III. — Saint Silvin, natif de Toulouse
Quelques auteurs^ prétendent que Pépin d'Héristal laissa un autre fils, appelé Silvin, lequel est reconnu pour saint; mais comme il est certain qu'il étoit natif de Toulouse, il n'y a aucune apparence qu'il fût de la famille de ce duc d'Austrasie. Silvin ^ étoit cependant d'une naissance très-distinguée. Étant fort jeune, pour complaire à ses parens, qui vouloient l'engager dans le mariage, il fiança une personne de condition; mais, pressé par le désir d'embrasser un état plus parfait, il abandonna sa fiancée, sa famille 8c la ville de Toulouse, sa patrie, pour entreprendre divers pèlerinages. Au retour de celui de la Terre-Sainte, il alla à Rome, où il fut sacré évêque régionnaire, dans le dessein de prêcher la foi, soit dans les pays où elle n'avoit pas encore été annoncée, soit dans ceux où elle n'étoit pas entièrement établie. Après diverses courses apostoliques, il se retira, sur la fin de ses jours & dans une
■ A. de Valois, Rerum Francicarum 1. 23, p. 867 ' ^cta sanctorum ordlnis sancti Benedicti, saec, 2,
& 403. part. 2, p. 294 & seq. — Bollandistes, |3 février.
' Le Comte, Annales ecclesiasticî Francorum, ad — CaieX, Mémoires de Vh'uto'ire du Languedoc, p. 842
ann. 720, n. 7. & suiv. — Mabillon, Annales, ad ann. 701, n. 6.
HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIV. VIH. yyS ~ 7
Il An 715
extrême vieillesse, dans le pays des Morins ou d'Artois, où il avoit des terres considérables & d'où il paroît que sa famille étoit originaire; ce qui a donné sans doute occasion à quelques auteurs, mais sans fondement, de le mettre dans le catalogue des évêques de Thérouanne. Il continua dans le lieu de sa retraite les mêmes exercices de piété 8c de pénitence qu'il avoit toujours pratiqués Se y fit bâtir deux églises. Ce lieu étoit voisin du monastère d'Auchi, habité alors par des filles. Silvin mourut de la mort des justes, le 17 de février vers l'an 717. Les religieux de Saint-Riquier se rendirent dans l'endroit où il étoit mort & y célébrèrent ses obsèques; Sicherde, abbesse d'Auchi, pour honorer le lieu de sa sépulture, y fit ériger un superbe mausolée. C'est encore mal à propos que quelques-uns ont mis ce saint au nombre des évêques de Toulouse Se que d'autres l'ont confondu avec saint Sylvius, évêquede la même ville.