‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificativesChapitre 475 sur 553 · LXIII. — Wdifre livre bataille à Pépin — Défaite du premier · texte numérisé non relu

LXIII. — Wdifre livre bataille à Pépin — Défaite du premier

^^ ^3 L'année suivante'. Pépin, après avoir tenu l'assemblée du champ de Mai

dans la ville de Nevers, passa la Loire avec toutes ses troupes. Il traversa ensuite le Bourbonnois & l'Auvergne, s'avança jusques à Cahors, d'où il étendit ses courses jusques à Limoges, & marcha enfin vers Issoudun, en Berry. Ce prince porta le fer & le feu dans tous ces pays & les désola entièrement. Les temples sacrés ne furent pas plus épargnés que les lieux profanes, & la plupart des monastères de l'un !k de l'autre sexe furent détruits ou brûlés 5 les palais ou maisons (^villas publicas) de campagne du duc d'Aquitaine, situés en divers endroits, réduits en cendres; les vignes & les champs ravagés; rien en un mot, à l'exception des places fortes, ne fut à l'abri de la fureur du soldat; le seul récit que les anciens historiens nous ont laissé de tous ces malheurs fait frémir. Les François s'étant campés au voisinage d'Issoudun, Waïfre, qui jusques alors paroît avoir demeuré dans l'inaction, se présenta pour leur livrer bataille.

L'armée de ce duc étoit composée d'un grand nombre d'Aquitains & de Gascons qui habitent, dit un ancien historien ^, au delà de la Garonne, ce qui confirme ce que nous avons déjà remarqué touchant la distinction de ces peuples. Le duc d'Aquitaine, à la tête de ses troupes, attaqua d'abord celles de Pépin; la victoire ne balança pas longtemps. Les Gascons plièrent au premier choc Si prirent la fuite, suivant leur coutume, ajoute le même historien^, ce qui causa la déroute générale de l'armée d'Aquitaine dont une partie fut taillée en pièces. Pépin se mita la poursuite de l'autre & la mena battant jusques à la nuit ; en sorte que Waïfre se sauva à peine avec le peu de troupes

' Continuateur de Frédégalre, c. i3o, p. 698. — ' Continuateur de Frédégaire, c. i3c, p. 698.

Annules MctCinses. — Eginhard, Annales, ' lèij.

An 760

qui lui festoient. On trouva parmi les morts, du côté de ce duc, Blandin, comte d'Auvergne, que Pépin avoit fait emmener en France deux ans auparavant & qui, ayant trouvé moyen de s'échapper, étoit retourné en Aquitaine, au secours du duc, son ancien maître. Après cette victoire, qui fut des plus complètes, Pépin reprit la route de la Loire qu'il passa à Digoin, dans le Charolois, & retourna victorieux en France par le pays d'Autun.

■ LXIV. — JVàifre demande la paix à Pépin qui la lui refuse.

Waïfre, se voyant sans espérance de rentrer par la voie des armes en possession des pays qu'il venoit de perdre & ne pouvant plus soutenir la guerre contre Pépin sans s'exposer à perdre tôt ou tard le reste de ses Etats, eut recours à la négociation, 81 par une ambassade qu'il envoya à ce prince, il lui fit demander pardon pour le passé, avec promesse, s'il vouloit lui rendre Bourges Se les autres villes de ses États dont il s'étoit emparé, de lui payer exactement le tribut ô- de lui j'aire les présens que les rois de France, ses prédécesseurs, avaient coutume de recevoir tous les ans de l'Aquitaine. Pépin, dont le dessein étoit d'achever la conquête de cette partie du royaume, répondit ,'-| °''''jo aux ambassadeurs qu'il ne pouvoit accepter les ottres du duc, leur maître, sans la participation 81 l'avis des principaux de la nation, qu'il assembla 8t qui entrèrent tous dans ses vuesj après quoi les ambassadeurs du duc d'Aquitaine furent renvoyés avec mépris S< leur demande rejetée avec beaucoup de hauteur.

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