les François
Contran'', extrêmement chagrin de la défaite de son armée, l'attribua en partie au roi Childebert, son neveu, 8c à la reine Brunehaut, mère de ce
' Isidore, Chron'icon. pitre xiii , une note sur la vie de saint Amand.
' Voyez tome H, Preuves, Chartes & Diplômes, [A. M.]
n. LXVIII. — Sérénus, duc d'Aquitaine, est le pre- ■• Voyez tome II, Preuves, Chartes & Diplômes,
mierdes nombreux personnages apocryphes inven- n. LXVIII. — Encore une princesse dont il faut
tés par la charte d'Alaon. [A. M.] attribuer la création à la charte d'Alaon, plus haut
' Bollandistes, février, t. i, p. 8i5, SSo, 849, citée. [A. M.]
875 & suiv. — Voir plus bas, au livre VII, cha- '' Grégoire de Tours, Hist. 1. p, c. Si.
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prince. Il soupçonna celui-là d'avoir découvert ses projets à Reccarède 81 d'avoir traversé, par ses intelligences secrètes à la cour d'Espagne, le dessein qu'il avoit de conquérir la Septimanie. La reine Brunehaut ne lui étoit pas moins suspecte, soit par la part qu'elle avoit aux liaisons étroites de Reccarède avecChildebert, soit par la persuasion où il étoit qu'elle recherchoit en mariage un des fils du fameux Gondebaud, pour exciter par cette alliance de nouveaux troubles en France. Dans cette prévention, Contran résolut d'assembler un concile, le 1" de novembre suivant, & d'y porter ses plaintes contre la conduite du roi 8c de la reine d'Austrasie. Il commença d'abord par interdire tout commerce avec ce royaume & par défendre à tous ses sujets de donner passage dans ses États à ceux de ce prince ; mais Brunehaut sut si bien se justifier auprès de lui qu'elle dissipa tous ses soupçons, ce qui empêcha la tenue du concile 81 rétablit parfaitement la bonne intelligence entre ces deux rois.
Il paroît que depuis ce temps-là Contran vécut aussi en paix avec Reccarède 8c- qu'il n'osa plus rien entreprendre contre lui. Les rois de France ses successeurs laissèrent, à son exemple, les Visigoths paisibles possesseurs de la Septimanie, Cette province demeura ainsi toujours soumise à ces peuples jusques à l'invasion des Sarrasins qui s'en rendirent les maîtres, comme nous le verrons dans la suite.
LXVII. — Les évêques de la Septimanie assistent au troisième concile
de Tolède.
Reccarède, profitant de ce temps de paix pour affermir la foi catholique dans ses Etats, convoqua à Tolède un concile général de tous les évêques de sa domination. Quoique dès sa conversion la plupart des évêques ariens eussent abjuré leurs erreurs 8c que presque tout le peuple en eût fait de même, il restoit cependant encore quelques prélats visigoths qui, attachés à leurs anciennes préventions, s'étoient unis' avec la reine Coisvinde, obstinée arienne, 8c avec plusieurs seigneurs de leur nation 8c avoient excité divers troubles. Ce prince avoit eu le bonheur d'en arrêter le cours; mais, voulant étouffer toutes les semences de révolte 8c de division, réparer les brèches que l'hérésie avoit faites à la discipline ecclésiastique 8c remercier Dieu de la conversion de la nation gothique, il convoqua ce concile qui fut le troisième de Tolède 8c qui commença le 6 de mai de l'année 627 de l'ère espagnole 8c la quatrième de son règne, c'est-à-dire de l'an 689.
Les évêques d'Espagne 8c de la Septimanie, au nombre de soixante-douze, y assistèrent, ou en personne, ou par leurs députés. Pelage, évêque de Nimes, 8c Boëce, évêque de Maguelonne, furent les seuls de cette dernière province qui, ne pouvant y aller eux-mêmes, envoyèrent à leur place :
Jean, abbé de Biclar, Chron'icon. — Le cardinal d'Aguirre, Concilia Hispanica, t. z. Concilium Toletanum 111, dans Labbe, Conciles, t. 6, c. 693 & suiv.
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celui-ci Génésius, qui fut ensuite son successeur, & celui-là Valérien, archidiacres de leurs églises. Les autres, au nombre de six, savoir : Migétius, métropolitain de la Province, Sédat de Béziers, Jean ou, suivant d'autres', Bénénatus d'Elne, Serge de Carcassonne, Tigridius ou Nigridius d'Agde 8c Agrippin de Lodève, s'y trouvèrent en personne. Massona, évêque de Mérida, y présida comme le plus ancien des métropolitains, parmi lesquels Migétius de Narbonne occupa la quatrième place.
Le roi Reccarède, s'étant rendu à la première séance, harangua d'abord Éd. origin.
. . . . t. I, p. Ji5.
l'assemblée & souscrivit ensuite, avec la reine Baddon, les clercs & les seigneurs goths déjà convertis, une formule de foi qui anathématisoit l'arianisme. Les Suèves souscrivirent aussi la même formule. Après ces préliminaires, le concile dressa^ divers canons pour la réformation de la discipline ecclésiastique & ordonna entre autres que dans toutes les églises d'Espagne & des Gaules, c'est-à-dire de la Septimanie, on réciteroit le symbole à la messe; que les évêques 8c les magistrats employeroient ^ leur autorité pour abolir quelques restes d'idolâtrie qui subsistoient encore dans ces pays, 8c en particulier l'usage profane de célébrer les fêtes des saints par des danses 8c des chansons indécentes. Enfin le concile se termina par un édit que le roi Reccarède y fit publier 8c par lequel il ordonna dans tous ses États l'exécution des canons qu'on venoit de dresser. Ce prince signala non-seulement son zèle pour la foi par la convocation de ce concile dont il autorisa les décrets, mais encore par la loi qu'il se prescrivit de ne souffrir dans son royaume aucun hérétique dans les charges civiles ou militaires.
LXVin. — Concile ou assemblée de la province de Narbonne, auquel assistent, avec les évêques, les juges (y les magistrats.
Par un des canons'* de ce concile de Tolède, il est ordonné que, conformément à l'ancienne discipline, on tiendroit tous les ans un concile dans chaque province, le premier jour du mois de novembre, dans le lieu désigné par le métropolitain. Ce même canon porte que les juges séculiers doivent s'y trouver avec les procureurs du fisc [adores fiscalium patrimoniorum)^ tant pour y être instruits de leurs devoirs à l'égard des peuples qu'ils dévoient avoir soin de ne pas surcharger d'impôts ou de redevances onéreuses 8c dont ils dévoient se regarder comme les pères, que pour y être repris par les évêques, s'ils étoient convaincus de ne pas remplir dignement les fonctions de leur ministère, ou afin que les mêmes prélats fussent en état de rendre compte au prince de la conduite de ces magistrats.
On voit par là que ces assemblées provinciales avoient beaucoup de rapport à celles que l'empereur Honoré avoit établies dans les Sept Provinces, où les juges 8c les personnes constituées en dignité dévoient se trouver, ce qui "
' Voir les notes de Sinnond sur ce sujet, p. SSp. ' Concilium Tolelanum III, can. 2 & 23.
" Concilium Toletanum III, can. 1. ^ liiJ. can. 18.
"TTo 65o HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIV. VI.
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prouve que l'usage de ces assemblées se maintint sous le règne des Visigoths. On prétend' même que les conciles assemblés sous les rois visigoths sont l'origine des États généraux & particuliers tenus tant en Espagne qu'en France^. Nous avons déjà vu, en effet, que le roi Alaric se conforma à cet usage quand il fit travailler à VEpitome ou abrégé du Code théodosien & lorsqu'il en ordonna la publication ; car les comtes qui assistèrent avec les évêques à l'assemblée que ce prince convoqua à ce sujet étoient les mêmes que les juges des provinces dont il est fait mention dans ce canon du troisième concile de Tolède, la principale fonction des comtes étant d'administrer la justice aux peuples. Comme ces assemblées étoient mixtes, c'est-à-dire composées des prélats & des principaux séculiers de la nation, on y traitoit également du dogme, de la discipline ecclésiastique 8c du gouvernement politique; en sorte que la puissance séculière avoit autant de part que l'ecclésiastique aux décrets qu'on formoit dans ces conciles sur les affaires de l'État, avec cette différence néanmoins que les évêques décidoient seuls sur les matières purement spirituelles & dogmatiques.
Ce fut en exécution du canon dont on vient de parler que^ l'assemblée ou concile de la Septimanie ou Narbonnoise se tint à Narbonne le premier jour de novembre suivant. Les huit prélats de cette province ecclésiastique qui avoient assisté au précédent concile de Tolède se trouvèrent à celui-ci, & ce fut l'évêque de Narbonne qui j présida en qualité de métropolitain. On y ordonna l'observation des canons du même concile de Tolède, auxquels les évêques de celui de Narbonne en ajoutèrent quinze autres pour le maintien
de la discipline ecclésiastique dans la Province.
LXIX. — Canons pour la discipline des églises de la Septimanie.
La plupart de ces derniers canons regardent la vie & les mœurs des clercs. Il est défendu entre autres"* aux prêtres Se aux diacres de sortir de l'église durant la messe & à ces derniers, de même qu'aux sous-diacres Se aux lecteurs de quitter leurs aubes avant la fin du sacrifice, sous peine d'être privés j., . . de leur rétribution. Un autre canon ordonne^ qu'on aiouteroit, dans la psal-
hd. ongin. \ } j r
1. 1, p. 3i6. modie, le Gloria Patri à la fin de chaque psaume; on voulut sans doute abolir, par cette confession publique de la Trinité, les restes de l'arianisme qui subsistoient peut-être encore dans la Province. Il est défendu^ aux ecclésiastiques de porter des habits de pourpre Se de s'arrêter ou de s'amuser dans les places publiques, à peine d'excommunication & de privation de leur bénéfice. Il est ordonné ' aux évêques de ne promouvoir au diaconat & à la prêtrise que ceux qui étoient versés dans les lettres Se d'envoyer dans des
' Thomassm, Vise, eccles, part. 2, 1. 2, c. 64, "* Concilium NarhonensCf can. 12, Labbe, ConctIeSf
n. 10 & seq. t. 6, c. 725.
' Nous n'avons pas besoin de relever l'invrai- ' liij. can. 2.
semblance de cette conjecture. [A. M.] ^ IhiJ. can. i & 3.
• Le cardinal d'Aguirre, Concilia Hispan. p. 3So. ' liiJ. can. 1 1 .
monastères ceux qui négligeoient de s'appliquera l'étude ou qui ne s'acquittoient pas dignement de leur ministère.