son successeur
La sagesse du gouvernement de ce roi parut surtout dans les lois qu'il fit publier & qu'on trouve répandues dans le code ' visigothique. Il en fit luimême l'abrégé, St ce sont celles que l'on voit encore aujourd'hui sous le titre' de Lois anciennes. Il voulut que la condition & les privilèges de ses sujets anciens habitans du pays fussent les mêmes que ceux des Visigoths, dont ils étoient alors distingués par le nom de Romains; sa piété ne lui permit pas de laisser vivre dans la servitude les enfans des chrétiens esclaves.
Si la reine Baddon fut mère de Liuva II, fils & successeur de Reccarède, comme il y a lieu de le croire, elle devoit avoir épousé ce prince dès l'an 58i, puisque Liuva mourut l'année 6o3, dans la vingt-deuxième de son âge. Dans ce cas-là, comme cette reine vivoit encore^ l'an SBç, il faudra dire que le roi, son époux, étoit déjà marié avec elle dans le temps qu'on négocioit son mariage avec les princesses françoises Rigonthe ou Clodosvinde; mais peutêtre Baddon ne fut-elle d'abord que concubine de Reccarède qui crut pouvoir la répudier pour épouser publiquement & en face de l'Eglise une femme légitime, suivant l'usage de ce siècle. En effet, les mariages solennels ne se contractoient ordinairement alors qu'entre personnes d'une égale condition, ce qui n'empêchoit pas qu'on ne regardât les concubines comme des femmes légitimes, mais qu'on croyoit pouvoir répudier pour contracter un mariage solennel 8c indissoluble. Ce siècle en fournit plusieurs exemples, 8c en particulier celui du roi Chilpéric qui se sépara de Frédégonde, sa femme ou sa concubine, pour épouser la princesse Galsvinde, fille d'Athanagilde.