‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificativesChapitre 432 sur 553 · XXVIII. — Origine de l'abbaye de Moissac · texte numérisé non relu

XXVIII. — Origine de l'abbaye de Moissac

Le monastère à qui il fit le plus de bien fut celui de Saint-Pierre de Moissac, fondé auparavant^ par saint Amand, évêque de Maëstricht, qui en avoit jeté les fondemens, sous le règne de Clotaire II ou, au plus tard, au commencement de celui de Dagobert, son fils, lorsque celui-ci le relégua*^ en Gascogne. On ne peut, en effet, faire remonter plus haut l'origine de cette abbaye qu'au commencement du septième siècle. Si c'est mal à propos que quelques auteurs attribuent sa fondation à la piété du roi Clovis. Quelques seigneurs du pays y contribuèrent avec le roi qui régnoit alors 5

■ s. Didier, epist. i5 & 21, D. Bouquet, t. 4, ■* Mabillon, Annales, ad ann. 632, n. 33.

p. 40 & suiv. ^ liid. — Voyez au tome II, Preuves, Chartes &

" Le Cointe, ad ann. 640, n. 3i. Diplômes, n. LXV'III.

' Vita S. Desider'ii, dans Labbe, Bihliotheca nova '' Mabillon, Annales, ad ann. 629, n. 8. manuscriptorum, t. 1 , c. p & seq.

HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIV. VII. yoS "

mais c'est proprement aux libéralités de saint Didier qu'elle fut redevable de sa perfection. Cette célèbre abbaye, dont les quatre premiers abbés sont dans le catalogue des saints, subsiste encore aujourd'hui; mais elle est sécularisée depuis le dernier siècle. Sa situation dans le Querci, sur les frontières du Toulousain, vers l'embouchure du Tarn dans la Garonne, nous donnera lieu d'en parler souvent dans le cours de cet ouvrage, d'autant plus que les comtes de Toulouse, qui l'étoient en même temps du Querci, en ont été les avoués ou abbés laïques.

Didier signala encore sa piété par le rétablissement' de l'abbaye de Saint- Amand, en Querci. Ce monastère étoit situé à sept cent cinquante pas au levant de la ville de Cahors, sur la droite du Lot. Il prit dans la suite le nom de Saint-Didier, parce que ce saint prélat fut inhumé dans son église. Elle subsiste encore à présent, sous le nom de Saint-Géry, qui est celui que les gens du pays donnent à saint Didier; mais le monastère est entièrement détruit.

Page 1