XVIII. — Ruine du monastère de Psalmodi par les Sarrasins
Il y a lieu de croire que ce fut durant la même irruption ou dans la précédente^ que les Sarrasins détruisirent le monastère de Psahnodi, situé à quatre lieues au midi de Nimes; car il est certain ■* qu'il fut entièrement ruiné par ces infidèles. Cette abbaye, dont le temps de la fondation nous est inconnu,
■ Lebœuf, Histoire d'Auxerre, p. 283. époque où les pirates sarrasins ravagèrent cons-
' Rien ne prouve que ce soit à cette époque que tamment les côtes de la Septimanie. [A. M.l
le monastère de Psalmodi ait été détruit; il a pu ' Mabillon, Annales, ad ann. 791, note i5.
aussi bien l'être pendant le règne de Charlemagne, Voir au tome II, Preuves, Chroniques, n. I.
An 720 '
étoit située dans une île dont la nier Méditerranée baignoit autrefois le côté méridional Si qui en est à présent éloignée de six milles, en sorte que les ruines de cet ancien monastère sont aujourd'hui au voisinage de la rivière de Vistre, au milieu des marais que la mer y a formés en se retirant. Il fut rétabli dans la suite, ou sous le règne de Pépin dans le temps que ce prince se rendit maître de la Septimanie, ou sous celui de Charlemagne; il subsistoit du moins en l'an 788. On prétend que ce dernier prince lui soumit le monastère de Saint-Saturnin de Nodels, voisin d'Aymargues , dans le diocèse de Nimes, & qu'il lui donna la tour de Mataforre, où est aujourd'hui la ville d'Aiguesmortes. Le premier abbé qui gouverna l'abbaye de Psalmodi, après son rétablissement, fut un saint prêtre, appelé Corbilien. Les moines se sont sécularisés dans la suite, sous prétexte du mauvais air qui règne dans le pays. Leur chapitre fut d'abord transféré à Aiguesmortes 8t. uni, sur la fin du dernier siècle, à celui de la collégiale d'Alais, pour former ensemble le chapitre de la cathédrale de cette dernière ville. L'église de Psalmodi subsiste encore, de même qu'une partie du dortoir &c du cloître. Le reste fut ruiné, dans le seizième siècle, par la fureur des calvinistes.