouillât^ avec Brunehaut, à l'occasion des magnifiques présens que cette reine envoya en Espagne, au sujet du mariage de sa fille avec le roi Reccarède. Il soupçonna qu'elle les avoit destinés, sous ce prétexte, pour un des enfans de Gondebaud qui s'étoient réfugiés dans ce royaume, 8c qu'il croyoit qu'elle vouloit attirer en France pour y exciter de nouveaux troubles. Enfin le mauvais succès ou le peu de durée du mariage de Clodosvinde avec Reccarède fit que Gontran ne garda plus de mesures avec les Visigoths; il leur déclara la guerre^, peu de temps après, &. résolut de les chasser entièrement des Gaules.

Ce prince mit sur pied une armée formidable, dont il confia le commandement au général Boson qui, quatre ans auparavant, avoit fait périr Gondebaud au siège de Comminges. Il lui donna pour collègues Austrovalde, duc de Toulouse, £< Antestius. Celui-ci "* étoit un homme adroit Se insinuant, &. avoit beaucoup de crédit sur l'esprit du roi de Bourgogne, qui l'employoit dans les commissions les plus importantes. II avoit rendu des services essentiels à Didier, duc de Toulouse, qui lui avoit été redevable de son rétablissement dans les bonnes grâces de ce prince. L'armée commandée par ces trois généraux étoit ^ composée pour la plupart des peuples de la Saintonge, de l'Age-

' Ici dom Vaissete a commis une légère erreur; loin de n'avoir pas été définitivement conclu, le mariage de Reccarède 8c de Clodosvinde dura plusieurs années. En effet, une pièce devers de Fortunat, inconnue au dernier siècle, prouve qu'il durait encore après SjS. Ce morceau est postérieur à SpS , date de la réunion de la Burgondie & de l'Austrasie sous le pouvoir de Childebert, antérieur à 596, date de la mort de ce roi; le poète y dit que Brunehaut règne par son fils sur les Burgondes [Allobrogas) , par sa fille sur les Goths (Getas). Il ne peut donc y être question de son autre fille Ingonde, femme d'Herménigilde, morte vers 585. Le manuscrit qui contient ce poème provient de Saint-Germain (lat. iSo^S); il est du neuvième siècle & a été décrit, pour la première fois, par M. B. Guérard, dans les Notices & extraits, t. 12, p. 91- 1 00,

Voici les vers sur lesquels se fonde cette opinion :

Regia progenies praecelsi & mater honoris,

Vnditjue regnantum cincta décore pio.

Gallia cujus habet genus &• Htspania foetus;

Musculus hirîc moderans, inde puella regens^ Auspicium fclix sit prosperiorihus annis :

Hic tegit Aîîohrogas, dirigat iîla Getas, Genîihus & geminis pariter tua germina régnent ,

Et tibi Jet fructus istae vel ille locus

Ces derniers vers semblent même indiquer que Clodosvinde n'avait pas d'enfant du roi Reccarède, & Isidore de Séville nous apprend que Liuva II, successeur & fils de ce prince, était né d'une concubine. [A. M.]

' Grégoire de Tours, Hist, I. 9, c. 20 & 28.

^ Ibid. 1. 9, c. 3i. — Jean, abbé de Biclar, Chronicon, p. iSy. — Frédégaire, c, 10.

* Grégoire de Tours, Hist. 1. 8 , c. 27 & 43. — Vita S. Aridii, p. 1290.

■'■ Grégoire de Tours, Hist. 1. 9, c. 3i. — Jean, abbé de Biclar, Chronicon, p. iSy.

nois, du Bordelois, du Périgord 8c du Toulousain. Le duc Austrovalde se mit le premier en campagne & s'avança, avec les troupes de son gouvernement, du côté de Carcassonne. Il parut à peine devant cette ville, que les habitans, soit par intelligence, ou par l'envie qu'ils avoient de se voir sous la domination Françoise , lui en ouvrirent les portes & lui prêtèrent serment de fidélité. Boson, suivi d'Antestius, y entra peu de temps aprèsj mais comme il étoit le principal commandant de l'armée 8c qu'il étoit d'ailleurs fort jaloux de son autorité, il trouva fort mauvais qu'Austrovalde fût entré dans cette place 8c qu'il eût reçu le serment de fidélité des habitans avant son arrivée, 8c sans sa participation. Il lui en témoigna publiquerrient sa peine 8c lui en fit des reproches très-vifs, après quoi il se mit en marche pour aller attaquer l'armée des Visigoths campés au voisinage.

LXV. — Bataille de Carcassonne. — Défaite des François par les Visigoths qui reprennent cette ville. — Sérénus , duc d'Aquitaine ou de Toulouse, successeur d' Austrovalde.

Cette armée que le roi Reccarède avoit rassemblée à la hâte, 8c qu'il avoit fait partir en diligence, sur l'avis des préparatifs de Contran, étoit commandée par le duc Claude, Espagnol' ou Romain de naissance, 6c d'une famille illustre, qui joignoit à la bravoui^ d'un bon soldat l'expérience d'un grand capitaine 8c toute la piété d'un parfait chrétien. Il -avoit soutenu la foi catholique contre tous les efforts des ariens, sous le règne de Leuvigilde, 8c avoit obtenu du roi Reccarède, qui connoissoit parfaitement son mérite, le duché ou gouvernement de la Lusitanie. Il commandoit actuellement dans ce pays, quand ce dernier prince, ayant besoin d'un général expérimenté pour tenir tête aux François qui menaçoient d'envahir toute la Septimanie, le nomma pour marcher au secours de cette Province. Après avoir passé les Pyrénées avec toute la diligence possible, il s'étoit campé aux environs de Carcassonne pour observer les mouvemens de l'armée françoise 8c tâcher de couvrir le pavs, n'ayant pas assez de troupes pour oser présenter bataille.

Boson, s'étant mis à la tête de son armée*, forte de soixante mille hommes, s'avança vers celle du duc Claude 8c campa en présence auprès de la rivière d'Aude. Ce général françois , fier de sa supériorité sur les Visigoths 8c d'ailleurs extrêmement vain 8c présomptueux, crut que ce duc, pour lequel il témoignoit beaucoup de mépris, ne pourroit lui échapper, 8c se flattant de le battre quand il voudroit, il négligea de pourvoir à la sûreté de son camp 8c ne fit poser aucune sentinelle. Il se livra au contraire avec ses troupes à la dissolution 8c à la débauche, &c insulta par des railleries 8c des injures piquantes à la foiblesse des Visigoths qu'il ne croyoit pas assez hardis pour l'attaquer.

■ Paul Diacre, de Virtulihus patrum Emeriten- ' Grégoire de Tours, Hist. 1. ç, c. 3i. Jean

iium, c. 17 & 18. de Biclar, Chronicon, p. 157. — Isidore, Chronicon.

An 588

i"^!""!!"" ^^ '^^^ Claude dissimula en habile Se sage capitaine les insultes de Boson,

& mit toute son attention à le surprendre & à le faire repentir de son orgueil & de ses bravades, mais comme il se sentoit trop foible pour attaquer de front l'armée françoise , il usa du stratagème suivant. Il mit en embuscade une partie de ses troupes & alla avec le reste faire une irruption dans le camp des ennemis qui ne pensoient à rien moins qu'à se voir attaqués par les Visigoths. Cette attaque imprévue jeta d'abord l'alarme Si la confusion parmi les François, alors uniquement occupés à se divertir; mais étant revenus de leur épouvante, Si ayant appelé leurs camarades à leur secours par des cris redoublés, ils se mirent en état de repousser l'attaque. Le général Claude, feignant alors de prendre la fuite, marche vers le lieu de l'embuscade, dans le dessein d'y attirer Boson. Celui-ci, se laissant emportera son ardeur, poursuit les fuyards avec une partie de son armée; mais il se voit incontinent investi par les Visigoths qui sortent de leur embuscade & taillent en pièces tout son détachement. Le général Claude, voulant profiter de cet avantage, va aussitôt donner sur le reste de l'armée des François, Si après avoir mis d'abord toute leur cavalerie en fuite, il fait un carnage horrible de l'infanterie, dont la plus grande partie demeura sur la place, Si l'autre fut faite prisonnière de guerre. Quoique la cavalerie françoise eût échappé à cette défaite, elle ne fut guère moins maltraitée; elle fut si vivement poursuivie que, pour faire une plus prompte retraite, elle fut contrainte d'abandonner tous ses équipages, ce qui la déroba en partie à la fureur du vainqueur. Le reste ne put éviter le glaive des Visigoths qui ne cessèrent de faire main basse sur les fuyards Si qui les menèrent battant jusques au delà de leurs frontières.

Par cette victoire, qui fut des plus signalées, le duc Claude demeura maître du champ de bataille, de tout le bagage de l'armée françoise Si d'un grand nombre de prisonniers. Ce général eut la générosité de donner la liberté à la plupart d'entre eux, dont le nombre montoit en tout à deux mille, au rapport de Grégoire de Tours. Suivant le même auteur, les François n'eurent que cinq mille hommes de tués dans cette action; mais, s'il faut s'en rapporter à deux historiens' espagnols qui sont également contemporains, la perte de ces derniers fut infiniment plus considérable, puisque, selon leur témoignage, la plus grande partie de l'armée françoise , qui consistoit en soixante mille hommes, demeura sur le champ de bataille. L'un de ces historiens^ ajoute que le duc Claude ne fut soutenu dans ce combat que de trois cents hommes, ce qui paroît incroyable Si donne lieu de conjecturer^ quelque erreur dans les chiffres, n'étant pas vraisemblable que ce général eût été assez téméraire pour oser attaquer une armée si formidable avec un si petit nombre de troupes, à moins que cet historien n'ait voulu faire entendre que ce fut avec trois cents hommes seulement que ce duc alla insulter le camp de Boson pour le faire tomber dans l'embuscade où il tomba effectivement, S< dans

' Jean, abbé de Biclar, & Isidore, Chronicon. ' P^gi, Critica, ad ann. 538, ii. 9,

' Jean, abbé de Biclar, Chronicon.

An 858

laquelle il tut défait. Quoi qu'il en soit, saint Isidore', le second de ces historiens, a eu raison de dire que cette victoire est la plus signalée que les Visigoths eussent encore remportée dans les Espagnes ; expression qui fait voir que la Septimanie, où se donna la bataille, étoit alors comprise dans l'Espagne. Au reste, ces deux auteurs paroissent trop donner au miracle en attribuant cette victoire à la conversion de Reccarède & à son attachement à la foi catholique qu'il venoit d'embrasser, puisque Contran qu'il vainquit n'étoit ni moins orthodoxe, ni moins pieux que lui. Il est vrai que la défaite des troupes du roi de Bourgogne pourroit avoir été une juste punition du refus opiniâtre qu'il faisoit depuis longtemps d'accorder la paix au roi des Visigoths qui la lui demandoit avec toute l'instance & la soumission possibles.

Le duc Claude, après avoir dompté l'orgueil de Boson, remit la ville de Carcassonne sous l'obéissance de Reccarède Se retourna victorieux en Espagne. Pour ce qui est du général françois & de ses deux collègues, Antestius & Austrovalde, duc de Toulouse, nous ignorons leur sort. Le silence des historiens, qui n'en font plus mention dans la suite, nous donne seulement lieu de croire qu'ils furent du nombre des morts.

Nous ignorons de même le nom de celui qui succéda à Austrovalde dans le duché de Toulouse. Il paroît cependant que ce fut Sérénus, qualifié duc Éd- oiigin. d'Aquitaine dans une ancienne^ charte, lequel nous est connu d'ailleurs par d'autres monumens. Ce duc vivoit, en eftet, vers la fin du sixième siècle, comme l'on voit par la vie de saint Amand-*, évêque de Maëstricht, son fils, écrite par un auteur contemporain. Suivant cet auteur, Sérénus, qui avoit épousé Amantia, faisoit son séjour dans l'Aquitaine occidentale; ce qui nous donne lieu de croire qu'il avoit autorité sur le duché de Toulouse ou sur la partie de l'Aquitaine qui dépendoit du royaume de Neustrie. Nous présumons qu'il fut aussi père d'Amand, duc de Gascogne, qui vivoit sous le règne de Dagobert; car il fut l'aïeul'* de Gisèle, fille de ce dernier duc. Il est vrai que comme la mère de celui-ci s'appeloit Amantia, de même que l'épouse de Sérénus, elle étoit peut-être leur fille; ainsi Amand, duc de Gascogne, n'aura été que leur gendre. Il paroît du moins que Gisèle, petite-fille de ce duc d'Aquitaine, fut son héritière universelle.

LXVI. — Suites de la bataille de Carcassonne. — Paix entre les Visigoths

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