‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificativesChapitre 410 sur 553 · LXXII. — Gouvernement de la Septimanie · texte numérisé non relu

LXXII. — Gouvernement de la Septimanie

Le même canon défend aux juifs, ainsi qu'aux chrétiens des quatre autres nations, dont nous avons déjà parlé, qui demeuroient dans la Province, de

' Concilium Narionense, can. 6. ' Saint Grégoire le Grand , t. 2, nov. edit. 1. 7,

' liij, can. ^ & 14. epist. 24.

An 589

faire aucune œuvre servile le dimanche, sous peine, pour les personnes libres, de six sols d'or d'amende, payables au comte du pays, Se pour les esclaves, de cent coups de fouet. Ceci nous donne lieu de remarquer que les Visigoths, de même que les François, faisoient administrer chaque diocèse par un gouverneur qui portoit le titre de comte ; que les cinq peuples qui habitoient alors la Province étoient partagés en libres & en esclaves ; que le concile de Narbonne dut être une assemblée mixte, c'est-à-dire composée d'évêques & des seigneurs ou comtes du pays, puisqu'on y ordonna des peines afflictives 8c des amendes pécuniaires contre les infracteurs des canons du concile, & qu'enfin l'amende de six sols d'or, que le comte de chaque diocèse devoit recevoir au nom du fisc, prouve que ces comtes ou gouverneurs avoient également l'administration de la justice & celle des finances.

Par un autre canon ' du même concile de Narbonne, outre la peine d'excommunication, on décerna une amende de six sols d'or contre tous ceux d'entre les cinq peuples dont nous venons de parler, qui oseroient consulter ou retirer chez eux les devins 8c les sorciers. Ceux-ci, soit qu'ils fussent libres ou esclaves, dévoient être fustigés publiquement 8c ensuite vendus, 8c le prix distribué aux pauvres. Enfin les pères de ce concile ^ voulant déraciner, conformément à ce qui avoit été prescrit dans le troisième de Tolède, tous les t^l'^'fi?! restes d'idolâtrie 8c de superstitions qui régnoient encore dans la Province, 8c sachant que quelques catholiques du pays chômoient le jeudi, à l'honneur de Jupiter, leur défendirent très-sévèrement de célébrer cette fête païenne, à peine d'un an de pénitence [pour les personnes libres, 8c de la fustigation pour les esclaves.

Page 1