‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificativesChapitre 424 sur 553 · tome II, Note LXXVIII, n. 17. connu que la chose. [E. M · texte numérisé non relu

tome II, Note LXXVIII, n. 17. connu que la chose. [E. M

' Voyez au tome II, Preuves, Chartes & Diplô- '' Voyez tome II, Note LXXXIII.

mes, n. LXVII. ' Filiation fausse, qui n'a d'autre autorité que la

* Frédégaire, c. i3o. charte d'Alaon. — Voyez ci-après, au chap. lxxiv de

' Assertion qui renferme une grave erreur. Il ne ce même livre, la note sur Eudes, duc d'Aquitaine.

HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIV. Vil. 6oi

' An 637

d'eux en posséda seulement une partie. Outre ' ce duché, ces deux princes furent maîtres de plusieurs terres considérables, tant en Aquitaine que dans la Novempopulanie Si le diocèse d'Arles, que Dagobert leur relâcha de la succession de leur père, & qui passèrent à leurs descendans. Les États de ces deux frères devinrent dans la suite plus étendus par la jonction du duché de Gascogne, auquel ils succédèrent après la mort du duc Amand, leur aïeul, qui les fit ses héritiers^. Ainsi ces deux princes régnèrent sur la partie du royaume de Neustrie, située entre la Loire & les Pyrénées; en sorte que, à la réserve de l'Auvergne, du Limousin, du Berry, du Vêlai, du Gévaudan, du Rouergue &. de l'Albigeois^, & peut-être du Querci, ils étendirent leur domination sur toute l'Aquitaine Se la Gascogne"*, sans compter le Toulousain, ancien membre de la Narbonnoise première, 8c le diocèse d'Arles avec la partie de la Provence, qui avoient dépendu du même royaume.

XIV. — Le Languedoc Jranço'is partagé entre Sîgebert III 6- Clovis II,

Quoique Dagobert eût exclu ses neveux du droit que l'usage, jusques

alors observé, leur donnoit de succéder à une partie du royaume de France, An 638 dans la vue de réunir sur la tête d'un seul toute la monarchie, il partagea cependant lui-même ses États entre les deux princes, ses enfans. Sigebert III, son aîné, lui succéda en effet, après sa mort, arrivée vers le mois de février de l'an 638, dans tout le royaume d'Austrasie, suivant son ancienne étendue, Se Clovis II, qui étoit le puîné, régna sur ceux de Neustrie 81 de Bourgogne. Par là Sigebert étendit sa domination sur l'Albigeois, le Vêlai, le Gévaudan Se le pays d'Uzès, qui étoient des dépendances de l'Austrasie, Si Clovis fut maître du Vivarais, membre du royaume de Bourgogne. Ce dernier eut encore la suzeraineté sur le Toulousain Si sur tout le reste de l'Aquitaine neustrienne, possédée alors par les fils de Charibert, roi de Toulouse.

Dagobert mourut au commencement de la seizième année de son règne, qu'on doit compter, suivant nos plus habiles critiques, depuis la fin de l'an 622 que le roi Clotaire, son père, lui donna le royaume d'Austrasie. Il faut encore'' observer, pour fixer la chronologie du règne des rois Sigebert III 81 Clovis II, ses enfans, que plusieurs de nos historiens modernes ont fort embrouillée, que, quoique Dagobert ne soit mort qu'au commencement de l'an 638, la plupart des auteurs contemporains ne comptent cependant les années du règne de ces deux princes que depuis le commencement de l'année suivante, comme si leur père eût vécu pendant toute la seizième année de son règne. C'est par la même raison que quelques autres anciens auteurs, tel que celui de la Vie de saint Didier, évêque de Cahors, qui comptent les années du règne de Sigebert III, depuis que le roi, son père, lui eut cédé le '^"'j'-°"S.'"-

■ Voyez tome II, aux Preuves, Chartes & Diplô- ■• Voyez plus haut, au chap. v du même livre,

mes, n. LXVII. la note sur Boggis & Bertrand.

' Voyez tome II, Vote LXXVIII, n. 17. ' A. de Valois, Rerum Francicarum 1. 20, p. iSg.

' Itid. — Voyez tome II, Note LXXVIII, n. i5 & suiv.

An 638

royaume d'Austrasie, ne calculent que depuis le commencement de l'an 634, quoique Dagobert eût fait cette cession dès Tan 633.

Sigebert & Clovis, hors d'état de gouverner par eux-mêmes, à cause de leur trop grande jeunesse, se virent obligés de laisser l'administration de leurs royaumes aux maires du palais que Dagobert, leur père, leur avoit donnés. Ces ministres abusèrent de la minorité de ces princes pour augmenter insensiblement les prérogatives & l'autorité de leurs charges; autorité que leurs successeurs portèrent si loin qu'enfin elle fit tomber, sous les règnes suivans, celle des rois leurs maîtres.

XV. — Les Gascons s'étendent dans la Novempopulanîe jusques aux portes

de Toulouse.

On croit' que les Gascons, impatiens de se voir resserrés dans le pays dont ils s'étoient d'abord emparés en deçà des Pyrénées, s'étendirent & occupèrent, peu de temps après la mort de Dagobert, tout le reste de la Novempopulanie, entre la Garonne, les Pyrénées Si l'Océan, Se que ce fut alors qu'ils donnèrent leur nom à cette province; mais l'époque & les circonstances de cet événement ne nous sont pas tout à fait bien connues; il paroît seulement que ces peuples occupoient déjà toute cette province Si qu'ils s'étendoient jusques aux portes de Toulouse avant la fin de la première race de nos rois.

XVI. — Selva, évêque de Narbonne, préside au sixième concile de Tolède.

Chintila, roi des Visigoths, voulant affermir son autorité qui, à ce qu'il paroît, étoit encore assez chancelante, convoqua un nouveau^ concile national à Tolède, au commencement du mois de janvier de l'ère 676 ou de l'an 638 de J.-C, la deuxième de son règne. Selva, évêque de Narbonne, présida à ce concile qui fut le sixième de Tolède, en qualité de plus ancien métropolitain. 11 eut la préséance, pour cette raison, sur les évêques de Braga, de Tolède 81 de Séville qui s'y trouvèrent; ce qui détruit la prétendue primatie de ces églises sur celle de Narbonne 81 fait voir qu'elles ne la prétendoient pas alors, quoique quelques auteurs aient avancé le contraire sans aucune preuve. Outre la souscription de Selva, on voit encore celles d'Atalocus d'Elne 81 d'Anatolius de Lodève, les seuls évêques de la Septimanie qui, à ce qu'il paroît, assistèrent à ce concile.

Les pères dressèrent divers nouveaux canons 81 renouvelèrent^ les anciens, tant pour mettre en sûreté la personne sacrée des rois Si maintenir les peuples dans la fidélité qu'ils leur dévoient que pour étouffer entièrement les brigues qu'on faisoit, pendant la vie du roi régnant, en faveur de celui qu'on projetoit d'élire pour son successeur. Ces canons nous font juger que la principale

^ O'ihenariy Notitia utnuS4jue l^asconiae, \. "i^c. 2. p. 5i2 & seq. — Concilium Tolcîanum VI, dans .^ A. de Valois, Kfram /"rancicarum 1. 16, p. 5ii. Labbe, t. 6, c. iSçi. ' Le cardinal d'Aguirre, Concilia Hispanica, t. 2, ' Ibid. cnn. ]6 & siiiv.

vue de Chintila, en convoquant ce concile, avoit été de pourvoir à ses propres intérêts 8t de se prémunir contre les différentes factions qui pouvoient s'être élevées alors en Espagne. En effet, les évêques promirent le pardon à tous ceux qui, s'étant engagés dans de semblables brigues, iroient incontinent les déclarer au roi. On pourvut aussi à la sûreté des enfans de ce prince & de ses descendans, 8c on défendit de les dépouiller de leurs biens & de leurs dignités. Le concile défendit aussi à toute sorte de personnes de s'emparer de l'autorité royale après la mort du roi 8t avant l'élection libre de son successeur, qui devoit être tiré d'entre les principaux seigneurs de la nation des Goths, à l'exclusion des étrangers. Le renouvellement fréquent de pareils canons fait assez connoître que l'esprit de brigue 8t de faction régnoit alors extrêmement en Espagne. Aussi toute l'autorité des conciles ne suffit-elle pas pour arrêter ces désordres dont les suites furent très-funestes & entraînèrent enfin la destruction du royaume des Visigoths. Les évêques, dans le troisième canon, louent beaucoup les soins du roi Chintila pour procurer la conversion des juifs & son attention à ne souffrir que la religion catholique dans ses États 5 ils ordonnent ensuite, conjointement avec ce prince, 6- du consentement des grands &■ des personnes illustres, que les rois, à leur avènement à la couronne, feroient serment de ne jamais permettre que les juifs abandonnassent la religion chrétienne après l'avoir embrassée.

XVn. — Mort de Chintila, roi des Visigoths. — Tulca, son fils 6- son successeur, détrôné par Chindasvinde .

Chintila mourut deux ans après ce concile', dans la ville de Tolède, la deuxième année du règne de Clovis II, c'est-à-dire l'an 640^. Il avoit régné trois ans &c huit mois & avoit eu le crédit, avant sa mort, de faire élire Tulca, son fils, pour son^ successeur; mais celui-ci, encore fort jeune, se soutint peu de temps sur le trône. Chindasvinde, l'un des principaux d'entre les Visigoths, profitant de la foiblesse de son âee, résolut de lui enlever la cou- H- "'''g'"-

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